Ces techniques non courantes construisent l'avenir
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Par Gwendal Le Ménahèze
Publié le 26 mars 2026
Murs porteurs en pisé, en terre-paille ou en briques de terre crue, bottes de paille porteuses sur deux niveaux, isolation par l'extérieur en paille de Kernza... Des bâtiments publics expérimentent des techniques dites « non courantes », qui sont aujourd'hui en marge du cadre réglementaire. Ces innovations offrent de solides arguments pour les propager dans l'habitat.
L'innovation autour des matériaux et techniques de construction ou rénovation écologiques est permanente, mais se heurte souvent à des barrières. Notamment réglementaires, puisqu'ils ne sont en général pas encadrés par des textes reconnus par l'ensemble des acteurs du bâtiment. Dans sa mission de service public, « la commande publique a un rôle de locomotive pour ces expérimentations, pour engager une vraie démarche environnementale à des échelles plus importantes que l'habitat privé, biaisé par l'objectif de rentabilité financière », juge l'architecte Jérémy Griffon. « L'enjeu climatique impose de changer nos pratiques donc les élus doivent montrer l'exemple », considèrent Brigitte Gourhant, maire de Ploubezre (22), et Malek Zeggane, adjoint aux travaux.
Une technique dite « non courante » n'est pas interdite, mais parfois plus difficile à faire accepter aux assurances, qui se basent notamment sur l'avis du bureau de contrôle technique. Or, une même technique peut être validée ou refusée selon le contrôleur, « qui est tenu de donner un avis par rapport à un référentiel. Sans texte officiel, il est donc en droit de ne pas la valider, décrypte Jean-Pierre Schwarz, lui-même contrôleur chez Alpes Contrôles. Nous avons au contraire choisi de souscrire une assurance spécifique pour les techniques non courantes(1). D’autant que les techniques non courantes d'aujourd'hui sont les techniques courantes de demain ». Voire d'hier !

Carte d'identité du projet
• Travaux innovants : murs porteurs en pisé (terre crue)
• Type d'ouvrage : restaurant scolaire
• Localisation : Bourgoin-Jallieu (38)
• Fin du chantier : novembre 2021
• Coût : 3 700 € HT/m2
photo : Pour écarter les risques, le restaurant scolaire Jean-Rostand de Bourgoin-Jallieu (38) veille à ce que le pisé reste dans son domaine de compétences : des arches justifient qu'il travaille en compression. © CAPi-B.Gillardeau
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