Gagner en autonomie : Ronde, en paille et low-tech, le trio gagnant 4/5
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Par Maïlys Belliot
Publié le 30 juillet 2026
En 2025, sans un sou en poche, Camille; Martin et Sylvère, trois étudiant·es en génie urbain de l’Université technologique de Compiègne, au nord de Paris, se lancent dans la construction d’un habitat qu’ils veulent écologique, autonome, low-tech(1) mais aussi économe. Avant de remporter des concours d’innovation pour le financer, ils optent pour une paillourte, une maison ronde en bottes de paille porteuses, particulièrement adaptée. La preuve en 14 points.
Matériaux et système constructif économes pour plus d’autonomie financière
1. La paille porteuse limite l’usage de bois d’œuvre, coûteux. Les bottes (80 x 47 x 37 cm) sont collées à la barbotine, puis ficelées entre elles sur un même rang avec de la ficelle agricole. Posé en quinconce, chaque rang est ficelé au rang du dessous. Enfin, les bottes sont brochées avec du bambou dans la hauteur(2). Un choix performant (capacité isolante du mur R = 8 m2.K/W) et économique (6 €/botte).
2. Un enduit de corps en terre avec l’argile du terrain et un enduit de finition chaux-argile sur les parois intérieures et extérieures ont été réalisés.
3. À surface égale, la forme ronde présente 13 % de linéaire de mur en moins à construire qu'une maison cubique. Une économie financière à la construction et moins de surfaces murales déperditives. L’espace se chauffe aussi plus rapidement et la chaleur y est mieux répartie.
4. La charpente réciproque, où chaque rondin repose sur le précédent (lire LME n°117), est un exercice complexe mais permet l’utilisation de bois rond (ici du robinier) évitant le coût et l’énergie d’un dégauchissage des troncs en scierie.
5. La toiture circulaire forme des vagues pour créer au moins trois points bas de récupération d’eau de pluie, contre deux pour un toit à double pente, au niveau des gouttières. Le débord de toit de 80 cm qui protège les enduits ajoute aussi 50 % de surface de récupération d’eau de pluie.
Du réemploi
6. Cinq menuiseries à double vitrage de réemploi sont majoritairement disposées au sud pour favoriser les apports solaires en hiver, quand le soleil est bas dans le ciel, et limiter le besoin en chauffage.
7. Soubassement (hauteur de 25 cm) en briques de terre cuite réemployées.
8. Dalle de chaux-sable + 4 000 bouteilles en verre réemployées dans un lit de sable + chape fine.
Résultat : deux fois moins de mortier utilisé qu’avec une chape de chaux classique, des propriétés drainantes et isolantes (la résistance thermique est évaluée par les étudiants à 1,044 m²·K/W).
Énergie autonome
9. 4 panneaux solaires de 500 Wc chacun, reliés à un onduleur de 2 400 W et une batterie de 5 kWh, alimentent prises, luminaires, micro-ondes, plaque de cuisson électrique de camping, petit frigo, pompe du système d’eau… pour deux personnes.
10. Un panneau solaire thermique chauffe l’eau du ballon avec un double échangeur (150 l).
11. Un petit poêle à bois avec chauffe-plat pour économiser de l’électricité en cuisine est enroulé d'un serpentin de cuivre qui chauffe l’eau du ballon.
Eau autonome
12. L’eau de pluie est préfiltrée par un drain agricole (ø 10 cm) enveloppé dans un géotextile sur toute la périphérie de la toiture. À chaque point bas, elle descend par un T dans un regard relié à un tube Polybleu (ø 32 mm) qui file dans une tranchée (haute de 40 cm) pour être hors-gel jusqu’aux cuves de stockage (4 000 l).
13. Stockage d’eau de 4 m3 dans des cuves IBC d’occasion, enroulées dans un film plastique noir et enterrées sous butte.
14. Potabilisation par gravité avec un filtre à charbon (type Berkey) rempli grâce au pommeau amovible de l’évier. Eau filtrée mais non potabilisée pour la douche et la vaisselle.
Le coût de l'autonomie (prix TTC)
• Coût des matériaux pour la paillourte (40 m2) : 15 000 €
• Coût des équipements autonomes : 15 000 €
TEMPS DE RÉALISATION : 5 mois à plusieurs dont 3 étudiants à temps plein
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