Gagner en autonomie : La domotique libre au service de l'autonomie 3/5

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Par Maïlys Belliot

Publié le 30 juillet 2026

5 minutes de lecture


En recourant à la domotique libre, Frédéric et Anaïs* ont divisé par deux la consommation énergétique de leur appartement.

Quand Frédéric conduit un invité devant la porte d’entrée de son appartement, au sud de Paris, il enjoint à tendre l’oreille, puis appuie sur la sonnette. « Qui est là ? », demande une voix robotique provenant de l’intérieur. Celle de « Karotz », un lapin en plastique crème connecté qui émet plusieurs informations comme le moment idéal pour ouvrir les fenêtres quand la température extérieure est inférieure à celle en intérieur(1).

Voilà 10 ans que Frédéric a domotisé l’appartement qu’il partage avec sa compagne Anaïs* pour réduire sa consommation électrique. Au total, chauffage compris, elle s’élevait à 5 000 kWh annuels pour 90 m2. Après plusieurs programmations, il l’a fait chuter à 2 000 kWh (22,2 kWh/m2).

Compter, compter, compter...

Pour en arriver là, ce maker a d’abord installé un nano-ordinateur, qui se présente comme une carte-mère verte flanquée de prises USB et HDMI dans un petit boîtier transparent (Raspberry Pi), dans son armoire électrique. Cœur du système de domotique, il reçoit et émet les données. Il est relié d’une part à la sortie « télé-informatique client » (TIC) du compteur Linky, situé en bas à droite du compteur sous le cache vert – pour relever la consommation en temps réel. Et d’autre part, à un émetteur-récepteur qui communique avec les équipements à ondes radio de son choix, un disque SSD doté du logiciel de pilotage Domoticz(2), ainsi que la box Internet pour transférer toutes les données sur l’ordinateur.

Démonstration dans le bureau. À son poste, Frédéric ouvre son logiciel de pilotage. « Domoticz indique la courbe de consommation électrique générale. Pour isoler celle d’un appareil, je programme son allumage pendant une heure et relève la différence pour obtenir le nombre de Wh consommés », explique-t-il. Sur l’écran, chaque appareil a son étiquette de consommation. La télévision, par exemple, consomme 30 Wh, tout comme le robot aspirateur quand il est en charge.

Pilotage automatique ou manuel

Pour les objets allumés en continu comme le réfrigérateur, Frédéric a installé des prises « wattmètres ». Elles agissent comme un compteur individuel. « Je sais ainsi que mon réfrigérateur consomme 400 kWh l'hiver et 600 kWh l’été. »

Pour les autres appareils, il est aussi possible d’utiliser des prises connectées (en Wi-Fi). Prêtes à installer entre la prise murale et l’appareil, elles en gèrent l’allumage et l’extinction à distance.

Frédéric, attaché à l’informatique libre, avertit toutefois : ces prises dépendent en grande majorité d’un domaine propriétaire « qui stocke vos données dans un cloud sur des serveurs en Asie ou ailleurs ». Pour utiliser ces prises « en local » et les relier à Domoticz, il faut remplacer leur micrologiciel propriétaire par un « libre » (comme Tasmota, par exemple). Aujourd’hui, des prises déjà « flashées » Tasmota existent également (environ 9 € TTC). Il aura fallu un an à Frédéric, en dilettante, pour isoler la consommation de chaque appareil de son appartement.

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