Les secrets d'une qualité de l'air intérieur. Pollution identifier les suspects (1/3)

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Par Émilie Veyssié

Publié le 28 mai 2026

6 minutes de lecture


DOSSIER - Parfois plus pollué que l’air extérieur, l’air intérieur des logements est très dépendant de ses émetteurs, parfois insoupçonnés et de l'efficacité de la ventilation. Passage en revue des indésirables et des moyens de s'en débarrasser.

Particules fines, benzène, acétaldéhyde, formaldéhyde, CO2… Ces mots barbares sont apparus durant la dernière décennie dans notre quotidien. Et si l'on parle aujourd’hui de ces polluants, c’est parce que nous avons appris à mesurer leur présence et comprendre une partie de leur impact sur notre santé(1). D’origine biologique (moisissures, allergènes, acariens, virus, etc.), chimique (composés organiques volatiles dits COV, etc.) ou physique (particules, fibres, radon, etc.), ces polluants sont souvent présents dans les logements, dont l’air est parfois 10 fois plus pollué qu’à l’extérieur. Une étude(2) de 2014 de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a évalué le coût financier des effets sur la santé de la mauvaise qualité de l'air intérieur en France sur cinq polluants les plus fréquents : le benzène, le trichloréthylène, le monoxyde de carbone (CO), le radon et les particules. Il est évalué à 19 milliards d'euros par an, soit l’équivalent de cinq budgets MaPrimeRénov' 2026 cumulés.

Biosourcés : mise en œuvre irréprochable

La grande majorité des habitats sont concernés. Écologiques ou non. Ces polluants sont en effet présents partout et, même si on peut les limiter à la source, il reste très difficile de les éviter à 100 %. Biosourcés ou non, presque tous les matériaux émettent des COV. Le bois, par exemple, émet naturellement du limonène, qui peut être irritant pour les voies respiratoires. Le formaldéhyde, substance classée cancérogène et potentielle source de troubles respiratoires, est aussi présent en quantité importante dans les colles utilisées pour la fabrication de la majorité des panneaux de bois.

Autre facteur qui peut détériorer la qualité de l’air intérieur : l’humidité. Les symptômes de sa présence sont les causes de nos maux. Avec elle, la moisissure peut être visible en haut de mur ou se cacher à l’intérieur des parois, directement sur les isolants. Visibles et invisibles pour les habitants, ces champignons sont dangereux et peuvent entraîner des allergies, des irritations ou des infections pulmonaires.

Pour éviter ces risques d’émanations indésirables avec les matériaux biosourcés, il faut assurer des conditions de stockage préalable au sec et une mise en œuvre irréprochable d’un frein-vapeur côté intérieur de la paroi (lire notre hors série n°21 « Terrasser l'humidité ») « car il évite la condensation et le pourrissement des matériaux », indique François Magaldi, formateur indépendant en rénovation globale dans le Maine-et-Loire.

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