Des circulations sans goudron ni béton
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Par Gwendal Le Ménahèze
Publié le 26 avril 2021
Voies carrossables, aires de stationnement, allées piétonnes, il est temps de détrôner les enrobés bitumés (issus du pétrole et cancérogènes possibles) et leurs acolytes cimentés (une des principales sources de rejets de CO2 dans l'atmosphère), matériaux néfastes pour les sols et la gestion des eaux pluviales. Les alternatives existent, à choisir ou panacher selon les usages, les coûts, l'entretien...

Une allée est dimensionnée selon la portance : « pour qu'un piéton y circule, on prévoit 5 à 10 cm d'épaisseur totale ; pour le passage de véhicules, 20-25 cm, voire 35 cm pour supporter un camion de livraison ou de déménagement », préconise Claude Oillic, paysagiste près de Toulouse (31). Le sol est décaissé en conséquence. « On met une première couche de gros cailloux, qui freinent l'enfoncement dans le sol, et on termine avec une couche de finition, par exemple du gravier. » Attention à la provenance du gravier, car « on en importe du monde entier alors que la France produit des quartz, calcaires, granit, etc., alerte Emmanuel Gouy, de la Scop Les Jardins de demain (44). On l'étale au râteau sur une sous-couche de grave 0/40 chargée en sable argileux pour stabiliser l'ensemble une fois vibré ». L'entretien se limite à retirer quelques herbes, égaliser au râteau et recharger tous les deux ou trois ans. Pour réduire l'entretien des allées et délimiter les espaces, des bordures se font en pierre, brique, pavé... En bois (traverses, planches ou rondins), les poser sur une couche de gravier pour réduire l'humidité.
© claude Oillic

La dalle stabilisatrice Eco de Neoverda (12,67 €/m2) est fabriquée dans le Rhône en polypropylène recyclé à partir de déchets d'emballages. La poser sur une pierraille de tout-venant type 0/31,5 recouverte de 1 à 2,5 cm de sable fin. Remplir les alvéoles de gravier (Ø 3 à 15 mm) avec un surplus de 1,5 à 2 cm au-dessus. Résistant au passage de véhicules, elle évite que les graviers se déplacent et s'enfoncent (plus pratique pour piéton, vélo, poussette, fauteuil roulant). Le même type de dalle existe avec alvéoles à végétaliser, mais attention aux remontées de boue.
© Neoverda

Responsable des jardins de Terre vivante (38), Pascal Aspe matérialise les cheminements piétons avec du broyat de bois (5 cm sur sol désherbé). « Le boom du bois-énergie a transformé ce résidu de scierie très bon marché en une ressource coûteuse », mais on peut le produire soi-même ou en récupérer, auprès de collectivités par exemple. En se décomposant, il nourrit les plantes. « Tous les ans, on le raclait pour l'ajouter au compost avant d'en remettre. Maintenant, on recharge juste une fois par an. Un désherbage annuel ou deux suffisent et les racines sortent très facilement », indique Pascal, qui a testé la pose de broyat à même la terre, ou sur un géotextile, ou une toile de paillage en chanvre. « Au bout de 3-4 ans, la toile s'est décomposée donc n’empêche plus l'herbe de pousser, alors que le géotextile est encore là. » Les allées 100 % broyat sont celles qui s'enherbent le plus.
© C. Corbet/Terre vivante
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