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Courrier des lecteurs

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Remontées capillaires dans un mur ancien, que faire ?

Nous rénovons une ferme dans les Vosges. Celle-ci a été remaniée par les précédents propriétaires dans les années 1970 avec des choix stratégiques plus ou moins pertinents. Nous sommes notamment confrontés à des remontées capillaires importantes sur le mur pignon ouest, situé en bord de route. Celui-ci est en moellons de 50 cm. Un enduit étanche le recouvre côté extérieur, mais nous avons l'intention de le remplacer par un enduit respirant. De plus, le sol intérieur dans cette pièce est plus bas d'environ 30 cm que le sol extérieur. Il s'agit d'un dallage en béton coulé sur isolant et polyane que nous n'avons pas l'intention de démolir. Nous avons prévu de réaliser un drainage en pied de mur, puis un doublage intérieur (en ouate de cellulose ou béton de chanvre projeté, ce n'est pas encore acté). Or, nous venons de mettre à jour un massif béton coulé contre le mur de fondation, avec un remblai en gros cailloux, mais sans drain. Nous craignons de déstabiliser les fondations si nous démolissons cet élément. Nous souhaiterions avoir votre avis sur ce qu'il convient de réaliser pour drainer ce mur et limiter les remontées capillaires. Merci d'avance pour vos éléments de réponse. CMA et JL


Réponse de Georges Lemoine, responsable technique à l'association Tiez Breiz (tiez-breiz.bzh) Pour lutter contre les remontées capillaires, il faut procéder par étapes : 1. Gérer l'eau à l'échelle du site pour éviter les ruissellements de surface néfastes (terrassement, création de fossés, talus, haie...). Dans votre cas, il semble que la route ne soit pas loin, ce qui exclut peut-être cette solution. 2. Éloigner les eaux pluviales : gouttières, réseau d'évacuation, exutoire. 3. Redonner au mur un fonctionnement normal en détruisant les enduits ciment, au moins sur le premier mètre d'élévation et prioritairement à l'extérieur. Sur votre maison, les fondations ont été fermées avec un massif de béton. Bien qu'en matière de remontées capillaires il serait préférable de le retirer, les risques structurels peuvent être importants et, ne connaissant pas l'état des fondations, des élévations en pierres, ni l'état du ciment, le mieux est hélas de ne pas y toucher. Le regard in situ d'un professionnel compétent permettrait d'en savoir plus. 4. Poser un drain. Dans votre cas, un drain au pied du mur pourrait améliorer sensiblement la situation, mais ne résoudra pas tout étant donné la présence du ciment en fondation. 5. Revoir les complexes de sol. La pose d'une dalle perméante sur un hérisson ventilé améliorerait la situation. Je vous invite à ne pas négliger cette piste sur laquelle vous ne pourrez plus revenir. Un compromis pourrait être de réaliser un complexe de sol perméant juste en périphérie pour libérer la pression hydrique en pied de mur. 6. Traiter les pieds de mur. Votre niveau de sol fini intérieur est inférieur au niveau du sol extérieur, par conséquent, il faudra probablement être vigilant en pieds de murs en évitant les matériaux trop sensibles (enduit terre, par exemple) et en utilisant des enduits capteurs de sels. Ces enduits n’empêchent pas les remontées capillaires, mais empêchent les sels d'altérer les matériaux qu'ils traverseront (enduits, isolants...). Il existe d'autres solutions, comme les technologies utilisant les champs magnétiques, mais ces solutions, bien qu’efficaces, restent chères. Il existe aussi des solutions à éviter, car ne fonctionnant pas bien, voire pas du tout : micro-siphon atmosphérique, injection de résine... En bâti ancien, la gestion de l'eau sous toutes ses formes doit être le fil rouge pour un projet confortable, sain, durable et économe. C'est pourquoi le premier mètre d'élévation du bâtiment doit faire l'objet d'une attention toute particulière. ©

Quels conseils pour un enduit chaux sur fibre de bois ?

Nous souhaitons isoler notre maison par l'extérieur avec de la fibre de bois (10 cm de panneau souple et 5 cm de panneau rigide), puis faire une finition en enduit à la chaux. Situés en plein cœur de ville, le bardage bois n'est pas autorisé par notre PLU (plan local d'urbanisme). Si la pose des panneaux isolants nous paraît relativement simple à réaliser par nous-mêmes, la réalisation de l'enduit nous semble plus complexe et risquée (fissuration, aspérité, coloration non uniforme, adhérence à l'isolant...). À ce jour, nous n'avons pas trouvé d'artisans ayant ce savoir-faire pour la pose d'un enduit à la chaux sur isolation dense en fibre de bois. Auriez-vous des recommandations pour la réalisation d'un enduit réussi sur de la fibre de bois ? Quelles précautions prendre ? En vous remerciant par avance pour vos réponses. Cordialement, Lucille F.


Réponse de Yannick Lemaître, référent technique distributeur d'écomatériaux Éco sain habitat (35, ecosainhabitat.fr) Les chantiers en voie humide sur isolant fibre de bois sont de plus en plus fréquents. Il existe notamment pour les professionnels un système complet dénommé « Ecorce », issu d’un partenariat entre les sociétés Keim et Steico, qui bénéficie d’une garantie assurée par ces deux fabricants. Ce système inclut une finition chaux/silicate. Pour les particuliers qui n’ont pas besoin de cette garantie, nous leur conseillons d’utiliser en première couche le mortier-colle de la marque Keim dans lequel est noyé une trame 4 x 4 avant d’appliquer un enduit de leur choix (terre, chaux, etc.) en faible épaisseur. Au préalable, il faudra s’assurer que la fibre de bois utilisée est bien validée comme support d’enduit par son fabricant et que les préconisations de pose sont scrupuleusement respectées. Ne jamais oublier qu’il s’agit d’une isolation thermique extérieure qui sera inévitablement soumise aux aléas climatiques et aux risques d’impact de la vie quotidienne...

Peut-on appliquer un enduit terre sur des briques recouvertes de plâtre ?

Nous habitons dans une maison construite vers 1950, en briques creuses avec un enduit intérieur en plâtre. Les précédents propriétaires ont ajouté à l'intérieur du Placo + isolant polystyrène en 10 cm. Nous allons faire réaliser une isolation thermique extérieure (ITE) et souhaitons supprimer l'isolation intérieure et faire un enduit en terre crue à la place. Nous ne voulons pas d'isolant intérieur pour conserver l'inertie et la nouvelle ITE sera suffisante : 14,5 cm de laine de bois + 4 cm de fibre de bois à enduire. Le Placo-polystyrène est collé par plot, il sera donc facile à retirer. Par contre, d'après les sondages effectués, le plâtre sur les briques semble en bon état : pas de traces d'humidité, bien lisse et avec une bonne accroche sur la brique. L'épaisseur approche 2 cm et il y a une surface d'environ 80 m2. Nous avons trouvé des informations concernant la possibilité de mettre de la terre crue directement sur le plâtre. Cela semble techniquement possible. Cependant, le plâtre doit d'abord être recouvert d'une sous-couche d'accroche (possibilité de le faire à la chaux aérienne). Nous avons dans l'idée qu'il serait bien meilleur de retirer tout le plâtre. Mais la tâche semble conséquente et il y a un risque d'endommager la brique. Qu'en pensez vous ? En vous remerciant, Hans et Laura.


Réponse de Monique Cerro, artisane, formatrice et auteure (terre-pierre-et-chaux.fr) Si le plâtre ne tenait pas, il serait facile de le supprimer. En l'occurrence, il tient bien, ce qui n'a rien d'étonnant sur brique creuse, et vos inquiétudes sont justifiées. Le plâtre est un très bon produit, mais il a le défaut d'être hygrophobe. Un excès d'eau et il se noie et meurt. Et on ne fait pas d'enduit sans arroser le support et sans eau dans le mortier... Donc, effectivement, la nécessité avant enduisage d'une pré-couche qui ferme le support est évidente. La chaux ne convient pas. Elle adhère fort mal sur le plâtre, qui boit trop vite l'eau dont elle a besoin pour effectuer sa prise, d'où les fréquents « farinages ». Il existe des pré-couches prêtes à l'emploi à base de silice et de méthylcellulose. Il suffit ensuite d'appliquer l'enduit, qui adhère alors sur ce nouveau support. Vous pouvez éviter cette pré-couche et ainsi assurer une bien meilleure tenue du futur enduit, sans fermer le support, en plaçant une interface parfaitement adaptée aux enduits terre : panneaux de roseaux, canisses, plaques fines de liège expansé. Il suffit alors de faire un gobetis de chaux et terre crue sur ce nouveau support pour le préparer, puis de réaliser l'enduit de finition de votre choix. ©

Comment décaper la peinture sur une porte en bois ?

Je suis à la recherche d'un moyen efficace (et pas trop éprouvant !) pour décaper des portes de grange afin d'y appliquer une peinture à l'ocre (sulfate de fer, savon liquide, farine de blé, huile de lin...). Pourriez-vous me renseigner à ce sujet ?


Réponse de Bruno Gouttry, artisan peintre, auteur d'ouvrages sur les peintures et enduits naturels www.brunogouttry.fr Le moyen le plus efficace serait de décaper toute la surface. Mais avant cela, un bon ponçage au papier de verre grain 40 et à la bosse métallique devrait éliminer une bonne partie de la peinture qui s’écaille. N’ayez pas peur de creuser les fibres du bois, cela améliora la tenue de la peinture à l’ocre. Après ce ponçage et s'il reste de la peinture sur le support et que celle-ci est une ancienne peinture à l’huile végétale ou minérale (d’après les photos, je pencherais pour le minéral), vous pouvez essayer avec un décapant fait main. Mélangez 50 % de farine à 50 % de lessive (genre St Marc) et ajoutez un peu d’eau chaude pour former une sorte de béchamel. Appliquez cette pâte, refroidie, sur la peinture quelques minutes et, lorsque celle-ci « frise », décollez-la avec un racle ou un couteau. Puis, rincez bien à l’eau les restes de décapant. Une fois sec, poncez légèrement le support, mais sans qu’il devienne lisse car la peinture à l’ocre a besoin d’une accroche. ©

Du plastique biodégradable dans mes toilettes sèches ?

Jérôme et Valérie, les autoconstructeurs gersois qui nous ont sympathiquement ouvert les portes de leur logis pour le reportage « Deux bâtiments tests avant la maison finale » (LME n° 118) nous ont rapporté un petit désagrément avec les sacs qu'ils utilisent dans leurs toilettes sèches à séparation, sans eau ni sciure, modèle Separett. « Notre fournisseur a changé de modèle pour ses sacs compostables, ceux qui recueillent les solides des toilettes. Le nouveau modèle se décompose trop vite ! Le seau est désormais très sale alors qu'on n'a jamais eu besoin de le nettoyer avant ce changement. »


Réponse, après petite enquête, de notre journaliste Gwendal Le Ménahèze Le fournisseur a depuis de nouveau changé de modèle pour ses sacs. Il n'est pas revenu au produit original qui semblait satisfaire Jérôme et Valérie, mais il fournit désormais un sac compostable un peu plus solide. D'après un revendeur, ce nouveau modèle ne se déchire pas si on le manipule prudemment et ne se décompose presque pas en trois semaines (durée estimée entre chaque vidange des toilettes Separett). Une réflexion tout de même : Est-ce bien pertinent de produire du « bioplastique » à base d'amidon de maïs pour qu'il finisse sur un compost à se dégrader plus ou moins bien ? La question reste ouverte et, en attendant, pour ceux qui souhaitent essayer une alternative sans plastique, on vous conseille de protéger le seau avec du papier kraft de récup' et un fond de copeaux de bois. Ça reste « propre », c'est plus vertueux et ça composte mieux...

Façade enduite et frein-vapeur hygrovariable ?

Nous allons construire un maison ossature bois. Le Plan local d'urbanisme n'autorise pas le bardage bois en façade. Nous aurons donc des façades enduites. Les murs seront composés de l'extérieur vers l'intérieur comme suit : enduit STO Silco sur trame en fibre de verre, panneau fibre de bois 60 mm, contreventement en panneau DFP 16 mm, ossature 45 x 145 mm avec laine de bois de 145 mm, film pare-vapeur, vide technique de 50 mm et Fermacell. Je pensais utiliser un pare-vapeur hygrovariable type Isover Vario X Tra, mais le fabricant indique que ce produit est utilisable uniquement avec des façades ventilées. C'est aussi le cas pour d'autres fabricants de pare-vapeur hygrovariable. La question est de savoir si ma façade telle que décrite peut être considérée comme ventilée ou si je dois utiliser un pare-vapeur plus étanche type Isover Stopvap.


Réponse de Matthieu Serré, distributeur de matériaux écologiques Écologie et matériaux (Finistère) Le nouveau DTU 31.2 qui définit les règles à respecter en matière de construction de bâtiments à ossature bois préconise de respecter un facteur de 5 entre les valeurs Sd des barrières à la diffusion côté intérieur et extérieur. La fiche technique de l’enduit STO Silco annonce une valeur Sd de 0,07 à 0,08 m. En respectant ce « facteur 5 », votre membrane d’étanchéité intérieure devra avoir une valeur Sd supérieure à 0,4 m. La plupart des freins-vapeurs hygrovariables sont donc tout à fait aptes au service dans ce cas. À noter également que les isolants que vous utilisez (fibres naturelles) vont faciliter les transferts d’humidité, minimisant ainsi le risque de condensation dans la paroi. Plus généralement, nous conseillons dans la majorité des cas d’utiliser un frein-vapeur hygrovariable avec les isolants naturels. Le DTU se focalisant sur les transferts d’humidité de l’intérieur vers l’extérieur fait abstraction des transferts extérieur vers intérieur. En cas de doute, vous pouvez vous tourner vers votre revendeur local de matériaux de construction, qui pourra demander une étude technique au fabricant. Nous faisons régulièrement cela avec Proclima pour lever tout doute sur l’utilisation de leur membrane.

comment limiter les craquements des planchers ?

Nous envisageons d'isoler notre maison datant des années 1960. Le plafond actuel sera tombé. Seront alors visibles poutres et plancher des chambres directement cloué sur les poutres. Nous souhaiterions limiter les craquements du plancher liés aux déplacements. Que nous conseillez-vous en termes d'isolant et de technique, sachant que l'isolant sera posé lors de la reconstruction du plafond en Placoplâtre ou Fermacell ? Merci pour vos conseils éclairés.


Réponse de Jean Louis Beaumier, ingénieur, conseiller et formateur en acoustique de l'écoconstruction, auteur de L’Isolation phonique écologique et co-auteur de L'Isolation thermique-acoustique, parus aux éd. Terre vivante. Les craquements des planchers se produisent sur les zones de contact bois sur bois, dans le cas présent le plancher cloué sur les poutres. Il s’agit donc de bruits solidiens, qui se transmettent par les structures. Mais ces bruits peuvent se propager sur toute la surface du plancher et se transmettre à l’étage du dessous par les cloisons, si ce sont des cloisons légères, par le phénomène des transmissions latérales. Si c’est le cas, un isolant entre plancher et plafond peut ne pas être suffisant. La solution idéale – mais probablement pas réalisable ici – serait de déposer le plancher et de le refixer en posant des bandes résilientes (3 à 5 mm de liège, fibre de bois, chanvre, laine de mouton...) sur le dessus des poutres. Sinon, pour réduire la propagation des bruits solidiens, il est préférable de désolidariser plancher et plafond, en posant les rails de plafond sur suspentes acoustiques (il est déconseillé – et interdit dans la construction neuve – de visser des plaques de plâtre directement sous les poutres). Ajouter de la masse en plafond en doublant la plaque de plâtre ou le Fermacell améliorera encore l’atténuation. La nappe isolante posée entre plancher et plafond sera de densité 35 à 50 kg/m3 ; laine de bois, chanvre, lin, textile recyclé... Le choix est vaste. Attention, pour donner toute satisfaction, la mise en oeuvre devra respecter quelques règles simples, à rechercher dans un ouvrage ou auprès d’un professionnel compétent.  

Isoler un mur ancien ?

J’ai pour projet de réhabiliter une longère en Côtes-d’Armor et les questions d’humidité sont incontournables. J’ai échangé avec l’association Tiez Breiz via leur mission de service-conseil. Ma question est relative à l’isolation des murs. Nous avons écarté l’option isolation extérieure par souci de conservation du patrimoine. Pour une isolation intérieure, on me conseille de ne pas dépasser une résistance thermique de 3 m2.K/W. J’hésite entre un enduit chaux-chanvre ou une ossature bois avec isolant en panneau de chanvre sur dégrossi chaux-sable et parement en Fermacell pour la finition. Dans le dossier sur l’humidité [LME n°114, ndlr], on peut lire : « Adaptés au bâti ancien, les enduits correcteurs thermiques en chaux-chanvre […] peuvent être appliqués sur des murs humides sous certaines conditions. » Quelles sont donc ces conditions ? Il est aussi écrit : « La solution la plus sûre est une double cloison isolante. » Depuis que je lis La Maison écologique, j’en étais resté au fait qu’il fallait éviter toute rupture de capillarité entre les murs et le complexe isolant. N’y a-t-il pas contradiction ? Merci pour vos compléments.


Réponse de Samuel Courgey, formateur et auteur d’ouvrages de référence, expert Bâtiment et environnement, spécialiste des écomatériaux et de la rénovation, particulièrement du bâti ancien. Limiter en isolation intérieure la résistance thermique à un R de 3 sur certains murs correspond à une précaution que nous, acteurs du patrimoine cherchant à être au fait des problématiques hygrothermiques du bâti ancien, avons prodigué jusqu’à il y a une dizaine d’années. Depuis, nous avons appris que l’augmentation de l’isolation était beaucoup moins impactante que d’autres éléments. En rappel, les principaux éléments impactant la pérennité des isolants et des murs supports en cas d’isolation thermique intérieure sont : • imperméabilité du mur à la pluie ; • absence de remontées capillaires ; • renouvellement régulier de l’air intérieur ; • matériaux de finition extérieurs facilitant l’assèchement du mur (enduit à la chaux…) ; • choix d’un isolant peu sensible à l’eau et ouvert à la diffusion de vapeur d’eau ; • étanchéité à l’air côté chaud de l’isolant (ou dans le tiers intérieur de l’isolation), avec généralement une membrane hygrovariable ou une membrane orientée. Et, si la ou le professionnel estime que le mur est particulièrement sensible à l’eau et qu’il risque de s’humidifier, deux options sécuritaires pourront être proposées : • complexe isolant capillaire Multipor®, Calsitherm®, voire certaines ouates de cellulose projetées, certains enduits isolants ou certains bétons de chanvre ; • double cloison isolante. Comme vous le voyez, soit c’est le choix d’un fonctionnement capillaire fort, soit c’est la création d’un espace entre le mur et le complexe isolant, mais alors avec ventilation sur l’extérieur, des évacuations d’eau en partie basse… Cette dernière solution est, par exemple, la seule possible si vous souhaitez doubler un mur enterré.

Quel enduit sur un mur en parpaing de mâchefer ?

Nous venons d’acquérir une maison à rénover et avons découvert que les murs sont en parpaing de mâchefer. Nous souhaitons faire une isolation par l’extérieur et nous nous posons la question de la finition en intérieur. Est-il possible d’enduire ce mur à la chaux ? Quelle autre finition naturelle est-il possible d’appliquer, sachant que ce matériau est friable, très poreux et sensible à l’humidité ?


Réponse de Samuel Legablier, artisan maçon, Autour de la chaux Effectivement, le matériaux de construction mâchefer peut s’enduire à la chaux. Vu qu’il est très poreux et réagit à l’humidité, il conviendra de l’enduire avec une chaux souple comme une NHL 2, ou FLA 2, FLA 3.5 (voire une chaux aérienne, uniquement pour l’intérieur) et en respectant les dosages du sac pour matériaux tendres. Suivant la saison, été ou hiver, et les conditions météo du chantier, les murs devront être humidifiés soigneusement une ou plusieurs fois (si vous n’avez pas le temps de travailler votre enduit, c’est que vous n’avez pas assez mouillé). On peut également appliquer une chaux plus souple qui nourrira le support en eau. Pour l’intérieur, un dégrossi plus une finition suffisent. En extérieur, il convient d’ajouter un gobetis (couche d’accroche) en première passe. Quant à la finition, je préconise en intérieur le lissé truelle, qui accroche moins la poussière et qui renvoie mieux la lumière.

Protection contre les ondes 4G et wifi

Nous publions ici un « coup de gueule » reçu à la rédaction et envoyé par un expert en protection électromagnétique. Utiliser des matériaux locaux et biosourcés, c’est bien, mais aller plus loin en pensant le projet écologique dans son ensemble, c’est encore mieux...


Alain Richard, expert en maîtrise des pollutions électromagnétiques, electromagnetique.com J’ai récemment été sollicité pour assurer un accompagnement dans la réalisation d’une installation électrique minimisant les champs électromagnétiques. Cet aménagement s’inscrit dans un projet d’autoconstruction d’une maison en paille utilisant de préférence des matériaux biosourcés et s’oriente dans une volonté d’autonomie (eau, électricité, alimentation, etc.). « La déconnexion au réseau EDF va de soi, ainsi qu’au réseau téléphonique puisqu’il y a la 4G », m’a dit la personne demandeuse. Et c’est là que le bât blesse dans la logique de ce projet et que j’observe couramment dans les milieux soucieux d’un environnement sain, respectueux de la nature et de l’humanité. Cela se traduit généralement par « je construis local, j’utilise du fil ou de la gaine blindés pour mon installation électrique, je mange local et biologique, mais surtout on ne touche pas à ma wifi ni à mon smartphone ». Cette technologie magique, silencieuse, inodore et invisible décrite dans le dossier « Dans la brume électromagnétique » [LME n°107 oct./nov. 2018, ndlr] n’est pas si inoffensive. En effet, l’aspect biosourcé d’un projet se trouve mis à mal dans la fabrication des smartphones qui nécessite l’extraction et les traitements de terres rares, ressources épuisables et qui concentrent plus de 80 % des impacts environnementaux (analyse du cycle de vie d’un téléphone portable – synthèse – Ademe avril 2018). Un problème éthique apparaît aussi concernant les conditions de travail des acteurs dont les règles élémentaires ne sont pas respectées. L’aspect souvent optimisé fiscalement des concepteurs et des offreurs de services de ces appareils est aussi déconcertant. L’effort de recyclage des téléphones et smartphones, bien que louable, est très insuffisant (« Le sulfureux parcours du téléphone portable », Le Monde, oct. 2016). D’autre part, le nombre de personnes se disant électrohypersensibles est évalué autour de 5 % selon le dernier rapport de l’Anses en mars 2018. Le principe de précaution paraît nécessaire concernant l’usage des divers objets connectés. Voici quelques conseils à (re)diffuser le plus largement possible : • un smartphone ne devrait s’utiliser qu’à l’extérieur d’un bâtiment (car le téléphone émet d’autant plus que le réseau est moindre, ce qui est le cas en intérieur) ; • l’usage des technologies wifi, bluetooth ou DECT est à proscrire au profit d’un système filaire ; • toutes actions visant à développer les connexions filaires et l’implantation de la fibre optique sont à encourager. Pour conclure, le simple mot d’une amie souffrant d’électrohypersensibilité : « Moi, je vis confinée depuis cinq ans, ma vie n’a pas changé avec le Covid 19. »