Éco-construire : Isolée oui, mais en balles de riz

ECOCONSTRUIRE RIZ 139

Pour bâtir leur maison, discret reflet de leur activité hôtelière, Jacques et Françoise ont choisi des solutions régionales.

Dont une isolation en balle de riz. Et des professionnels locaux, qui ont mené la totalité des travaux pour un bâtiment clé-en-main.

L’aventure constructive » de ce couple commence il y a 30 ans, avec l’achat d’un hôtel dans la région native de Jacques, à Baratier, une commune des Hautes-Alpes. La bâtisse construite dans les années 1970 nécessite une grosse rénovation. Originaire d’une famille de la paysannerie locale, Jacques est fier d’hériter du bon sens paysan. Cette logique implacable des gens de la terre sera, dit-il, « son meilleur allié » en termes de conception des travaux. Il s’inscrit à cette époque à un stage portant sur l’isolation phonique au centre de formation Le Gabion, à Embrun (05), à quelques kilomètres de chez lui. Cette première expérience de rénovation constituera une solide base pour la maturation du projet suivant : la construction de leur maison.

Quelques années plus tard, il achète un terrain face à l’hôtel, de l’autre côté d’un chemin. Le couple, qui est engagé dans une démarche de protection de la nature, sait parfaitement ce qu’il veut. Il se fixe trois mots d’ordre : « Efficace, écologique et économique. » Efficace pour une maison simple à vivre. Écologique pour une empreinte carbone la plus faible possible, tant dans la construction que dans l’utilisation. Économique quant au budget des travaux et aux factures énergétiques à venir à l’usage.

Et, reprennent-ils en chœur, « nous ne cherchions pas à construire une maison à la mode des grands volumes où il fait 27°C en haut et 21°C en bas avec tous les sons qui remontent. Nous avons trouvé un architecte à Embrun, qui n’exerce plus à l’heure actuelle. Il a été parfait, à notre écoute, nous a compris et a concrétisé nos recherches, nos ébauches pour l’obtention d’un permis de construire ».

Reste à trouver le charpentier. Lors d’un salon entrepreneurial dans les Hautes-Alpes, le courant passe particulièrement avec une entreprise locale.


Cahier pratique Travaux : Mission isolation en béton terre et miscanthus

56 CP TRAVAUX MISCANTHUS

Réaliser une isolation thermique par l’intérieur (ITI) vertueuse et économique est à portée de main !

L’ITI en terre-fibre allégée est un compromis accessible, tant sur le volet budgétaire que sur l’isolation de petites surfaces, pour lesquelles  il est parfois difficile de mobiliser un artisan. Le caractère vertueux de ses composants et convivial de sa pose ne gâchent rien ! Cette ITI terre-miscanthus a été réalisée en chantier participatif avec un accompagnateur de chantier dans le cadre d’une rénovation thermique au standard de performance BBC d’un bâti pavillonnaire mitoyen des années 1960. La façade sud étant en zone classée, l’Architecte des Bâtiments de France a refusé la pose d’une isolation par l’extérieur avec bardage bois.

L’ensemble est posé en voie humide, relativement moins humide qu’un enduit correcteur thermique, apportant davantage de souplesse lors de la phase du séchage. La plus faible proportion d’eau et de liant terre permet d’avoir un mélange « aérien », léger, plus accessible en termes de manutention pour l’équipe de mise en œuvre. Selon l’épaisseur souhaitée – en moyenne 10 cm –, le volume de mélange à préparer et à compacter est conséquent. Cela convient particulièrement à l’organisation d’un chantier participatif où petits et grands, bricoleurs et moins aguerris, peuvent s’y retrouver. Éviter la saison hivernale pour faciliter un bon séchage. La technique peut aussi être employée pour construire des cloisons avec un caractère phonique appréciable. Enfin, le mélange est réversible. À l’avenir, ses constituants pourront aisément être démontés, réemployés ou compostés.


Enquête matériaux : Insuffler les isolants végétaux

ENQUETE MATERIAUX-N°129, La Maison écologique, Isolants végétaux

Souffler ou insuffler des isolants en vrac, une pratique qui se démocratise, sous l’influence notamment d’un des isolants les moins chers du marché et non moins vertueux : la ouate de cellulose (issue du recyclage des journaux). Désormais, des isolants végétaux sont capables d’être mis en œuvre par insufflation ou soufflage, avec un rapport performance/prix très intéressant.

Précision sémantique, le terme soufflage désigne ici le fait d’isoler un plancher de combles perdus par l’intermédiaire d’une machine capable de décompresser le matériau en vrac et de l’envoyer jusqu’à la zone à isoler. Quant à l’insufflation, elle concerne dans cet article le cas d’isolants en vrac envoyés sous pression dans des caissons fermés, généralement en parois verticales ou inclinées (mur et rampant).

Nouveau souffle pour les végétaux

Qui dit isolant en vrac dit peu de transformation de la matière première, donc moins d’énergie dépensée pour sa fabrication et moins, voire pas du tout d’adjuvants tels que les fibres synthétiques polyester ou polyoléfine qui participent au maintien des panneaux en fibres de bois ou de chanvre, par exemple. Corollaire intéressant, les isolants en vrac sont généralement moins chers que leurs homologues en panneaux ou rouleaux.

Pour Gabriel Martinez, coordinateur du Réseau français de la construction en paille (RFCP), « la paille hachée permet de s’affranchir du format de la botte de paille. Ce n’est plus la structure bois qui s’adapte aux bottes, mais l’insufflation qui s’adapte à l’ossature. Et, pour les fournisseurs, commercialiser la paille hachée permet de valoriser de la menue paille ». Chez le fabricant de fibre de bois Gutex, les principaux arguments de vente pour sa Thermofibre en vrac sont la rapidité de pose, l’absence de découpes et de pertes de matière et le volume de stockage réduit.

Les isolants végétaux à insuffler ou souffler se retrouvent principalement dans les parois horizontales non soumises à des conditions d’humidité importante : plancher, plancher de combles perdus. Une fois les questions d’humidité et de tassement maîtrisées par une mise en œuvre appropriée à chacun des matériaux (densité, épaisseur), ils sont aussi utilisables en parois inclinées ou verticales, en intérieur comme en extérieur. « Les professionnels les réservent aussi pour les applications où l’espace de travail est réduit et difficile d’accès ou en isolation de contre-cloison, par exemple », explique N


Dossier : Isolants des champs, isolants résilients

DOSSIER ISOLANT RESILIENTS

La nouvelle réglementation RE2020 est de bon augure pour les isolants biosourcés.

Va-t-on enfin plonger dans un monde où chaque territoire saura tirer parti de ses ressources végétales, où le circuit court sera roi et où les paysans et les artisans travailleront main dans la main ? Aux quatre coins du pays, des filières émergent et inventent peu à peu ce monde résilient.

Les biosourcés ne représentent que 10 % des ventes d’isolant en France. Mais avec +87 % de volume vendu entre 2016 et 2020, ils pourraient bien prendre enfin la place qu’ils méritent. Ouate de cellulose, laine de bois ou de mouton, textile recyclé, la famille est grande. Mais le marché des isolants provenant de cultures végétales est encore discret. Pourtant, la France est championne européenne des agromatériaux et, depuis une vingtaine d’années, associations et artisans les (re)mettent au goût du jour. Les atouts de la paille, du chanvre, des balles de riz et de toutes sortes de végétaux en font des matériaux d’avenir. Selon l’Ademe, les laines végétales transformées sous forme de panneaux pourraient même représenter 13 % du marché des isolants en 2030. Encore faut-il des moyens, de la volonté et un changement d’habitudes pour dessiner ce futur réjouissant


Rénover une bergerie grâce au réemploi

rénover une bergerie

Roseau, tournesol, noix…les murs ont la fibre végétale.

Gilles et Florence ont su mettre en valeur l’ancienne bergerie familiale, convertie en habitation, tout en lui conservant son cachet. Leur recette : réemploi de matériaux et mortiers à base de roseau, de tournesol et de coquille de noix.

La famille de Gilles Hubert exploite la vigne depuis quatre générations à Seigy (41), dans la vallée du Cher. Gilles et son épouse Florence sont très attachés à la ferme familiale et à son ensemble de bâtiments, acquis au fil du temps. Ils ont longtemps vécu à une dizaine de kilomètres de là, au bord du Cher, lorsque Gilles exerçait son métier d’éclusier-barragiste. En 2004, ils décident de transformer l’ancienne bergerie en habitation, pour s’y installer. Ambitieux projet puisque tout est à refaire. Ainsi, ne seront conservés que les quatre murs extérieurs.

Gilles Hubert veut une maison bien isolée et bien chauffée, tout en utilisant des matériaux naturels car ce sont les seuls à respecter le bâti ancien. « Ici, les murs des bâtiments sont en pierres montées à la chaux, sans fondation ; l’eau du sol remonte naturellement dans les murs et doit pouvoir s’évacuer », explique-t-il.


Le tournesol, bientôt un isolant ?

Prototype panneau isolant de tournesol

Matériau. Le tournesol pourrait s’illustrer comme matière première dans l’isolation de bâtiments. C’est en tous cas l’une des ambitions du projet Demether qui, coordonné par l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture (IRSTEA) et soutenu par Céréales Vallée, vise au développement de matériaux isolants biosourcés. Le constat : l’écorce des tiges assure une excellente fonction mécanique et la moelle contenue à l’intérieur, une bonne isolation thermique. Des prototypes de panneaux, associant broyats de tiges et liant naturel (à base de chitosane), ont démontré un relativement bon coefficient de diffusion thermique de 0,06 W/m.K. Il ne reste plus qu’à trouver un industriel pour une fabrication en série.

Brève publiée dans LME89


Isoler avec les produits de la nature



Utiliser des matériaux tels que la nature les a façonnés, sans transformation industrielle, pour isoler son logis c’est possible et
souhaitable. De plus, cette pratique respectueuse de l’environnement a l’avantage de dynamiser l’agriculture et l’économie locale. Mais ces
isolants “de cueillette” répondent-ils aux exigences thermiques actuelles ? Sont-ils fiables ? Comment les mettre en oeuvre ? Vous trouverez les réponses dans le dossier que vous tenez entre les mains…


Le guide des isolants



Une enquête comparative exclusive sur 100 produits.

Les isolants écologiques sont désormais disponibles chez de nombreux revendeurs de matériaux sains présents dans la plupart des départements français. Certains de ces produits ont même fait leur entrée chez les grandes surfaces de bricolage.
Quels sont-ils, comment les choisir ? Notre enquête comparative recense tous les isolants écologiques industrialisés vendus en France à ce jour. Une première !