Avis d’experts : Toit-terrasse bien choisir sa membrane d’étanchéité

AVIS DEXPERTS MEMBRANE ETANCHEITE

Tour d’horizon des solutions les moins polluantes pour éviter les fuites

Pour assurer l’étanchéité d’une toiture-terrasse, végétalisée ou non, c’est souvent l’epdm qui arrive à l’esprit. Pourtant, d’autres membranes existent, plus ou moins écologiques à fabriquer ou mettre en œuvre. 

Sur son chantier situé dans le Pays basque, Philippe s’est lancé seul et sans connaissance dans la mise en œuvre d’un produit d’étanchéité conseillé par un ami. « Ce produit, qui sert à étanchéifier les cuves, ressemble à du latex et s’applique au rouleau. Mais il a rapidement commencé à se fissurer et il y a eu de nombreuses fuites. Au début, c’était trois gouttes ; ensuite, une averse et j’ai passé presque un an à mettre des rustines partout. Au final, on a tout fait refaire par un professionnel », retrace-t-il. En cause, l’inadéquation du produit, mais surtout l’absence de membrane, qui est à elle seule garante de l’étanchéité du toit (à l’inverse d’un toit en tuile ou ardoise, sécurisé par un pare-pluie).

Mais pour les amateurs de produits sains et naturels, le choix d’une membrane peut vite tourner au casse-tête, car quel que soit le procédé de fabrication, toutes sont issues de © LA CERISE SUR LE TOIT23 les procédés de fabrication (polymères SBS chez Siplast et Soprema, polypropylène chez Onduline…). Du côté du PVC-P, le bilan carbone laisse là encore à désirer (15,2 kg éq.CO2 /m2 total cycle de vie).

Et, comme avec le bitume, l’important retrait du matériau sous les variations de température fait qu’il est nécessaire de l’armer et de lui ajouter des composants pour assurer sa bonne tenue dans le temps. Mais le plus gros point noir du PVC-P (PVC souple) réside dans la stabilité moléculaire du produit, précise Émile Chapelain, de l’entreprise bordelaise La Cerise sur le toit : « Le chlore est le plastifiant du PVC-P et, sous l’effet des UV, cette molécule essentielle à sa durabilité s’échappe. Il y a un risque de pollution des eaux. De plus, le PVC-P va se rigidifier dans le temps, la membrane va donc se fendre et perdre de son étanchéité. » Autre point noir, le PVC-P contient une faible teneur de chlorure de vinyle, classé dans le groupe 1 (agent cancérogène avéré) par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ). Sa mise en œuvre par soudure à air chaud expose donc les étancheurs à de faibles émanations de chlorure de vinyle, dont les conséquences sont reconnues comme maladie professionnelle par la Sécurité sociale.

Attention à bien se former et anticiper les lourdes charges des rouleaux

Le PIB, stable depuis 1974 Exit donc PVC et bitume pour un projet de construction écologique. Le choix peut se faire parmi les autres membranes, en premier lieu le PIB, qu’on peut trouver sous la marque Rhépanol Fk. Ce produit, d’une durée de vie certifiée de 35 ans et pourvu d’un avis technique depuis 1974, est également doté d’une déclaration environnementale depuis 2013(2). Sa fabrication Ci-contre Pour poser une membrane d’étanchéité EVA, l’outillage est minimal : ciseaux, cutter, pistolet à air chaud et rouleau de marouflage. Mais attention à bien se former et anticiper les lourdes charges des rouleaux. l’industrie chimique ou pétrochimique. À l’image de la plus utilisée dans le secteur de la construction, la membrane bitumineuse, qui, en 2018, représentait 70 % du marché, et même quasiment 80 % si on y ajoute l’asphalte.


Extérieur : Les potagers prennent de la hauteur

Potager urbain sur le toit

Potager urbain sur le toit

À Grenoble, l’association Cultivons nos toits transforme le haut des immeubles en jardins partagés. Des lieux de production, mais aussi de lien social. Reportage en altitude…

Fabrice vit en rez-de-chaussée. Chaque jour, il enfile sa tenue de jardinier et va ramasser ses légumes… en montant dans l’ascenseur ! Car son petit potager se situe sur le toit du parking de son immeuble. « C’est ce qui m’a fait acheter un appartement ici. Je suis un citadin, certes, mais j’ai besoin de mettre régulièrement les mains dans la terre », témoigne ce banquier quinquagénaire grenoblois. En allant arroser les jeunes pousses qui pointent leur nez sur le toit, il croise Vincent, venu vider un seau d’épluchures sur le compost. Les deux voisins n’habitent là que depuis quelques mois, mais discutent déjà comme de vieilles connaissances.

« Le jardin, c’est fédérateur. C’est plus agréable de rencontrer ses voisins de palier en cueillant des tomates qu’à l’occasion d’une réunion de copropriété houleuse », assure le jeune homme. Une fois par mois, tous deux bénéficient d’une formation pratique pour apprendre à mieux gérer ce jardin partagé, dispensée par l’association Cultivons nos toits, à l’origine du site. « On explique aux habitants comment semer, pailler, arroser, poser un tuteur, mais aussi à quel moment récolter, explique Lucas Courgeon, chargé de projet au sein de l’association. Nous avons de l’expérience. On a implanté notre premier potager aérien il y a quatre ans sur le toit d’une ancienne caserne, la Casemate, située en plein centre-ville. En une saison, on a récolté 1 t de légumes sur 200 m2, cultivés dans de grands bacs. »

Un jardin d’un seul tenant

Les cultures sur la Casemate ont été interrompues en raison d’un incendie dans le bâtiment, mais vont reprendre en 2020. Entre temps, les jardiniers urbains ont semé d’autres graines. Ils ont convaincu un duo de promoteurs immobiliers d’aménager le toit de leurs nouvelles constructions, qu’occupent justement Fabrice et Vincent dans l’écoquartier Daudet, à Saint-Martin- d’Hères, en banlieue de Grenoble. « Anticiper la présence d’un jardin sur un bâtiment neuf permet de renforcer la structure pour accueillir un poids supplémentaire. Ici, les 840 m2 de surface plane accueillent non pas des bacs, mais une couche de 50 cm de terre arable. De quoi aménager un jardin d’un seul tenant », poursuit Lucas. L’espace est partagé entre une pelouse conviviale sur laquelle les enfants viennent jouer et des carrés de potager.

Chaque habitant dispose d’une petite parcelle qu’il utilise à sa guise. Seule contrainte, ne pas utiliser de pesticides. Ensuite, libre à chacun de faire pousser des fleurs, des aromatiques, des fruits ou des légumes. L’association fournit des graines et des outils grâce à une enveloppe de 5 000 € allouée par le promoteur. Ce montant finance également l’activité de conseil en amont de la construction et l’accompagnement des apprentis jardiniers en aval.


Construire : une maison en paille préfabriquée

maison paille préfabriquée

Une passive en paille préfabriquée

Ils ne se déplacent pour ainsi dire plus qu’à pied ou en vélo. Le projet de la famille Dallet a atteint son objectif : réduire le plus possible une empreinte écologique bien trop grevée à leur goût par des déplacements en voiture fréquents et le fonctionnement d’une maison énergivore sur l’ensemble de son cycle de vie. Jusque là, le couple vivait en effet dans une habitation individuelle excentrée et édifiée avec des matériaux conventionnels. Ils y sont restés 30 ans avant de se lancer dans leur nouveau projet. Ils décident alors de rechercher le terrain idéal il y a trois ans environ.

La quête a abouti à une parcelle proche du centre-ville d’Auray, orientée sud-sud ouest comme l’exige la construction passive. Pas trop grande, d’une superficie de 890 m2 et intime en dépit de la division du terrain initial en deux lots. Le couple proche de la retraite s’est ensuite abondamment documenté, de salons de l’habitat en lectures, sur les qualités des matériaux naturels, la construction passive, le bioclimatisme. Engagée, la démarche de ces militants du réseau Alternatiba(1) se veut globale, jusque dans les moindres détails. Ils ont même mandaté une étude géobiologique afin de repérer les zones de haute énergie qui perturberaient le sommeil.