Territoire : Dispositif innovant pour rénovations performantes

maison rénovée via Dorémi

La société Dorémi promeut depuis 2011 les rénovations énergétiques globales, et en une seule fois. Efficace.

Quand s’échauffent des cerveaux dans un bâtiment suffisamment isolé, étanché, ventilé, aucune condensation n’embue les carreaux. L’air reste sain et le besoin de chauffage, moindre. Les bureaux rouge brique de l’Ineed, pépinière d’entreprises à la performance énergétique d’avant-garde(1) située à Alixan, dans la Drôme, sont propices aux réflexions des membres de Dorémi(2). Depuis 10 ans, cette société développe l’accès à la « rénovation complète et performante », en ramenant en une seule fois des bâtiments d’avant la première réglementation thermique de 1975 à un niveau BBC(3). Une méthode qui s’oppose à la « rénovation par étapes », comme le simple changement de fenêtres ou de système de chauffage, qui aboutit souvent à « des moisissures, la détérioration de la qualité de l’air, des pathologies dans les murs… », se désole Vincent Legrand, directeur général de Dorémi.

Valence-Romans appuie Dorémi

Conçue comme un réseau, la société Dorémi compte quatre agences en France et 50 collectivités partenaires. Mais la Drôme reste son territoire pilote. Plus particulièrement les 54 communes de l’agglomération de Valence-Romans et leurs 65 000 logements d’avant 1975; « À Valence, les quartiers du Petit et du Grand-Charran présentent une qualité de vie intéressante avec des écoles, des commerces… Mais comptent beaucoup de pavillons des années 1960, décrit Annie-Paule Tenneroni, adjointe au maire en charge de l’habitat et du logement.

On aimerait y attirer de jeunes ménages, mais le coût potentiel des travaux de rénovation les effraie ».  Certains préfèrent donc construire neuf en périphérie, au grand dam de l’élue.; « On ne peut pas demander aux gens de manger local et priver les agriculteurs de leurs terres au profit de l’étalement urbain. » Pour ces raisons et pour répondre à l’objectif de neutralité carbone en 2050, le territoire investit pour la rénovation énergétique en s’appuyant notamment sur Dorémi.


Territoire : L’écoformation au cœur de l’humain et des sciences

TERRITOIRE ECOFORMATION GABION

L’écoformation au Gabion

Au centre du Gabion, chaque morceau de mur, de pierre, de bois, de terre amène à des réflexions, des projets humains; des expériences scientifiques et sociales sur l’habitat et les écomatériaux. Le but : partager, essaimer et rendre l’écohabitat accessible à tous.

L’aventure débute en 1993 avec Richard Lacortiglia, menuisier chez les Compagnons bâtisseurs; spécialisé dans le mélèze, le bois des Hautes-Alpes, après avoir œuvré sur la réhabilitation de l’abbaye de Boscodon, à Crots (05). Il choisit alors de transmettre ses connaissances et crée l’association Le Gabion. À l’époque, deux idées, deux publics : la création de chantiers de restauration d’insertion et l’écoformation via des stages courts principalement sur les métiers du gros œuvre. Aujourd’hui, l’activité s’est recentrée sur les chantiers d’insertion et les formations longues et qualifiantes.

Sur ses chantiers d’insertion d’une durée moyenne de 18 mois; on rencontre des candidats de moins de 25 ans ou plus de 50 ans, des travailleurs handicapés, des chômeurs longue durée, des bénéficiaires du RSA. Ils se déroulent sur le domaine public lorsque la facture, dans un cadre conventionnel de travail, devient inabordable pour les collectivités.


Territoire : Former pour faire grandir l’écoconstruction

Territoire ecobatys

Écobatys s’ouvre à de nouveaux débouchés.

Au pays du granit, aux portes de Bretagne, se trouve le Pays de Fougères. Au sein de ce territoire rural, dans lequel la filière construction représente 10 % des emplois; une réflexion s’est engagée sur la transition écologique du bâtiment dès la fin des années 2000. Élus et associations du Pays de Fougères proposent alors quelques formations en écoconstruction aux pro­fessionnels. “Mais, rapidement on s’est rendu compte qu’il fallait un lieu pour aller plus loin dans la dvnamique de for­mation”, indique Marie-Pierre Rouger, ancienne conseil­lère régionale (Bretagne écologie) à l’énergie, au climat et à l’écoconstruction.
Ainsi est né, en 2016, le pôle Écobatys. Situé à Maen­Roch, le bâtiment montre l’exemple et met en valeur les matériaux locaux. Murs en bois-paille du Pays de Fougères, bardage en châtaignier et chêne locaux et parement en granit, filière historique en Ille-et-Vilaine. Le bâtiment de plus de 500 m2 fonctionne aux énergies renouvelables; les vingt panneaux photovoltaïques sur le toit fournissent une partie de l’électricité en autoconsommation et une chaudière granulés à condensation chauffe le lieu (moins d’une tonne de granulés par an). Professionnels et particu-liers viennent à la matériauthèque découvrir et manipuler la terre, le lin, le chanvre, la paille, etc. Son but premier ? Un lieu unique pour former les artisans à l’écoconstruction.


Territoire : Quand les collégiens enquêtent sur l’énergie

enquête sur l'énergie

Ils mènent une périlleuse investigation.

À l’aide de leur carnet, ils traquent les watts dans les moindres recoins. Les élèves de cinquième du collège Jean Moulin à Artenay (Loiret), tentent de résoudre le mystère de l’énergie disparue. Comment s’échappe-t-elle ? Que mettre en place pour la retenir ? Ils ont mis à profit la période du confinement pour enquêter dans leur logement. Ils ont interrogé des témoins, leurs parents le plus souvent qui connaissent bien le secteur, mais également des indics, leurs professeurs. Et enfin, ils ont résolu l’intrigue…

Ces apprentis détectives de l’énergie ont joué à Sherlock’s home. C’est un jeu créé par l’agence départementale d’information sur le logement du Loiret et d’Eure-et-Loir (Adil 45-28). Cet Espace conseil Faire, ancien Espace info énergie a mis au point une manière très ludique de parler d’énergie et d’isolation. À partir de trois missions à réaliser, l’élève appréhende aussi bien les écogestes que des notions plus vastes comme les sources d’énergie, l’isolation, les matériaux biosourcés ou la ventilation.

Ce projet est né d’une participation aux « Expérénos » de l’Ademe en 2017.

Il n’y avait pas de somme d’argent en jeu, que des moyens humains. « Nous avons candidaté avec un dossier sur la sensibilisation pour les collégiens, se souvient Mylène Boileau, chargée de mission énergie et animatrice régionale du réseau Faire. « C’était très enrichissant car nous sommes techniciens de formation et là, nous collaborions avec une équipe d’experts : un sociologue, un graphiste, un designer de service…

Ensemble, nous avons pu tester et lancé un prototype ». En plus du carnet qui regroupe des mots-croisés, des charades, des questions sur les murs, les fenêtres ou la toiture, l’Adil a conçu un jeu de plateau pour animer des séances pédagogiques, sur la priorisation des travaux ou la puissance des équipements. « L’objectif est de sensibiliser les élèves aux écogestes, mais également à une culture de l’habitat, avec une mallette des matériaux biosourcés par exemple. Ils doivent poser des questions à leurs parents, et ainsi apporter des changements au sein de la famille », ajoute la chargée de mission.


Territoire : Malaunay, la transition tous horizons

Malaunay

Si l’ancienne cité industrielle de Malaunay, en Seine-Maritime, s’est longtemps fondue dans l’agglomération rouennaise, elle fait désormais figure de phare au sein de la métropole, qui tente de s’inventer une politique de transition écologique.

« Tout a démarré en 2012, raconte Guillaume Coutey, maire de cette commune de plus de 6 000 habitants et directeur de cabinet d’un maire voisin. Malaunay était en difficulté financière. » Dotée d’une équipe technique municipale réduite, la commune doit aller chercher l’inspiration ailleurs. « On s’est attelé à la démarche Citergie, pourtant réservée aux grandes collectivités, poursuit l’élu. Ce cadre théorique nous a fait changer de regard sur nos projets et notre fonctionnement au profit d’une amélioration environnementale.

Dès 2012, nous avons voté notre première politique énergétique. » La commune se porte alors candidate à l’appel à projets Territoires à énergie positive pour la croissance verte (TEPCV). Lauréate, elle obtient en 2014 un soutien financier à la hauteur de ses ambitions, 500 000 € sur 870 000 € de budget total, que le Département, la Région Normandie, la Métropole et l’Union européenne soutiendront aussi.

Précarité énergétique

« Nous voulions faire de Malaunay une commune exemplaire, avant d’emmener les habitants dans cette aventure », précise Guillaume Coutey. La commune installe des panneaux photovoltaïques en autoconsommation sur les toits de l’église, puis d’un groupe scolaire, rénove thermiquement en les fusionnant une crèche municipale et une halte-garderie. Elle réoriente progressivement son éclairage public vers des LED, anticipe la suppression des traitements phytosanitaires et favorise le remplacement des sacs plastiques par des versions biosourcées dans les commerces de proximité.

C’est aussi à cette époque qu’est créé le Service municipal d’accompagnement à la maîtrise de l’énergie et de lutte contre la vulnérabilité énergétique (Same). Gratuit, il s’adresse à toute personne souhaitant faire des économies d’énergie. Jérôme Dumont, responsable du Centre communal d’action sociale, en est l’un des chargés de mission. Formé au diagnostic thermique, il aide en particulier les personnes en précarité. « Au cours d’une première visite, détaille-t-il, je repère avec elles les progrès possibles en termes de comportements, ainsi que les principaux défauts du bâtiment. Puis, nous imaginons les travaux et investissements envisageables et je porte à leur connaissance les aides publiques. Je suis souvent le premier interlocuteur pour le dossier Anah. Si des travaux sont engagés, j’accompagne les maîtres d’ouvrage jusqu’au bout, par exemple si des problèmes se posent avec les artisans. »

Depuis sa formation, le Same a accompagné près de 70 foyers. Les quartiers embarqués En 2016, une seconde convention TEPCV signée avec l’État renforce les moyens de la commune (1,5 million d’euros) pour sa transition énergétique.  […]