Matériaux : Mélanges terre-végétaux, le temps de la reconnaissance

ENQUETE TERRE VEGETAUX

Du neuf avec du vieux

Associations, chercheurs et artisans se mobilisent pour améliorer les techniques et favoriser l’utilisation des ressources locales dans les mélanges de terre fibrée. En parallèle, la reconnaissance institutionnelle de ces matériaux s’amorce.

Qu’ils soient ancestraux ou plus récents, les matériaux à base de terre et de végétaux sont appréciés pour leur longévité et leur disponibilité. Aujourd’hui utilisés pour leur performance en termes d’inertie et d’isolation, ils sont longtemps restés à l’écart des processus normatifs du bâtiment. La reconnaissance officielle de leurs performances avance pourtant. En témoigne la récente publication d’une fiche de déclaration environnementale et sanitaire (FDES) dédiée à la technique du terre-paille, qui devrait bientôt être suivie d’une fiche dédiée au torchis. De quoi faciliter l’entrée des techniques de terre crue dans la construction neuve. Ces documents explicitent les données permettant l’analyse du cycle de vie (ACV) des matériaux, rendue obligatoire par la future Réglementation environnementale RE2020, et éviteront de fait que ne soient utilisées des données par défaut souvent pénalisantes.

Déjà, en 2018, l’édition d’un guide de bonnes pratiques consacré aux techniques de construction en terre crue (torchis, bauge, terre allégée, enduits, pisé et briques) avait impulsé un virage. Financé par le ministère de la Transition écologique, cet ouvrage a été rédigé par un collectif réunissant de nombreux acteurs des techniques terre pour diffuser « les pratiques et les mises en œuvre diverses, reconnues et validées par les praticiens du bâtiment », sensibiliser les professionnels aux vertus de la terre crue dans le bâtiment et stimuler la créativité en convoquant le passé pour mieux répondre aux enjeux actuels.


La maison aux mille et une vies



Pour restaurer leur maison en pays gascon, Elisabeth et Loïc n’ont utilisé presque que des matériaux naturels, locaux et parfois chargés d’histoire(s). Bienvenue dans un lieu aux multiples passés.

Il paraît que les chats ont sept vies. Difficile de savoir combien en a eu la maison qu’Elisabeth et Loïc ont restaurée dans le Gers. Ni combien elle en aura encore, puisqu’elle est presque entièrement biodégradable. La partie centrale du bâtiment date de 1797. Mais un bois de colombage gravé à l’extérieur révèle qu’une extension a été réalisée en 1813. « Cette maison aurait été construite avec les restes d’une métairie d’une ferme voisine qui avait brûlé, explique Loïc. Ici, c’est ce qu’on appelle une borde, la maison des ouvriers. Elle mesurait à peine 100 m2 au sol, dont une étable pour mettre un ou deux animaux. » Voilà pour les trois premières vies – au moins. Lire la suite


Leur logis présage l’habitat de demain

habitat de demain

En arrivant au lieu-dit Lachat, on ne peut pas la louper. Avec ses larges baies vitrées, ses murs de terre et de bois et ses panneaux solaires sur le toit, la maison de Sophie et Damien affirme sa singularité. Bâtie au milieu de pavillons conventionnels, elle fait des envieux dans le quartier. Et pas seulement d’un point de vue esthétique… « Quand on compare notre facture de chauffage avec celle de nos voisins, on est content de notre choix, témoigne Damien. 120 € de granulés suffisent pour alimenter notre poêle et avoir chaud tout l’hiver avec deux enfants en bas âge, quand leur dalle chauffante ou leur pompe à chaleur engloutit près de 1000 € pour une surface équivalente ! C’est la différence entre une habitation en terre-paille bien orientée et une construction en parpaings-laine minérale mal positionnée. »

 


Travaux : réaliser une dalle de terre

dalle de terre

Retrouver la terre ferme

Economique, écologique et très performante pour la régulation thermique de votre maison, La dalle de terre a de nombreux avantages. Sa recette est simple : un bon repas, des amis motivés, quelques gouttes de sueur. Et on tasse, on tasse, on tasse…

Pendant un chantier, les tas de terre s’accumulent tout autour de la future construction. Inutile d’aller chercher plus loin : ce matériau est le plus souvent idéale pour la réalisation d’une dalle en béton de terre. Mais il peut s’avérer utile de la faire analyser par un laboratoire pour savoir si elle convient parfaitement. Attention à la terre trop argileuse. En effet, le taux d’argile doit être compris entre 10 et 20 % pour une mise en oeuvre optimale.


Matériaux : Alternatives à la dalle béton

Alternatives à la dalle beton

Un sol en béton, que dalle !

Le tout-puissant béton armé de ciment a fait de la dalle de sol son pré carré. Heureusement, des alternatives existent, qui sont bien plus pertinentes pour la qualité de vie intérieure. Certaines sont assez simples à mettre en oeuvre.

Une dalle de sol sur terre-plein sans ciment ? Impossible, nous répondent les constructeurs conventionnels, pour qui béton de ciment rime avec  résistance, rigidité et… garantie décennale. Pourtant, le coût environnemental prohibitif du ciment (4 % des émissions mondiales de CO2)
et les conséquences de l’extraction massive de sable marin et de gravier pour la construction (autour de 25 milliards de tonnes par an) remettent largement en cause cette technique pourtant solidement implantée dans les esprits.


Cahier pratique : mortier isolant terre-chanvre

mortier isolant terre-chanvre

Projeter un mortier isolant terre-chanvre.

Simple et rapide à mettre en oeuvre, la projection mécanique de ce mortier allie les avantages de la terre crue à ceux du chanvre. Il permet ainsi  une bonne isolation des parois.

Vous connaissez sans doute le mortier chaux-chanvre projeté à la machine dont l’usage s’est développé ces dernières années pour l’isolation des murs. Voici son homologue avec, cette fois-ci, l’argile comme liant. Un écomatériau qui détrône la chaux à bien des égards en termes environnementaux et de confort de travail.

La projection d’un mortier en doublage ou remplissage de paroi, est une technique rapide à mettre en oeuvre. Cependant, le séchage sera long.


Autoconstruire sa maison bois paille terre

Benoît a réussi à autoconstruire sa propre maison en Bretagne à base de bois, paille et terre crue.

[VIDEO] En 3 minutes, Benoît délivre dans cette vidéo de précieux conseils pour réussir à autoconstruire sa maison et raconte comment il a bâti en Bretagne sa propre maison en bois, paille et terre crue, très peu consommatrice d’énergie. “Un défi, une aventure humaine à la portée de tous”, nourrie par l’entraide.

Retrouvez plus d’infos et de photos dans le magazine La Maison écologique n°94, en kiosques jusqu’à fin septembre ou sur commande en cliquant ici.


Maison écologique: la clé vient des champs

Ecoconstruction d'une maison écologique à Thourie, en Bretagne.

Avec beaucoup d’huile de coude, Elisabeth et Jean-Michel sont venus à bout de leur chantier de construction d’une maison écologique en deux ans et demi. Une maison originale en paille et bois, posée sur pilotis, bâtie en grande partie en autoconstruction dans la campagne rennaise, près de Thourie. Paille, laine de mouton, terre, sable, une bonne partie des matériaux de la construction est issue des champs de l’élevage d’agneaux en bio de Jean-Michel. Coût du chantier: 903 € par mètre carré !

Retrouvez notre reportage photo, les infos techniques et l’interview des propriétaires dans le magazine La Maison écologique n°93, en kiosques jusqu’à fin juillet 2016 ou sur commande ici.


Réhabilitation

terre bois métal technique pisé contemporain

Terre, bois et métal la technique du pisé aux allures contemporaines.

Jouer avec une palette de matériaux différents, élargit les possibilités créatives en matière de réhabilitation : plein cap sur le métissage d’idées qui offre une deuxième vie à cette grange en pisé au nord de l’Isère.