Cahier pratique : Démonter un parquet cloué pour le réutiliser

PARQUET CLOUE

Marche à suivre pour récupérer d’anciennes lames de bois massif afin de pouvoir les réemployer.

L’association L’Écrouvis a été missionnée pour réaliser la dépose sélective des matériaux et équipements pour la rénovation globale de cette maison en pierre à Vigneux-de-Bretagne (44). Notamment le démontage soigné de ce parquet en vue de son réemploi. Il sera ensuite vendu à « prix conscient » (10 à 50 % du prix en neuf) dans sa recyclerie de matériaux du bâtiment, à Saint-Nicolas-de-Redon (44).

Les lames de 22 mm d’épaisseur et 14 cm de large sont en pin massif, clouées sur lambourdes « avec des petits clous, donc la dépose est assez facile, pointe Emmanuel Lemoine, salarié de L’Écrouvis, qui s’attelle à ce démontage avec Blanche et Jean-Philippe. Le taux de perte est donc très faible, moins de 10 %, alors que sur un parquet en châtaignier avec pointes plus robustes et rouillées, on a eu environ 25 % de perte. Du parquet châtaignier ou chêne avec de grosses pointes à têtes plates demande aussi un pied-de-biche plus long pour ne pas se casser le bras grâce à un effet levier plus fort ».

Large palette des possibles

Soigneusement démonté, trié et stocké, le parquet n’a plus qu’à être reposé à son nouvel emplacement comme un parquet neuf, conformément au DTU 51.1. Même les lambourdes n’ont ensuite plus qu’à être dévissées de leur support pour être réutilisées ailleurs. Suivant son état, son usage et les envies, le parquet pourra être poncé et recevoir une finition (huile, vernis, cire…), éventuellement après avoir rebouché ou mastiqué des trous. Les anciennes planches de parquet pourront aussi servir à de tout autres réalisations : lambris, bardage, panneau, étagère, menuiserie ou autres fantaisies.


Cahier pratique : Calade en terre cuite de réemploi



L’art de la calade a de quoi faire son retour.

La multiplication des déconstructions et matériauthèques permet de la remettre au goût du jour. Dans le cadre d’une rénovation, tuiles plates, tomettes ou briques de terre cuite récupérées peuvent être réutilisées pour créer une terrasse à motif. 

Après avoir terrassé l’endroit, un muret de briques périphérique sera monté pour retenir la calade. Il peut être réalisé à niveau de la future terrasse. Le sol sera préparé de manière légère avec gravier et sable. Pas besoin de chape de chaux ni de géotextile sous les pierres. En plus de réemployer des matériaux existants, cette calade a donc l’intérêt de ne pas perturber la vie du sol en n’entravant pas l’écoulement ni le ruissellement des eaux de pluie. 

Le recours aux briques et tomettes traditionnelles, dont les teintes varient souvent d’une pièce à l’autre, permet en outre de créer des motifs à volonté. Les pièces choisies devront être solides et ne pas montrer de signes de porosité qui pourraient compliquer la pose et nuire à la solidité de la terrasse. 

Le choix du motif de la terrasse, en chevrons, a demandé pas mal de calage avant de trouver la bonne méthode de répétition du motif. Certaines briques étaient également émaillées, ce qui leur confère un aspect noir sur les photos. Au total, 800 tomettes et 1 100 briques ont été utilisées pour 17 m2 de terrasse, réalisée en chantier-école dans le cadre de la rénovation expérimentale du Costil, en Normandie.


Travaux : Rénover son sol

Rénover son sol

Faire d’une pierre 3 coups

Rénover son sol pour réduire les problèmes d’humidité, limiter les déperditions thermiques et offrir en prime un revêtement sain et 100 % naturel.

Dans le bâti ancien, les sols « conventionnels » faits de carrelage sur dalle de ciment livrent en général leur lot de mauvaises surprises à long terme, surtout s’ils ne sont pas isolés. Froids et inertiels, ils génèrent un inconfort thermique. Parce qu’ils emprisonnent l’humidité, celle-ci se trouve contrainte de progresser par capillarité dans les murs qu’elle dégrade et qui peuvent devenir des sources de prolifération de moisissures insalubres. Un chantier de rénovation d’envergure offre l’occasion de remédier à l’ensemble de ces problèmes.


Travaux : L’art de poser un sol

poser un sol

L’art de poser un sol

Pour choisir un revêtement de sol, esthétique, longévité et entretien sont des critères déterminants. Mais pour l’autoconstructeur, la méthode de pose est aussi à prendre en compte. Les quatres sols présentés ici sont faciles et rapides à poser, pour un résultat durable.

Le lino et le liège, mais aussi les tomettes ou les travertins, sont des matériaux sains dont la mise en oeuvre est accessible à tous (lire notre dossier sur les revêtements de sol, LME 110). Leurs avantages ? Une pose sur dalle (de ciment, de chaux, de chaux-chanvre, de terre, etc.), avec au besoin un ragréage léger, une faible épaisseur qui facilite le chantier, une grande résistance aux chocs et aux poinçonnements. Exceptées les dalles de linoléum, les trois autres revêtements peuvent même être placés dans les pièces humides.

Liège et lino, tout beau tout bio

Pour aller vite sans lésiner sur la qualité du sol, le liège et le lino sont des solutions intéressantes avec une pose d’environ 15 m2 par jour et par personne. Leur poids très limité (1 kg/m2 pour le liège, 9 kg/m2 pour le lino Marmoleum Click) s’adapte à tous les types de support et leur manipulation facile permet de les utiliser quel que soit le chantier (rez-de-chaussée, étage, mezzanine, etc.). Issu à 97 % de matière naturelle, les dalles de lino sont très faciles à poser puisqu’elles ne nécessitent pas de collage.

Les dalles de liège, quant à elles, sont 100 % naturelles et on en trouve même de couleur, pour l’aspect déco. Travertin et tomette font place nette Pour ceux et celles qui recherchent la longévité avant tout, tomettes et travertins sont faits pour durer. Le chantier, par contre, ne dure pas 100 ans. Côté travertin, ses grandes dimensions (jusqu’à 60 x 125 cm) permettent un rendement important. Seul bémol, son poids (de 5 à 15 kg par dalle selon dimensions et épaisseur) complique un peu la mise en oeuvre.


Les revêtements de sol naturels

revêtements de sol naturels

Fibres végétales, bois, pierre, terre, linoleum… A chaque pièce son sol écolo.

C’est souvent un casse-tête et c’est pourtant la touche finale de tous les chantiers. La touche qui donnera du caractère à une pièce tout en facilitant son entretien. Mais selon quels critères choisir ses revêtements de sol ? Laurence Jovet, architecte d’intérieur, conseille de « retenir quatre paramètres principaux pour le choix des revêtements de sols : l’usage, avec des contraintes de passage ou d’humidité ; l’esthétique, c’est-à-dire l’ambiance qu’on souhaite pour la pièce ; la contrainte de prix et, enfin, la qualité écologique des produits ». Malgré cela, le choix reste large. Et d’autres caractéristiques sont à mettre dans la balance, par exemple l’influence du sol sur le confort de l’occupant. Même sans avoir la bougeotte, entre 1 500 et 2 000 pas sont réalisés par jour et par personne à l’intérieur d’une habitation individuelle, soit un peu moins de 1 km. La plupart du temps nus pieds, en chaussettes ou en chaussons. En contact constant avec nos petits petons, le sol est un allié direct du confort intérieur. Et l’inverse d’une sensation de confort, c’est la fameuse sensation de froid ressentie à la sortie de la douche sur un carrelage.


Revêtements de sol



Le revêtement de sol est la couche de finition qui recouvre la dalle et le plancher d’étage. Qu’ils se clipsent, se collent ou se clouent, de nombreux matériaux écologiques peuvent être utilisés pour cela. Cependant, il faut adapter les revêtements de sol au type de bâti et à l’usage des pièces où ils sont posés.

Le parquet

Évitez les essences exotiques et préférez les bois issus de forêts locales et durablement exploitées, idéalement un bois massif non traité chimiquement. Il aura en effet une meilleure durée de vie, un impact écologique et des émissions de COV (composés organiques volatils) inférieurs à un parquet contrecollé.

L’essence et l’épaisseur du parquet dépendent de l’utilisation de la pièce : n’hésitez pas à utiliser différentes essences dans votre logement.

 

La terre crue

Matériau local, peu énergivore, facile d’entretien, la terre crue damée doit être huilée et convient à toutes les pièces de vie, hors cuisine. Attention, ne vous lancez pas sans formation préalable dans la mise en œuvre d’un revêtement de sol en terre crue, cela requiert un certain savoir-faire !

 

La terre cuite

Industriels ou artisanaux, ces carreaux d’argile cuits, également appelés tomettes, sont à protéger avec de l’huile dure ou de la cire.

 

Le liège

Le liège est plutôt connu sous forme d’isolant grâce à ses propriétés acoustiques et thermiques. Mais à partir de la même matière première, on peut également fabriquer des revêtements de sol. Ils sont très résistants à l’usure, même s’il vaut mieux éviter de les mettre dans une pièce en contact avec l’extérieur, car il supporte mal le sable et le gravier.

 

Le linoléum

Le vrai linoléum est fabriqué à partir de matières premières naturelles : huile de lin, farine de bois, liège, calcaire, résine, pigments et jute. Attention, cependant, certaines entreprises profitent de sa bonne réputation pour en fabriquer avec d’autres matériaux bien moins écologiques.

 

Le plâtre

En mélangeant un plâtre gros naturel et de la chaux aérienne, on obtient un revêtement qui peut être poncé, lissé, puis recouvert d’huile dure. Ce matériau sèche très rapidement, ce qui le rend difficile à mettre en œuvre.

 

La pierre

Oubliez le marbre et autres pierres asiatiques, préférez des pierres extraites et façonnées en France, voire par un artisan local.

 

La fibre végétale

Venant d’Asie ou d’Amérique du Sud (jonc, cocon sisal…), la fibre végétale est sensible aux tâches et les sous-couches synthétiques sont émettrices de COV. Attention donc, l’appellation « végétal » n’induit pas forcément un bon bilan énergétique, surtout si le produit vient de loin.

Questions à se poser

Quels sont mes critères de choix ? Facilité de pause, durée de vie, entretien, prix, esthétique, impact sur l’environnement et la santé…

Points de vigilance

Si certains revêtements de sol sont très faciles à poser, ne n’est pas le cas de tous. Si vous n’êtes pas sûr de pouvoir poser votre sol parfaitement, vous pouvez faire appel à un professionnel ou effectuer une formation pour apprendre la technique.

Certains produits peuvent imiter ceux que nous vous avons décrits, par exemple les pierres reconstituées ou celles extraites en France mais façonnées dans un autre pays.

Sélection d’articles/dossiers pour Revêtements de sol :

Enquête matériau : sol en terre crue
Dossier : mon sol au naturel
Poser un parquet massif : pas à pas
Dossier : Les revêtements de sol naturels
Cahier pratique : L’art de poser un sol

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Chape



La chape se situe au-dessus de la dalle (et de l’isolant s’il n’est pas que périphérique) et en-dessous du revêtement de sol. À la différence d’une dalle, une chape n’a pas un rôle porteur. Conventionnellement coulée en béton, il existe heureusement des alternatives moins énergivores qui remplissent les mêmes fonctions : dalle en terre crue ou à la chaux, par exemple.

Une chape a pour objectif principal de mettre à niveau le sol et d’accueillir la couche de finition : le revêtement de sol. Elle peut également servir d’étanchéité à l’air et à l’eau à condition que la liaison dalle-mur soit correctement traitée. Dans un chantier, on coule d’abord la dalle, puis on monte les murs extérieurs avant de couler la chape.

 

Même si l’on peut réaliser les chapes par soi-même ou les trouver prêtes à l’emploi, il est conseillé de faire appel à un expert. Car couler une chape fait partie des étapes qui demandent le plus de savoir-faire. L’outillage nécessaire pour ce lot est celui du maçon : bétonnière, règle de maçon, taloche…

Points de vigilance

Le temps de séchage peut être extrêmement long : 2, 3, voire 4 mois selon la composition de la chape écologique, la température et l’humidité ambiantes.

Si vous coulez votre chape en été, veillez à l’humidifier régulièrement. Si elle sèche trop rapidement, elle ne prendra pas correctement et risque de fissurer.

Sélection d’articles/dossiers pour Chape :

Enquête matériau : sol en terre crue
Terre cuite sur chape chauffante : pas à pas
Isolation sol et pose de terre cuite : pas à pas

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