Rénover : transformer un entrepôt

transformer un entrepôt

Et l’entrepôt devint maisonnette

Depuis la rue, on ne se doute de rien. Le soleil vient frapper un mur aveugle dont le crépi n’a pas été refait depuis longtemps. On n’imagine pas quelqu’un vivre derrière. Et pourtant… Quand on pousse le lourd portail de bois, on débouche sur une jolie courette qui distribue un immeuble et une maisonnette. De grands bacs à fleurs voisinent avec une table de jardin sur laquelle traînent encore quelques verres. Le mur côté rue cachait bien son jeu. Il y a de la vie ici. « Bonjour, bienvenue chez moi, lance Marie-Anne dans l’embrasure de sa porte.

Entrez. Vous verrez, c’est petit, mais c’est mignon. » On la suit et on confirme : c’est petit, certes, mais ça a beaucoup de charme. « Quand j’ai découvert ce lieu, ça en manquait singulièrement. Il fallait faire preuve d’imagination. Mais j’en avais », reprend cette Lyonnaise de 39 ans. En effet, elle  vient de terminer un long chantier de rénovation pour transformer cet ancien entrepôt en un logement douillet, entièrement rénové avec des matériaux sains.


7 ans de réfection

7 ans de réfection

L’histoire démarre assez vite avec cette vieille maison aux abords d’un petit village perché dans les Alpes-de-Haute-Provence, au beau milieu d’une nature grandiose, avec vue alpine incroyable sur la plaine et les massifs alentours. La bâtisse, repérée en 2011, est un peu grande pour deux, mais le loyer de Michael et Jérémi est à l’époque un peu trop conséquent lui aussi… Il faut se décider. Après mûres réflexions, ils décident de se lancer dans sa rénovation et s’installent dans une partie voûtée du rez-dechaussée qu’ils badigeonnent rapidement d’un coup de chaux aérienne et équipent d’une kitchenette et d’une petite salle de bains. Ce camp de base, avec ses 17 m2 exigus, n’a rien d’un palace, mais leur permettra de mener le mode de vie économique nécessaire aux sept longues années de chantier durant lesquelles, pour Jérémi et Michael, leurs emplois respectifs de formateurs en travaux paysagistes et en agriculture se cumuleront avec la rénovation de la maison durant les week-ends et vacances.


Rénover : Résistance thermique



A 190 ans, Mamie fait de la résistance thermique…

Nous cherchions depuis quelque temps un bâtiment ancien, avec des pierres apparentes, pour le cachet, explique Jérôme Lebreton qui, avec sa campagne, a fait l’acquisition de cette ferme à rénover fin 2014. Pour lui, la quête d’authenticité se doublait d’un véritable défi : rendre durable une bâtisse construite en 1830. “Je voulais à la fois vivre dans une maison faite de matériaux sains et montrer qu’il est possible de réaliser une rénovation performante” avec une construction ancienne, explique-t-il.

Aujourd’hui, le résultat est là. Pour chauffer la maison en hiver, 2,5 stères de bois suffisent, contre 3 000 litres de fioul auparavant. “Quand j’ai vu la taille du poêle, j’était un peu sceptique, avance Clémence Chapeau, qui a longtemps vécu dans une vieille bâtisse rénovée inchauffable. Finalement, il suffit largement. On chauffe peu et c’est très confortable qu’une maison neuve. C’est idéal.” La faible quantité de bois consommée rend le travail de découpe et de stockage peu pénible, d’autant que Jérôme et Clémence ont un accès facilité à cette ressource ; ils ont coupé un arbre sur leur terrain qui leur permettra de se chauffer pendant deux hivers et ils pourront ensuite compter sur des membres de leur famille pour trouver du bois.

Il a fallu deux ans à Jérôme pour boucler ce chantier. “Je ne travaillais que les soirs et week-ends, précise-t-il, sachant que j’ai parfois un peu diminué mon activité professionnelle pour avancer sur le chantier.” Titulaire d’une licence professionnelle en énergie renouvelable et maîtrise de l’énergie, Jérôme Lebreton fait à longueur d’année de la formation pour les professionnels du bâtiment et de l’accompagnement à maîtrise d’ouvrage pour les particuliers, dans le neuf et la rénovation.” Ma démarche est de faire des bâtiments exemplaires, d’aller toujours plus loin énergétiquement et environnementalement, confit-t-il. Après, il faut bien sûr tenir compte des limites techniques et budgétaires.


Finitions : Restaurer un enduit en terre



Restaurer un enduit en terre

Remédier aux trous, griffures, chocs ou autres impacts du quotidien.

L’enduit à l’argile est très certainement l’enduit d finition le plus facile à réparer. Il est constitué de terre crue qui, à l’inverse de la terre cuite(tomette, brique, tuile…), est réversible à l’infini. Une fois sèche et dure, elle peut être remouillée et redevenir liquide autant de fois que nécessaire. De ce fait,les réparations deviennent presque un jeu d’enfant. En théorie, c’est assez simple, il faut boucher le trou avec du mortier (enduit à l’état liquide) qui va se mélanger avec l’enduit du mur qui aura été rendu liquide au préalable. Dans la pratique, c’est un peu plus compliqué.

Réparer le support

Il faut d’abord avoir conservé de l’enduit ou s’en procurer de la même couleur, puis nettoyer la partie à réparer des éventuels matériaux qui se décrochent. Si le trou est profond (plus de 5 mm), il est préférable de commencer par le reboucher avec un matériau de même composition qu le support. Si le support est en plâtre, avec du plâtre ; s’il est en terre, avec de la terre etc.

Ensuite, il faut mouiller la périphérie du trou pour la rendre dans le même état (liquide) que le mortier qui va boucher la cavité. L’enduit du mur ne doit pas être complètement liquide ; si l’ongle de votre doigt rentre, cela suffit. Si l’enduit contient de la cellulose, cette opération peut être un peu plus longue.

Faire preuve de patience

Ensuite, il faut faire preuve de patience et attendre que l’ensemble durcisse avant de lisser pour obtenir un résultat sans trace. Il est possible d’intervenir avant que le mortier devienne complètement dur. Dans ce as, passer les étapes 3 et 4. Les réparations sur les parties planes sont plus faciles, mais ce sont le plus souvent les angles qui reçoivent des chocs. Pour lisser les angles, il est pratique d’utiliser un morceau de plastiquée découpé dans un sac de sable, par exemple. Le plastique doit être épais pour ne pas déchirer et souple pour épouser les formes.

 


Rénover : démarche coopérative de rénovation

démarche coopérative de rénovation

Un nouveau cocon pour le pavillon

Marie France et Robert ont été parmi les premiers à adhérer à la démarche coopérative de rénovation des pavillons des années 1970 de leur quartier, dans l’agglomération de Nancy (54). Ainsi, ils ont atteint un haut niveau de performance thermique et gagné en confort.

Il y a trois ans, Marie-Fance, 73 ans, et Marcel, 75 ans, ont bouclé l’audacieuse opération de rénovation énergétique de leur pavillon à Villerslès-Nancy. Grâce à ce qui était à l’époque l’une des plus grosse opérations d’habitat social individuel réalisée en Europe, le couple a redonné un coup de jeune à cette maison de 135 m2 habitables aux piètres performances thermiques, nichée dans le quartier de Clairlieu, une paisible enclave urbaine dans la forêt.

 


Rénover : Ossature bois intérieure

maison gigogne

Comme une maison gigogne

À peine entré dans la maison de Gaëtan et d’Émilie, leur plus jeune fils, Yanis, a quelque chose à nous montrer. Au pas de course, on traverse avec lui une cuisine chaleureuse, un salon aux pierres apparentes et, alors qu’on s’arrête devant le système de récupération de chaleur du poêle à bois, le petit bonhomme nous attend déjà en haut de l’escalier.«Hé, ho, c’est par là ma chambre ! », s’impatiente notre guide avec un air malicieux. OK Yanis, on te suit ! À l’étage, un long couloir laisse entrevoir à l’autre bout un espace baigné de lumière. Yanis fait une pause : « Tu as vu le rocher ? »


Surélévation écologique pour l’amour du bois

surélévation écologique en bois à Rennes en Bretagne. crédit 10i2LA

[VIDEO] Inconditionnels du matériau bois, Dominique et Jean-Yves l’ont sublimé dans leur surélévation à Rennes, en Ille-et-Vilaine. En n’occultant surtout pas les traces de la matière et de son histoire.

« Je me méfie de l’écologie politique, même si je l’ai fréquentée de près. Car elle donne parfois des choses très étonnantes, récupérée par les lobbies technologiques… Mais de manière pratique, il y a des choses à faire », revendique Jean-Yves Cairon, adepte de très longue date de l’écologie pratique. Alors quoi de plus concret que de transformer une maisonnette construite à la va-vite juste après-guerre en une habitation deux fois plus haute, moderne, économe en énergie et constituée de matériaux biosourcés ? « Eh oui, les vieux ont encore des projets ! », rigolent Jean-Yves Cairon, 69 ans, et Dominique Beyot, 60 ans. En outre, ces anciens infirmiers en psychiatrie ont réalisé une grande partie des travaux de surélévation eux-mêmes. Après le montage de la structure isolée préfabriquée en atelier. Cette surélévation a été conçue par les architectes locaux de 10i2LA.

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Rénover une bergerie grâce au réemploi

rénover une bergerie

Roseau, tournesol, noix…les murs ont la fibre végétale.

Gilles et Florence ont su mettre en valeur l’ancienne bergerie familiale, convertie en habitation, tout en lui conservant son cachet. Leur recette : réemploi de matériaux et mortiers à base de roseau, de tournesol et de coquille de noix.

La famille de Gilles Hubert exploite la vigne depuis quatre générations à Seigy (41), dans la vallée du Cher. Gilles et son épouse Florence sont très attachés à la ferme familiale et à son ensemble de bâtiments, acquis au fil du temps. Ils ont longtemps vécu à une dizaine de kilomètres de là, au bord du Cher, lorsque Gilles exerçait son métier d’éclusier-barragiste. En 2004, ils décident de transformer l’ancienne bergerie en habitation, pour s’y installer. Ambitieux projet puisque tout est à refaire. Ainsi, ne seront conservés que les quatre murs extérieurs.

Gilles Hubert veut une maison bien isolée et bien chauffée, tout en utilisant des matériaux naturels car ce sont les seuls à respecter le bâti ancien. « Ici, les murs des bâtiments sont en pierres montées à la chaux, sans fondation ; l’eau du sol remonte naturellement dans les murs et doit pouvoir s’évacuer », explique-t-il.


Extension à colombage: des pans de bois comme autrefois

Extension écologique à colombage dans l'Orne - crédit Gwendal Le Ménahèze

[VIDEO] Dans la continuité du patrimoine local, cette extension à colombage ouvre grand ses portes à la récupération. Quand la construction s’abreuve des ruines alentours.

Annick et Marc découvrent cette bâtisse du bocage ornais un 1er mai. Plantée parmi de majestueux poiriers en fleurs plus que centenaires. « C’était une ferme de famille construite entre 1750 et 1850. Elle appartenait à ma grand-mère, qui la tenait de sa mère, qui la tenait de sa mère… », retrace Marc, pianiste de 61 ans. La ferme était exploitée jusqu’en 1992. Puis Marc et sa femme Annick la reprennent l’année suivante. Ensuite, ils y restaurent à l’ancienne l’habitation. Notamment grâce à la technique du colombage. « On voulait rester dans le même style qu’à l’origine et garder le cachet des bâtiments. Donc on a essayé de trouver des matériaux de récupération. » Pour un chantier dans les règles de l’art, le couple s’est fait accompagner par l’association Maisons paysannes de France.

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Extension d’un immeuble

extension d'un immeuble

L’immeuble grandit d’un étage.

Quitte à rénover et isoler ce petit collectif défraîchi, Hélène et Rémy en ont rehaussé le toit pour transformer le grenier en un nouvel appartement, moderne et très économe en énergie.

Aujourd’hui retraités, Rémy et Hélène Loewert tenaient une blanchisserie réputée en Alsace. « On utilisait beaucoup d’eau et de calories, se souviennent-ils. C’était déjà un combat ; faire de bons résultats en utilisant moins de ressources. » Alors quand ils rachètent cet immeuble à la commune de Kaysersberg, une nouvelle bataille s’engage. « Construit en 1961, il n’avait pas bougé depuis, raconte Rémy, 68 ans. Énergétiquement, c’était une passoire ; extérieurement, il n’était pas beau. » Le couple contacte alors l’architecte Jean-Luc Thomas. « L’immeuble comprenait deux logements sur des garages en sous-sol, retrace ce dernier. Quitte à isoler la toiture, autant en profiter pour créer un troisième logement à la place du grenier. Avec le renouveau esthétique, ils ont ainsi fait d’une pierre trois coups ! »