Rénover : Une maison dans la grange

Renover une maison dans une grange

Balayés par le vol des hirondelles, les abords de la ferme équestre située à Abondant (28) baignent déjà dans un franc soleil en ce début de matinée. Dans un bâtiment au sol sableux, cavaliers et chevaux s’exercent à des figures esthétiques. Un peu plus loin, un hangar abrite du foin et du matériel.

« Voilà, c’est là ! », pointe Pauline Loisy en montrant le hangar alors qu’elle est censée désigner sa maison. La jeune architecte contourne le bâtiment pour atteindre l’entrée de son logement, dont rien ne laissait deviner la présence. Voilà donc le secret de sa « Paille-house » : un rectangle discrètement intégré dans un plus grand bâtiment qui a gardé sa fonction agricole.

Diplômée de l’École nationale d’architecture de Nancy en 2014, Pauline Loisy est passionnée par le monde équestre. À tel point que, fraîchement sortie de l’école, elle fait l’acquisition, avec son compagnon artisan ferronnier Johan Jan, d’une pension pour chevaux au cœur de ce village de l’Eure-et-Loir. Mais, sur place, aucun logement n’était prévu pour les jeunes acquéreurs.

« Le contrat prévoyait que l’ancienne propriétaire occuperait en viager la maison du corps de ferme », explique Pauline. En tant qu’éleveurs, le couple aurait pu solliciter un permis de construire sur l’une de ses parcelles en zone agricole, mais l’objectif était de « construire rapidement et à moindre coût ». 

Leur regard se tourne alors vers l’un des hangars, uniquement ouvert sur le côté cour. « Ce bâtiment offrait une dalle et un toit, donc autant d’économies pour la construction. Son orientation ouest/sud-ouest était satisfaisante et permettait d’ouvrir l’habitation vers les prairies environnantes, à l’écart de l’activité de la ferme. » La décision est alors prise de déposer une demande pour poser le futur logement dans ce hangar(1).

Une enveloppe dans l’enveloppe

D’une surface de plus de 320 m² au sol, le hangar est investi sur près de 100 m² par une maison de la forme d’une longère, collée à la façade déjà bardée et glissée sous les fermes de la charpente. Grâce à son toit de tôle, le hangar est idéal pour accueillir, au sec et à l’abri du vent, les matériaux et le chantier.

« Inspirée par des artisans spécialistes de la préfabrication en construction paille, notre stratégie globale a consisté, d’une part, à monter au sol des éléments de murs isolés en paille et fermés afin de les assembler ensuite à la verticale. D’autre part, pour limiter les coupes, nous avons aligné les formats de chaque panneau sur ceux des matériaux usinés (panneaux pare-pluie 1 200 x 2 800 mm)…


Rénover : Colombages, roseaux et coquillages

colombage

Cindy et Loïc ont écorénové une maison à colombages alsacienne construite en 1601.

L’emploi de matériaux naturels comme le roseau leur a permis de conjuguer performances thermiques et respect du patrimoine.

Les superlatifs manquent pour qualifier l’écorénovation de l’ancienne maison alsacienne conduite par Cindy Spies et Loïc Cavalier à Eckwersheim (Bas-Rhin), au nord de Strasbourg. Dans cette commune de 1 000 habitants où Loïc a passé son enfance, le couple a déniché une maison et sa dépendance totalisant 316 m2 au sol. Impossible de ne pas tomber sous le charme de son colombage, de sa petite cigogne en terre en toiture, de son balcon à galerie ornant la façade côté cour. « D’après la base de données du patrimoine Mérimée, notre maison serait la deuxième habitation du village. Sa construction remonterait à 1601. Plusieurs pièces exhumées pendant le chantier corroborent cette hypothèse, comme une pierre marquée de 1650, un linteau de 1700 », éclaire Loïc. 

Ce technicien en packaging de 39 ans se passionne depuis plusieurs années pour la préservation du patrimoine au travers de l’Association pour la sauvegarde de la maison alsacienne (Asma). Lui et sa compagne Cindy, 27 ans, chargée de marketing digital, ont dessiné les contours de ce projet d’écorénovation ambitieux en s’appuyant notamment sur l’expertise d’un bureau d’études thermiques, Képhir Environnement. Par le biais de l’Asma, ils ont dégoté les entreprises spécialisées et profité des réunions organisées par l’association. Ces stammtich, comme on dit en dialecte alsacien, réunissent autour d’une même table des porteurs de projets, des architectes, des bénévoles passionnés et des artisans.


Territoire : Dispositif innovant pour rénovations performantes

maison rénovée via Dorémi

La société Dorémi promeut depuis 2011 les rénovations énergétiques globales, et en une seule fois. Efficace.

Quand s’échauffent des cerveaux dans un bâtiment suffisamment isolé, étanché, ventilé, aucune condensation n’embue les carreaux. L’air reste sain et le besoin de chauffage, moindre. Les bureaux rouge brique de l’Ineed, pépinière d’entreprises à la performance énergétique d’avant-garde(1) située à Alixan, dans la Drôme, sont propices aux réflexions des membres de Dorémi(2). Depuis 10 ans, cette société développe l’accès à la « rénovation complète et performante », en ramenant en une seule fois des bâtiments d’avant la première réglementation thermique de 1975 à un niveau BBC(3). Une méthode qui s’oppose à la « rénovation par étapes », comme le simple changement de fenêtres ou de système de chauffage, qui aboutit souvent à « des moisissures, la détérioration de la qualité de l’air, des pathologies dans les murs… », se désole Vincent Legrand, directeur général de Dorémi.

Valence-Romans appuie Dorémi

Conçue comme un réseau, la société Dorémi compte quatre agences en France et 50 collectivités partenaires. Mais la Drôme reste son territoire pilote. Plus particulièrement les 54 communes de l’agglomération de Valence-Romans et leurs 65 000 logements d’avant 1975; « À Valence, les quartiers du Petit et du Grand-Charran présentent une qualité de vie intéressante avec des écoles, des commerces… Mais comptent beaucoup de pavillons des années 1960, décrit Annie-Paule Tenneroni, adjointe au maire en charge de l’habitat et du logement.

On aimerait y attirer de jeunes ménages, mais le coût potentiel des travaux de rénovation les effraie ».  Certains préfèrent donc construire neuf en périphérie, au grand dam de l’élue.; « On ne peut pas demander aux gens de manger local et priver les agriculteurs de leurs terres au profit de l’étalement urbain. » Pour ces raisons et pour répondre à l’objectif de neutralité carbone en 2050, le territoire investit pour la rénovation énergétique en s’appuyant notamment sur Dorémi.


La maison aux mille et une vies



Pour restaurer leur maison en pays gascon, Elisabeth et Loïc n’ont utilisé presque que des matériaux naturels, locaux et parfois chargés d’histoire(s). Bienvenue dans un lieu aux multiples passés.

Il paraît que les chats ont sept vies. Difficile de savoir combien en a eu la maison qu’Elisabeth et Loïc ont restaurée dans le Gers. Ni combien elle en aura encore, puisqu’elle est presque entièrement biodégradable. La partie centrale du bâtiment date de 1797. Mais un bois de colombage gravé à l’extérieur révèle qu’une extension a été réalisée en 1813. « Cette maison aurait été construite avec les restes d’une métairie d’une ferme voisine qui avait brûlé, explique Loïc. Ici, c’est ce qu’on appelle une borde, la maison des ouvriers. Elle mesurait à peine 100 m2 au sol, dont une étable pour mettre un ou deux animaux. » Voilà pour les trois premières vies – au moins. Lire la suite


Rénover : Rénovation, extension, surélévation une maison passive en trois temps

Renover maison passive

Rénovation, extension, surélévation

Adapter son logement à l’arrivée des enfants plutôt que s’éloigner du centre-ville, c’est le choix de cette famille qui voulait vivre sans voiture. Dix ans et deux agrandissements plus tard, leur deux-pièces girondin est devenu une maison passive.

Nous avions 25 ans et une envie folle de mettre en pratique pour nous-mêmes ce que nous préconisions aux autres», se souviennent Delphine et Mat­thieu, deux Bordelais arrivés au terme d’une longue aventure constructive.
Mais à partir d’un petit deux-pièces insalubre, ils ont bâti une maison passive de 135 m2 sur deux niveaux. Un projet ambitieux en trois étapes et trois matériaux.
Difficile de trouver le terrain adéquat dans la métropole bordelaise; d’autant plus quand les agences immobilières ne comprennent pas les critères recherchés par des clients formés au bioclimatisme. Mais en août 2009, il dénichent la perle rare à Talence : une maison de style échoppe de 45 m2, construite vers 1920 et orientée sud-est, sur un joli terrain de 350 m2 « La maison était dans un très grand état d’insalubrité. Tout était à refaire», décrit Delphine, conseillère info-énergie à la CLCV, membre du réseau Faire.
De l’existant ne seront conservés que les quatre murs extérieurs et le toit. Dalle, murs, charpente; en seule­ment un mois et demi, tous les matériaux sont mis à nus et la maison, isolée pour que les deux autoconstructeurs puissent emménager. Déplacée sur le passage latéral, l’en­trée est devenue un espace central qui délimitera les par­ties jour et nuit une fois l’extension réalisée.
Visant les performances énergétiques des bâtiments pas­sifs, les propriétaires soignent d’em­blée l’isolation. Mais côté rue au nord, les menuiseries sont remplacées par des fenêtres en bois à triple vitrage. La porte d’entrée, à l’est, en bois et double vitrage est aussi choisie pour ses performances.


Rénover : Ils ont rénové une maison en paille

rénover une maison en paille

S’approcher des performances passives

Aurélie et Gweltaz ont acheté une maison autoconstruite deux ans plus tôt en bois et paille. Ils l’ont encore améliorée pour s’approcher des performances passives. Vmc double flux et chauffe-eau solaire ont fait chuter les factures et grimper le confort !

Oui, de tels logements ne courent pas les vitrines des agences immobilières. Bioclimatique, alimentée en eau de pluie mais aussi chauffée pour une poignée de bûches, bâtie en bois et isolée en bottes de paille ; Aurélie et Gweltaz achètent en 2016 cette maison autoconstruite dans un quartier de Vitré (35).

Le descriptif a beau être idyllique ; mais ils découvrent quelques lacunes et décident de pousser ses performances. « Les murs en paille avec finition bois ou chaux étant perspirants; certains pensent qu’on peut se passer de ventilation. La vapeur d’eau migre à travers la paroi mais les polluants, eux, ne sont pas évacués. Composés organiques volatils (COV) des peintures et formaldéhydes des colles », cite Gweltaz en toquant contre le plan de travail de la cuisine qui « en dégage pendant deux ou trois ans ». Conseiller info-énergie, il apporte un appareil de mesures du taux de particules fines, mais aussi de dioxyde de carbone (CO2), de COV et d’humidité. « Un logement ne devrait pas dépasser 800 parties par million (ppm). Ici, on ne descendait jamais sous 900 ppm. Avec des invités, on a vite grimpé à 1 600 ppm.


Rénover : Faire de son appartement un coin de campagne

appartement écologique

Faire danser le bois et la terre crue en centre-ville, voilà l’ambition d’Isabelle et Rémy pour leur appartement de 60m2 au cœur de Clermont-Ferrand.

Vivre en ville dans un appartement conventionnel ; au mieux, j’aurais tenu deux mois », affirme Rémy Ollier. Charpentier spécialisé dans la construction en paille, le jeune homme ne s’imagine pas dans un habitat « inerte ». Lorsqu’il rencontre la danseuse Isabelle Franques en 2016, celle-ci occupe en colocation un appartement de 60 m² au quatrième étage d’un immeuble en pierre de Volvic du centre historique de Clermont-Ferrand (63). Acheté deux ans auparavant dans un état rustique, elle l’a rénové pour en faire un logement viable, mignon et pratique : aménagement de la cuisine et de la salle d’eau avec des matériaux et meubles standards, pose de toile de verre au plafond et peinture sur l’ensemble des plaques de plâtre qui couvrent les murs isolés avec de la laine de verre, pose de carrelage en complément du parquet stratifié existant, remplacement des menuiseries bois abîmées par du PVC, investissement dans du chauffage électrique performant…

D’écologie, il n’est alors pas vraiment question. Clermontois d’origine, Rémy, alors installé dans le Lot, décide d’emménager avec sa compagne dans le Puy-de-Dôme. Elle n’est pas prête à laisser son compagnon habiter chez elle, ni à vendre l’appartement ; il rêve d’une vie en pleine nature. Une solution s’impose : recréer l’atmosphère d’un coin de campagne en centre-ville, importer le savoir faire de Rémy pour créer chez Isabelle un nid commun aussi « organique » que la nature et la danse.

Des courbes naturelles

Dans cette perspective, le choix des matériaux naturels est une évidence, mais le couple va plus loin. Il souhaite bannir arêtes et angles droits. « Ces derniers n’existent pas dans la nature, sauf pour se défendre. Ils pompent de l’énergie », estime Rémy. « Tandis que les arrondis sont doux, accueillants », complète Isabelle. Pour la finition des murs, le couple n’a qu’une idée en tête : des enduits en terre crue. « Ils permettent non seulement de créer des courbes apaisantes, mais également d’instaurer une ambiance feutrée, où les bruits tranchants n’ont pas leur place », justifie Isabelle, qui a pu constater les bénéfices de ce matériau sur des chantiers participatifs. Rémy, lui, connaît bien la technique pour avoir travaillé avec le spécialiste Éric Handrich (voir entretien p. 30).

Désireux d’améliorer la thermique de leur appartement, ils commencent en février 2018 par une phase de déconstruction. Les murs périphériques sont mis à nu, jusqu’à retrouver la structure en maçonnerie. […]


Dossier : Isoler sa maison par l’extérieur

isolation extérieure

Pourquoi et comment isoler par l’extérieur ? Techniques, matériaux, financements, le point sur l’isolation thermique extérieure, de son petit nom ITE.

1. Pourquoi isoler par l’extérieur ?
2. Des murs-manteaux en paille
3. Chanvre, ouate, fibre de bois et liège pour isoler par l’extérieur
4. Sarking, la couette du toit
5. Coût et financement de l’ITE

1. Pourquoi isoler par l’extérieur ?

En enveloppant la maison, l’isolation thermique par l’extérieur traite les ponts thermiques, conserve l’inertie du bâti, préserve l’espace intérieur et permet les travaux en site occupé.

La question de l’isolation thermique par l’extérieur (ITE) se pose très majoritairement quand on veut rénover une maison pour améliorer son confort et abaisser ses factures énergétiques sans changer les doublages existants, déplacer les radiateurs et les réseaux ou encore perdre de la surface habitable. Quand la couverture est à changer, c’est l’occasion à ne pas manquer pour réaliser l’isolation du toit par l’extérieur, sans toucher à l’aménagement des combles. Les façades ont besoin d’un bon ravalement ? Là encore, l’ITE permet de joindre l’utile à l’agréable.

« L’ITE de la toiture, j’en parle à mes clients qui veulent l’isoler, surtout quand ils vivent déjà sur place, pour faire un chantier qui respecte leur intérieur et qui leur permette de continuer à y vivre pendant les travaux, explique Julien Couillard, menuisier-charpentier à Cristot (14). Et quand les couvertures sont à remplacer, il n’y a même plus à réfléchir, c’est la solution, parce que les travaux induits par une isolation du toit par l’intérieur reviennent plus cher qu’en accédant par l’extérieur, par dessus les doublages existants qui restent en place. »

ITE 1-Ponts thermiques 0

L’ITE est une excellente solution de traitement des ponts thermiques et des entrées d’air dans la maison ou dans le complexe isolant, ces endroits dans les parois qui sont les passages du froid et du chaud entre l’intérieur et l’extérieur. Par exemple, la liaison entre une dalle de plancher en béton et un mur extérieur est un pont thermique important.

Sans isolation extérieure, c’est le froid aux pieds garanti à l’approche du mur, parfois sur 1 m. L’ITE couvrira le pont thermique, conservant ainsi le chaud l’hiver comme le frais l’été dans les murs. Mais si ce type de pont thermique est facilement traité par l’ITE des murs, il reste à traiter ceux des liaisons mur-toiture (en façades et en pignons), ceux des liaisons avec le sol (fondations, dalles sur terre-plein) et autour des menuiseries. Le plus performant est de raccorder une ITE des murs avec une ITE du toit pour envelopper complètement le bâtiment d’un manteau isolant. […]


Rénover : Une rénovation partagée avec les artisans

Rénovation partagée avec les artisans

Acquérir ne nouvelles compétences auprès des artisans tout en rénovant leur maison, tel est le pari relevé par Carine et Hoai-An dans la Vienne. Et la bâtisse vieillotte devint chaleureuse, faisant honneur à son majestueux poêle de masse.

En quête d’une maison adaptée à leur mode de vie, Carine et Hoai-An craquent fin 2013 pour un terrain arboré de 3 000 m2 en plein quartier-village de Châtellerault (86). Une maison des années 1960, n’ayant jamais connu de transformation si ce n’est l’ajout d’une véranda. « Au rez-de-chaussée, les volumes étaient répartis en petites pièces cloisonnées, la distribution manquait d’air et de luminosité, les revêtements de sol étaient démodés… C’était en plus une vraie passoire énergétique », résume Carine. Réfection de toiture, décloisonnement, création d’ouvertures, isolation thermique par l’extérieur (ITE), poêle de masse… Carine et Hoai-An, éligibles à de nombreuses aides (voir encadré p. 32), engagent une rénovation énergétique, épaulés par des artisans talentueux de la région. L’enjeu : rendre la maison plus économe en énergie et améliorer le cadre de vie. Six ans plus tard, la maison affiche une chaleureuse simplicité avec finitions naturelles en bois, chaux et terre.

Une rencontre décisive

Le fil conducteur de cette rénovation ? La lecture de J’attends une maison, de François Desombre (éd. de la Pierre Verte). Le couple y découvre le poêle de masse, alors que les radiateurs en fonte de leur maison ont disparu avec les précédents propriétaires ! Par le biais d’une amie, ils font la connaissance de Hans Hinrichs (Feu Vivant), spécialisé dans la construction de poêle à inertie. « Le poêle de masse nous a séduits par sa simplicité de fonctionnement, sa facilité d’entretien et sa longévité. Il nous a paru le plus adapté pour notre maison à étage de format carré », souligne Hoai-An. Ainsi de cette rencontre naît une prise de conscience tournée vers plus d’autonomie.

 


Rénover : Restaurer pour faire durer le passé

réhabilité une bâtisse

Passionnées par les pierres et le bois, Justine et Quentin ont réhabilité une bâtisse au cœur du Beaujolais, dans le soucis du respect du patrimoine et des matériaux locaux de récupération.

Nous rêvions d’une maison en pierres dorées, mais cela nous semblait inaccessible, lance Justine. La seule solution était de tout faire nous-mêmes. » Dans le Beaujolais, au nord-ouest de Lyon, là où les pierres ocres rayonnent au milieu des coteaux verdoyants, Justine et Quentin dénichent leur bonheur : une petite maison accolée à une grande grange. Toutes deux ont été construites dans les années 1880 à Châtillon-d’Azergues (69), une commune de 2 100 habitants.

La situation de la maison les séduit tout de suite. « Nous avons eu un coup de cœur pour la vue sur le château qui domine le village et le ruisseau qui coule au fond du jardin. Mais il fallait faire énormément de travaux ! », souligne Justine, qui, deux jours avant l’achat de la maison, accouche de leur troisième enfant. Et Quentin, zen et serein, de préciser : « Se lancer dans la rénovation, ce n’est pas simplement acheter une maison, c’est inventer son logement, en cohérence avec sa façon de vivre. La conception écologique s’imposait forcément. L’emplacement correspondait à nos intérêts : un cœur de village dynamique, une vie associative développée,
la proximité de tout sans voiture, la gare dans le village, des espaces naturels proches… »

Quentin, en charge de la participation citoyenne pour une collectivité, se jette dans l’aventure des travaux en juillet 2017. Il a déjà entrepris plusieurs chantiers de rénovation personnellement ou avec des amis. Contraint par un prêt-relais, le couple se donne deux ans pour rénover l’ancien corps de ferme. Quentin choisit de ne plus travailler le vendredi et passe ainsi ses longs week-ends et ses vacances sur le chantier. Justine jongle entre son travail de comédienne et les trois enfants, mais réussit à mettre la main à la pâte, en particulier dans celle des enduits.

Ils placent d’abord la porte d’entrée, puis l’escalier et « distribuent » les pièces autour, en favorisant les espaces collectifs, sans couloir. Ils font ainsi le choix d’une très grande chambre (60 m2) pour leurs trois garçons, qui pourra être cloisonnée si nécessaire, et d’un espace bureau familial (palier de 15 m² avec bibliothèque et coin lecture). Cet agencement tient compte également de l’exposition, pièces tampons au nord-est et grandes baies vitrées au sud-ouest pour apporter de la clarté. « Faute de budget, nous n’avons pas encore mis de panneaux solaires thermiques côté cours, mais les raccordements sont en attente », confie Quentin, qui réfléchit également à la possibilité de convertir les WC en toilettes sèches. […]