Rénover : un cabanon de jardin devenu chalet familial

Rénover un cabanon de jardin

Dans les méandres des venelles orléanaises, un îlot de verdure jaillit. Au bout d’un chemin, à peine plus large qu’un vélo, un jardin de 800 m2 abrite un cabanon. C’est la vision qu’a eue Quentin Monroty lorsqu’il a visité sa future maison dans le Loiret. « Sur l’acte notarié, il était écrit “chalet de jardin”. Le terrain n’était pas constructible, donc impossible de le démolir ou de l’agrandir. Cela n’intéressait que les jardiniers. Le prix de vente était donc assez bas », indique Quentin, heureux propriétaire de cet ancien cabanon de 44 m2. Quand, en 2018, Élise Hug, sa compagne, a déniché cette vieille maison de 1936, il a un coup de cœur. Architecte indépendant, spécialisé dans les réaménagements, il en perçoit également le potentiel. « Je me suis dit que si le sous-sol était aménagé, cela donnait 87 m2 au total, et je pouvais en faire quelque chose pour notre famille. Il faut lire les lieux. En tant qu’architecte, je me suis spécialisé dans le réaménagement et la rénovation et je fais assez peu de logement neuf notamment pour éviter le grignotage des terres », ajoute Quentin, qui souhaitait habiter en centre-ville pour continuer de faire tous ses déplacements à vélo. L’enjeu de la rénovation devient alors de gagner de l’espace tout en conservant le chalet en bois.

Véritable passoire thermique, la bicoque a déjà fait l’objet de plusieurs rénovations en 1960 et 1980, mais elle présente toujours beaucoup de dégradations : tuiles non remplacées, fuites de plomberie, lit de fondation en bloc béton mâchefer (à la fois fragile et issu de combustion polluante), sol plastique sur plancher bois qui empêche toute respiration du matériau, le tout dans un mélange de graisse et de nicotine. 

Comment rénover un cabanon de jardin

La première étape consiste à désamianter la façade extérieure avant d’accueillir un chantier participatif réunissant des amis et la famille pour enlever tous les revêtements intérieurs. « C’était très long. Nous avions beaucoup de protections, comme des gants, des masques, et il fallait tout rouler à la brouette, dans les venelles, avant d’emporter les débris à la déchetterie. Une seule accepte ce type de déchets dans l’agglomération », se souvient Quentin qui, au fil des travaux, réussit à négocier un passage chez son voisin, lui permettant d’approcher un véhicule près de la maison. Une fois la tonne d’amiante évacuée, les trois couches de lino et les dalles de polystyrène enlevées, le bâtiment d’origine est à peu près sain et conservé.

Creuser sous les fondations

Quentin s’attaque alors à la partie basse la maison, en cherchant une solution pour creuser sous les fondations.


Rénovation globale ou par étapes ?

approche globale du projet

Si tous vos travaux ne peuvent être entrepris dans un même chantier, l’ approche globale du projet reste une condition sine qua non d’une rénovation performante sur le plan énergétique, saine et économique

Les fenêtres une année, l’isolation du toit une autre et le reste plus tard. L’expérience montre qu’un chantier « sans approche globale, non coordonné et ne traitant que quelques postes de travaux » permet rarement d’atteindre une performance BBC (80 kWhEP/m².an(1)), signale Camille Julien, du réseau Dorémi. Les « gestes isolés de travaux » n’aboutissent ainsi, estime négaWatt, qu’à moins de 35 % d’économies de chauffage(2), que la hausse du coût de l’énergie efface en quelques années. Contre 75 % pour les rénovations complètes et performantes.

Un bâtiment rénové performant, résume Camille Julien, procède ainsi d’un chantier « qui a traité ces six postes de travaux : isolation des murs, des planchers bas et du toit, remplacement des menuiseries extérieures, ventilation, production de chauffage et eau chaude sanitaire ». Jean-Pierre Legrand, architecte au CAUE du Pas-de-Calais, nuance ce systématisme pour les murs extérieurs, surtout dans l’ouest et le sud-ouest du pays : « Les murs d’un ancien évêché reconverti en bureau(3) n’ont pas pu être isolés par l’extérieur pour des raisons patrimoniales ; ils n’ont été qu’enduits par l’intérieur. Cette non-isolation a été compensée par une isolation renforcée du toit, des sols et des vitrages. Il a divisé sa consommation par quatre (122 kWhEP/m².an). »

L’approche globale du projet évite de se retrouver dans une « impasse de rénovation »

L’approche globale évite de se retrouver dans une « impasse de rénovation », reprend Camille Julien : « Une isolation peut être suffisante mais si elle est mal “ raccordée aux autres postes en termes d’interfaces ou d’interactions, des reprises seront nécessaires, entraînant surcoût et lassitude. » Les interfaces sont « les jonctions physiques assurant l’étanchéité à l’air et la continuité de l’isolation ». L’erreur la plus fréquemment observée, développe Guilian Leroux, de l’Asder, reste « le changement seul des menuiseries extérieures sans anticiper l’articulation avec l’isolation future des murs. Si des volets roulants sont posés dans l’épaisseur du mur, ils occupent en général toute la largeur, ce qui rend impossible le retour d’isolant jusqu’au montant de la menuiserie. D’inévitables ponts thermiques entraînent alors inconfort et surconsommation d’énergie ». Au contraire, « lorsque ces postes sont effectués en même temps avec une pose des fenêtres et du rail de volet au droit intérieur de l’isolant pour une isolation thermique par l’extérieur (ITE), l’isolation est efficace ».

La liaison entre la fenêtre et le mur doit par ailleurs être assurée par un adhésif d’étanchéité à l’air pour éliminer les fuites d’air qui augmentent les besoins de chauffage, créent des risques de pathologies (par condensation dans les parois) et nuisent au bon fonctionnement d’une VMC.


Ils se sont battus pour éviter les coûts

MAITRISER LE BUDGET RENOVATION

Le combat d’Astrid et Jérémie pour maîtriser le budget de leur rénovation a été payant. Malgré les imprévus qui ont alourdi la note et contrarié les travaux, leur pavillon d’Ille-et-Vilaine est passé de passoire énergétique à logement basse consommation.

Un combat de longue haleine

Maîtriser les coûts d’une rénovation est un combat de longue haleine. En Ille-et-Vilaine, Astrid et Jérémie Emery-Schiettecatte ont dû conjuguer avec un budget contraint, des exigences de performance énergétique et de matériaux écologiques, ainsi que des mauvaises surprises qui plombent les factures.

Pour les guider, ils enrôlent l’architecte Séverine Duchemin, qui propose de démonter le chien assis, grande lucarne intégrée dans la toiture, et le remplacer par une gerbière, qui rejoint le plan de la façade en prolongeant le mur des niveaux inférieurs. Petite fuite dans le porte-monnaie suite à la dépose du chien assis durant l’hiver : le bâchage défaillant provoque des infiltrations dans la chambre d’Eliot, obligeant à reprendre une partie du parquet. Au-dessus de cette gerbière au toit presque plat, un élément en zinc reprend la pente d’origine « pour pouvoir installer les panneaux solaires avec une inclinaison optimale de 40-45°, pointe Séverine Duchemin. On aurait pu les mettre à côté, mais cette boîte centrale aurait porté son ombre sur les panneaux ». Très peu visibles, ils ne sont pas encastrés dans la couverture, « faisant économiser à peu près 1 000 € ».

La subtile valse des fenêtres

Toutes les ouvertures sont conservées, mais les fenêtres sont redimensionnées pour être plus harmonieuses et pratiques. « On a cassé les allèges sous d’anciennes fenêtres pour en faire des portes-fenêtres donnant accès à la future terrasse en hauteur, détaille l’architecte. Agrandir l’ouverture permet d’avoir plus de lumière, on retrouve en hauteur ce qu’on perd en largeur de vitrage à cause de l’isolation des tableaux. » Mais dans la chambre au premier étage, les propriétaires ont « résisté à la tentation de transformer la fenêtre en porte-fenêtre, ce qui aurait impliqué des travaux de maçonnerie, donc un surcoût, alors qu’elle ne donne pas sur la terrasse et aurait requis un garde-corps », souligne Astrid. De plus, cela permet de caser le radiateur dessous.

Pour bénéficier de la lumière naturelle et de la vue jusqu’à la cuisine positionnée au nord, la cloison qui la séparait du séjour est déposée. « Un ingénieur structure a vérifié que le ferraillage présent dans la poutre qui passe au-dessus pouvait bien porter le plancher supérieur sans ajouter de poteau », précise Séverine Duchemin. Lorsque le porte-feuille se renflouera, une verrière fermera la cuisine pour l’isoler en termes de bruit et d’odeurs tout en gardant la lumière et la vue qui ont séduit le couple lorsqu’il a visité la maison.


Ils ont conjugué le passé au présent

Rénover une maison ancienne

En rénovant cette vieille maisonnette en pierre, Alice et Matthieu ont métamorphosé ce logis vétuste de Loire-Atlantique en cocon très performant et économe, tout en préservant les traces de ses vies antérieures.

Nous avons fait notre nid dans une coquille existante

Nous avons fait notre nid dans une coquille existante, qu’on a adaptée tout en gardant son âme », retrace Alice Maine, qui a jeté son dévolu avec son compagnon Matthieu Quantin sur cette vieille maisonnette en pierre, sommairement rénovée dans les années 1950, puis restée en l’état et devenue vétuste. « Il était plus facile de partir d’une base presque nue. On pouvait choisir notre système de chauffage, mettre une bonne isolation… Ça aurait été encore plus compliqué s’il avait fallu garder des éléments auxquels adapter notre projet. » Même si, avec le recul, Alice estime qu’il aurait été « mille fois plus simple de construire neuf » que de conjuguer avec « la dalle pas droite, le toit alambiqué et toutes ces adaptations sur-mesure qui prennent un temps monstrueux », il reste important pour le couple de « nous situer dans une histoire, savoir que cette maison avait déjà vécu des choses et qu’on allait en revivre avec elle. Et les volumes sont plus originaux, pas standardisés ».

L’histoire en mémoire

Pour respecter cette histoire, la jeune architecte affine les plans pour obtenir « une insertion la plus harmonieuse possible ». Elle crée une maquette 3D numérique, mais aussi une en carton pour mieux se rendre compte de « comment le projet s’insérait dans l’environnement et trouver la forme du nouveau toit qu’on avait du mal à visualiser ». Charpente et couverture sont vétustes ; « quitte à les retirer, on en a profité pour gagner des mètres carrés en surélevant le toit ». La partie la plus ancienne dispose d’un grenier qui sera aménagé en R+1 et la surélévation permet de prolonger au-dessus de l’ancienne extension (actuelle cuisine) ce plancher existant, mais en conservant la différence de niveau. Sans quoi « on aurait dû remonter l’ancien plancher au niveau de l’autre, donc augmenter la hauteur de la façade sur rue. Or, nous ne voulions pas dénaturer la maison, ni la rue qui est mignonne ». Alice refuse aussi de modifier la hauteur de l’autre façade « pour ne pas ajouter d’ombre portée sur le jardin qui est petit ». Face à ces deux contraintes, « un toit unique paraissait très massif et effaçait l’histoire de cette extension ajoutée à la première partie ». Le toit sera finalement double, en forme de M asymétrique dont les fortes pentes maximisent les apports solaires en hiver par les fenêtres de toit.


Rénover un appartement, l’urbain contraint

Rénover un appartement

Dans un immeuble de Lyon, Claire et Thomas ont jonglé avec les contraintes d’une rénovation en ville et en appartement. Approvisionnement, stockage, voisinage s’ajoutent au fait qu’ils n’ont pas la main sur tout le bâtiment. Pas facile d’atteindre une performance idéale, mais l’amélioration est incontestable.

Rénover un appartement induit des contraintes, pas toujours anticipées

Ni une, ni deux, Claire et Thomas ont signé une promesse d’achat dès la première visite de cet appartement d’un immeuble en mâchefer des années 1920-1930, « avec des cheminées en marbre, de vieux parquets, des moulures… On rêvait d’éléments architecturaux qui font le cachet de cette époque-là et d’y apporter le confort moderne, se réjouit Thomas. D’un point de vue environnemental, je ne suis pas pour la construction neuve. L’habitat écologique, c’est celui qui existe déjà et qu’on retape ». Mais rénover un appartement, qui plus est dans un quartier historique du centre-ville de Lyon, induit des contraintes, pas toujours anticipées…

« Quand on a signé chez la notaire, on lui a parlé de notre projet qui impliquait de démolir tout l’intérieur, se souvient le couple. Elle nous a prévenus que dans ce quartier, plusieurs chantiers ont abattu des cloisons qui ne sont pas censées être porteuses mais, avec le temps et l’affaissement du solivage, elles ont pris en charge et leur retrait a provoqué des accidents sérieux. » Ils font donc venir en urgence un bureau d’études, qui examine le bâtiment et leur donne le feu vert. « Ça a rassuré tout le monde, y compris les voisins ! »

Pour le bien des voisins

Le voisinage est une composante à ne pas négliger dans un immeuble de dix copropriétaires. « On a essayé de ne pas faire de bruit les soirs et week-ends, mais c’est compliqué quand tu bosses la semaine. On demandait régulièrement aux voisins si ce n’était pas trop pénible, retrace Claire. Un seul copropriétaire s’est plaint, quand on descendait les gravats avec les diables dans les escaliers. » Sans compter un robinet qui a fui chez le voisin du dessous. « Garder un point d’eau dans un appartement entièrement remis à nu, c’est compliqué », constate Thomas. Et pour que les bonnes relations perdurent, contrairement aux murs extérieurs isolés en fibre de bois, le mur mitoyen reçoit des panneaux de ouate de cellulose et chanvre (60 mm) pour une meilleure isolation acoustique.

Claire et Thomas, qui ont opté pour une part importante d’autoconstruction, posent pas mal de congés « pour bien avancer durant l’été, quand les voisins étaient partis en vacances…


Oser l’écorénovation en copropriété

écorénovation en copropriété

En France, les copropriétés représentent 10 millions de logements, soit 30 % du parc existant. Afin de rénover des immeubles vieillissants, des habitants optent pour les matériaux biosourcés et les énergies renouvelables. Un travail de longue haleine.

D’abord un diagnostic complet

Dans le 3e arrondissement de Lyon, les échafaudages n’entourent plus la copropriété de la rue Martin. Les travaux de cette résidence rénovée à partir de matériaux biosourcés sont en cours d’achèvement. La première étape de ce long processus a été d’élaborer un diagnostic complet des systèmes énergétiques (chauffage, ventilation…) et de l’architecture (façades, toit…) afin d’identifier les besoins. Dès la naissance d’un tel projet, Jessica Jacoby Koaly, responsable de l’animation des entreprises affiliées CoachCopro(1) au sein de l’Agence parisienne du climat, recommande de se rapprocher de l’agence locale de l’énergie la plus proche pour se faire aider gratuitement par un conseiller Faire(2). « Il aidera les habitants à identifier les besoins de la copropriété, trouver des professionnels pour réaliser le diagnostic de l’immeuble, mais aussi une entreprise chargée de l’assistance à maîtrise d’ouvrage et un maître d’œuvre », précise-t-elle. 

Ensuite les matériaux

Après ce diagnostic, les habitants de la résidence lyonnaise bâtie en mâchefer, matériau à base de résidus solides provenant de la combustion du charbon, envisageaient « d’isoler en laine de roche, pensant que les copropriétaires ne seraient pas prêts à assumer le surcoût de la fibre de bois. Finalement, avec une offre quasiment au même tarif et des bonus accordés par la Métropole de Lyon pour les biosourcés, le ravalement et l’isolation n’ont coûté que 2 300 € de plus qu’un ravalement simple », retrace Mathieu Cadic, membre du conseil syndical. Soit un surcoût de moins de 1,8 % du budget total.

Puis les assurances entrent dans la danse

En 2019, la plupart des assurances n’offrant pas, en copropriété, de garantie décennale sur l’utilisation des produits n’ayant pas obtenu d’avis technique, l’architecte et ses voisins se renseignent auprès de Zolpan/Pavatex. L’entreprise en charge des travaux choisit le procédé Webertherm XM Fibre de bois qui associe des panneaux de fibre de bois de 16 cm à un enduit minéral à la chaux aérienne projeté. « Nous avons revêtu les façades nord et ouest avec cet enduit car il offre une meilleure perméabilité à la vapeur d’eau », explique Mathieu Cadic, copropriétaire. En effet, si le mâchefer, matériau poreux, se gorge trop d’humidité, cela peut causer des dégradations comme des fissures dans les murs. La façade est, à plus de 50 % mitoyenne, n’est pas isolée, de même que le sud. Présentant une grande porte-fenêtre et des balcons étroits, cela aurait impliqué trop de découpes d’isolant.


Fiches projets : 11 fiches à consulter

Fiches projets

Retrouvez 11 fiches projets avec plans, coûts et témoignages :

  • Du cabanon à la maison à Orléans (45)

    Transformer une maisonnette en bois de 44 m2 des années 1930 en plein centre-ville en une maison familiale confortable.

  • De la paille dans le toit à Saint-Cézaire-sur-Siagne (06)

    Technique rapide et peu coûteuse, l’isolation de toiture avec de la paille a séduit cette maison de 1930 en parpaing. Seule contrainte, la couverture doit être complètement déposée pour pouvoir poser l’isolant par le dessus.

  • Isoler par l’intérieur et sans regret à Saint-Genès-Champanelle (63)

    Des contraintes empêchent de réaliser une isolation par l’extérieur ? Ce couple a su s’adapter et même rebondir en trouvant des avantages à l’ITI.

  • Gagner à se faire accompagner à Concremiers (36)

    Martine Tissier et Alain Blanchet ont bénéficié d’un chantier participatif pour leur isolation, organisé par le parc naturel régional de la Brenne. Une façon de montrer aux autres habitants les possibilités en termes de rénovation énergétique et écologique

  • Se regrouper pour mieux rénover à Corzé (49)

    L’entreprise sociale et solidaire Dorémi a élaboré un système unique pour choisir les bons travaux en fonction du type de maison. Pour cette vieille bâtisse de 1750, une attention particulière est apportée à l’étanchéité à l’air. 

  • L’indépendance électrique à la clé à Corzé (49)

    En finir avec la dépendance à l’électricité était le projet initial de ce couple qui, après diverses étapes de travaux, dispose aujourd’hui d’une maison à énergie positive.

  • Super rénovation pour pas un rond à Le Hom (14)

    Pour cette maison en pierre d’avant-guerre, les propriétaires ont choisi des matériaux biosourcés et locaux : paille, chanvre, lin, jute, liège, bambou. Et prouvent que l’on peut atteindre une performance BBC même avec des revenus très modestes.

  • Tout un quartier pour rénover ma maison à Villers-lès-Nancy (54)

    Ce pavillon de 1974 a été rénové par les habitants du quartier et des artisans regroupés en coopérative. Un chantier solidaire qui a permis de réduire les coûts et de faire participer les propriétaires au projet.

  • Différencier les isolants pour chaque paroi à Toulouse (31)

    Adaptation est le maître-mot de cette maison en brique foraine et galet du XIXe siècle avec extension béton de 1950. Le choix d’isolants adaptés à chaque paroi, l’apport d’un mur en brique et la gestion de l’humidité ont été cruciaux.

  • Facture de chauffage au ras des pâquerettes à Saint-Egrève (38)

    19 sacs de granulés de bois par an pour chauffer 130 m2, et c’est tout ! Une performance rendue possible grâce à une très bonne isolation, une étanchéité à l’air optimale et une ventilation double flux, le tout dans une maison compacte.

  • Diviser son logement pour mieux financer le chantier à Chambéry (73)

    Cher à l’achat, ce bien a pu être entièrement rénové grâce à la création de deux autres logements au sein de la maison, loués pour rembourser les travaux. L’autorénovation a aussi réduit les coûts.


Rénover : Une maison dans la grange

Renover une maison dans une grange

Balayés par le vol des hirondelles, les abords de la ferme équestre située à Abondant (28) baignent déjà dans un franc soleil en ce début de matinée. Dans un bâtiment au sol sableux, cavaliers et chevaux s’exercent à des figures esthétiques. Un peu plus loin, un hangar abrite du foin et du matériel.

« Voilà, c’est là ! », pointe Pauline Loisy en montrant le hangar alors qu’elle est censée désigner sa maison. La jeune architecte contourne le bâtiment pour atteindre l’entrée de son logement, dont rien ne laissait deviner la présence. Voilà donc le secret de sa « Paille-house » : un rectangle discrètement intégré dans un plus grand bâtiment qui a gardé sa fonction agricole.

Diplômée de l’École nationale d’architecture de Nancy en 2014, Pauline Loisy est passionnée par le monde équestre. À tel point que, fraîchement sortie de l’école, elle fait l’acquisition, avec son compagnon artisan ferronnier Johan Jan, d’une pension pour chevaux au cœur de ce village de l’Eure-et-Loir. Mais, sur place, aucun logement n’était prévu pour les jeunes acquéreurs.

« Le contrat prévoyait que l’ancienne propriétaire occuperait en viager la maison du corps de ferme », explique Pauline. En tant qu’éleveurs, le couple aurait pu solliciter un permis de construire sur l’une de ses parcelles en zone agricole, mais l’objectif était de « construire rapidement et à moindre coût ». 

Leur regard se tourne alors vers l’un des hangars, uniquement ouvert sur le côté cour. « Ce bâtiment offrait une dalle et un toit, donc autant d’économies pour la construction. Son orientation ouest/sud-ouest était satisfaisante et permettait d’ouvrir l’habitation vers les prairies environnantes, à l’écart de l’activité de la ferme. » La décision est alors prise de déposer une demande pour poser le futur logement dans ce hangar(1).

Une enveloppe dans l’enveloppe

D’une surface de plus de 320 m² au sol, le hangar est investi sur près de 100 m² par une maison de la forme d’une longère, collée à la façade déjà bardée et glissée sous les fermes de la charpente. Grâce à son toit de tôle, le hangar est idéal pour accueillir, au sec et à l’abri du vent, les matériaux et le chantier.

« Inspirée par des artisans spécialistes de la préfabrication en construction paille, notre stratégie globale a consisté, d’une part, à monter au sol des éléments de murs isolés en paille et fermés afin de les assembler ensuite à la verticale. D’autre part, pour limiter les coupes, nous avons aligné les formats de chaque panneau sur ceux des matériaux usinés (panneaux pare-pluie 1 200 x 2 800 mm)…


Territoire : Dispositif innovant pour rénovations performantes

maison rénovée via Dorémi

La société Dorémi promeut depuis 2011 les rénovations énergétiques globales, et en une seule fois. Efficace.

Quand s’échauffent des cerveaux dans un bâtiment suffisamment isolé, étanché, ventilé, aucune condensation n’embue les carreaux. L’air reste sain et le besoin de chauffage, moindre. Les bureaux rouge brique de l’Ineed, pépinière d’entreprises à la performance énergétique d’avant-garde(1) située à Alixan, dans la Drôme, sont propices aux réflexions des membres de Dorémi(2). Depuis 10 ans, cette société développe l’accès à la « rénovation complète et performante », en ramenant en une seule fois des bâtiments d’avant la première réglementation thermique de 1975 à un niveau BBC(3). Une méthode qui s’oppose à la « rénovation par étapes », comme le simple changement de fenêtres ou de système de chauffage, qui aboutit souvent à « des moisissures, la détérioration de la qualité de l’air, des pathologies dans les murs… », se désole Vincent Legrand, directeur général de Dorémi.

Valence-Romans appuie Dorémi

Conçue comme un réseau, la société Dorémi compte quatre agences en France et 50 collectivités partenaires. Mais la Drôme reste son territoire pilote. Plus particulièrement les 54 communes de l’agglomération de Valence-Romans et leurs 65 000 logements d’avant 1975; « À Valence, les quartiers du Petit et du Grand-Charran présentent une qualité de vie intéressante avec des écoles, des commerces… Mais comptent beaucoup de pavillons des années 1960, décrit Annie-Paule Tenneroni, adjointe au maire en charge de l’habitat et du logement.

On aimerait y attirer de jeunes ménages, mais le coût potentiel des travaux de rénovation les effraie ».  Certains préfèrent donc construire neuf en périphérie, au grand dam de l’élue.; « On ne peut pas demander aux gens de manger local et priver les agriculteurs de leurs terres au profit de l’étalement urbain. » Pour ces raisons et pour répondre à l’objectif de neutralité carbone en 2050, le territoire investit pour la rénovation énergétique en s’appuyant notamment sur Dorémi.


La maison aux mille et une vies



Pour restaurer leur maison en pays gascon, Elisabeth et Loïc n’ont utilisé presque que des matériaux naturels, locaux et parfois chargés d’histoire(s). Bienvenue dans un lieu aux multiples passés.

Il paraît que les chats ont sept vies. Difficile de savoir combien en a eu la maison qu’Elisabeth et Loïc ont restaurée dans le Gers. Ni combien elle en aura encore, puisqu’elle est presque entièrement biodégradable. La partie centrale du bâtiment date de 1797. Mais un bois de colombage gravé à l’extérieur révèle qu’une extension a été réalisée en 1813. « Cette maison aurait été construite avec les restes d’une métairie d’une ferme voisine qui avait brûlé, explique Loïc. Ici, c’est ce qu’on appelle une borde, la maison des ouvriers. Elle mesurait à peine 100 m2 au sol, dont une étable pour mettre un ou deux animaux. » Voilà pour les trois premières vies – au moins. Lire la suite