Rénover : Souffle nouveau pour leur maison paysanne

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Flanquée d’une extension quinquagénaire maçonnée en béton de ciment, la longère normande a fait l’objet d’un traitement différencié au Nord et au Sud. Pour Diane et Maxime, il fallait assurer la perspirance et préserver l’esthétique.

Avant de s’installer dans la vallée de la Risle, en Normandie, nichée dans un écrin de verdure où se déploie leur terrain de 1,2 ha situé en pied de coteau, Diane et Maxime Corteel vivaient en ville en Allemagne. Les deux trentenaires pratiquant déjà exclusivement le télétravail, le choix de vivre à la campagne est plus simple lorsqu’ils décident de revenir en France avec leurs deux enfants en bas âge. Seules exigences : « Être proches d’une gare et de commerces où se rendre à vélo, des écoles accessibles et ne pas manquer d’eau en été », se souviennent-ils. La maison qu’ils achètent en 2020 est une longère à colombages du XVIIIe siècle flanquée d’une extension en pierre et béton de ciment datant des années 1950. « Une vraie passoire thermique… Au début, dans notre chambre à l’étage, on atteignait péniblement 8°C en hiver malgré le chauffage à plein régime ! », se souvient Diane. Au-delà du rafraîchissement esthétique et des aménagements que nécessite cette habitation, une rénovation énergétique s’impose d’urgence. « Quand tu dépenses 3 000 l de fuel par an, tu n’hésites pas ! », confirme Maxime.

Après avoir déjà assuré la rénovation de son appartement allemand, le couple a conscience de l’importance des travaux à effectuer dans sa nouvelle habitation. Ils cherchent un professionnel « orienté écoconstruction » et rencontrent l’architecte Pascal Séjourné, par ailleurs coprésident de l’Association régionale pour la promotion de l’écoconstruction (Arpe) en Normandie. « Auparavant, la maison était habitée par un maçon de profession qui avait utilisé du béton de ciment partout, autant dans la partie historique en colombage que pour construire l’extension côté nord », explique Maxime. « Pour ce bâtiment éclectique, le premier enjeu pour la rénovation qui s’imposait était de retrouver des parois perspirantes* étant donné la récurrence du ciment, qui bloque le transfert d’humidité, détaille Pascal Séjourné.


Dossier : Rénovons les pavillons

138 DOSSIER PAVILLONS

Dans les quartiers urbains comme dans les communes rurales, des lotissements plus ou moins denses de pavillons attendent de voir leur étiquette énergétique G passer au vert. Construction phare des années 1960 à 1980, leur apparence parfois tristoune cache des potentiels de performances, de confort et d’esthétique insoupçonnés. En quête de rénovation, l’isolation paille, les systèmes mixtes de chaleur et les équipements écologiques s’y appliquent comme de nouveaux beaux habits.

Si leur conception on ne peut plus simple offre des facilités de rénovation, entamer la réhabilitation d’un pavillon demande tout de même plusieurs précautions.

Dans son atelier francilien, Volker Ehrlich ne boude pas son plaisir. Depuis plus de 15 ans, cet architecte et maître d’œuvre collectionne les rénovations de pavillons. Ces symboles de la construction en série ont poussé comme des champignons dans les années 1960 à 1980, à un rythme à peine inférieur à celui des appartements dans les grands et moyens ensembles urbains. Plus sobres en surface habitable que leurs descendants des années 1990 (76 m2 contre 87 m2 en moyenne aujourd’hui(1)), ils allient le souvenir d’une accession heureuse à la propriété abordable pour la classe ouvrière en même temps que le premier pas dommageable vers des combustibles, isolants, voire colles largement issus de la pétrochimie.

Ces maisons, bâties avant la première réglementation thermique de 1975, ont l’avantage de se trouver à proximité de centres urbains et de posséder un jardin propice à la qualité de vie. En revanche, elles sont à l’origine et pour la plupart dénuées de tout complexe isolant, si ce n’est une lame d’air de 5 cm qui devait isoler les parois intérieures de la froideur du mur extérieur. « C’est un chantier énorme. Plus de 10 millions de pavillons potentiellement rénovables par l’extérieur avec des matériaux écologiques peu transformés, comme la paille qui permet de stocker du CO2 et est super isolante ! », s’enthousiasme celui qui n’hésite pas à mettre la main à la pâte dans certains des chantiers qu’il dirige.

De fait, les performances énergétiques de départ de ces habitations sont médiocres. D’après les dernières données du Commissariat général au plan du développement durable de 2017, près de 42 % des logements construits entre 1948 et 1974 affichaient une étiquette énergétique F ou G et un tiers affichait un E. Quant à ceux construits entre 1975 et 1988, ils étaient encore 69,4 % à ne pas atteindre l’étiquette D, soit une consommation d’énergie au moins trois fois plus élevée qu’un niveau rénovation en basse consommation.

Un vaste vivier de maisons dont la performance peut facilement et très largement être améliorée. Mais « attention », prévient Volker Ehrlich, la rénovation des pavillons mérite plusieurs attentions. Si les postes de déperditions d’énergie commencent à être globalement connus et chiffrés, le premier réflexe doit rester de comprendre le fonctionnement propre à sa maison avant de projeter un plan de rénovation.

Soigner les murs

« Les pavillons sont le symbole d’une production rapide et peu qualitative en termes de matière, avec du parpaing et des briques alvéolaires. Certaines peuvent également avoir des faiblesses de structure [charpente trop faible pour accueillir certaines isolations en toiture, murs peu adaptés à la fixation mécanique d’isolants par l’extérieur, ndlr]. Il sera, par exemple, important de vérifier qu’il n’y a pas de risque de remontées d’eau dans les murs susceptible de compromettre un isolant posé par l’extérieur. Dans ce cas, l’alternative économique au drain et aux boîtiers électroniques qui inversent la circulation de l’eau sera de creuser soi-même un puisard perdu ou une tranchée extérieure pour drainer l’eau, sans oublier de protéger aussi le soubassement », explique l’architecte, qui utilise du Misapor, un verre cellulaire recyclé, ou du liège pour ce type de travaux.

Deuxième réflexe : prioriser l’isolation par l’extérieur (ITE), qui offre de meilleurs résultats que l’isolation par l’intérieur (ITI). « L’isolation de façade extérieure en limite de propriété ou chez le voisin ne doit plus être un frein, car les facilités légales existent », rappelle Samuel Courgey, co-auteur de L’Isolation thermique écologique, réédité en mars 2023 aux éditions Terre vivante, et animateur du site Internet associatif associationarcanne.com. Depuis le vote de la loi contre le dérèglement climatique d’août 2021, le droit de surplomb autorise en effet, contre indemnités, un empiètement de la propriété voisine de 35 cm en largeur avec un isolant posé à 2 m au moins au-dessus du pied du mur ou du sol, sauf accord entre les deux parties(2).

Pour lui, la maîtrise technique de cette isolation permet non seulement de gérer l’aspect thermique, mais aussi de maîtriser l’humidité dans la paroi, indispensable pour ces maisons qui font un bond en termes d’étanchéité dès lors que de nombreuses fuites d’air disparaissent si la rénovation est correctement réalisée. Elle permet aussi de mieux vivre son chantier puisqu’il est tout à fait possible d’emménager et d’aménager son intérieur sans vivre dans les travaux.


Rénover : Rénover écolo mais pas bricolo

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Une fois n’est pas coutume, ouvrons les portes de la maison d’un membre de la rédaction de votre magazine préféré… Découvrons son expérience de transformation d’un ancien pavillon de Loire-Atlantique en écorénovation contemporaine.

C’est dans le bocage nantais que Gwendal, notre rédacteur en chef adjoint et responsable des incontournables hors-séries de La Maison écologique, s’est installé avec son compagnon. « Nico et moi cherchions une maison à la campagne mais proche des transports en commun pour aller à Nantes, de taille raisonnable – environ 100 m2 – mais avec un grand terrain. » Il leur faudra près d’un an et une centaine de visites pour trouver la perle rare ! Le couple finit par dénicher en 2017, à Cordemais (44), ce pavillon de 106 m2 au sol construit à la fin des années 1970 en béton cellulaire et charpente industrielle. Le garage de 50 m2, bien pratique pour stocker les matériaux pendant les travaux, et le terrain de 4 700 m2, aujourd’hui agrémenté de nombreux fruitiers, d’un potager et d’un poulailler, finissent de les convaincre. Nicolas, saxophoniste, parcourt désormais 3 km sur son vélo, qu’il embarque dans le train pour se rendre au conservatoire de Nantes où il enseigne. Gwendal profite de son bureau autoconstruit en palettes pour télétravailler à l’étage de leur nouveau logement.

Une conception mûrement réfléchie

« Pour partir sur de bons rails techniques et financiers, nous avons fait venir un maître d’œuvre spécialisé en écoconstruction pour une visite avant l’achat [coût 250 €, ndlr]. On a listé ensemble les travaux à réaliser et estimé le budget entre 80 000 et 90 000 €, se souvient Gwendal, qui à 28 ans n’a alors aucune réelle expérience de bricolage. Nous n’avons pas hésité à demander conseil et faire intervenir des professionnels. Mon travail à La Maison écologique m’a permis d’accéder plus facilement à certaines ressources et au réseau local, comme Vincent Corbard, formateur en écoconstruction à la MFR de Riaillé, ou l’association Habitats énergies naturels. »

Le couple s’installe de suite dans le pavillon. « Quelques mois précieux pour nous projeter, mieux appréhender le fonctionnement de la maison en termes de circulations, d’interactions avec son environnement, faire, défaire et peaufiner les plans afin de rendre ce pavillon bioclimatique et confortable », retrace notre collègue, qui met aussi à profit ces six mois pour demander deux ou trois devis sur chaque poste de travaux, « inonder » la rédaction de LME de questions techniques – dont certaines partagées dans nos pages Courriers de lecteurs – et préparer les deux caravanes qui les hébergeront le temps du chantier, une fois l’hiver passé.


Rénovation : Guide des aides financières 2023

Rénovation aides financières 2023

Rénovation énergétique, le Guide des aides financières 2023 est paru

MaPrimeRénov’, Certificat d’économies d’énergie (CEE), “Coups de pouce” des fournisseurs d’énergie, TVA à 5,5 %, chèque énergie, aides des collectivités locales, éco PTZ… Vous êtes perdus dans les méandres des aides financières pour rénover votre logement ? Voici le tout nouveau guide 2023 publié par France Rénov’. Il recense toutes les aides existantes pour rénover un logement, ainsi que les équipements et matériaux éligibles, par tranches de revenus.

Guide à télécharger gratuitement ici

Réaliser des travaux pour améliorer l’isolation, la ventilation, le système de chauffage et de production d’eau chaude sanitaire, vous permettra :
• de vivre dans un logement plus confortable ;
• de réaliser des économies sur vos factures d’énergie ;
• d’augmenter la valeur patrimoniale de votre bien.

En réduisant vos consommations d’énergie, en installant des systèmes de chauffage et de production d’eau chaude sanitaire qui fonctionnent avec des énergies renouvelables, vous limitez aussi les émissions de gaz à effet de serre responsables du changement climatique. Pour financer votre investissement, vous pouvez bénéficier d’aides financières de l’État, des collectivités territoriales, des fournisseurs d’énergie et d’autres organismes comme les caisses de retraites. Ce guide vous présente en détail toutes ces aides.

Surtout ne vous lancez pas seul dans votre projet de rénovation : faites-vous accompagner par les professionnels des Espaces Conseil France Rénov’.
Pour estimer le montant des aides que vous pouvez recevoir, trouver le conseiller le plus proche de chez vous, consultez france-renov.gouv.fr

Photo @adobestock-CURIOS


Rénovation globale ou par étapes ?

approche globale du projet

Si tous vos travaux ne peuvent être entrepris dans un même chantier, l’ approche globale du projet reste une condition sine qua non d’une rénovation performante sur le plan énergétique, saine et économique

Les fenêtres une année, l’isolation du toit une autre et le reste plus tard. L’expérience montre qu’un chantier « sans approche globale, non coordonné et ne traitant que quelques postes de travaux » permet rarement d’atteindre une performance BBC (80 kWhEP/m².an(1)), signale Camille Julien, du réseau Dorémi. Les « gestes isolés de travaux » n’aboutissent ainsi, estime négaWatt, qu’à moins de 35 % d’économies de chauffage(2), que la hausse du coût de l’énergie efface en quelques années. Contre 75 % pour les rénovations complètes et performantes.

Un bâtiment rénové performant, résume Camille Julien, procède ainsi d’un chantier « qui a traité ces six postes de travaux : isolation des murs, des planchers bas et du toit, remplacement des menuiseries extérieures, ventilation, production de chauffage et eau chaude sanitaire ». Jean-Pierre Legrand, architecte au CAUE du Pas-de-Calais, nuance ce systématisme pour les murs extérieurs, surtout dans l’ouest et le sud-ouest du pays : « Les murs d’un ancien évêché reconverti en bureau(3) n’ont pas pu être isolés par l’extérieur pour des raisons patrimoniales ; ils n’ont été qu’enduits par l’intérieur. Cette non-isolation a été compensée par une isolation renforcée du toit, des sols et des vitrages. Il a divisé sa consommation par quatre (122 kWhEP/m².an). »

L’approche globale du projet évite de se retrouver dans une « impasse de rénovation »

L’approche globale évite de se retrouver dans une « impasse de rénovation », reprend Camille Julien : « Une isolation peut être suffisante mais si elle est mal “ raccordée aux autres postes en termes d’interfaces ou d’interactions, des reprises seront nécessaires, entraînant surcoût et lassitude. » Les interfaces sont « les jonctions physiques assurant l’étanchéité à l’air et la continuité de l’isolation ». L’erreur la plus fréquemment observée, développe Guilian Leroux, de l’Asder, reste « le changement seul des menuiseries extérieures sans anticiper l’articulation avec l’isolation future des murs. Si des volets roulants sont posés dans l’épaisseur du mur, ils occupent en général toute la largeur, ce qui rend impossible le retour d’isolant jusqu’au montant de la menuiserie. D’inévitables ponts thermiques entraînent alors inconfort et surconsommation d’énergie ». Au contraire, « lorsque ces postes sont effectués en même temps avec une pose des fenêtres et du rail de volet au droit intérieur de l’isolant pour une isolation thermique par l’extérieur (ITE), l’isolation est efficace ».

La liaison entre la fenêtre et le mur doit par ailleurs être assurée par un adhésif d’étanchéité à l’air pour éliminer les fuites d’air qui augmentent les besoins de chauffage, créent des risques de pathologies (par condensation dans les parois) et nuisent au bon fonctionnement d’une VMC.


Fiches projets : 11 fiches à consulter

Fiches projets

Retrouvez 11 fiches projets avec plans, coûts et témoignages :

  • Du cabanon à la maison à Orléans (45)

    Transformer une maisonnette en bois de 44 m2 des années 1930 en plein centre-ville en une maison familiale confortable.

  • De la paille dans le toit à Saint-Cézaire-sur-Siagne (06)

    Technique rapide et peu coûteuse, l’isolation de toiture avec de la paille a séduit cette maison de 1930 en parpaing. Seule contrainte, la couverture doit être complètement déposée pour pouvoir poser l’isolant par le dessus.

  • Isoler par l’intérieur et sans regret à Saint-Genès-Champanelle (63)

    Des contraintes empêchent de réaliser une isolation par l’extérieur ? Ce couple a su s’adapter et même rebondir en trouvant des avantages à l’ITI.

  • Gagner à se faire accompagner à Concremiers (36)

    Martine Tissier et Alain Blanchet ont bénéficié d’un chantier participatif pour leur isolation, organisé par le parc naturel régional de la Brenne. Une façon de montrer aux autres habitants les possibilités en termes de rénovation énergétique et écologique

  • Se regrouper pour mieux rénover à Corzé (49)

    L’entreprise sociale et solidaire Dorémi a élaboré un système unique pour choisir les bons travaux en fonction du type de maison. Pour cette vieille bâtisse de 1750, une attention particulière est apportée à l’étanchéité à l’air. 

  • L’indépendance électrique à la clé à Corzé (49)

    En finir avec la dépendance à l’électricité était le projet initial de ce couple qui, après diverses étapes de travaux, dispose aujourd’hui d’une maison à énergie positive.

  • Super rénovation pour pas un rond à Le Hom (14)

    Pour cette maison en pierre d’avant-guerre, les propriétaires ont choisi des matériaux biosourcés et locaux : paille, chanvre, lin, jute, liège, bambou. Et prouvent que l’on peut atteindre une performance BBC même avec des revenus très modestes.

  • Tout un quartier pour rénover ma maison à Villers-lès-Nancy (54)

    Ce pavillon de 1974 a été rénové par les habitants du quartier et des artisans regroupés en coopérative. Un chantier solidaire qui a permis de réduire les coûts et de faire participer les propriétaires au projet.

  • Différencier les isolants pour chaque paroi à Toulouse (31)

    Adaptation est le maître-mot de cette maison en brique foraine et galet du XIXe siècle avec extension béton de 1950. Le choix d’isolants adaptés à chaque paroi, l’apport d’un mur en brique et la gestion de l’humidité ont été cruciaux.

  • Facture de chauffage au ras des pâquerettes à Saint-Egrève (38)

    19 sacs de granulés de bois par an pour chauffer 130 m2, et c’est tout ! Une performance rendue possible grâce à une très bonne isolation, une étanchéité à l’air optimale et une ventilation double flux, le tout dans une maison compacte.

  • Diviser son logement pour mieux financer le chantier à Chambéry (73)

    Cher à l’achat, ce bien a pu être entièrement rénové grâce à la création de deux autres logements au sein de la maison, loués pour rembourser les travaux. L’autorénovation a aussi réduit les coûts.


Territoire : Dispositif innovant pour rénovations performantes

maison rénovée via Dorémi

La société Dorémi promeut depuis 2011 les rénovations énergétiques globales, et en une seule fois. Efficace.

Quand s’échauffent des cerveaux dans un bâtiment suffisamment isolé, étanché, ventilé, aucune condensation n’embue les carreaux. L’air reste sain et le besoin de chauffage, moindre. Les bureaux rouge brique de l’Ineed, pépinière d’entreprises à la performance énergétique d’avant-garde(1) située à Alixan, dans la Drôme, sont propices aux réflexions des membres de Dorémi(2). Depuis 10 ans, cette société développe l’accès à la « rénovation complète et performante », en ramenant en une seule fois des bâtiments d’avant la première réglementation thermique de 1975 à un niveau BBC(3). Une méthode qui s’oppose à la « rénovation par étapes », comme le simple changement de fenêtres ou de système de chauffage, qui aboutit souvent à « des moisissures, la détérioration de la qualité de l’air, des pathologies dans les murs… », se désole Vincent Legrand, directeur général de Dorémi.

Valence-Romans appuie Dorémi

Conçue comme un réseau, la société Dorémi compte quatre agences en France et 50 collectivités partenaires. Mais la Drôme reste son territoire pilote. Plus particulièrement les 54 communes de l’agglomération de Valence-Romans et leurs 65 000 logements d’avant 1975; « À Valence, les quartiers du Petit et du Grand-Charran présentent une qualité de vie intéressante avec des écoles, des commerces… Mais comptent beaucoup de pavillons des années 1960, décrit Annie-Paule Tenneroni, adjointe au maire en charge de l’habitat et du logement.

On aimerait y attirer de jeunes ménages, mais le coût potentiel des travaux de rénovation les effraie ».  Certains préfèrent donc construire neuf en périphérie, au grand dam de l’élue.; « On ne peut pas demander aux gens de manger local et priver les agriculteurs de leurs terres au profit de l’étalement urbain. » Pour ces raisons et pour répondre à l’objectif de neutralité carbone en 2050, le territoire investit pour la rénovation énergétique en s’appuyant notamment sur Dorémi.


Rénovation énergétique : vers un échec massif !

rénovation énergétique

Dans une récente étude, Olivier Sidler, expert en énergétique du bâtiment et porte-parole de l’association négaWatt, alerte sur l’impossibilité d’atteindre les objectifs de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) et de la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) en matière de rénovation. Le projet de loi Climat et résilience est largement en-dessous des besoins : absence d’obligation de rénovation performante, définition au rabais de ce que constitue une rénovation performante, etc.

La stratégie actuelle va “tuer le gisement d’économie d’énergie” et ainsi empêcher l’atteinte à terme d’un parc rénové à un niveau Bâtiment Basse Consommation, socle incontournable pour une trajectoire vers la neutralité climatique. L’étude alerte également sur la nécessité de mieux prendre en compte les consommations et l’impact des matériaux utilisés lors des opérations de rénovation et de construction.

Téléchargez l’étude complète (pdf – 44 pages)

Pour une synthèse, rendez-vous sur cet article du blog Incub.

photo © Henry & Co on Unsplash


Rénover : Rénovation, extension, surélévation une maison passive en trois temps

Renover maison passive

Rénovation, extension, surélévation

Adapter son logement à l’arrivée des enfants plutôt que s’éloigner du centre-ville, c’est le choix de cette famille qui voulait vivre sans voiture. Dix ans et deux agrandissements plus tard, leur deux-pièces girondin est devenu une maison passive.

Nous avions 25 ans et une envie folle de mettre en pratique pour nous-mêmes ce que nous préconisions aux autres», se souviennent Delphine et Mat­thieu, deux Bordelais arrivés au terme d’une longue aventure constructive.
Mais à partir d’un petit deux-pièces insalubre, ils ont bâti une maison passive de 135 m2 sur deux niveaux. Un projet ambitieux en trois étapes et trois matériaux.
Difficile de trouver le terrain adéquat dans la métropole bordelaise; d’autant plus quand les agences immobilières ne comprennent pas les critères recherchés par des clients formés au bioclimatisme. Mais en août 2009, il dénichent la perle rare à Talence : une maison de style échoppe de 45 m2, construite vers 1920 et orientée sud-est, sur un joli terrain de 350 m2 « La maison était dans un très grand état d’insalubrité. Tout était à refaire», décrit Delphine, conseillère info-énergie à la CLCV, membre du réseau Faire.
De l’existant ne seront conservés que les quatre murs extérieurs et le toit. Dalle, murs, charpente; en seule­ment un mois et demi, tous les matériaux sont mis à nus et la maison, isolée pour que les deux autoconstructeurs puissent emménager. Déplacée sur le passage latéral, l’en­trée est devenue un espace central qui délimitera les par­ties jour et nuit une fois l’extension réalisée.
Visant les performances énergétiques des bâtiments pas­sifs, les propriétaires soignent d’em­blée l’isolation. Mais côté rue au nord, les menuiseries sont remplacées par des fenêtres en bois à triple vitrage. La porte d’entrée, à l’est, en bois et double vitrage est aussi choisie pour ses performances.


Rénover : Résistance thermique



A 190 ans, Mamie fait de la résistance thermique…

Nous cherchions depuis quelque temps un bâtiment ancien, avec des pierres apparentes, pour le cachet, explique Jérôme Lebreton qui, avec sa campagne, a fait l’acquisition de cette ferme à rénover fin 2014. Pour lui, la quête d’authenticité se doublait d’un véritable défi : rendre durable une bâtisse construite en 1830. “Je voulais à la fois vivre dans une maison faite de matériaux sains et montrer qu’il est possible de réaliser une rénovation performante” avec une construction ancienne, explique-t-il.

Aujourd’hui, le résultat est là. Pour chauffer la maison en hiver, 2,5 stères de bois suffisent, contre 3 000 litres de fioul auparavant. “Quand j’ai vu la taille du poêle, j’était un peu sceptique, avance Clémence Chapeau, qui a longtemps vécu dans une vieille bâtisse rénovée inchauffable. Finalement, il suffit largement. On chauffe peu et c’est très confortable qu’une maison neuve. C’est idéal.” La faible quantité de bois consommée rend le travail de découpe et de stockage peu pénible, d’autant que Jérôme et Clémence ont un accès facilité à cette ressource ; ils ont coupé un arbre sur leur terrain qui leur permettra de se chauffer pendant deux hivers et ils pourront ensuite compter sur des membres de leur famille pour trouver du bois.

Il a fallu deux ans à Jérôme pour boucler ce chantier. “Je ne travaillais que les soirs et week-ends, précise-t-il, sachant que j’ai parfois un peu diminué mon activité professionnelle pour avancer sur le chantier.” Titulaire d’une licence professionnelle en énergie renouvelable et maîtrise de l’énergie, Jérôme Lebreton fait à longueur d’année de la formation pour les professionnels du bâtiment et de l’accompagnement à maîtrise d’ouvrage pour les particuliers, dans le neuf et la rénovation.” Ma démarche est de faire des bâtiments exemplaires, d’aller toujours plus loin énergétiquement et environnementalement, confit-t-il. Après, il faut bien sûr tenir compte des limites techniques et budgétaires.