Avis d’expert.es : VMC double flux d’entrée de gamme : qu’en disent les experts ?

VMC double flux d'entrée de gamme AVIS EXPERT La Maison écologique 128

Naturelle ou mécanique, simple ou double flux, ou encore simple ouverture de fenêtres, le choix de ventilation est un sujet récurrent et questionne toujours autant. Le prix aussi est parfois un frein. Qu’en est-il de la VMC double flux d’entrée de gamme ?

Il est des jours où parviennent au magazine des questions techniques de nos lecteurs, apparemment anodines, mais qui suscitent des débats passionnants au sein de la rédaction et jusque chez les experts de nos domaines de prédilection. C’est le cas de ce message de Brigitte qui nous dit avoir « découvert l’existence d’une ventilation mécanique double flux à moyen rendement fabriquée en France, l’Autogyre Renouvel’air df 70. Le rendement de 70 % semble vraiment léger mais je me demandais si au regard du prix de la machine (389 €), il n’y avait pas tout de même un intérêt à l’utiliser en alternative à une VMC simple flux hygro B ». 

Tout d’abord, merci Brigitte d’avoir lancé ce sujet dont l’importance augmente avec la prise en compte de l’étanchéité à l’air dans les travaux d’isolation en construction et en rénovation.

En effet, l’éligibilité aux aides en rénovation, mais aussi le respect des réglementations RT2012 et désormais RE2020 enjoignent à construire et rénover des bâtiments qui tendent à devenir « étanches à l’air », c’est-à-dire avec le minimum de fuites d’air non maîtrisées.

L’étanchéité à l’air, une mesure de sobriété et d’efficacité

En premier lieu, et comme l’explique le foisonnant site Internet du bureau d’études thermiques Fiabitat, « l’équation “j’ajoute de l’isolant = je réduis ma consommation de chauffage” est trop simpliste pour les constructions basse consommation. Investir dans une isolation conséquente et maintenir une surface de fuites importante n’apporte aucun gain, si ce n’est pour le vendeur de matériaux ». Dans la note technique d’Enertech(1) « L’étanchéité à l’air des bâtiments : pourquoi et comment faire ? », Olivier Sidler explique qu’une petite variation de 1 vol/h (sous une pression de 50 Pa au test de la porte soufflante) conduit à une augmentation de la consommation de 4 kWhEP/m².an : « Lorsque les besoins de base étaient de 200 kWhEP/m².an, les défauts d’étanchéité ne se voyaient pas. Mais lorsqu’on vise des bâtiments performants aux besoins de l’ordre de 20 ou 30 kWhEP/m².an cela devient prépondérant. »

Dans une démarche d’économie d’énergie, un système de ventilation double flux est une mesure d’efficacité énergétique très importante ; l’air vicié chaud transmet ses calories à l’air neuf plus froid entrant (en hiver tout du moins). Mais les contraintes techniques (réseau important de gaines, calibrage des débits d’air, emprise du caisson de ventilation, maintenance et entretien) et financières (l’installation d’un caisson double flux et des réseaux d’extraction et d’insufflation monte rapidement à plus de 5 000 € HT) font souvent pencher la balance du côté de réseaux simple flux, moins onéreux, mais sans récupération des calories.

Quid de la ventilation naturelle double flux ?

Plusieurs architectes et bureaux d’études sont capables de concevoir des réseaux de ventilation naturelle double flux, avec un tirage mécanique (sans moteur électrique). Mais ces réalisations se cantonnent pour l’instant aux bâtiments de grande envergure, généralement hors logement(2). Les principales problématiques viennent de la variabilité des vents, de la grande emprise en volume des cheminées de tirage et des conduits internes afin d’assurer des débits de renouvellement d’air suffisants.


Equipement : Installer et entretenir une VMC double flux

vmc

Autoconstructeurs débutants, s’abstenir ! Poser une VMC double flux requiert expérience et précision pour s’assurer une ventilation sécurisée, efficace et non bruyante.

Une VMC double flux a plusieurs avantages

Une ventilation mécanique contrôlée (VMC) double flux a plusieurs avantages. Elle permet d’évacuer l’humidité excessive ainsi que les polluants contenus dans l’air intérieur de l’habitation, le tout selon un fonctionnement automatique. Terminés les inconvénients thermiques d’une VMC simple flux ou d’un extracteur. Ici, les calories de l’air sortant sont récupérées par l’air entrant via un échangeur.

Il est recommandé aux autoconstructeurs d’être accompagnés

Installer un tel équipement requiert d’être expérimenté. Étant donné la complexité de l’installation et le coût de l’investissement, il est recommandé aux autoconstructeurs d’être accompagnés par un professionnel pour le dimensionnement et le plan du réseau (nombre de bouches par pièce, taille des gaines, débit de ventilation, etc.), puis pour la mise en service si l’on veut obtenir une ventilation efficace et éviter les déboires (soufflerie bruyante consécutive à une vitesse de circulation de l’air trop élevée, etc.).

Un disjoncteur C10 indépendant affilié au caisson de VMC est obligatoire afin d’éteindre la ventilation en cas de départ de feu. Bien entretenue, une VMC double flux peut avoir une durée de vie supérieure à 20 ans (contre trois ans si elle n’est pas entretenue), d’où l’intérêt de choisir une centrale dont les pièces (ventilateur, échangeur) sont facilement réparables. Une maintenance régulière, par un professionnel, tous les deux ans est bienvenue.

Matériel

• Caisson de la VMC

• Gaines semi-rigides

• Coudes

• Réducteurs de section

• Manchettes de bouche

• Bouchons

• Sorties de bouche

• Adhésif d’étanchéité à l’air

• Si isolation du caisson : OSB, vis à bois, laine de bois semi-rigide 80 ou 100 mm

Outils

• Cutter

• Visseuse

• Perceuse

• Débitmètre

• Si isolation du caisson : scie à bois, scie circulaire


Santé : des capteurs pour la qualité de son air intérieur

capteurs

Avec les confinements à répétition, l’enjeu d’une bonne qualité de l’air intérieur s’est à nouveau invité dans les demeures. Le sujet est sensible, car il touche la santé de tout le monde, et délicat car ce type de pollution ne se voit pas. Pourtant, l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI(1)) montre que cette pollution est plus importante qu’en extérieur. Il existe d’ailleurs peu de corrélation directe entre les deux. Vivre en rase campagne, au milieu des bois, n’exempte pas d’avoir un air intérieur très vicié. Et cette nuisance augmente ces dernières années : les bâtiments économes en énergie ont une étanchéité à l’air de plus en plus performante, mais les systèmes de ventilation ne fonctionnent pas toujours parfaitement.

Les polluants se classent en trois catégories : chimique (COV, CO, NOx, benzène, etc.), biologique (virus, bactéries, moisissures, allergènes, etc.) et physique (particules, fibres d’amiante, fibres minérales artificielles, radon, champs électromagnétiques, etc.). Si des capteurs grand public ont fait leur apparition, impossible de mesurer les 2 741 polluants intérieurs répertoriés par l’OQAI, dont 254 sont considérés dangereux. Et si ces utiles outils donnent des indications, ils ne dispensent pas de ventiler, ni de faire attention à ses habitudes et ses achats.

Des guides de bonnes pratiques existent

Car mesurer la qualité de son air peut vite se transformer en chemin de croix onéreux. Recevoir des alertes régulières pour certains polluants peut même induire angoisse et stress. Le plus serein reste la prévention, puis d’opter pour un simple appareil de mesure d’humidité relative, température et CO2 à moins de 100 €. Si la qualité faiblit, c’est qu’il est temps de ventiler plus ou d’aérer. Une ventilation efficace et permanente reste la base d’une saine atmosphère. Une VMC double flux bien installée et bien réglée permettra aussi de filtrer l’air entrant. Des guides de bonnes pratiques existent, comme le Guide grand air de Medieco disponible gratuitement
en téléchargement(2).

L’obligatoire et l’indispensable : détecteur de fumée et de CO  

Depuis 2015, les détecteurs de fumée sont obligatoires dans les habitations. Pourtant, il y a plus dangereux que les fumées : le monoxyde de carbone (CO). Le site du Gouvernement le rappelle, ce « gaz incolore, inodore, toxique et potentiellement mortel […] résulte d’une combustion incomplète […] ». Il est responsable d’une centaine de décès annuels en France. Ne pas oublier l’entretien des systèmes de chauffage et posséder un extincteur. Un capteur standard coûte 30 €. Un petit rien pour sauver des vies !

L’incontournable en zone radon  

Le radon, gaz radioactif naturellement présent dans les sous-sols granitiques et riches en uranium, est responsable de 3 000 décès par an.


Avis d’experts : Conten’air vicié

construire en conteneur

Construire en conteneur, la fausse-bonne idée?

Entre le transport de marchandises toxiques, les divers nettoyages chimiques et la présence potentielle de métaux lourds, comment être certain qu’un conteneur maritime transformé en maison ne se muera pas en dernière demeure ?

À Brest, Marseille-Fos, Bordeaux, Le Havre ou Dunkerque, des centaines de conteneurs longs de 20, 40 ou 45 pieds s’empilent, parfois cabossés, rouillés. En 2011, 29 millions d’Équivalent Vingt Pieds (EVP) transitaient dans le monde. Quatre fois plus qu’en 1991. Certaines de ces boîtes, trop usées, ne peuvent reprendre la mer et garnissent les entrepôts dans l’attente d’une seconde vie, comme abris de jardin, espaces de stockage, cabanes de chantier… La tendance actuelle : les transformer en maisons. Pour l’esthétique et pour recycler ce déchet de la mondialisation. L’aspect économique pèse aussi ; en 2018, en sortie d’usine, un conteneur de 20 pieds neuf valait environ 2 000 €, un de 40 pieds HC(2), 3 000 €.

Acheté neuf, le conteneur vient généralement de Chine à vide ou après un seul transport de marchandises comme des palettes ou cartons. Le volet « recyclage » tombe à l’eau. D’occasion, il a voyagé pendant plusieurs années, sa structure est vétuste et il est impossible de savoir ce qu’il a transporté (les produits pouvant aller de l’alimentaire aux déchets nucléaires). Les négoces contactés conseillent tous du neuf pour l’habitat. Simple argument commercial ? Pas vraiment… La compagnie peut se séparer d’un conteneur pour plusieurs raisons : « amortissement fini, trop âgé, coût de réparation ou de nettoyage trop élevé, contamination trop importante… », liste Pierre Lemarié, dont l’entreprise expertise la conformité des conteneurs dans les dépôts avant qu’ils reprennent la mer.

Des informations hermétiques

Ce qui est certain, c’est que durant ses années de service, le conteneur a subi plusieurs nettoyages et contrôles dans divers pays. Remontons le fil… Une compagnie maritime fournit un conteneur à un chargeur de marchandises, qui est tenu de le rendre en bon état. Il empote (ou charge) le conteneur, qui part vers son destinataire, qui le dépote et est censé le nettoyer. Le plus souvent « avec de l’eau à haute pression, des produits chimiques si besoin », explique l’expert. Le conteneur est restitué à la compagnie en étant amené dans un dépôt agréé où il est réparé et expertisé par un personnel qualifié qui atteste de son état structurel et du nettoyage.

Si le premier point fait l’objet d’une certification CSC (Conteneur Safety Convention), le second ne l’est généralement pas. « Les dépôts n’ont pas le matériel, ni la consigne de vérifier ce qui a été fait par le destinataire », partant du principe que ce dernier a respecté son contrat. « Quand un conteneur arrive, s’il n’a pas de traces, d’odeurs ou un étiquetage de produit dangereux, aucun nettoyage spécifique n’est demandé. Seulement en cas de doute, on peut demander à l’immobiliser », précise Pierre Lemarié. […]


Mobilier : comment débusquer du bois d’ameublement sain

bois d ameublement sain

Les meubles sont des compagnons quotidiens, qu’il faut choisir avec soin. Ils peuvent vous offrir le meilleur – la chaleur et l’authenticité du bois – comme le pire, en introduisant des polluants dans vote intérieur. Nos pistes pour bien les choisir.

Le premier conseil est celui du bon sens. Privilégier les essences de bois locales, qui vont garantir une empreinte carbone réduite, tout en favorisant une exploitation pérenne des forêts nationales ou européennes (labels PEFC et FSC). Qu’il s’agisse de résineux ou de feuillus, les essences de bois sont nombreuses sous nos latitudes et répondent à tous les besoins en matière d’ameublement.

 


Santé de l’habitat

assainir air maison

Assainir l’air de sa maison.

En raison des nouvelles habitudes de vie et de la présence de certains matériaux, l’air intérieur des habitations est souvent plus pollué que l’air extérieur. Des solutions sont heureusement à notre disposition pour respirer chez soi un air plus sain !