Alternatives : Verger et potager partagés au coeur de Montpellier

potager partagés

Entre deux quartiers denses de Montpellier, une coulée verte abrite plusieurs parcelles comestibles et aires de compostage. De quoi instiller une culture agricole et nourricière dans la ville et sur les balcons des habitants.

30 ha de verger et potager partagés

Quelle surprise de découvrir le Verpopa. Ce jardin, à la fois verger et potager, de 2 500 m2 logé au cœur d’un immense parc de 30 ha dans le quartier Malbosc, à Montpellier. Un véritable poumon vert au nord-est de la ville, qui s’étend jusqu’au quartier voisin de la Mosson. Un corridor écologique pour les 20 000 habitants des deux quartiers. De nombreux jardins y fleurissent, comme ceux du Bosphore et les jardins familiaux municipaux, clôturés et nichés derrière d’épaisses haies végétales. Dans les prairies du parc, un troupeau de moutons paît tranquillement. Dans cet îlot de verdure que l’actuelle équipe municipale promet de ne pas urbaniser, impossible de ne pas remarquer le Verpopa.

Ici, pas de rangées rectilignes de légumes plantés dans un sol nu, mais des buttes potagères et une végétation libre de s’exprimer, une mare, des arbres fruitiers, des ruches. Et on ne débroussaille pas avant que l’herbe soit jaunie.

Le premier verger partagé urbain de France

« L’idée est née en 2008 lors des rencontres de la permaculture cévenole. Une vingtaine de personnes de quartiers différents a démarré ce lieu, qui est le premier verger partagé urbain en France avec ses plantations de pêchers, abricotiers, figuiers, cerisiers. Aujourd’hui, nous comptons 32 membres », résume Alain Del Vecchio, coprésident de Verpopa, cofondateur et coprésident de l’association le Réseau des semeurs de jardin – dont Verpopa est un membre fondateur – et fervent défenseur du jardinage en ville.

Un parcours long et sinueux, raconte Elisabeth Vatel, habitante du quartier, membre du comité de quartier Malbosc Bouge et membre de Verpopa. Active, Elisabeth détient aussi une parcelle dans les jardins familiaux.

« Au Verpopa, il y a du monde à jardiner ensemble, c’est enthousiasmant. Au début, certains membres des jardins familiaux se moquaient de l’organisation du jardin. Mais, en permaculture, tout ce qui y est fait est respectueux de l’environnement et tout a un sens. Cela a pris du temps de nourrir cette terre qui, au départ, n’est pas riche, avec juste leur compost, le compost collectif et le bois raméal fragmenté (BRF)(1). Je me suis rendue à une de leurs fêtes où l’on déguste les produits du jardin (artichauts, courges, tomates, etc.). Un spécialiste des plantes comestibles nous y a montré plus d’une trentaine d’espèces présentes, dont des salades sauvages ! »


Extérieur : Les potagers prennent de la hauteur

Potager urbain sur le toit

Potager urbain sur le toit

À Grenoble, l’association Cultivons nos toits transforme le haut des immeubles en jardins partagés. Des lieux de production, mais aussi de lien social. Reportage en altitude…

Fabrice vit en rez-de-chaussée. Chaque jour, il enfile sa tenue de jardinier et va ramasser ses légumes… en montant dans l’ascenseur ! Car son petit potager se situe sur le toit du parking de son immeuble. « C’est ce qui m’a fait acheter un appartement ici. Je suis un citadin, certes, mais j’ai besoin de mettre régulièrement les mains dans la terre », témoigne ce banquier quinquagénaire grenoblois. En allant arroser les jeunes pousses qui pointent leur nez sur le toit, il croise Vincent, venu vider un seau d’épluchures sur le compost. Les deux voisins n’habitent là que depuis quelques mois, mais discutent déjà comme de vieilles connaissances.

« Le jardin, c’est fédérateur. C’est plus agréable de rencontrer ses voisins de palier en cueillant des tomates qu’à l’occasion d’une réunion de copropriété houleuse », assure le jeune homme. Une fois par mois, tous deux bénéficient d’une formation pratique pour apprendre à mieux gérer ce jardin partagé, dispensée par l’association Cultivons nos toits, à l’origine du site. « On explique aux habitants comment semer, pailler, arroser, poser un tuteur, mais aussi à quel moment récolter, explique Lucas Courgeon, chargé de projet au sein de l’association. Nous avons de l’expérience. On a implanté notre premier potager aérien il y a quatre ans sur le toit d’une ancienne caserne, la Casemate, située en plein centre-ville. En une saison, on a récolté 1 t de légumes sur 200 m2, cultivés dans de grands bacs. »

Un jardin d’un seul tenant

Les cultures sur la Casemate ont été interrompues en raison d’un incendie dans le bâtiment, mais vont reprendre en 2020. Entre temps, les jardiniers urbains ont semé d’autres graines. Ils ont convaincu un duo de promoteurs immobiliers d’aménager le toit de leurs nouvelles constructions, qu’occupent justement Fabrice et Vincent dans l’écoquartier Daudet, à Saint-Martin- d’Hères, en banlieue de Grenoble. « Anticiper la présence d’un jardin sur un bâtiment neuf permet de renforcer la structure pour accueillir un poids supplémentaire. Ici, les 840 m2 de surface plane accueillent non pas des bacs, mais une couche de 50 cm de terre arable. De quoi aménager un jardin d’un seul tenant », poursuit Lucas. L’espace est partagé entre une pelouse conviviale sur laquelle les enfants viennent jouer et des carrés de potager.

Chaque habitant dispose d’une petite parcelle qu’il utilise à sa guise. Seule contrainte, ne pas utiliser de pesticides. Ensuite, libre à chacun de faire pousser des fleurs, des aromatiques, des fruits ou des légumes. L’association fournit des graines et des outils grâce à une enveloppe de 5 000 € allouée par le promoteur. Ce montant finance également l’activité de conseil en amont de la construction et l’accompagnement des apprentis jardiniers en aval.