Conseils d’archis : Quand l’autoconstruction change les plans



Simplifier la mise en œuvre, isoler la zone de travaux, détailler les cotes…

Les architectes jouent un rôle essentiel à la conception pour adapter les plans aux spécificités de l’autoconstruction.

Vérifiez les points d’accès : Le terrain est-il accessible ? Avec quels types d’engins ? Est-il déjà raccordé à l’eau, l’électricité, etc. (viabilisé) ? Peut-on y stocker les matériaux ?

Bien choisir la localisation : Elle doit être adaptée à votre mode de vie : ville ou campagne, proximité des lieux de travail, commerces, écoles, transports…

Étudiez les alentours : Y a-t-il d’autres projets alentours, des sources de pollution sonore (route, couloir aérien, carrière, école, église), atmosphérique (usine, élevage, cultures) ou électromagnétique (antenne relais, ligne à haute tension) ? Échangez avec les voisins : ont-ils déjà vu la parcelle inondée ?

4 Évaluez le potentiel du terrain : Vis-à-vis, taille et orientation correspondent-elles à vos projets et à une conception bioclimatique* ? Visitez à différents moments de la journée et de la semaine pour vérifier les contraintes de voisinage, l’ensoleillement, etc. Sa composition induit-elle des travaux spécifiques (pente, argiles gonflants, termites, humidité, radon, cours d’eau souterrains…)**. Consultez le Plan local d’urbanisme et les contraintes qu’il impose. En zone patrimoniale, vérifiez les prescriptions architecturales.

Pensez densification contre l’étalement urbain : En centre-ville, la démarche Bimby consiste à diviser une parcelle pour construire une nouvelle maison dans le jardin d’une autre au lieu de contribuer à l’étalement urbain en périphérie. Contrairement à une simple division parcellaire, elle s’appuie sur les communes et cabinets d’urbanisme qui accompagnent le projet (cohérence avec le cadre de vie du quartier, renaturation du jardin…) pour ne pas faire subir cette densification aux voisins !

*Voir notre hors-série n°11 « Le bioclimatisme ».

**georisques.gouv.fr


Avis d’expert·es : Étage ou plain-pied, que choisir pour ma maison ?

Étage ou plain-pied, que choisir

Surface et jardin ou gain d’argent et facilité de vie ?

D’un côté, la maison à étage permet de gagner surface et jardin. De l’autre, le plain-pied serait moins cher à construire et plus facile à vivre. Au-delà des arguments commerciaux, qu’en pensent les experts du bâtiment ?

Une fois le permis de construire déposé, on ne revient pas dessus », prévient Daniel Katola, autoconstructeur dans les Bouches-du-Rhône. Construite de plain-pied, sa première maison engloutit toute la surface constructible du terrain. Une mauvaise anticipation qui l’empêche d’agrandir son logement.

Il se lance aujourd’hui dans un nouveau projet, à étage cette fois. Ce qui l’a emporté : un terrain en pente bénéficiant d’une vue à 180° sur les montagnes environnantes. « Bien souvent, les gens ne s’adaptent pas à leur terrain, regrette le maître d’oeuvre Michel Tonneau. Souvent moins cher qu’un terrain plat, une parcelle en pente offre l’opportunité de différencier sa maison. Ajouter des étages pour l’intégrer dans le ainsi qu’aux familles qui perçoivent les escaliers comme un potentiel danger pour les jeunes enfants. Dans les faits, cependant, les constructions à étages restent prépondérantes. En cause, le foncier, rare et cher, des terrains toujours plus petits et des règles d’urbanisme souvent contraignantes. Dans ce contexte, la maison à étage qui occupe, à superficie égale, moins de surface au sol permet, même sur un terrain étroit, de s’octroyer des mètres carrés supplémentaires de verdure.


Entretien : Plan commenté

Plan commenté

Plans commenté par 3 architectes d’intérieur.

L’architecte d’intérieur Julie Crowhurst nous ouvre sa boîte à outils pour optimiser cette maison biscornue du Finistère.

Au plus près des besoins des habitants

En quoi le sur-mesure est-il ici la meilleure astuce gain de place?

À l’angle des deux rues, ce logement est en triangle avec, de surcroît, des rampants sur chaque côté de la chambre. Des meubles standards feraient perdre la majorité de la place disponible. Il fallait un menuisier chevronné pour les adapter à cette configuration. Le meilleur moyen de gagner de la place est de bien connaître les habitants pour leur créer un volume de rangement qui correspond parfaitement à leur besoin, pas moins, pas plus. Cela libère de la place, du budget et de la consommation de matériaux […]

plans gains de place

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Il faut traquer l’inutilité.

Un appartement Parisien, une famille grandissante. Trucs et astuce de l’architecte d’intérieur Séverine Larose pour gagner de la place sans pousser les murs.

Avec cinq habitants dans 40 m2, comment avez-vous ajouté une chambre sans perdre de place ?

Ce deux-pièces d’un immeuble du XIXe arrondissement de Paris hébergeait un couple et trois enfants. Le petit garçon allait avoir besoin d’une nouvelle chambre, séparée de celle des deux filles. Toute la famille devait passer par leur chambre pour accéder à la salle d’eau. Celle-ci étant microscopique, on sortait de la douche dévêtu directement dans la chambre des enfants. Il fallait plus d’intimité. J’ai condamné cet accès à la salle d’eau, qui se fait désormais par la cuisine. L’ancienne cuisine était assez grande, avec beaucoup de place perdue. La chambre du garçon l’a remplacée. […]


Contraster les volumes donne de la profondeur

Jouer sur les couleurs, les matières, les ouvertures et séparations entre pièces… L’architecte Anna Pavlova donne les clés de l’optimisation de cet appartement de Toulouse.

Pour transformer cet appartement T3 de 66 m2 en un studio et un T2, vous avez misé sur les espaces d’entrée. Pourquoi ?
Les deux portes palières ont permis cette division, qui rendait possible le financement de l’achat de ce logement d’un immeuble toulousain. Le studio est loué ; le T2, habité par les propriétaires. Une des portes donnait sur un vestibule; j’en ai attribué une partie au studio et l’autre au T2. L’ancienne pièce principale était grande, j’ai pu rogner sur le séjour du studio pour caser dans l’entrée un grand placard toute hauteur. Vestibules, couloirs, ces espaces ne doivent pas rester des pièces longues, sombres, où on ne fait que transiter. Elles deviennent des espaces intermédiaires à plusieurs fonctions. Entre séjour et sortie, on prend ses habits, on met ses chaussures, on vérifie son allure dans le miroir et on s’en va. Ce n’est plus un espace perdu.


Portofolio : Aménagement

portfolio amenagement

Séparer sans enfermer

Le cloisonnement peut être temporaire. Chez Diane et Pierre, un rideau sur rail métamorphose les chambres de leurs filles en une vaste salle de jeux commune. Loger des rangements ou lits sous rampants optimise une place difficile à utiliser. La faible hauteur sous plafond dérange moins là où on passe tout son temps couché !

portfolio amenagement

Accessibilité: “L’écologie ne saurait ignorer la diversité humaine”

accessibilité et handicap dans la construction de logement, habitat adapté, dans La Maison écologioque n°109 - dessin Nicolas Haverland

Fondateur et rédacteur en chef de Yanous.com, magazine des personnes en situation de handicap, Laurent Lejard défend l’idée d’une accessibilité universelle, utile à tous les citoyens.

Pourquoi faudrait-il, selon vous, une accessibilité à 100 % pour le logement ?
Quel qu’il soit, un logement n’est pas seulement occupé par ses habitants. Il est visité par la famille, les amis. Et il va un jour changer d’occupants. L’accessibilité, c’est quelque chose qu’il faudrait avoir à l’esprit si on veut que les logements soient durables? Non seulement quand on construit des appartements, mais aussi quand on construit sa propre maison ou quand on rénove un bâtiment pour y habiter. Avec l’accessibilité universelle, vous avez un appartement ou une maison adaptée à des gens qui ont des enfants, qui vont vieillir, connaître des problèmes de santé, être victimes d’un accident… Ils ne seront pas contraints de déménager, dans un contexte déjà difficile. Ils pourront rester chez eux, recevoir qui ils veulent et vivre comme ils veulent.

La notion de personne à mobilité réduite dépasse largement celle du handicap. Dans le métro parisien, les personnes qui sont les plus handicapées sont les familles avec poussette et les nounous. En ayant rétréci le débat de l’accessibilité aux personnes handicapées, les pouvoirs publics ont pu mettre en place des politiques discriminatoires. Comme la politique de quotas dans le logement. L’idée d’accessibilité universelle n’existe plus aujourd’hui dans les politiques publiques. Elle est proclamée, mais la réalité est tout autre.

[…] L’habitat écologique n’est-il pas perçu comme un luxe par les personnes handicapées ?
Si l’écologie est la place de l’humain dans l’environnement, un habitat qui se veut écologique doit prendre en compte la diversité humaine. Donc la question de l’adaptation ne se pose pas, elle est contenue dans le concept. […]

L’intégralité de notre interview dans le magazine La Maison écologique n°109, disponible en kiosques ou sur commande en cliquant ici.