Décrypter les étiquettes des pots de peinture

ETIQUETTES ENQUETE décrypter les étiquettes de pots de peinture, La Maison écologique, Hors série 17

On nous le répète, bien consommer c’est se renseigner. Il suffirait de lire les étiquettes pour faire des choix éclairés. Mais sur les pots de peinture… quel vide ! Aucune obligation pour le fabricant d’y lister les composants. Et peu d’encadrement des terminologies employées. La fiche technique de la peinture et sa fiche de données de sécurité, parfois téléchargeables sur le site Internet de la marque, peuvent nous en apprendre un peu plus. Quoique… Si, enfin, vous obtenez la liste des ingrédients, difficile de la décrypter ! Les fabricants de peintures « naturelles » sont bien plus nombreux que les conventionnels à faire preuve de transparence, même si quelques arrangements ou omissions se font jour.

Quelques conseils préalables pour choisir vos peintures :

• Préférez les produits dont la composition est clairement indiquée sur l’emballage (ou à défaut sur la fiche technique).

• Vérifiez la présence et identifiez les éléments principaux de la peinture : liant, diluant, pigment, charges, additifs, que nous signalons ici respectivement en vert, bleu, gris, orange et rouge.

• Essayez de définir l’origine des ingrédients : naturels, naturels transformés ou synthétiques, ici respectivement signalés par N, NT et S.

Décrypter les étiquettes des pots de peinture

Analysons quelques exemples concrets représentatifs des principaux types de peintures dites écologiques…

  • une peinture minéraele
  • une peinture moins naturelle qu’il n’y parait
  • une peinture à l’huile
  • une peinture organique à l’eau en poudre
  • une peinture de grande surface
  • et sans odeur !

Découvrez notre comparatif des peintures de finition écologiques prêtes à l’emploi


Cahiers pratiques DIY : 20 recettes de peintures à faire soi-même

CAHIERS PRATIQUES 20 recettes à faire soi même, La Maison écologique, Hors série 17

Retrouvez 11 cahiers pratiques DIY :

  • Trouver la bonne couleur avec une peinture au fromage blanc

    La peinture au fromage blanc se destine principalement au mobilier et autres supports intérieurs ouverts type bois (idéalement brut), mais s’applique aussi sur des murs poreux de pièces non humides…

  • Un badigeon à la chaux

    Les murs à peindre se constituaient ici de deux matériaux. Celui en pierre enduit à la chaux recevra trois couches de badigeon, car l’épaisseur d’enduit n’est pas homogène et des pierres arrivent presque à fleur de la surface…

  • Une peinture à l’argile et colle de farine

    La plus simple des peintures à l’argile est la barbotine : de la terre et de l’eau. On l’utilise frais sur frais pour qu’elle fusionne avec un enduit terre, afin d’en lisser la finition ou lui donner une autre couleur…

  • Caséine, une peinture tout-terrain

    Produit naturel et économique applicable sur tous types de supports. Protéine du lait, la caséine permet d’élaborer très facilement une peinture saine et à moindre coût…

  • Peindre à la farine et à l’ocre

    Décorative et protectrice, une inspiration suédoise pour l’extérieur et l’intérieur. Une peinture faite maison, économique, qui respecte l’environnement et s’applique facilement, en extérieur comme en intérieur ? Vous ne rêvez pas ! 

  • Une peinture médiévale

    Recette du XIIIe siècle pour réaliser des décors à l’ocre et à la détrempe d’œuf et de colle de peau.  À Guédelon (Bourgogne), passionnés et archéologues bâtissent un château-fort en n’utilisant que des techniques de la fin du Moyen-Âge. 

  • Une laque à l’huile de lin

    Peinture lumineuse et lavable pour extérieur ou intérieur. L’huile étant très collante quand elle sèche, elle fait office de liant en peinture…

  • Finitions au goudron de bois

    Des recettes scandinaves pour protéger et décorer le bois en extérieur. Le goudron de bois est utilisé depuis très longtemps dans le nord de l’Europe pour réaliser des finitions protectrices pour le bois.

  • Une lasure à la bière

    Une p’tite blonde pour lasurer vos supports boisés de la couleur qui vous sied. Lendemain de fête. Vous sortez le pied du canapé, le voilà collé au sol. La tête qui tourne, vous vous appuyez sur la table basse. 

  • Peinture à la pomme de terre

    Simple comme une purée, une finition aux tonalités douces qui donne la patate ! La pomme de terre contient de la fécule. Collante, cette substance que l’on trouve dans d’autres aliments peut servir de liant dans une peinture. 

  • Carnet de recettes

    Chaux-lait – La gouache – Glacis à la colle naturelle – Décorations à la cire d’abeille

    Glacis au vin blanc – Patine à la cendre – Détrempe à la colle de peau – Tempera à l’œuf et à l’huile

    Aquarelle – Le chaulage – La badigeon de base – L’eau forte – La patine à la chaux


Supports : Comment les préparer et quelle peinture y appliquer

SUPPORTS ENQUETES, Comment préparer les supports, La Maison écologique, Hors série 17

Bien des personnes voulant peindre leur habitat cherchent la peinture polyvalente, facile à appliquer et que l’on puisse utiliser sur n’importe quel support : murs, plafonds, fenêtres, portes… La peinture miracle… ou mirage ? Pour qu’un tel produit puisse exister, il faut que son liant (partie collante de la peinture) et ses additifs soient très performants et polyvalents. Malheureusement, seule la chimie de synthèse peut (parfois) obtenir un tel produit, qui ne peut être sans danger pour l’environnement et la santé. Pour les alternatives naturelles, il faut donc adapter le type de peinture au support à recouvrir. Dans nos habitats, il en existe principalement trois types : ceux en matière végétale (bois et dérivés), le minéral (dont la plupart des murs et plafonds) et le métal.

Les peintures naturelles recourent à trois types de liant. Ceux d’origine végétale : huiles (lin, noix, tournesol…), résines, fécules, cellulose… Les liants minéraux : chaux, silicates, argile… Et les liants d’origine animale, tels que la cire et la caséine. Pour faire simple, les liants végétaux se marient aux supports végétaux, les liants minéraux s’utilisent sur le minéral, les liants d’origine animale s’emploient sur les deux. Le métal, très particulier, ne peut être recouvert que par un produit à base d’huile.

Mais la vie n’est pas si simple et, sur les étiquettes des pots de peinture, il est rarement inscrit l’origine du liant. Par contre, les peintures sont classées par famille et les termes utilisés sont les mêmes d’une marque à l’autre. Pour ne pas vous mélanger les pinceaux, plongez dans le tableau p. 30.

Préparation avant finition : Comment préparer les supports ?

Dans les travaux de peinture, l’étape la plus importante est la préparation du support. Son nom l’indique : il supporte la finition. S’il est mal fixé, il tombera et avec lui la finition. Cette préparation garantit la longévité et la qualité des travaux, ainsi que le résultat esthétique.


Peintures : ne chassez pas le naturel, il revient au galop

ENQUETE ENQUETE FILIERE PEINTURES NATURELLES FILIERE ENQUETE, La Maison écologique, Hors série 17 PEINTURES NATURELLES ENQUETE NATURELLE, La Maison écologique, Hors série 17

Plus simples à mettre en œuvre, couleurs vives, séchage rapide, conservation longue durée ; la chimie et ses peintures synthétiques, mises au point dans les années 1950, ont mis le travail de peintre à la portée de tous. S’il est appréciable de pouvoir mettre la main à la pâte, cette simplicité semble pourtant avoir atteint ses limites. Trop lisse, trop plastique, trop parfait, le synthétique se heurte au besoin de sens et de vivant. Poussés par leurs craintes que la chimie les empoisonne à petit feu, le besoin de réduire leur impact environnemental, mais aussi l’envie de recevoir et transmettre des gestes et des savoirs ancestraux ; beaucoup se tournent vers les peintures « naturelles ». Un marché à la fois confidentiel qui ne représente même pas 1 % du marché global de la peinture, mais où les acteurs fleurissent… autant que les définitions. Entre greenwashing, affirmations farfelues et législation floue, difficile de s’y retrouver.

S’agit-il réellement de peintures naturelles ?

Bio, écologique, green, pure, oxygène, biosourcée ; les peintures rivalisent d’appellations vantant les mérites de leur prétendue innocuité. Mais derrière ces autoproclamations, s’agit-il réellement de peintures naturelles ? Le règlement européen Reach entré en vigueur en 2007 définit la notion de « naturel » comme substances présentes dans la nature, telles quelles, non traitées ou issues de faibles transformations(1). Pour bénéficier de cette appellation, il faut contenir au moins 95 % d’ingrédients naturels d’après le Guide pratique des allégations environnementales publié en 2012 par le ministère de l’Environnement. Sous ce seuil, seuls les composants concernés peuvent être qualifiés de naturels. « Avec cette définition, il n’existe aucune peinture naturelle. La caséine, obtenue par acidification du lait, ne peut être tolérée, comme la chaux qui subit une transformation trop importante. Même le pain ne sera pas considéré comme naturel », constate Jean-Luc Monfort, directeur commercial de Natura. Pour être conforme aux réglementations, il faut préférer les termes « d’origine naturelle ».


Alternatives : Transformez vos plantes en pigments

Alternatives - Transformez vos plantes en pigments, La Maison écologique, Hors série 17

Le « rouge coquelicot » annoncé sur le pot de peinture a plus de chance d’être issu d’une chimie à base de pétrole ou d’oxydes métalliques comme le cobalt ou le cadmium – non sans danger pour la santé et les biotopes – que d’un doux jus de pétales. Depuis que l’industrie a synthétisé, dans la seconde moitié du XIXe siècle, les nuances de la nature et plus encore afin de les produire en masse, à faible coût et plus résistantes au temps, on en a presque oublié que les plantes produisent des couleurs qui méritent de porter leur nom. Moyennant de bonnes connaissances et un savoir-faire, il est possible d’obtenir avec des végétaux un pigment, c’est-à-dire un colorant sous forme de poudre, tout à fait durable.

Dans son atelier au Faouët (56), Michel Garcia en fabrique. « Fabrique », car « les couleurs que l’on voit dans la nature sont rarement celles que l’on va extraire ». Les plantes contiennent plusieurs colorants, de leurs racines à leurs boutons floraux, l’un dominant parfois la composition et pouvant être concentré dans une partie précise. On les classe par grandes familles, parfois divisées en sous-groupes (voir tableau p. 38). 

Les subtiles nuances des plantes

Les flavonoïdes sont sources de jaunes et verts ; les quinones, de rouges-violacés… La quantité de nuances est énorme. Mais toutes ne peuvent devenir de « bons » pigments. Ces derniers doivent être « solides », c’est-à-dire conserver leur couleur dans le temps. « Ils ne doivent réagir ni à la lumière, ni à l’oxydation ou au pH du milieu, à d’autres substances… », explique l’expert. Le coquelicot est un faux ami : « Si on voulait extraire son beau rouge, on finirait avec un violâtre immonde qui virerait au gris », s’amuse-t-il. Les anthocyanes, famille de colorants dont il est riche, sont justement très sensibles, dits « fugaces ».  Les colorants d’une solidité naturelle sont rares. Le choix des plantes s’en trouve limité, surtout sur notre territoire(1).


Comment organiser son chantier

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Plus la préparation d’un chantier de peinture est réfléchie, plus on gagne de temps et moins le résultat esthétique sera sujet à déceptions. « L’organisation diffère en rénovation ou en neuf. Peindre un plafond quand le revêtement du sol n’a pas été réalisé est plus simple, assure Jeanne Falconetti, artiste et artisane depuis 23 ans. Il faut aussi gérer les meubles si le logement est habité, mesurer l’encombrement et le dérangement. » Bien qu’il soit préconisé de réaliser les tâches salissantes avant tous travaux de finition, ne pas hésiter à varier les plaisirs, car passer une journée entière à poncer pour la préparation du sol au plafond est fastidieux. Se munir d’un aspirateur de chantier, voire acheter une ponceuse qui peut s’y relier. Car même en préparant tout en amont, il faut parfois poncer entre deux couches de peinture.

Préparer un chantier de peinture

Notez sur votre calendrier le temps nécessaire à la préparation des supports, qui compte pour plus de la moitié dans le résultat final (lire p. 28 à 31). Pour les peintures « maison », ne pas oublier d’inclure le temps de fabrication dans le planning. « Il faut aussi attendre une journée avant de poser une peinture à l’argile si on part d’une base sèche, pour que l’argile gonfle avec l’eau. La chaux en poudre donnera aussi une peinture de meilleure qualité après quelques jours de repos », ajoute l’artisane designeuse Claire Malzac. Mais pour une peinture à la caséine qui finit par « tourner », elle laisse « juste 2 h avant de peindre. J’y ajoute de l’huile essentielle de clou de girofle pour une meilleure conservation ». Profiter de ce temps pour protéger le chantier, ce qui évite de bloquer la pièce inutilement et de laisser les éventuels adhésifs de masquage trop longtemps.

Protéger c’est gagner

Meubles, prises, boiseries et tout élément déjà finalisé doivent être protégés. Jeanne Falconetti utilise des draps achetés en brocante, vide-grenier ou chez Emmaüs et du feutre ou géotextile pour l’étanchéité. Alexandre Lebailly, artisan peintre depuis plus de 10 ans, spécialisé en peintures naturelles, utilise des bâches plastiques fixées entre elles par de la bande-cache et les recouvre de moquette de récupération pour ne pas les déchirer et pouvoir les réutiliser.

Au programme : La caisse à outil du parfait peintre


Comment appliquer les peintures naturelles ?

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La beauté de la peinture naturelle, c’est aussi son irrégularité, décrit Gautier Assume. Elle s’imprègne, fait vivre et se fond avec la matière sur laquelle elle est posée », alors que les peintures industrielles à base de polymères forment un film quasi plastique par-dessus. Claire Malzac acquiesce : « Les peintures à la chaux ou à la terre ne donnent pas un rendu parfait et cela fait partie de leur charme. » Les peintures naturelles peuvent toutefois, pour la plupart, s’appliquer comme les autres produits du commerce. Claire Malzac préfère les techniques traditionnelles. 

Comment appliquer les peintures naturelles ?

Pour peindre, il faut avancer dans le bon sens. « On peint toujours les murs du haut vers le bas, de façon à pouvoir rattraper les éventuelles coulures, confie-t-elle. Et je peins de la droite vers la gauche car je suis gauchère, sinon je ne vois pas ce que je fais. »

Réchampir, l’art du détail

Première étape : dégager les angles des parois, chambranles de portes, etc. La brosse à réchampir « s’utilise pour délimiter proprement les contours de la surface qu’on va peindre, indique Gautier Assume. On peut aussi tracer une ligne de démarcation si on veut peindre le mur avec deux zones de couleurs distinctes. Au préalable, un critérium fin permet de faire un guide, ou on réalise le tracé à l’œil ». On trempe largement la brosse, puis on la descend avec un mouvement de poignet circulaire qui chasse le bourrelet de peinture qui se forme progressivement à la pointe des poils. « En tournant ainsi légèrement dans le sens qui va vers la surface qui sera peinte ensuite, la brosse marque bien et la peinture se répartit mieux. Cela doit être net du côté où la peinture s’arrêtera, mais on ”     gomme  le côté où l’on continuera à mettre la peinture ensuite, en créant une démarcation diffuse pour que le coup de brosse à réchampir devienne invisible. »


50 nuances de peintures naturelles

peintures naturelles

Des peintures vertes de toutes les couleurs.

Que l’on construise ou rénove un logement, lorsqu’arrive le moment crucial de peindre les murs, rien ne doit gâcher le plaisir de voir enfin son projet aboutir. Et surtout pas des maux de tête ou mauvaises odeurs…

Appliquer la peinture après un an de travaux, mettre enfin la touche finale. C’est plaisant, grisant… et souvent polluant. Car le joli pot coloré cache en général des substances aux noms étranges, mises au point par les industriels pour nous faciliter la tâche. Pour
la plupart issues de la pétrochimie, elles sont coûteuses en matières premières et en énergie grise, mais aussi toxiques et étouffantes pour les murs. L’une des solutions pourrait être de conserver son Fermacell enduit nu ou le papier peint défraîchi des occupants précédents. À moins d’opter pour des peintures naturelles du marché ou, mieux encore, des potions maison.


Cuisinons nos finitions

Cuisinons nos finitions

Pour habiller un mur, il existe de multiples recettes pour fabriquer soi-même,
à moindre coût, enduits et peintures. Concoctés à partir de matériaux inertes
ou naturels, ils épargneront bien des pollutions de l’air intérieur.


Cahier pratique : peinture à la caséine

Peinture à la caséine

Peindre des murs avec des produits naturels et des couleurs qui s’harmonisent.

La peinture à la caséine est la peinture la plus facile et la plus économique à fabriquer.

Comment trouver les couleurs qui s’harmonisent au mieux pour vos peintures et éviter la faute de goût ? La solution : le cercle chromatique. Il présente les trois couleurs primaires et les autres teintes qui en découlent. Cet outil (facile à trouver sur le Net) permet de créer un nuancier aux couleurs harmonieuses. Pour faire simple, il faut d’abord trouver une couleur dominante. Sur le cercle, les teintes voisines s’accordent toujours entre elles et celles qui sont à l’opposé la mettent en valeur. Vous pouvez aussi choisir l’ambiance : froide avec des couleurs proches du bleu ou chaude en se rapprochant du orange.