Cahier pratique : Fabriquer une table de jardin

CAHIER PRATIQUE TABLE DE JARDIN

Du bois local et non traité pour une table de pique-nique tout confort à installer au jardin.

Tous à table! Pour un confort optimal, une hauteur de plateau à 75 cm s’adapte à tous. « On peut faire moins pour une table d’enfants, précise Fred Bruas, constructeur bois dans la Drôme, en abaissant aussi les assises », ici à 45 cm. Prévoir un écart de 13 cm entre le plateau et l’assise « pour un accès et une sortie faciles, permettant de se mettre debout sans problème entre les deux. Ne les écartez pas de plus de 13 cm, sinon l’assise est trop loin du plateau, surtout pour les plus petits ».

Il utilise des pièces d’ossature de maison ossature bois (MOB) « déjà rabotées et chanfreinées et le douglas est naturellement résistant à la pluie, sans traitement ». Les dimensions standard sont 45 mm d’épaisseur, 95/120/145/ 180/220 mm de large et jusqu’à 6 m de long. L’assemblage se fait avec des vis ou des boulons poêliers à tête ronde avec écrous. Fred Bruas préfère les vis, « plus rapides à mettre en œuvre car le boulon oblige à réaliser à l’avance un trou dans toutes les épaisseurs de bois, pile en face les uns des autres. Comme pour tous les meubles extérieurs en bois, ce dernier gonfle ou se rétracte en fonction des saisons, de l’humidité, de la chaleur. Il est plus facile de resserrer une vis d’un coup de visseuse qu’un écrou »


Portfolio : Les végétaux se tressent sans stress



Portfolio vannerie.

Au jardin, l’osier (saule) et le châtaignier peuvent se tresser pour des aménagements bucoliques, parfois vivants, souvent éphémères.

Os(i)er la banquette. En Corrèze, Olivier Ton a récupéré une banquette en rotin et comblé l’assise et le dossier par de l’osier brut (avec écorce) et blanc (écorcé), tressé par groupes de deux ou trois brins. Plus de 300 ont été nécessaires, d’une longueur de 1,80 à 2 m. « On peut aussi tresser une banquette en créant la structure en osier », précise cet osiériculteur-vannier. La banquette en osier ne sera pas éternelle, mais on peut la préserver par une ou deux applications par an d’huile de lin mélangée à un siccatif type essence de térébenthine pour ne pas « coller ».

Assis sur le plessis. La collection Cluny de l’atelier Chatersèn (Gard) comporte fauteuils (60 cm), banquettes (1,20 m) et bancs (1,50 m) en châtaignier. L’assise est tressée comme un plessis (voir p. 23) et la structure en bois ronds assemblée traditionnellement par tenons et mortaises. Le bois change d’aspect au fil des ans. « On dit du châtaignier qu’il a la même durée de vie sec qu’il a été sur pied, révèle l’artisan chaisier Arnaud Mainardi. J’ai réalisé une banquette chez moi en 2012 et on ne passe toujours pas à travers ! » Pour mieux préserver l’ouvrage, le rentrer en hiver.


Cahier pratique : Fabriquer un siège confident



Une double chaise longue pour se prélasser en tête-à-tête.

Pour fabriquer la structure infé­rieure de ces sièges Confident dans lesquels deux personnes peuvent se prélasser face à face, Fred Bruas, constructeur bois dans la Drôme, utilise des madriers de maison ossature bois (MOB) en douglas. « Je les achète chez un marchand de matériaux car ils sont déjà rabotés et chanfreinés, confie­t-i l. On trouve le douglas chez tous les fournisseurs et il est naturellement résis­tant aux intempéries, comme le mélèze», qu’il préfère pour les planchettes de l’assise du siège et la tablette centrale à cause de « son esthétique plus fine, aux nervures plus serrées et à la couleur moins rosée ». Il achète cette volige directe­ment en scierie. « Pour plus de simpli­ cité et éviter la rétractation du bois au séchage, on peut acheter des lames de bardage douglas déjà rabotées et presque sèches. Dans tous les cas, le bois va finir de sécher et légèrement bouger en fonc­tion des variations d’humidité et de cha­leur. Il faudra resserrer les vis de temps en temps. » Le plus ardu pour une première réali­sation est la conception de l’ossature qui donnera la courbe du siège. Fred a réalisé des tests avant de trouver la forme idéale, qu’il a fini par matériali­ser par des gabarits. « Pour un confort optimal, la hauteur d’assise est de 32 cm au point bas (fesses) et 40 cm au point haut (genoux), avec 35 cm entre ces deux points. » La largeur d’assise est d’environ 50 cm par personne. « On peut aller jusqu’à 60 cm, mais pas en-dessous de 45 cm, conseille-t-il. Les inclinaisons sont les plus difficiles à définir, en fonction de l’utilisation que l’on veut en faire; plus ou moins allongé ou relevé pour la sieste, la lecture, la discussion, une partie de Scrabble ou l’apéro!»


Portfolio : Meubler son extérieur



Portfolio Mobilier.

Créée en 2008,La Menuiserie solidaire est une association d’aide aux personnes en situation de handicap ou sans emploi en réinsertion. Implantée à Magnanville (78) et Dreux (28), elle leur partage des savoir-faire artisanaux tout en valorisant des bois de récupération. Planches et chevrons issus de chantiers de démolition ou de construction, palettes industrielles provenant des emballages d’un cuisiniste local sont métamorphosés en mobilier, comme ce salon de jardin en pin brut.

Pour un aménagement extérieur modulable adapté aux rêveries intimistes comme aux grandes tablées festives, ces modèles de chaise et table pliantes facilitent les déplacements et le stockage. Robustes et relativement faciles à fabriquer, ces chaises offrent même le confort d’un dossier incurvé. L’association grenobloise Entropie défend un modèle alternatif de production d’objets basé sur le design libre, l’autoproduction et l’écoconception. Elle partage ainsi gratuitement les notices de fabrication de ses créations sur asso-entropie.fr


Cahier pratique : Un fauteuil canadien à autoconstruire



Un siège en bois ultra-confortable à construire pour une pause au jardin ou au balcon.

Le fauteuil Adirondack est« une ins­titution au Canada, un art de vivre. On en voit sous le porche devant chaque maison et lors des soirées autour du feu de raconte Michel Mouillé, amou­reux camp», de ces lointaines contrées, « dont on retrouve l’accueil et la convivialité dans ce fauteuil». Son dossier incurvé et les courbes de l’assise donnent l’impres­sion d’être emmitouflé dans le confort d’un cocon, propice à la détente. « Les premiers ont été faits dans les montagnes Adirondack, aux États-Unis, par un char­pentier qui voulait se relaxer dans sa maison de vacances, retrace Michel. Au Canada, il est appelé fauteuil Muskoka, du nom d’un lac »sur les bords duquel il fait bon se prélasser dedans. Le Canadien Phil Barley propose les plans de divers modèles sous forme papier (fastidieux) ou de fichiers DWG que Michel a entrés dans une machine à commande numé­rique DXF pour couper ses gabarits au laser au Fablab de Chemillé (49). « Si vous n’avez pas de tels ateliers partagés près de chez vous où emprunter ce type d’outil, créez-en un!», conseille Michel. Ce bri­coleur passionné estime que ce modèle mérite une modification de la forme des accoudoirs pour élargir l’écart entre les deux et faciliter le passage des posté­rieurs épanouis. Il est aussi possible d’y ménager un trou dans lequel caler un verre ou une bouteille. Santé ! 


Reportage : Pour aménager leur jardin, ils s’emballent pour le local



Vive le local !

Dans le Maine-Et-Loire, la famille Mouillé a transformé ce jardinet tristounet en un véritable espace de vie ; pour eux comme pour la faune et la flore. Ainsi agréments, cultures nourricières, aménagements, équipements et mobilier extérieurs mettent à profit des matériaux, végétaux et savoir-faire locaux.

Ainsi, lorsque Michel et Evelyne achètent ces 703 m2 de terrain en 2004, ne s’y dressent qu’une maison, un cerisier, une haie de thuyas et un vieil abri de jardin. Mais « Petit à petit, on l’a aménagé pour le rendre plus agréable et y favoriser la biodiversité », retrace Michel Mouillé. En se bardant de croûtes d’arbres brutes, l’abri se mue en atelier et poulailler. Les thuyas sont retirés et la famille plante « des végétaux locaux, comme le noisetier et un pommier patte-de-loup, dont les fruits arborent comme une griffure de loup quand ils se fendillent au mois de juin. C’est une variété locale, créée à Beaupréau», à quelques kilo­mètres du bourg de Roussay (49) où vivent le couple et ses trois enfants.


Mobilier : Tiroirs à la mode récup’

Tiroirs à la mode récup'

Fabriquer des rangements à partir de plaques d’isorel récupérées.

Si vous ne connaissez pas les plaques d’Isorel, sachez qu’elles sont utilisées par les professionnels notamment pour faciliter les activités de logistique (intercalaire de palette), mais aussi pour des aménagements divers (plaquage, coffrage léger, fond de meuble, etc.). D’une épaisseur de 3 mm, on peut en récupérer auprès des commerces d’alimentation en format d’environ 80 x 120 cm (elles servent à caler les marchandises). Pour des plaques plus grandes d’environ 1 x 2,75 m, il faut se tourner vers les négoces de matériaux et les enseignes de bricolage.

L’Isorel est constitué de fibres de bois dures, obtenues par polymérisation sous pression et chaleur, mais sans adjonction de colle synthétique. Les panneaux présentent une face lisse, d’aspect moucheté assez esthétique, et une face granuleuse. Ce matériau est flexible, dense et résistant. Il se découpe facilement au cutter. La seule restriction pour l’Isorel, comme pour le carton, est que l’utilisation ne doit se faire qu’en milieu sec, excluant l’extérieur ou l’exposition à l’humidité.

Léger mais néanmoins solide, l’Isorel se prête volontiers à la création de boîtes, de tiroirs, de séparateurs de tiroirs, de mini-rangements… Ce qui se révèle bien pratique pour finaliser l’aménagement d’un dressing, d’une buanderie, d’un cellier ou encore d’un coin bricolage.


Mobilier : La Menuiserie solidaire

la menuiserie solidaire

Quand la menuiserie participe à l’insertion des personnes en situation de handicap et des demandeurs d’emploi avec, cerise sur le gâteau, la valorisation de bois de récupération… Rencontre avec Laurent-Stéphane Tardy, à l’origine de la menuiserie solidaire.

Derrière La Menuiserie solidaire se cache une belle aventure humaine et sociale initiée par Laurent-Stéphane Tardy, dont la vie a basculé en 2006. À la suite d’un accident de deux-roues qui le laisse handicapé, c’est le déclic. « Si je ressortais vivant de l’hôpital, il fallait que je puisse être utile aux autres », se souvient Laurent-Stéphane, alors directeur des opérations dans un groupe international à Vélizy. Deux ans plus tard, en 2008, il créé La Menuiserie solidaire, une association d’aide aux personnes en situation de handicap et aux personnes en réinsertion sans emploi avec, pour dénominateur commun,  le goût de la menuiserie. Le projet : répondre à des enjeux à la fois sociaux, économiques et artisanaux en valorisant le bois recyclé à travers la fabrication de mobilier.

Du déchet à la matière

L’association emploie 18 personnes (dont 12 en situation de handicap et 2 à 6 en réinsertion) réparties sur deux sites. À Magnanville, dans les Yvelines, l’atelier menuiserie de l’Établissement et service d’aide par le travail (Esat) où œuvrent 12 personnes en situation de handicap travaille à la production de pièces en bois recyclé en fonction des commandes ; boîtes aux lettres, tables de pique-nique, carrés potagers, nichoirs à mésanges…

Les sources d’approvisionnement du bois sont multiples : planches et chevrons (sapin, pin, hêtre) issus de chantiers de démolition ou de construction et palettes industrielles (pin, sapin, chêne…) provenant des emballages d’un cuisiniste local. « Cela leur évite de payer la mise à la décharge. C’est un circuit vertueux sur la base d’une économie circulaire. Ce qui n’est pas utilisé par l’un est réutilisé par l’autre », poursuit Laurent-Stéphane. Au total, 20 m3 de bois sont recyclés chaque semaine.

« Rien ne se perd, tout se transforme »

Démontage manuel des planches (retrait des clous, vis et cerclages d’un usage passé), préparation (classement du bois par lots ou par séries), découpe et conditionnement… Le bois brut est aussi préparé à l’Esat pour être acheminé à l’atelier de menuiserie de Dreux en vue de son réemploi.

Dans l’atelier de menuiserie-production de 240 m2, au centre de Dreux (quartier Sainte-Ève), rien ne se perd, tout se transforme. Deux à six personnes en réinsertion, éloignées de l’emploi, sont formées par Laurent-Stéphane et le chef d’atelier Virgile afin de fabriquer les réalisations sur mesure à destination des particuliers, mais également des entreprises, des associations et des collectivités, comme d’improbables bancs d’église.


Cahier pratique mobilier : La vieille chaise devient banc-coffre

banc-coffre

Transformer une vieille chaise en un rangement dissimulé sous un joli et confortable banc.

Le travail du bois a de tout temps interpelé les hommes, rappelle l’ébéniste alsacien Jean Rapp. Avant le XIVe siècle, les maîtres charpentiers maniaient à merveille la doloire et la bisaiguë pour concevoir et fabriquer les habitats. Puis, au début du XIVe siècle, les huchiers, suivis de près par les menuisiers, armés de leurs rabots, de leurs scies et autres ciseaux, commençaient à fabriquer du mobilier. À cette époque, on confectionnait surtout des coffres, et même des bancs-coffres. Déjà pratiques à transporter, ils étaient utilisés pour y stocker de la nourriture et quelques trésors… » Plusieurs siècles plus tard,
ce mobilier s’adapte parfaitement aux usages d’habitants en quête de sobriété spatiale et d’optimisation de l’espace intérieur. Il constitue à la fois une assise capable d’accueillir plusieurs séants et un rangement discret mais conséquent.

Suivant la philosophie et les habitudes de ce passionné du réemploi, le modèle de banc-coffre que nous allons fabriquer ici fera appel à des matériaux de récupération, « d’une autre époque mais qui correspond toujours à nos modes de vie actuels ». Pour les non coutumiers de ce type de travaux, le professionnel recommande de profiter des nombreux Fablabs et autres ateliers partagés qui apparaissent en France. Espace de travail, outillage et conseils avisés sont ainsi à la portée de tous.


Finitions : Cire Naturelle maison

Cire naturelle maison

Recette et mise en oeuvre pour fabriquer soi-même une cire naturelle maison

La cire est un produit naturel incontournable pour entretenir les meubles en bois et leur donner un joli rendu satiné. La recette présentée ici mêle cire d’abeille, huile de lin et essence d’écorce d’agrume. Elle laissera une odeur agréable dans la maison. Fabriquer soi-même la cire en pâte est assez simple. En version neutre, elle est utilisée pour l’entretien courant des meubles en bois. En la personnalisant, avec des pigments, des nacres, des micas ou encore des poudres métalliques, elle apportera une finition originale, un effet patiné (coloré).