Cahiers pratiques : poser sa propre isolation

LA MAISON EOCOLOGIQUE Cahiers pratiques de mise en oeuvre pour poser sa propre isolation

Cahiers pratiques de mise en oeuvre : toutes les clés pour apprendre à poser sa propre isolation

  • Les outils incontournables
  • Schémas de principe
  • Poser une isolation de sol en liège
  • Isolation de façades par l’extérieur en chanvre en vrac
  • Mise en oeuvre d’une ITE en panneaux de fibre de bois
  • Réussir une ITI avec du Biofib’
  • Souffler de la ouate en combles perdus
  • Isoler en rouleaux sous rampants

Cahier pratique : Poser une isolation extérieure en liège

liège

En isolation thermique par l’extérieur, le liège, durable et d’origine naturelle, peut être utilisé comme isolant. Il peut même faire office de revêtement pour habiller la façade. Seule condition pour un résultat esthétique et performant : une mise en œuvre précise.

Protéger sa maison via une écorce qui joue d’un seul coup l’isolation des murs et la finition de la façade, c’est possible grâce aux atouts du liège spécial façade, disponible sous forme de plaques de 50 x 100 cm (ép. de 50 à 200 mm). Quand il est utilisé comme isolant, le liège est « expansé », c’est-à-dire chauffé sous pression pour améliorer ses qualités isolantes. Le liège dédié aux façades l’est aussi, mais sa densité est plus élevée (140-160 kg/m3 contre env. 120 kg/m3). Ses propriétés isolantes sont légèrement plus faibles, avec une conductivité thermique de 0,040 à 0,042 W/m.K contre 0,040 W/m.K pour le liège expansé courant, d’après le producteur Amorim. En revanche, sa durabilité est renforcée face aux intempéries. 

Finition venue du Portugal

Fabrice Thénault, gérant de la société Écorce habitat (87) a découvert cette technique via un client portugais. « Au Portugal, explique le professionnel, ce revêtement est très répandu. En France, il est moins connu, mais il prend tout son sens par ses qualités isolantes et esthétiques. » Lignes nettes, aspect très nature, ce revêtement original et durable a une couleur taupe quand il est neuf, légèrement argenté après quelques années à l’extérieur. Attention toutefois, certains panneaux présentent de petites zones à l’aspect dur et brillant (type carbonisé), qui resteront noires dans le temps. Un choix qualitatif adapté aux rénovations globales (menuiseries, isolation de toiture, etc.), pour un coût en matériaux d’environ 92 € TTC/m2 pour ce chantier, soit le même ordre de prix qu’un complexe d’ITE composé d’un isolant et d’un bardage extérieur. 

OUTILS

• Scie circulaire (profondeur de coupe minimum 80 mm)

• Idéalement scie sur table

• Meuleuse d’angle équipée d’un disque à ailettes

• Perforateur

• Mélangeur

• Visseuse

• Niveau laser

• Spatule crantée 20 mm

• Ponceuse à bande avec disque grain 40 à 80

Matériaux et Coût

• Liège expansé spécial façade ép. 80 mm, plaque 50 x 100 cm : 52 € TTC/m2 (+/- 10 %)

• Liège expansé standard ép. 80 mm, plaque 50 x 100 cm : 28 € TTC/m2

• Mortier-colle fibré à base de chaux hydraulique NHL5 : 8 € TTC/m2

• Chevilles à frapper pour isolant : 4 € TTC/m2

• Lisse basse Pliage Alu RAL 7016 : 24 € TTC/m


Matériaux : Des bouchons de liège pour mon isolation

bouchon liège pour mon isolation

« Boire un petit coup c’est agréable », chantait le refrain popularisé par Michel Simon et Gaby Morlay en 1947 dans le film Les Amants du Pont Saint-Jean. Après que le bouchon a roulé sur la table, l’histoire peut se poursuivre… dans vos murs. « Tous les jours, nous gaspillons un matériau précieux qui peut avoir une deuxième vie ! », s’étonne Christian Lenoir, qui a en effet utilisé des bouchons de liège qu’il a récupérés et broyés pour l’isolation de trois pièces d’une ancienne ferme qu’il a rénovée dans le Perche.

Si les panneaux de liège expansé figurent parmi les produits classiquement distribués dans les magasins de matériaux écologiques, le liège en bouchon reste quant à lui majoritairement considéré comme un déchet. Issu de la récolte de l’écorce spongieuse du chêne liège, le liège constitue un matériau naturellement isolant avec lequel des bouchons sont fabriqués depuis le XVIe siècle. Son imputrescibilité en avait même fait un matériau d’obturation dès l’Égypte ancienne. À la fois élastique et très léger, le liège se caractérise par une structure microscopique constituée de cellules remplies d’air. La subérine contenue dans leur paroi confère l’élasticité à l’ensemble du matériau. 

Conductivité plus variable

« Chauffé à la vapeur, le liège subit une expansion identique à celle qui se produit lorsqu’on cuisine du pop-corn. Il emprisonne ainsi davantage d’air et devient encore plus isolant », explique Michel Lassalle, artisan bouchonnier liégeur à l’entreprise Aliecor dans les Landes, qui s’est aussi spécialisé dans les autres valorisations du liège (liège expansé, liège recyclé, panneau de parement, etc.). La conductivité thermique (λ) du liège expansé, présenté en granulé ou panneau, est de ce fait très satisfaisante puisqu’elle oscille entre 0,034 W/m.K et 0,042 W/m.K(1). 

Afin de faciliter sa mise en œuvre en vrac, le bouchon de liège à recycler subit quant à lui un broyage. Le granulat obtenu présente un diamètre allant de moins de 2 mm à plus de 15 mm. « Mais le pouvoir isolant du liège de bouchon recyclé s’avère significativement plus faible : on l’estime entre 0,045 et 0,06 W/m.K, prévient Michel Lassalle. À la différence du liège expansé, qui est plus stable, le taux d’humidité du liège recyclé varie avec celle de l’air dans lequel il est placé, ce qui modifiera sa conductivité thermique. » 

Autre facteur de variabilité : la pureté du matériau. Certains bouchons sont en effet élaborés avec du liège aggloméré et contiennent de la colle. Or, « la proportion de colle dégrade la conductivité thermique. À plus de 80 %, elle peut dépasser 0,06 W/m.K », précise l’artisan.


Travaux : Dalle légère en chaux et liège

TRAVAUX DALLE CHAUX LIEGE

Réhabiliter un bâti ancien tout en le respectant ?

Rien d’impossible. la preuve avec un sol sur «hérisson» en gravier et dalle chaux-liège qui allie aération, légèreté et confort thermique.

Marine et Jean-Paul Bottier ont eu un coup de cœur pour ce château de 750 m2 habitables à Charnizay (37). Quittant le stress de la vie parisienne, ils ont parié sur ce lieu à l’environnement calme pour créer des chambres d’hôtes et un gîte. Afin de garder l’authenticité du bâti tout en lui apportant un vrai confort thermique, le couple a choisi de réhabiliter le château avec des matériaux écologiques. Pour les sols, Marine et Jean-Paul ont misé sur un hérisson en gravier surmonté d’une dalle chaux-liège. Parfait pour y fixer un plancher chauffant. « L’avantage du béton de chaux-liège est que le complexe chauffant peut s’y fixer mécaniquement », explique Sylvain Amiard, maître d’œuvre chez BV2i. La mise en place d’un hérisson permet d’aérer la dalle et de couper son contact direct avec la terre.


Dossier : Isoler sa maison par l’extérieur

isolation extérieure

Pourquoi et comment isoler par l’extérieur ? Techniques, matériaux, financements, le point sur l’isolation thermique extérieure, de son petit nom ITE.

1. Pourquoi isoler par l’extérieur ?
2. Des murs-manteaux en paille
3. Chanvre, ouate, fibre de bois et liège pour isoler par l’extérieur
4. Sarking, la couette du toit
5. Coût et financement de l’ITE

1. Pourquoi isoler par l’extérieur ?

En enveloppant la maison, l’isolation thermique par l’extérieur traite les ponts thermiques, conserve l’inertie du bâti, préserve l’espace intérieur et permet les travaux en site occupé.

La question de l’isolation thermique par l’extérieur (ITE) se pose très majoritairement quand on veut rénover une maison pour améliorer son confort et abaisser ses factures énergétiques sans changer les doublages existants, déplacer les radiateurs et les réseaux ou encore perdre de la surface habitable. Quand la couverture est à changer, c’est l’occasion à ne pas manquer pour réaliser l’isolation du toit par l’extérieur, sans toucher à l’aménagement des combles. Les façades ont besoin d’un bon ravalement ? Là encore, l’ITE permet de joindre l’utile à l’agréable.

« L’ITE de la toiture, j’en parle à mes clients qui veulent l’isoler, surtout quand ils vivent déjà sur place, pour faire un chantier qui respecte leur intérieur et qui leur permette de continuer à y vivre pendant les travaux, explique Julien Couillard, menuisier-charpentier à Cristot (14). Et quand les couvertures sont à remplacer, il n’y a même plus à réfléchir, c’est la solution, parce que les travaux induits par une isolation du toit par l’intérieur reviennent plus cher qu’en accédant par l’extérieur, par dessus les doublages existants qui restent en place. »

ITE 1-Ponts thermiques 0

L’ITE est une excellente solution de traitement des ponts thermiques et des entrées d’air dans la maison ou dans le complexe isolant, ces endroits dans les parois qui sont les passages du froid et du chaud entre l’intérieur et l’extérieur. Par exemple, la liaison entre une dalle de plancher en béton et un mur extérieur est un pont thermique important.

Sans isolation extérieure, c’est le froid aux pieds garanti à l’approche du mur, parfois sur 1 m. L’ITE couvrira le pont thermique, conservant ainsi le chaud l’hiver comme le frais l’été dans les murs. Mais si ce type de pont thermique est facilement traité par l’ITE des murs, il reste à traiter ceux des liaisons mur-toiture (en façades et en pignons), ceux des liaisons avec le sol (fondations, dalles sur terre-plein) et autour des menuiseries. Le plus performant est de raccorder une ITE des murs avec une ITE du toit pour envelopper complètement le bâtiment d’un manteau isolant. […]


Travaux : L’art de poser un sol

poser un sol

L’art de poser un sol

Pour choisir un revêtement de sol, esthétique, longévité et entretien sont des critères déterminants. Mais pour l’autoconstructeur, la méthode de pose est aussi à prendre en compte. Les quatres sols présentés ici sont faciles et rapides à poser, pour un résultat durable.

Le lino et le liège, mais aussi les tomettes ou les travertins, sont des matériaux sains dont la mise en oeuvre est accessible à tous (lire notre dossier sur les revêtements de sol, LME 110). Leurs avantages ? Une pose sur dalle (de ciment, de chaux, de chaux-chanvre, de terre, etc.), avec au besoin un ragréage léger, une faible épaisseur qui facilite le chantier, une grande résistance aux chocs et aux poinçonnements. Exceptées les dalles de linoléum, les trois autres revêtements peuvent même être placés dans les pièces humides.

Liège et lino, tout beau tout bio

Pour aller vite sans lésiner sur la qualité du sol, le liège et le lino sont des solutions intéressantes avec une pose d’environ 15 m2 par jour et par personne. Leur poids très limité (1 kg/m2 pour le liège, 9 kg/m2 pour le lino Marmoleum Click) s’adapte à tous les types de support et leur manipulation facile permet de les utiliser quel que soit le chantier (rez-de-chaussée, étage, mezzanine, etc.). Issu à 97 % de matière naturelle, les dalles de lino sont très faciles à poser puisqu’elles ne nécessitent pas de collage.

Les dalles de liège, quant à elles, sont 100 % naturelles et on en trouve même de couleur, pour l’aspect déco. Travertin et tomette font place nette Pour ceux et celles qui recherchent la longévité avant tout, tomettes et travertins sont faits pour durer. Le chantier, par contre, ne dure pas 100 ans. Côté travertin, ses grandes dimensions (jusqu’à 60 x 125 cm) permettent un rendement important. Seul bémol, son poids (de 5 à 15 kg par dalle selon dimensions et épaisseur) complique un peu la mise en oeuvre.


Les revêtements de sol naturels

revêtements de sol naturels

Fibres végétales, bois, pierre, terre, linoleum… A chaque pièce son sol écolo.

C’est souvent un casse-tête et c’est pourtant la touche finale de tous les chantiers. La touche qui donnera du caractère à une pièce tout en facilitant son entretien. Mais selon quels critères choisir ses revêtements de sol ? Laurence Jovet, architecte d’intérieur, conseille de « retenir quatre paramètres principaux pour le choix des revêtements de sols : l’usage, avec des contraintes de passage ou d’humidité ; l’esthétique, c’est-à-dire l’ambiance qu’on souhaite pour la pièce ; la contrainte de prix et, enfin, la qualité écologique des produits ». Malgré cela, le choix reste large. Et d’autres caractéristiques sont à mettre dans la balance, par exemple l’influence du sol sur le confort de l’occupant. Même sans avoir la bougeotte, entre 1 500 et 2 000 pas sont réalisés par jour et par personne à l’intérieur d’une habitation individuelle, soit un peu moins de 1 km. La plupart du temps nus pieds, en chaussettes ou en chaussons. En contact constant avec nos petits petons, le sol est un allié direct du confort intérieur. Et l’inverse d’une sensation de confort, c’est la fameuse sensation de froid ressentie à la sortie de la douche sur un carrelage.