Dossier : Isolants des champs, isolants résilients

DOSSIER ISOLANT RESILIENTS

La nouvelle réglementation RE2020 est de bon augure pour les isolants biosourcés.

Va-t-on enfin plonger dans un monde où chaque territoire saura tirer parti de ses ressources végétales, où le circuit court sera roi et où les paysans et les artisans travailleront main dans la main ? Aux quatre coins du pays, des filières émergent et inventent peu à peu ce monde résilient.

Les biosourcés ne représentent que 10 % des ventes d’isolant en France. Mais avec +87 % de volume vendu entre 2016 et 2020, ils pourraient bien prendre enfin la place qu’ils méritent. Ouate de cellulose, laine de bois ou de mouton, textile recyclé, la famille est grande. Mais le marché des isolants provenant de cultures végétales est encore discret. Pourtant, la France est championne européenne des agromatériaux et, depuis une vingtaine d’années, associations et artisans les (re)mettent au goût du jour. Les atouts de la paille, du chanvre, des balles de riz et de toutes sortes de végétaux en font des matériaux d’avenir. Selon l’Ademe, les laines végétales transformées sous forme de panneaux pourraient même représenter 13 % du marché des isolants en 2030. Encore faut-il des moyens, de la volonté et un changement d’habitudes pour dessiner ce futur réjouissant


Territoire : Du champ à l’isolation des bâtiments

filière locale

A Beaulieu-lès-Loches, une filière locale pour l’écoconstruction

Une activité agricole très dynamique, des acteurs motivés et des élus à l’écoute. Il n’en fallait pas plus pour faire émerger une filière locale autour de l’écoconstruction dans le Lochois, au sud de la Touraine (37). Tout commence en 2012 lors de l’élaboration de l’agenda 21. « Les agriculteurs et les artisans ont partagé leur vision avec les élus : consommer local aussi bien pour l’alimentation que pour la construction », retrace Julien Bonsens, chef de projet écoconstruction, recruté en 2013 par la Communauté de communes Loches développement( 1) pour créer la filière. « Je partais d’une page blanche », se souvient-il. L’objectif ? Développer des agromatériaux, former les artisans et rénover le bâti ancien en écoconstruction – plus de la moitié du bâti du territoire a été construit avant 1945. Et tout cela, localement.

À la base de la filière se trouvent donc les agriculteurs. Une quinzaine d’entre eux a créé l’association Iso champs afin de réfléchir à l’élaboration d’un isolant.

 


Matériaux : la sécurité incendie en écoconstruction

securite incendie

Que ce soit en construction neuve ou en rénovation, la question du risque incendie se pose pour les écoconstructions comme pour les autres constructions, au stade projet comme en phase chantier. La méconnaître, c’est prendre le risque de voir le rêve d’une vie anéanti en quelques minutes. À l’inverse, renoncer au confort du bois ou des fibres végétales par peur du feu, c’est se tromper lourdement sur leurs aptitudes à résister à l’incendie. Pour preuve, il existe en France des groupes scolaires avec internat en bois massif et isolés en bottes de paille, qui évidemment répondent aux exigences réglementaires de sécurité incendie, draconiennes pour de tels établissements(1). Avec environ 400 décès par an par feux d’habitation en France(2), il est indispensable de savoir identifier les facteurs de risque de son logement, de connaître les propriétés des matériaux, de mettre en place correctement des installations électriques et de chauffage sûres et d’être en mesure de détecter un départ de feu.


Eco activité

métisse tissus recyclés

Métisse® isolant en coton, les tissus se recyclent.

Lorsque les vieux jeans sont transformés en isolants thermiques pour logements ou en isolants acoustiques pour salles de spectacle, c’est qu’ils sont tombés entre les mains des trieurs et des trieuses de l’un des 14 centres dévolus à cette tâche à travers la France. Au bout de la chaîne : métisse ®, isolant bio-sourcé certifié, matériau issu de l’économie solidaire grâce aux hommes et aux femmes du réseau « le relais ».