Territoire : habitat social et participatif

habitat social et participatif

Une accession sociale durable et participative.

Bois, paille, terre crue, etc. Dans l’habitat collectif, en région bordelaise, peu de projets intègrent ces matériaux biosourcés. Ils sont encore plus rares à y associer accession sociale à la propriété et habitat participatif. Parmi eux, La Ruche et ses 11 logements, du T2 au T6. Projet pilote lancé en 2012, l’opération ne prévoyait pas à l’origine une écoconstruction de ce niveau. « Nous partions sur une construction en filière sèche, mais ce sont les futurs habitants, en choisissant l’architecte parmi les trois que nous avions sélectionnés, qui ont décidé d’aller plus loin dans la démarche », raconte Loris de Zorzi, directeur général d’Axanis.


Habitat groupé : Greenobyl

Greenobyl

Les embûches du vivre-ensemble

Greenobyl est un habitat participatif de trois familles en centre-ville de Strasbourg. Occupé depuis quatre ans, il a visé l’excellence écologique à budget maîtrisé. Mais a aussi essuyé un peu les plâtres… En arrivant rue du Renard-Prêchant, à 10 mn à pied du centre-ville de Strasbourg, les planches massives en robinier qui habillent le rez-de-chaussée de Greenobyl saisissent d’emblée par leur aspect brut. En levant les yeux vers les trois étages et la toiture, c’est un superbe revêtement en tuiles de bois, conçu selon une technique savoyarde, qui continue de surprendre. Il constitue la « patte » de ce projet d’habitat participatif achevé en 2014 et reconnu pour son excellence écologique. Un savant mélange de techniques traditionnelles et modernes au service d’une architecture contemporaine se fondant dans le paysage urbain.


Enquête : Habitat participatif, la grande métamorphose



Habitat participatif, la grande métamorphose

Le territoire français compte plus de 500 projets d’habitat participatif à ce jour. Certes, les fondamentaux sont toujours là : concevoir son propre logement, créer des solidarités de voisinage, encourager l’entraide, réduire son empreinte écologique via l’écoconstruction et la mutualisation d’espaces, co-gérer les parties communes… De nouveaux acteurs ont fait leur entrée, bousculant quelque peu ce mouvement.

D’initiative citoyenne et militante dans les années 1970, l’habitat participatif – démarche qui consiste à se grouper pour concevoir à plusieurs des logements et des espaces mutualisés – ne cesse de se démocratiser depuis les années 2000, tant en zones rurales qu’urbaines. L’inscription d’un article qui lui est dédier dans la loi Alur (pour l’Accés au logement et un urbanisme rénové), adaptée le 24 mars 2014, y a contribué.

Le statut juridique qui manquait a été établi, offrant deux possibilités : la coopérative d’habitants et la société d’attribution et d’autopromotion. Certains diront que ce mode d’habiter sort d’une forme d’entre-soi, quand d’autres pointeront le risque de dérive, notamment en matière de participation et de conduite de projet… lors des rencontres nationales de l’habitat participatif de Nantes, en juillet dernier, la Coordin’action des associations qui animent le mouvement au niveau national a mis en perspective cette “métamorphose”.

Là où il fallait autrefois les convaincre, promoteurs et bailleurs sociaux, collectivités ou aménageurs manifestent aujourd’hui un intérêt croissant pour ce modèle innovant de logement. A ce jour, parmi les projets qui ont aboutit, 30% ont bénéficié d’un partenariat avec un organisme HLM et 28% avec une collectivité. Ces acteurs institutionnels ont clairement identifié la portée sociale, économique, voire politique de cette démarche qui interroge les faiblesses des modes de production classiques du logement. Pour Muriel Condolf-Ferec, conseillère municipale déléguée au logement à Rennes (Ille-et-Vilaine), “la collectivité a tout intérêt à soutenir ce type de projets d’habitat, qui répond aux politiques publiques engagées sur le le territoire.”


Construire : projet sharewood

projet sharewood

Une maison à partager

Vu de l’extérieur, c’est un seul et unique bâtiment. A l’intérieur, ce sont deux maisons bien distinctes, juste reliées par la charpente. Un projet à l’image des cohabitants, qui souhaitaient vivre ensemble sans se gêner, au coeur du massif des Bauges.

Ce matin, ils sont sept au fond du jardin. Au programme, la construction d’un poulailler pour abriter sept poules ; une par habitant. Marion vérifie les niveaux, Elsa manie la scie circulaire, Paul et Damien dressent les montants de bois. Assis dans l’herbe, Auguste, Lucien et Zélie regardent la “maison des poules” prendre forme. Scène de vie ordinaire dans cet habitat partagé savoyard où vivent deux couples et trois enfants.

 

 

 


Vue d’ailleurs : L’écovillage Tamera au Portugal

Tamera

Tamera, promesse d’une société durable

Situé au Portugal, Tamera est un écovillage de référence en Europe. Chaque année, il attire des milliers de visiteurs venus du monde entier pour apprendre de ses recherches sur la paix et sur la protection de l’environnement. L’histoire commence dans la Forêt Noire, en Allemagne, dans les années 1970. Un groupe d’activistes recherche des solutions pour guérir les traumatismes profonds générés par la Seconde Guerre mondiale. Avec l’ambition de prouver qu’un paradis humain est possible même là où la Terre a été dégradée, les fondateurs Dieter Duhm et Sabine Lichtenfels cherchent à regrouper des spécialistes en bionique, architecture, sécurité alimentaire et nouvelles technologies.


Habitat groupé : Eco’n’home à Tours

eco'n'home à tours

Le sobre jeu des six familles.

Dans l’écoquartier Monconseil, à Tours, l’habitat participatif Eco’n’home, alliant écologie et performance énergétique, rassemble six familles dans l’entraide et la solidarité. Une première en Touraine. À l’ombre du cerisier s’installent Marie-Madeleine et Dominique, puis Sarah, Charline… Sur la table, un gâteau maison aux coings, accompagné de thé vert, attire les habitants. Ici, l’heure du thé n’est pas un instant solitaire. « Quelle belle journée », lance Dominique d’un air satisfait. Le plaisir d’un dimanche automnal ensoleillé, propice aux derniers barbecues de l’année. La satisfaction, aussi, du travail accompli. Au programme ce jour-là, le métrage de la clôture et la salle commune. Aussi, Eric et Dominique ont camouflé les cuves de récupération d’eau de pluie avec des canisses.


Personnes âgées en habitat groupé: vieillissons à l’unisson!

Immeuble en paille habitat groupé pour personnes âgées Chamarel à Vaulx-en-Velin. Crédit: Gwendal Le Ménahèze

[VIDEO] Pour mieux vieillir, le troisième âge se partage. A l’instar des coopératives d’habitants, de plus en plus de personnes âgées ou vieillissantes optent pour l’habitat groupé. Comme Chamarel, à Vaulx-en-Velin, près de Lyon.

« Je m’assois, je suis épuisée, lâche Marcelle Arnould. Les déménageurs ont tout posé mais maintenant, il faut déballer les cartons. » Sans compter la découverte d’un trou dans le sol d’une coursive. Et quelques robinets sans eau chaude. Ainsi qu’une prise sans courant dans la salle commune… Rien d’extraordinaire pour la mise en route d’un bâtiment. Si ce n’est que le chantier a été mené par des personnes âgées ou vieillissantes de 55 à 74 ans. Elles ont été accompagnées par les architectes d’Arkétype Studio et l’association Habicoop.

Cette « utopie un peu barge » a germé lors d’une promenade entre trois amis. Finalement, a poussé un immeuble en paille partagé par seize « personnes vieillissantes ». Patrick Chrétien se souvient: « On s’est aperçus qu’on n’était pas seuls à se questionner sur comment attaquer une dernière partie de vie. »

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Habitat groupé : Chamarel à Lyon

chamarel

Chamarel : Vieillissons à l’unisson

“Je m’assoie, je suis épuisée, lâche Marcelle Arnould après quelques minutes de discussion. Les déménageurs ont tout posé mais maintenant, il faut déballer les cartons. ” Sans compter la découverte d’un trou dans le sol d’une coursive, quelques robinets sans eau chaude, une prise sans courant dans la salle commune… Rien d’extraordinaire pour la mise en route d’un bâtiment, si ce n’est que le chantier a été mené par des retraités de 55 à 74 ans.

D’une ” utopie un peu barge ” germée lors d’une promenade entre trois amis a finalement poussé un immeuble partagé par seize ” personnes vieillissantes “. ” On s’est aperçus qu’on n’était pas les seuls à se questionner sur comment on allait attaquer une dernière partie de vie “, se souvient Patrick Chrétien.

 


Vue d’ailleurs : l’habitat groupé en Suisse

habitat groupé en Suisse

L’habitat groupé à la sauce Suisse.

A Lausanne, l’association Smala développe l’habitat groupé en Suisse. Elle a, en effet, crée une coopérative d’habitat, Bâtir groupé. Cette coopérative propose des maisons partagées à des gens qui n’auraient jamais fait ce choix de vie.

Ainsi, Vivre à Gare 5, la maison partagée de la Smala, c’est tout un programme ! On passe de la chambre Auroville à la chambre Longo Maï, il y a des poules à nourrir, une pelouse à tondre. Située à Grandvaux, à 8 minutes en train de Lausanne, cette colocation abrite aussi le bureau de l’association au rez-dechaussée. Créée en 1997, la Smala a valorisé son expérience en animation et gestion d’espaces culturels ou à vivre en se lançant dans l’habitat participatif. Elle a fondé sa coopérative d’utilité publique, Bâtir groupé, il y a dix ans pour construire des « écovillages ».


Habitat groupé : écolotissement Les Terres-Mêlées

écolotissement Les Terres-Mêlées

Écolotissement, quand les citoyens s’en mêlent

À GRÉZIEU-LA-VARENNE, dans l’agglomération lyonnaise, un collectif constitué en association a été l’aménageur de l’écolotissement Les Terres-Mêlées. Particulièrement remarquable car c’est une première en France. Une vingtaine d’habitants qui se constituent en collectif associatif pour construire leur logement autour de mêmes valeurs. Aujourd’hui, le concept fait mouche et séduit même certaines municipalités. Mais en 2011, lorsque le groupe des Terres-Mêlées se forme, l’idée n’est encore pas tellement répandue.

Pour Odile Melot, à l’origine du projet, « tout a été rendu possible par la rencontre des propriétaires d’un terrain, qui ont été séduits par notre projet et ont accepté de céder une parcelle pour notre habitat groupé de 13 logements ».