Alternatives : Boulange solaire pour pain local

Boulange solaire pour pain local

Près de Rouen, en Seine-Maritime, un ingénieur de formation fabrique du pain au levain biologique et torréfie des graines locales à l’aide d’un four alimenté exclusivement par l’énergie du soleil normand.

Dans la campagne normande, une cour dévoile un corps de ferme rénové à proximité de la forêt et une étrange machine, alliance de métal et de miroirs orientés vers l’astre solaire. Ce jour-là, le soleil est dissimulé derrière un épais voile nuageux. « Ça doit se lever à midi », lance Arnaud Crétot, propriétaire des lieux et du matériel, en consultant la météo agricole sur son téléphone portable.

Aujourd’hui jeudi, c’est jour de pain, et l’ensoleillement joue un rôle fondamental dans le métier d’Arnaud Crétot. Au total, il va cuire entre 110 et 130 pains par fournée de 45 minutes. Il y a environ quatre ans, cet ingénieur de formation s’est lancé dans l’activité d’artisan boulanger bio. Avec une spécificité unique en Europe à l’époque : celle de faire cuire son pain au levain à l’aide d’un four fonctionnant exclusivement à l’énergie solaire. L’étrange machine répond au doux nom de Lytefire Deluxe, elle a été développée par Solar Fire, une entreprise finlandaise pour laquelle Arnaud Crétot officie en tant que directeur technique. Montée sur un châssis, la machine peut être tractée, ou non. Les jours de cuisson, elle est conçue pour pivoter et ainsi rester dans l’alignement des rayons du soleil.

11 m2 de miroirs capteurs

Ce four solaire comprend 11 m2 de miroirs rectangulaires directement orientés vers le soleil. Lorsque les rayons frappent, ils sont réfléchis vers la vitre du four en inox et permettent de faire grimper la température pour y cuire du pain, mais aussi des graines. « Sur le point focal [là où frappent les rayons du soleil réfléchis, ndlr], on atteint 900°C. À l’intérieur du four, je monte la température jusqu’à 300°C », détaille l’artisan boulanger de 34 ans qui a élargi son activité à la torréfaction de multiples graines bio acquises auprès d’agriculteurs ou de coopératives locales. « Je ne torréfie que des graines de la région », précise Arnaud Crétot, qui dit vouloir « promouvoir les circuits courts et la sobriété énergétique ». 


Cahier pratique : Concocter un four en terre



De l’argile, de la paille, une bonne dose d’huile de coude et votre jardin savoure l’arrivee d’un four naturel pour cuisiner au feu de bois!

Cuisiner au grand air des mets aux  saveurs incomparables transmises par le feu de bois. Tel est le petit miracle qu’offre ce four à autoconstruire avec des matériaux naturels et locaux. Sa paroi comprenant une seule couche de 15 cm d’argile fibrée permet un rayonne­ment de la chaleur durant trois jours. « Le premier, après 1 h 30 de chauffe avec 4 à 5 kg de bois (l’équivalent d’un cageot plein) allumés à l’entrée du four, je pousse le feu petit à petit au fond et je fais les cuissons haute température (350-400 ° C) tant qu’il y a des flammes; pizzas (en 3 mn), fouées, flammekueches, se délecte Michel Mouillé, qui anime des stages de construction de ce four. Puis, j’enlève les braises et j’obture l’ouverture du four pour cuire des pains, tartes, brioches, plats mijotés. Le lendemain, je peux cuire riz au lait œufs au lait etc. Et le troisième jour permet de déshydrater fruits et légumes. »

Pour stabiliser l’argile, Michel l’addi­tionne de chamotte plutôt que de sable.

« Il s’agit de tuiles et briques broyées. Je préfère utiliser des résidus de fabri­ cation considérés comme” déchets” plutôt qu’une ressource de plus en plus rare.»; Le seul sable qu’il emploie sert à réaliser le moule. Vidé après séchage, il peut être réutilisé.
Ce four peut être intégré sur une remorque en version nomade, ou sur un socle en pierre, parpaing, acier, bois … Ces deux derniers matériaux obligent à réaliser une isolation (liège+ Fermacell) entre eux et le four, sans quoi la cha­leur les déformerait. Bien que le four ne pèse «que» 700 kg, ce socle doit pou­voir supporter une charge de 1 t (eau + argile+ moule en sable … ). Il est impé­ratif de prévoir un abri au-dessus, car « pour obtenir de la terre cuite, il faut mon­ter à 1 200- 1 300 °CÀ cœur, ce four ne dépasse pas BOO °C; la terre reste crue, donc sensible à la pluie, indique Michel. Mais s’il est abrité, ce four vous donnera satisfaction pendant au moins 200 ans!».


Construire : un fournil pour foyer

un fournil pour foyer

Construite de bois et de paille, autour d’un four à pain professionnel

Au départ, il n’y avait là que des champs avec, à leur marge, un vieux corps de ferme. 75 hectares d’exploitation céréalière située à Loches, en Touraine. En 2008, Jean-Baptiste Jamin décide de rejoindre l’entreprise familiale, avec l’idée de convertir la ferme en bio, d’y fabriquer de la farine et du pain. Le bâtiment de tuffeau abrite bien un vieux four, mais celui-ci est trop petit. Alors, Jean-Baptiste entreprend d’en construire un plus grand et de bâtir lui-même sa maison autour.