Reportage : Pour aménager leur jardin, ils s’emballent pour le local



Vive le local !

Dans le Maine-Et-Loire, la famille Mouillé a transformé ce jardinet tristounet en un véritable espace de vie ; pour eux comme pour la faune et la flore. Ainsi agréments, cultures nourricières, aménagements, équipements et mobilier extérieurs mettent à profit des matériaux, végétaux et savoir-faire locaux.

Ainsi, lorsque Michel et Evelyne achètent ces 703 m2 de terrain en 2004, ne s’y dressent qu’une maison, un cerisier, une haie de thuyas et un vieil abri de jardin. Mais « Petit à petit, on l’a aménagé pour le rendre plus agréable et y favoriser la biodiversité », retrace Michel Mouillé. En se bardant de croûtes d’arbres brutes, l’abri se mue en atelier et poulailler. Les thuyas sont retirés et la famille plante « des végétaux locaux, comme le noisetier et un pommier patte-de-loup, dont les fruits arborent comme une griffure de loup quand ils se fendillent au mois de juin. C’est une variété locale, créée à Beaupréau», à quelques kilo­mètres du bourg de Roussay (49) où vivent le couple et ses trois enfants.


Filière : Sur le marché de la construction, longue vie au bois !

filière construction bois

Malgré des parts de marché encore à la marge pour l’habitat en bois, la filière française se structure et prend de la hauteur. La construction bois a de sérieux atout à faire valoir.

En France, 25 655 maisons individuelles et logements collectifs ont été construits en bois en 2018, une hausse de 20 % par rapport à 2016. Malgré ce chiffre encourageant, le bois ne représente toujours que 6,3 % du marché de la construction, le nombre de réalisations évoluant à un rythme similaire au
reste du secteur. Pour la maison individuelle, ce chiffre plafonne autour de 10 %. La part de marché des extensions-surélévations en bois est également
stable, autour de 27 %(1). Et pourtant, que d’avantages au bois !

En ces temps de bouleversement climatique, rappelons que les arbres absorbent du CO2 durant leur croissance grâce à la photosynthèse : 1 m3 de bois emprisonne en moyenne 1 t de CO2.

En France métropolitaine, la forêt couvre 16.9 millions d’héctares soit 31 % du territoire.

Le bois est une ressource renouvelable, avec un cycle de vie peu énergivore, d’autant plus s’il est consommé localement. Il  génère peu de déchets.

« Nous estimons que 15 à 20 % du bois en fin de vie vont en décharge, 30 % sont valorisés énergétiquement, 30 % sont broyés pour faire des panneaux ou meubles et le reste est probablement récupéré par des associations, des particuliers ou des artisans et par l’économie sociale et solidaire, indique Romain Canler, délégué général de l’Union des industriels et constructeurs bois (UICB).

 

 


Territoire : Du champ à l’isolation des bâtiments

filière locale

A Beaulieu-lès-Loches, une filière locale pour l’écoconstruction

Une activité agricole très dynamique, des acteurs motivés et des élus à l’écoute. Il n’en fallait pas plus pour faire émerger une filière locale autour de l’écoconstruction dans le Lochois, au sud de la Touraine (37). Tout commence en 2012 lors de l’élaboration de l’agenda 21. « Les agriculteurs et les artisans ont partagé leur vision avec les élus : consommer local aussi bien pour l’alimentation que pour la construction », retrace Julien Bonsens, chef de projet écoconstruction, recruté en 2013 par la Communauté de communes Loches développement( 1) pour créer la filière. « Je partais d’une page blanche », se souvient-il. L’objectif ? Développer des agromatériaux, former les artisans et rénover le bâti ancien en écoconstruction – plus de la moitié du bâti du territoire a été construit avant 1945. Et tout cela, localement.

À la base de la filière se trouvent donc les agriculteurs. Une quinzaine d’entre eux a créé l’association Iso champs afin de réfléchir à l’élaboration d’un isolant.

 


Enquête : L’écoconstruction plus résiliente face au Coronavirus ?

ecoconstruction et coronavirus

La crise sanitaire inédite qui a saisi le pays en mars dernier n’a pas épargné les acteurs de l’écoconstruction. Mais l’activité, certes ralentie, ne s’est pas arrêtée et beaucoup de professionnel.les restent confiant.es en l’avenir.

Premier constat : le confinement a obligé tout le monde à décaler ses plannings, ou presque. Même les artisans qui ont continué leurs chantiers comme si de rien n’était ont accumulé un peu de retard. « Certains clients comprennent, d’autres pas, constatent plusieurs professionnels. Le problème, c’est qu’on sera toujours en retard dans trois mois… » En cause : l’arrêt quasi-total des chantiers pendant les quinze premiers jours du confinement, jusqu’à la fin du mois de mars. « La situation était confuse, rapporte François Glaizot, de l’Association régionale pour la promotion de l’écoconstruction (Arpe) Normandie. Et les instructions du gouvernement étaient contradictoires. » D’un côté, les citoyens étaient sommés de se confiner. De l’autre, s’ils travaillaient dans le bâtiment, ils étaient encouragés à aller travailler, alors que les fédérations du bâtiment réclamaient une suspension provisoire.

Le rythme des chantiers au ralenti

La publication, le 2 avril, d’un « guide de bonnes pratiques » par l’OPPBTP a (un peu) apaisé les craintes et les tensions, en listant les conditions requises pour pouvoir relancer un chantier. L’activité a donc repris, mais de façon très progressive. D’après la Fédération française du bâtiment (FFB), fin mai, 83 % des chantiers avaient repris. Mais seuls 52 % de ces chantiers « actifs » affichaient un niveau d’activité normal. « Les équipes ont été réduites pour respecter les gestes barrière et certains salariés ne pouvaient pas reprendre le travail, étant obligés de rester à domicile pour garder leurs jeunes enfants [les crèches et écoles n’ont rouvert que partiellement à partir du 11 mai, ndlr], précise Olivier Ferron, délégué général d’Abibois, l’interprofessionnelle bretonne du bois. Les personnes fragiles ne peuvent pas non plus reprendre le travail. » À ces arrêts et reprises timides s’ajoutent parfois des défauts d’approvisionnement, très inégaux selon les régions et les matériaux.

Avant de reprendre, les artisans ont dû envoyer leurs « plans de bataille » aux architectes, précisant les modalités prévues pour le respect des conditions sanitaires. Responsables de la sécurité sur les chantiers pour lesquels ils assurent la maîtrise d’oeuvre, les architectes donnaient ensuite leur feu vert, ou non, pour la reprise des travaux. « Pour eux, la période a été rude, avance un artisan. Ils ont dû revoir l’organisation de nombreux chantiers. » « Sur les gros chantiers, nous sommes souvent douze autour d’une table pour les réunions hebdomadaires, raconte Jean-Baptiste Thévard, de l’agence Accort-paille.