Cahier pratique finition : Enduit terre carton sans sable

enduit terre carton

Grâce à du carton récupéré, réaliser un enduit de finition en terre, sans ajout de sable.

La surexploitation du sable est dorénavant connue*. Majoritairement utilisé dans la confection du béton, le sable est moins présent dans la construction en terre. Certains professionnels cherchent tout de même à le supprimer complètement de leur pratique. C’est le cas de l’architecte Frédéric Denise, de l’agence Archipel zéro, qui a expérimenté un enduit de finition en terre et carton recyclé. Alors que les corps d’enduit peuvent être réalisés à partir de fibres assez grosses (paille hachée, copeaux de bois, etc.), il est recommandé de favoriser la fibre de cellulose, que l‘on retrouve dans le carton, pour la couche de finition. Elle donne à l’enduit une texture de pâte à modeler élastique, très cohésive, qui adhère à tous supports, sauf les mains. Au séchage, elle a l’aspect et la solidité d’une carapace assez dure qui ne farine pas et qui peut s’assimiler à une croûte de cuir. 

5 mm maximum

Fibrer la terre, comme avec du carton, permet d’éviter la fissuration de l’enduit sans y ajouter de sable. Mais attention, cet enduit de finition est destiné à des couches de 5 mm maximum d’épaisseur. Au-delà, il risque de se déformer et de se soulever sur les bords. De plus, pour les recycler dans l’enduit, il faut privilégier des cartons bruts, non colorés, pour éviter toute pollution de l’eau au moment du trempage et toute coloration de la pâte de carton. Habituellement, la proportion de carton est d’environ 3 % du poids sec. Ce qui correspond, en termes de volume, à 1/3 de carton pour 2/3 de terre tamisée. Plus il y a de carton, moins l’enduit se fissure, mais plus il risque de se déformer. Compter 5 l de mélange pour réaliser 1 m2 d’enduit. L’objectif est d’utiliser la terre déjà présente sur le site et du carton récupéré pour le recycler.

 


Comment appliquer un enduit chaux sur isolant en fibre de bois ?



RésilienceEnduit chaux sur isolant, conseils de mise en œuvre…
La Maison écologique sélectionne les questions techniques de ses lecteurs les plus pertinentes à partager et propose à tous une réponse d’expert.es dans les pages du magazine, mais également sur son site web, ici.
Voici l’une des dernières en date, publiée dans notre magazine n°121, en kiosques jusque fin mars 2021 et disponible à la vente ici.

 

Bonjour. Nous souhaitons isoler notre maison par l’extérieur avec de la fibre de bois (10 cm de panneau souple et 5 cm de panneau rigide). Nous voulons une finition en enduit à la chaux. Situés en plein cœur de ville, le bardage bois n’est pas autorisé par notre PLU (plan local d’urbanisme). Si la pose des panneaux isolants nous paraît relativement simple à mener par nous-mêmes, la réalisation de l’enduit nous semble plus complexe et risquée (fissuration, aspérité, coloration non uniforme, adhérence à l’isolant…). Lire la suite

Reportage autoconstruire : Matières brutes et douceur de vivre

maison isolée en paille de lavande

Une maison isolée en paille de lavande

Distillée pour ces huiles essentielles en région méditerranéenne, la lavande finit généralement compostée ou brûlée. A Gap, Christine et Rodolphe ont préféré la valoriser comme isolant de leurs parois en double ossature bois.

On peut être brute et douce à la fois. Chez Rodolphe et Christine, la douceur de vivre s’acquiert à grands renforts de matériaux bruts. Faute de trouver une maison saine à prix raisonnable pour les héberger avec leurs trois enfants, ils achètent un terrain à Gap (05) pour y autoconstruire leur logement, isolé en paille de lavande « pour éviter d’utiliser des isolants type laine de bois ou ouate de cellulose qui, même s’ils sont écologiques, ont une empreinte énergétique plus élevée », souligne Rodolphe. Ce même raisonnement les amène vers une structure en bois.

Côté compétences, Rodolphe a de bonnes cartes en mains : ingénieur en bâtiment avec un complément de formation en écoconstruction, formateur ponctuel en performance énergétique au Gabion, à Embrun, et fondateur d’un bureau d’études dans ce domaine, sportif et manuel dans la force de l’âge. Christine, enseignante de formation sans compétence dans le bâtiment, lui délègue tous pouvoirs.

Quatre mois de dessin avec le logiciel 3D Sketchup pour se projeter facilement, permettent de coucher le projet et obtenir le permis de construire.

 


Finitions : Le sgraffito

sgraffito

Le sgraffito grattage gagnant.

Employée depuis des siècles partout dans le monde, la technique de décor de surface du sgraffito crée un effet décoratif par le grattage d’une couche de surface pour faire apparaître une couche sous-jacente de couleur ou de texture différente. Très utilisée en architecture pendant la Renaissance, elle s’applique aussi en poterie. Combinant le dessin et la gravure, le sgraffito a néanmoins une contrainte supplémentaire liée à son support, une fine couche d’enduit qui doit être travaillée fraîche.

Donc pas question de laisser le dessin ou la gravure en attente. C’est une technique de chantier qui demande d’avoir du temps devant soi. Il faut enchaîner l’application de l’enduit de finition et la réalisation du décor. Mais, aujourd’hui, plus besoin d’être un artiste spécialisé pour orner les murs de sa maison de dessins en
creux qui jouent avec les changements de lumière. La reproduction d’images est facile et de bons enduits prêts à l’emploi mettent la technique à portée de qui a la main précise.

 


Autoconstruire : La maison aux mille et une recettes

la maison aux mille et une recettes

J’ai grandi aux portes du parc naturel du Pilat, c’était comme mon jardin », confie Katia pour expliquer comment, après six ans passés aux Émirats Arabes Unis, elle et son compagnon ont ressenti un besoin criant de renouer avec cette nature dont ils avaient « la nostalgie des ciels ». Le besoin est d’abord professionnel. Pour commencer, ils construisent un petit local qui fera office de bureau – elle est infographiste et lui, réalisateur –, mais qu’ils habiteront le temps de bâtir leur grande maison. Aujourd’hui, ce local a été reconverti en gîte de location saisonnière. S’agissait-il pour autant d’un « brouillon » avant la maison ? Pas tout à fait, selon Katia : « On aurait bien voulu bâtir à nouveau une maison en paille, mais en utilisant cette fois la technique de la paille porteuse. C’est plus compliqué à mettre en oeuvre pour obtenir les performances qu’on recherchait, à moins de se faire accompagner par des Pro-pailles, pas forcément faciles à trouver. On a donc fait moins cher avec la laine de bois. »


Cahier pratique : l’esprit Wabi Sabi

l'esprit Wabi-Sabi

Un enduit dans l’esprit Wabi-Sabi

Cet enduit, facile à réaliser, apporte chaleur et authenticité dans votre décoration et s’inscrit parfaitement dans l’esprit Wabi-Sabi. Décryptage et mise en oeuvre.

Le Wabi-Sabi est un courant esthétique très inspirant. Il est d’ailleurs en vogue aujourd’hui chez les décorateurs adeptes du minimalisme et des matériaux naturels. Dérivé de principes bouddhistes zen et du taoïsme, le Wabi-Sabi – un vocable difficilement traduisible qui relie les deux principes « simplicité » et « rusticité » – atteint son apogée au XVIe siècle, au Japon.

Ce mouvement prône la beauté des choses imparfaites, modestes, rugueuses, voire grossières. À une époque où l’élite nippone faisait étalage de ses trésors, issus de la production chinoise, lisses, précieux et élégants, le Wabi-Sabi proposait une esthétique opposée, perçue alors comme révolutionnaire.


Finition : un enduit de finition à l’argile

un enduit de finition à l'argile

Un enduit de finition à l’argile.

Il existe plusieurs types d’enduits à l’argile (ou terre). Les « faits maison », comme celui proposé dans cet article, et les « prêts à l’emploi ». Ces derniers ont été élaborés et testés avant d’être commercialisés. Il ne vous reste plus qu’à choisir la couleur et suivre les indications. Mais dans tous les cas, préfabriqué ou pas, l’enduit s’applique de la même manière. Depuis le haut du mur jusqu’en bas. Quant à la pose du mortier (enduit à l’état liquide), elle s’effectue dans un mouvement de bas en haut, suivi d’un léger lissage vers le bas pour corriger l’épaisseur


Parement extérieur



Le parement extérieur recouvre la paroi externe des façades, le plus souvent celle des murs porteurs. Son rôle est de protéger les parois contre les aléas climatiques (pluie, vent…) et les chocs. Il doit être perspirant, étanche à l’eau et à l’air.

Voici différentes solutions écologiques pour revêtir l’extérieur de vos murs.

 

Les enduits naturels

Le plus utilisé en extérieur est l’enduit  à la chaux. Appliqué manuellement ou projeté mécaniquement, celui-ci est utilisé aussi bien pour les bâtiments neufs que sur des bâtiments anciens grâce à sa grande perméabilité à la vapeur d’eau. On peut facilement le colorer à l’aide de pigments naturels. Les enduit chaux sont bien connus des maçons traditionnels, mais si vous préférez le faire vous-même, il existe également des formations de quelques jours pour les particuliers qui souhaitent acquérir ce savoir-faire.

 

Les bardages

Bien qu’il en existe en PVC et en matériau composite, c’est bien évidemment le bardage bois que nous privilégierons. Certains bois comme le douglas, le mélèze, le red cedar ou le châtaignier n’ont pas besoin d’être traités. En les choisissant dans une forêt locale gérée durablement, on protège le bâtiment de la pluie et du vent sans augmenter son bilan environnemental. Au gré des intempéries et des expositions au soleil, le bois deviendra entre noir et gris (la couleur dépend de l’essence choisie) avec le temps. Veillez à bien ventiler la lame d’air présente entre le bardage et le pare-pluie pour augmenter la durée de vie du bois.

 

La pierre ou la brique

Ces matériaux sont réputés pour le cachet qu’ils donnent aux façades. Cependant, ce sont également les plus chers ! Si vous avez des pierres naturelles ou une fabrique de briques à proximité, ce peut être une solution. Évitez néanmoins les plaquettes de parements prêtes à poser : elles sont en grande partie constituées de ciment ou de béton qui ne sont ni perspirants, ni écologiques.

Sélection d’articles/dossiers pour Parement extérieur :

Dossier : Bardage et lambris bois
Dossier : Les enduits terre
Dossier : les enduits à la chaux

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Pourquoi mon enduit à la chaux a fissuré ?

Enduit à la chaux ©Monique Cerro

Si vous avez choisi l’option Web+ pour votre abonnement à La Maison écologique, il vous est possible de consulter notre FAQ (Foire aux questions) technique. De nombreuses réponses d’experts vous y attendent, triées par thématique. Un excellent complément aux informations distillées au sein des articles et dossier du magazine.

Petit exemple de ce que l’on peut trouver dans cette FAQ technique.

Pourquoi mon enduit à la chaux a fissuré ?

” En extérieur, sur un vieux pignon en argile très dégradé, après avoir tendu un grillage, j’ai procédé à un dégrossi à la chaux et à l’argile. Un mois après, par très beau temps, j’ai appliqué l’enduit suivant : 1 sac de 35 kg de cao HL 5 + 16 pelles de sable + 14 pelles d’argile. Dès le lendemain apparaissaient des fissures, que j’ai rebouchées à la taloche-éponge… En vain. Les jours suivants, le phénomène a continué. Quelles en sont les causes ? Merci. Roland T. ”

Réponse de Monique Cerro, artisane, formatrice et auteure Lire la suite