Cahier pratique travaux : Enduit terre sur support paille en extérieur

-N°129, La Maison écologique, Enduit terre sur support paille en extérieur

Plus fragile que l’enduit à la chaux, la finition extérieure en terre crue est généralement déconseillée, d’autant plus si le mur est soumis aux intempéries. Lorsque l’on souhaite favoriser les matériaux à faible empreinte carbone, la réalisation d’un enduit extérieur sur support paille met souvent en œuvre de la terre locale pour le gobetis (la couche d’accroche) et, en partie, pour le corps d’enduit. La finition s’opérant, elle, à la chaux pour une plus grande résistance aux chocs et aux intempéries. Pour ce chantier, le maître d’ouvrage s’est inspiré du patrimoine bâti local en bauge, en mettant en œuvre la paille pour l’isolation et un enduit terre fibré pour la finition.

Pour appliquer cette finition terre, quelques prérequis s’imposent. Le bâtiment doit être doté d’un débord de toit supérieur à 50 % de la hauteur du mur, afin de limiter l’impact des pluies verticales sans nuire aux apports thermiques solaires en hiver. Toutefois, sur le long terme, l’agression du mur par les rebonds de pluie depuis le sol et les pluies horizontales en cas de fort vent peuvent altérer l’enduit terre. Il faut donc admettre une possible altération dans le temps. Mais, à la différence de la chaux, la terre peut être aisément recyclée pour refaire la finition ! Pour accéder sur ce chantier de professionnel à une garantie décennale sur le clos couvert, le gobetis et le corps d’enduit ont été réalisés à la chaux.

Si la surface à enduire est importante, la location d’un matériel de projection et l’accompagnement par un artisan compétent sont fortement conseillés pour gagner du temps et travailler en toute sécurité. Ici, cinq personnes ont travaillé pendant deux semaines pour réaliser les enduits sur les 170 m2, dont la préparation du support, de la terre locale et des enduits. Compter environ trois semaines de séchage entre le corps d’enduit et la réalisation de la finition.


Cahier pratique finition : Enduit terre carton sans sable

enduit terre carton

Grâce à du carton récupéré, réaliser un enduit de finition en terre, sans ajout de sable.

La surexploitation du sable est dorénavant connue*. Majoritairement utilisé dans la confection du béton, le sable est moins présent dans la construction en terre. Certains professionnels cherchent tout de même à le supprimer complètement de leur pratique. C’est le cas de l’architecte Frédéric Denise, de l’agence Archipel zéro, qui a expérimenté un enduit de finition en terre et carton recyclé. Alors que les corps d’enduit peuvent être réalisés à partir de fibres assez grosses (paille hachée, copeaux de bois, etc.), il est recommandé de favoriser la fibre de cellulose, que l‘on retrouve dans le carton, pour la couche de finition. Elle donne à l’enduit une texture de pâte à modeler élastique, très cohésive, qui adhère à tous supports, sauf les mains. Au séchage, elle a l’aspect et la solidité d’une carapace assez dure qui ne farine pas et qui peut s’assimiler à une croûte de cuir. 

5 mm maximum

Fibrer la terre, comme avec du carton, permet d’éviter la fissuration de l’enduit sans y ajouter de sable. Mais attention, cet enduit de finition est destiné à des couches de 5 mm maximum d’épaisseur. Au-delà, il risque de se déformer et de se soulever sur les bords. De plus, pour les recycler dans l’enduit, il faut privilégier des cartons bruts, non colorés, pour éviter toute pollution de l’eau au moment du trempage et toute coloration de la pâte de carton. Habituellement, la proportion de carton est d’environ 3 % du poids sec. Ce qui correspond, en termes de volume, à 1/3 de carton pour 2/3 de terre tamisée. Plus il y a de carton, moins l’enduit se fissure, mais plus il risque de se déformer. Compter 5 l de mélange pour réaliser 1 m2 d’enduit. L’objectif est d’utiliser la terre déjà présente sur le site et du carton récupéré pour le recycler.

 


Leur logis présage l’habitat de demain

habitat de demain

En arrivant au lieu-dit Lachat, on ne peut pas la louper. Avec ses larges baies vitrées, ses murs de terre et de bois et ses panneaux solaires sur le toit, la maison de Sophie et Damien affirme sa singularité. Bâtie au milieu de pavillons conventionnels, elle fait des envieux dans le quartier. Et pas seulement d’un point de vue esthétique… « Quand on compare notre facture de chauffage avec celle de nos voisins, on est content de notre choix, témoigne Damien. 120 € de granulés suffisent pour alimenter notre poêle et avoir chaud tout l’hiver avec deux enfants en bas âge, quand leur dalle chauffante ou leur pompe à chaleur engloutit près de 1000 € pour une surface équivalente ! C’est la différence entre une habitation en terre-paille bien orientée et une construction en parpaings-laine minérale mal positionnée. »

 


Finitions : Restaurer un enduit en terre



Restaurer un enduit en terre

Remédier aux trous, griffures, chocs ou autres impacts du quotidien.

L’enduit à l’argile est très certainement l’enduit d finition le plus facile à réparer. Il est constitué de terre crue qui, à l’inverse de la terre cuite(tomette, brique, tuile…), est réversible à l’infini. Une fois sèche et dure, elle peut être remouillée et redevenir liquide autant de fois que nécessaire. De ce fait,les réparations deviennent presque un jeu d’enfant. En théorie, c’est assez simple, il faut boucher le trou avec du mortier (enduit à l’état liquide) qui va se mélanger avec l’enduit du mur qui aura été rendu liquide au préalable. Dans la pratique, c’est un peu plus compliqué.

Réparer le support

Il faut d’abord avoir conservé de l’enduit ou s’en procurer de la même couleur, puis nettoyer la partie à réparer des éventuels matériaux qui se décrochent. Si le trou est profond (plus de 5 mm), il est préférable de commencer par le reboucher avec un matériau de même composition qu le support. Si le support est en plâtre, avec du plâtre ; s’il est en terre, avec de la terre etc.

Ensuite, il faut mouiller la périphérie du trou pour la rendre dans le même état (liquide) que le mortier qui va boucher la cavité. L’enduit du mur ne doit pas être complètement liquide ; si l’ongle de votre doigt rentre, cela suffit. Si l’enduit contient de la cellulose, cette opération peut être un peu plus longue.

Faire preuve de patience

Ensuite, il faut faire preuve de patience et attendre que l’ensemble durcisse avant de lisser pour obtenir un résultat sans trace. Il est possible d’intervenir avant que le mortier devienne complètement dur. Dans ce as, passer les étapes 3 et 4. Les réparations sur les parties planes sont plus faciles, mais ce sont le plus souvent les angles qui reçoivent des chocs. Pour lisser les angles, il est pratique d’utiliser un morceau de plastiquée découpé dans un sac de sable, par exemple. Le plastique doit être épais pour ne pas déchirer et souple pour épouser les formes.

 


Finition : un enduit de finition à l’argile

un enduit de finition à l'argile

Un enduit de finition à l’argile.

Il existe plusieurs types d’enduits à l’argile (ou terre). Les « faits maison », comme celui proposé dans cet article, et les « prêts à l’emploi ». Ces derniers ont été élaborés et testés avant d’être commercialisés. Il ne vous reste plus qu’à choisir la couleur et suivre les indications. Mais dans tous les cas, préfabriqué ou pas, l’enduit s’applique de la même manière. Depuis le haut du mur jusqu’en bas. Quant à la pose du mortier (enduit à l’état liquide), elle s’effectue dans un mouvement de bas en haut, suivi d’un léger lissage vers le bas pour corriger l’épaisseur


Technique

enduire la paille

Conseils de pros pour enduire la paille.

Dans le numéro précédent, nous vous avons livré nos techniques pour préparer la paille à être enduite. Rentrons maintenant dans le vif du sujet de l’application des enduits sur un support en bottes de paille.


Construire et rénover en terre crue



La terre crue serait-elle en train de faire son grand retour ? Après avoir été dénigrée et sacrifiée sur l’autel en béton armé du capitalisme industriel, elle regagne, timidement mais sûrement, du terrain en France. Enduits, briques, mortiers, panneaux ses utilisations diverses s’adaptent au bâti ancien et aux constructions neuves. Matériau d’hier, la terre s’invite dans l’écoconstruction d’aujourd’hui, et devient le matériau de demain…


Les enduits terre



Techniques et astuces

En extérieur, en intérieur, colorés ou bruts, lisses ou granuleux, droits ou arrondis. En quelques années, les enduits terre se sont taillé une place de choix dans la gamme des parements écologiques. À faire soi-même ou conditionnés prêts à l’emploi, ils ont effectivement de quoi séduire : impact environnemental très faible, capacité de régulation hygrothermique, complément d’inertie thermique, absorption des odeurs et des bruits, respect du bâti ancien, leurs atouts sont multiples. Si l’on ajoute à cela une esthétique unique conjuguée à l’impressionnante variété des couleurs, des textures et des formes possibles, alors l’envie d’en mettre chez soi devient irrésistible. Comment céder à la tentation sans vous « enduire en erreur » ni rencontrer de problème de décrochage ou de fissuration ? En lisant ce dossier truffé de conseils et d’astuces d’artisans expérimentés !


Tout autour de la terre crue



Des clefs pour redécouvrir la construction en terre.

La terre fut le matériau de prédilection des bâtisseurs, dès l’aube de l’humanité. Ils ne s’y sont pas trompés car elle possède de multiples qualités et offre des possibilités architecturales variées.

Petit tour d’horizon des techniques traditionnelles et des innovations pour l’écoconstruction en terre crue.


A la loupe



Une maison en paille haute en couleurs, les plans et les modalités de sa construction. Dans la famille des « maisons à ossature bois remplie
en bottes de paille », celle de Bernadette et Samuel Courgey est une réussite. Volumes agréables, formes courbes, enduits colorés en terre
ou chaux. Tous les ingrédients sont réunis pour que la sauce prenne.