Territoire : L’Arpe souffle le vent de l’écoconstruction

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Écoconstruction : Articulant sensibilisation, formations et soutien au développement des filières d’écomatériaux régionaux ; l’Arpe fait naître des projets aux quatre coins de la Normandie.

L’enduit à la chaux finit de sécher. Dernière touche à la préparation de l’exposition « Et si ? Construire et rénover autrement », accueillie jusqu’au 17 septembre 2022 à la Maison de l’architecture de Normandie, à Rouen (76). Grégory Boulen, chargé de projets à l’Association régionale pour la promotion de l’écoconstruction (Arpe) Normandie, s’active autour de la maquette d’un mur en ossature bois isolé en paille. Rejoint par Pascal Séjourné, président de l’Arpe et architecte, il se tient au milieu de panneaux présentant des constructions et rénovations régionales réalisées avec des matériaux biosourcés. Un projet collectif mené avec la Maison de l’architecture de Normandie, le CAUE 76, l’École nationale supérieure d’architecture de Normandie et l’établissement d’enseignement et de recherche UniLaSalle Rouen, qui illustre ce qu’est devenue l’Arpe : un centre de ressources sur la construction écologique à l’échelle de la Normandie.

Réno accompagnée et bonnes pratiques 

Aujourd’hui, l’association regroupe 300 adhérents, dont un tiers de professionnels. Guide des écomatériaux normands accessible gratuitement en ligne, annuaire d’entreprises toutes signataires de la charte de l’Arpe et travaillant “dans le respect d’une construction/rénovation naturellement durable” ; carte de réalisations sont autant d’outils offerts aux porteurs de projets. Les particuliers souhaitant participer aux travaux de rénovation de leur logement peuvent également être mis en relation via l’Arpe Normandie avec des artisans volontaires accompagnateurs. Elle co-anime en effet, avec l’association Enerterre, le Réseau normand de l’autoréhabilitation accompagnée (ARA), appelé Réno’Acc, qui regroupe les professionnels accompagnant des autorénovateurs. “L’ARA prend de l’ampleur en Normandie, notamment depuis qu’elle est éligible à l’aide régionale, via le Chèque éco-énergie. Et les travaux peuvent inclure des écomatériaux, ce qui donne droit à une bonification d’aides, une particularité normande”, se réjouit Grégory Boulen. Une reconnaissance institutionnelle à laquelle a largement contribué l’Arpe.

L’association, issue de la fusion en 2016 de l’Arpe Basse-Normandie historique et de sa jeune homologue haut-normande, mène aussi un patient travail de développement des filières d’écomatériaux régionaux. “La filière paille est aujourd’hui la plus mâture à l’échelle de la Normandie”, résume Pascal Séjourné. Elle sensibilise différents publics aux intérêts de la paille comme isolant et accompagne l’amplification d’une offre locale en bottes de paille pour le bâtiment, avec des partenaires tels que le réseau coopératif Accort-Paille. Elle organise deux formations Pro-paille par an, qui ont accueilli 80 professionnels depuis 2019. Timidement, mais sûrement, la construction paille avance en Normandie, région céréalière où le matériau ne manque pas. Y compris dans les bâtiments publics. Le futur lycée international de Bourg-Achard (27) sera ainsi isolé en paille.


Écoconstruire : leur maison tourne autour du soleil

ecoconstruire-N°129, La Maison écologique, Leur maison tourne autour du soleil

J‘veux du soleil », chantait encore le groupe Au P’tit Bonheur l’année où Mathilde et Antony ont entamé la construction de leur maison à Marzens, dans le Tarn. En 2012, eux aussi voulaient du soleil, pour leur apporter de la lumière naturelle, du chauffage gratuit, de l’électricité autoproduite… Pour que leur logement en profite, ils multiplient les astuces, sans surenchère technologique et en employant des produits locaux et naturels. À l’instar d’Au P’tit Bonheur, pas question pour ce couple que ses enfants grandissent « dans un monde en super plastique » !

La parcelle n’était pourtant pas propice au dialogue avec le soleil. « La pente dégage la vue au nord et la bouche au sud, retrace Sandra Perié, architecte. Pour capter le soleil, on a positionné la maison au plus loin du talus, donc en bas du terrain, et surélevée sur pilotis. » Pour bénéficier des apports passifs, la façade sud est la plus vitrée, comprenant un large « bow-window », succession incurvée de vitrages.

La partie basse de ce mur arrondi est constituée de « radiateurs solaires » fabriqués sur le principe du mur Trombe. « De petits murs capteurs faits d’un double vitrage basique le plus clair possible, sans gaz isolant, détaille Antony. On a bien nettoyé les vitres avant de poser derrière les briques fabriquées avec la terre du terrain compressée (BTC), en plaçant un Compriband en périphérie pour que la lame d’air entre vitre et BTC soit bien étanche. Et on a peint les briques en noir pour qu’elles captent au maximum les calories solaires. » L’effet de serre fait monter en température les briques, qui restituent la chaleur emmagasinée vers l’intérieur du logement.

La magie des vitrages

Les vitrages sont différenciés selon leur exposition. « Souvent, quand je dis qu’on a mis du triple vitrage au sud, on me répond que ce n’est pas une bonne chose, car il réduirait l’apport solaire, grince Antony. C’est faux, on a choisi un triple vitrage qui présente un facteur solaire équivalent à celui d’un double. »


Territoire : R-Urban : construire la ville en circuits courts

écoconstruire la ville en circuits courts TERRITOIRE La Maison écologique 128

Créer des liens et instaurer des circuits courts dans les villes, c’est l’ambition de l’Atelier d’architecture autogérée qui a mis au point la stratégie R-urban. Au programme : Recyclab et Agrocité.

Il existe dans un coin de Bagneux, au sud de Paris, un petit poumon vert fait de jardins et de bâtiments écoconstruits. L’un de ces bâtiments, le « Recyclab », a été terminé au début de l’été 2021, après cinq mois de chantier. Construit à partir de containers, il est conçu avec une empreinte carbone minimale et a été monté sur pilotis, de façon à ne pas imperméabiliser les sols. « Les matériaux utilisés sont biosourcés et issus du réemploi, explique Constantin Petcou, architecte et cofondateur de l’Atelier d’architecture autogérée (AAA), structure qui a initié et coordonné la construction du Recyclab. Les caissons du plancher ont été élaborés avec des portes récupérées dans des immeubles haussmanniens et les doubles vitrages sont partiellement issus de réemploi. » 

À terme, le lieu accueillera des activités de l’économie sociale et solidaire, un fablab (atelier de fabrication équipé de machines numériques), des séminaires, des activités de réemploi, etc. « Dans le premier Recyclab que nous avons construit, à Colombes (92), il y avait un Repair café pour dépanner les vélos, des espaces de coworking, des résidences pour designers, séminaires, etc. ; tout un écosystème d’activités favorisant une transition écologique basée sur des activités et des acteurs locaux », raconte l’architecte.

Habitants impliqués à toutes les étapes

Juste à côté du Recyclab se trouve l’Agrocité. Bâtie en 2019 selon les mêmes principes écologiques. « Nous avons utilisé des planches de séchage de parpaing recyclées pour le plancher. L’isolation est en paille, qui est aussi un déchet local, issu de l’agriculture, et que nous avons récupérée en Île-de-France. Le bardage est bigarré, réalisé avec diverses fins de séries de bois », détaille Constantin Petcou. 

Entre ces deux bâtis verts : des jardins familiaux. Soit 1 500 m² en tout, au cœur d’une cité densément peuplée : 10 000 habitants par km². « Les projets sont en interaction les uns avec les autres, ajoute le cofondateur d’AAA. Les eaux pluviales récoltées sur le Recyclab servent, par exemple, à alimenter le jardin en permaculture de l’Agrocité. Il y a une complémentarité entre les deux unités. » Cette interdépendance s’inscrit pleinement dans la stratégie « R-urban », portée par AAA, qui ambitionne de créer des réseaux locaux et de valoriser les circuits courts en milieu urbain pour l’habitat, le travail, les mobilités ou encore l’agriculture. À chaque projet constructif, les habitants de la commune sont associés. Et ils restent très actifs ensuite, une fois les bâtiments achevés.


Vue d’ailleurs : En Belgique, un bâtiment 100% local

bâtiment 100% local VUE D AILLEURS La Maison écologique 128

À Namur, au sud de Bruxelles (Belgique), des entrepreneurs de l’écoconstruction ont érigé un bâtiment 100% local mi-expérimental, mi-totem. Pour encourager le recours à l’ossature bois, l’isolation paille ou aux Techno-pieux, ses concepteurs ont testé des techniques, en se reposant sur des ressources locales.

Un bâtiment 100% local

Son nom : Up Straw. Une référence au projet européen dans lequel s’insère la construction*. Mais surtout, un nom qui sonne comme un appel à faire monter la paille (« straw » en anglais), à l’élever au rang des matériaux incontournables pour les constructions sobres et performantes. « Avec Up Straw, nous voulons faire avancer l’écoconstruction en Wallonie. La faire valoir mais aussi valoriser le travail des entreprises qui existent déjà », explique Caroline Broux, architecte au sein de l’agence Hélium, partie prenante du chantier et cofondatrice du Cluster écoconstruction wallon qui réunit près de 260 professionnels pour sensibiliser et promouvoir la construction écologique. Le nouveau bâtiment, fraîchement achevé en août 2021, accueille l’administration du Cluster ainsi qu’un espace de coworking, et fait office d’avant-garde. Là-bas, les constructions bois avoisinent 12 à 15 % des chantiers neufs. « Si l’on ajoute le critère isolants biosourcés tels que la paille ou l’herbe, alors ce taux doit tomber à 6 ou 7 % maximum », estime Hervé-Jacques Poskin, délégué général du Cluster né en 2003. D’après lui, les clichés ont la peau dure : « En Belgique, on peut dire que les trois petits cochons ont fait du tort à la paille. Le pays a encore la brique dans le ventre. » 

Mais la suite de l’histoire n’est pas encore écrite. Dans le secteur, plusieurs entreprises, comme Paille tech dans la construction paille ou Mobic dans la construction bois, se sont lancées dans l’aventure depuis au moins 15 ans. Des écoles, des supérettes ou encore des maisons individuelles témoignent de l’attrait que l’isolant des champs suscite. Avec Up Straw, l’idée était d’aller encore plus loin en expérimentant des techniques de préfabrication. « Nous avons travaillé avec des bureaux d’études et des entreprises qui travaillent sur des maisons individuelles. Nous avons utilisé et adapté leur savoir-faire pour faire un bâtiment de bureaux, en éprouvant des techniques sur le remplissage paille et l’usage de grumes de bois peu transformées », illustre Caroline Broux.

Pour ce bâtiment, le principe constructif n’est pas totalement nouveau. Mais pour chaque étape, le collectif s’est donné à cœur joie pour tester de nouvelles manières de faire. Première intention : réaliser des caissons 3D, en atelier, et expérimenter une alternative à la paille en bottes pour l’isolation. « À partir de ballots, nous avons utilisé de la paille en vrac…


Principes de base et matériaux : Isolation

LA MAISON ECOLOGIQUE Principes de base et matériaux

Principes de base et matériaux :

  • Pour vivre heureux, vivons bien isolés : Comment atteindre une performance optimale ?
  • Les matériaux biosourcés, une solution d’avenir ? La filière connaît une belle progression, mais doit s’organiser
  • Les biosourcés, grands oubliés de la RE2020 ? vers une nouvelle réglementation pas si environnementale
  • La chasse aux petits trous : étanchéité et ventilation, un équilibre à trouver
  • L’essentiel des matériaux : synthétiques ou biosourcés, aperçu des principaux isolants du marché
  • La balade des isolants : Tour d’horizon des matériaux de cueillette

Ecoconstruire : Une maison paille dans la pente

maison paille

Au cœur du quartier de Pommeil, à Guéret (23), la maison paille de Delphine et Benoît German se fond littéralement dans le paysage. De la route, son toit végétalisé émerge comme un premier plan sur la ligne d’horizon.

Le couple a décidé de poser ses valises sur un terrain fortement en pente en 2017. D’abord pour répondre au projet d’agrandissement familial, mais aussi par désir d’un habitat écologique. « On habitait une maison des années 1950 dans le quartier de Pommeil auquel nous sommes très attachés. Il n’était pas question de faire construire ailleurs. L’idée était aussi de ne pas favoriser l’étalement urbain et de s’insérer dans la vie du quartier », raconte Delphine, 41 ans, fonctionnaire territoriale.

À quelques encablures de chez eux, une parcelle d’environ 1 000 m2, orientée sud-ouest, profitait d’une belle vue sur les toits de Guéret et sur l’arrondi des collines et des puys. « Ce terrain dont la pente est d’environ 20 % (dénivelé de 7 m entre le haut et le bas) était cultivé en potager par un voisin. Je passais à pied devant tous les jours. J’ai contacté le service du cadastre pour connaître le nom du propriétaire, à qui nous avons fait une proposition d’achat », se souvient-elle.

Une maison paille en paliers

Le projet : une maison sobre, en ossature bois isolée en paille et modulable pour l’arrivée du petit troisième, Elzear, qui naîtra quelques jours après l’emménagement en août 2017. « On a cherché des architectes locaux avec la certification pro-paille du Réseau français de la construction paille (RFCP) et le courant est bien passé avec le duo creusois Pierre Barnérias et Charlotte Cornevin », poursuit Delphine. De son côté, Benoît, 43 ans, pense réaliser quelques-uns des travaux tout en poursuivant son travail d’éducateur sportif.

Compte-tenu des pentes du terrain, le projet de construction oscillait entre deux possibilités : construire une maison de plain-pied montée sur pilotis ou bien construire une maison en paliers avec une partie basse en rez-de-jardin et un plateau en partie haute.


Ecoconstruire : Écobâtir pour ralentir

ECOCONSTRUIRE autoconstruire ECOBATIR

Autoconstruire une maison en paille, low-tech, pour aller vers un mode de vie plus simple et cohérent

Adeline et Nicolas ont quitté la ville pour réaliser, dans les Côtes-d’Armor, un projet longuement mûri. 

Des citadins pur jus. Adeline et Nicolas ont vécu à Paris, puis Rennes (35) avant de se poser à La Vicomté-sur-Rance. Ils y habitent une maison chaleureuse dont les larges baies s’ouvrent sur une petite terrasse et un jardin fleuri. Simple et compact, le plan se développe sur deux niveaux avec un espace de vie largement ouvert ; un bureau et un cellier au rez-de-chaussée, deux grandes chambres et une mezzanine à l’étage. Entièrement conçue par le couple, cette habitation est née dans leur imagination avant d’être édifiée par leurs soins au terme d’un chantier de quatre ans;  «Ce projet a mûri lors d’un voyage de plusieurs mois en sac à dos.

De retour en France en 2011, nous nous sommes demandés où nous avions envie de vivre, de travailler et comment, explique le couple. Nous avons toujours eu envie de vivre près de l’eau – mer ou rivière –; de nos familles et amis en Bretagne, le tout dans un budget raisonnable. » Réfléchi et documenté, leur projet est lancé en 2012 avec l’achat d’un terrain de 1 300 m2 . Il ne se résume pas à l’autoconstruction d’une maison écologique à la campagne. Il répond à une aspiration plus profonde : mettre en cohérence des convictions et un mode de vie; « Bâtir par nous-mêmes, c’était aussi s’engager vers plus d’autonomie, moins de consommation, moins de temps consacré au travail, pour retrouver plus de sens, revendiquent-ils. Avec une dépendance bancaire la plus limitée possible.


Territoire : Former pour faire grandir l’écoconstruction

Territoire ecobatys

Écobatys s’ouvre à de nouveaux débouchés.

Au pays du granit, aux portes de Bretagne, se trouve le Pays de Fougères. Au sein de ce territoire rural, dans lequel la filière construction représente 10 % des emplois; une réflexion s’est engagée sur la transition écologique du bâtiment dès la fin des années 2000. Élus et associations du Pays de Fougères proposent alors quelques formations en écoconstruction aux pro­fessionnels. “Mais, rapidement on s’est rendu compte qu’il fallait un lieu pour aller plus loin dans la dvnamique de for­mation”, indique Marie-Pierre Rouger, ancienne conseil­lère régionale (Bretagne écologie) à l’énergie, au climat et à l’écoconstruction.
Ainsi est né, en 2016, le pôle Écobatys. Situé à Maen­Roch, le bâtiment montre l’exemple et met en valeur les matériaux locaux. Murs en bois-paille du Pays de Fougères, bardage en châtaignier et chêne locaux et parement en granit, filière historique en Ille-et-Vilaine. Le bâtiment de plus de 500 m2 fonctionne aux énergies renouvelables; les vingt panneaux photovoltaïques sur le toit fournissent une partie de l’électricité en autoconsommation et une chaudière granulés à condensation chauffe le lieu (moins d’une tonne de granulés par an). Professionnels et particu-liers viennent à la matériauthèque découvrir et manipuler la terre, le lin, le chanvre, la paille, etc. Son but premier ? Un lieu unique pour former les artisans à l’écoconstruction.


Ecoconstruire : Bien entourés pour écobâtir à budget serré



En touraine, la maison d’Anne et Yannick est un projet collectif.

Le couple ne disposait pas d’un gros budget mais, grâce à l’implication de leurs amis, familles et connaissances, leur projet écobâtir écologique en bois a pu voir le jour.

Mais après plusieurs années en location dans une maison semi-troglodyte, Anne Cherrier, Yannick Moreau et leurs deux enfants, Anatole et Elias, se sont dit qu’il était temps d’acheter. ; « On y vivait très bien, mais c’était trop petit, on dormait dans deux petites mezzanines et c’était une vraie passoire énergétique. Le plus important était que ce nouveau projet nous ressemble, en construisant avec des matériaux écologiques »; raconte Anne, gérante d’un magasin Biocoop à Tours. Le couple doit composer avec un budget serré : 160 000 €, achat du terrain compris. Mais rien n’est impossible quand on est bien entourés. ;« Financièrement, on savait qu’on serait limités, mais on avait la chance de compter parmi nos amis Christophe Ayguesparsse; charpentier spécialisé dans l’ossature bois, qui a bien voulu nous aider. Yannick allait aussi travailler sur le chantier en auto-construction pour réduire les coûts », poursuit Anne.

Le couple achète un terrain de 450 m2 à Nazelles-Né-gron (37), petit village proche d’Amboise. Et déjà, les amis apportent leur aide. Aude Martinez, une proche d’Anne, propose ses services pour dessiner les plans et rédiger le permis de construire. Christophe Ayguesparsse fera l’os-sature et la charpente. D’autres artisans, connaissances du charpentier, viendront s’ajouter pour leurs différentes com-pétences : maçon, plombier, électricien, chauffagiste…


Écoconstruire : La paille porteuse modernisée

paille porteuse autoconstruite

Au sud de Grenoble, Mathilde et Cédric ont autoconstruit une maison en paille porteuse

Architectes et constructeurs.rices de métier, ils ont modernisé cette technique ancienne par militantisme pour promouvoir son développement.

Faire venir plus de 300 bottes de paille dans un quartier du sud de Grenoble, près de la voie ferrée, des box-garages et des immeubles bétonnés, mérite une certaine déférence. S’en servir pour monter les murs d’une habitation à l’allure contemporaine en mérite davantage. À l’origine de ce projet, deux architectes militants : Mathilde Lapierre et Cédric Hamelin, qui ont osé la technique de la paille porteuse, apparue il y a plus d’un siècle au Nebraska (États-Unis) et ne jouissant pas encore de règles professionnelles ni de méthode de calcul universelle, et qui en ont modernisé son utilisation.

Dans la pièce principale illuminée, qui sert de salon, cuisine et bureau, les livres sur la construction en paille de Luc Floissac et Barbara Jones (Amazonails) sont de sortie. Mathilde et Cédric s’en servent de références pour expliquer la technique paille porteuse. Elle commence : « Les bottes de paille, disposées en quinconce entre des lisses haute et basse, portent les charges de la maison. Plus précisément, elles sont aidées par des enduits épais, appelés voiles minces travaillants, qui servent de contreventement pour rigidifier l’ensemble. » Ils sont généralement en terre crue à l’intérieur et chaux à l’extérieur. Cédric poursuit : « Les bâtiments en paille porteuse sont souvent rectangulaires et symétriques. Si on met une porte au nord, on met la même au sud, car les bottes de paille subissent un tassement dû aux descentes de charges. Si les murs se tassent, il faut qu’ils le fassent de manière homogène. »