Habitat groupé : Un hameau partagé et solidaire

Un hameau partagé et solidaire

Six logements, de multiples espaces de vie communs, un lieu d’accueil social, une boulangerie… Les douze habitants de ce lieu acheté en 2016 ont recréé un véritable petit village.

Un vendredi de printemps, à la Bigotière. Posée près d’un petit bois, à mi-chemin entre Rennes et Saint-Malo, l’ancienne ferme reconvertie en un habitat groupé de six logements dans deux bâtiments accueille ce jour-là divers chantiers et activités. « On a un petit muret de pierres à terminer, détaille Jean-Luc. Il faut aussi trier du bois, terminer de nouvelles toilettes sèches, creuser une mare au jardin et faire des semis. » Des bénévoles arrivent les uns après les autres dans la salle commune. Ils jettent un œil au tableau qui liste les chantiers, demandent où ils peuvent se rendre utiles, puis filent travailler. « On devrait avoir une trentaine de personnes à midi », calcule Nathalie, avant de partir préparer des paniers garnis de produits locaux qui seront distribués en fin de journée. Dehors, le bruit des scies et des marteaux se mêle à celui de la musique qui s’échappe des fenêtres ouvertes de la maison des « Trois petits pas », un lieu d’accueil pour de jeunes mères isolées et leurs bébés, où travaillent trois des habitantes de la Bigotière. « Dès le départ, notre projet d’habitat groupé souhaitait intégrer un lieu d’accueil social. Le très bon état de la maison où sont installés les Trois petits pas a fait partie des arguments qui nous ont décidés à acheter la Bigotière », explique Gilbert.

Un lieu grand ouvert

Les lieux apparaissent ce jour-là tels que les avaient rêvés leurs propriétaires : vivants, chaleureux et ouverts vers l’extérieur. D’abord évoquée sous forme de blague, au détour de vacances ou de week-ends en commun, l’idée d’un habitat collectif a finalement pris corps. C’était en 2012. « Nos enfants avaient grandi. Nous avions moins de contraintes et nos maisons étaient devenues trop grandes, évoque Jean-Luc. C’était le moment, pour nous, de réfléchir à de nouveaux modes de vie. » 

Dès le départ, il est question de mêler habitat, accueil et activités culturelles. Après moult réunions et la visite d’une quarantaine de lieux, le collectif jette son dévolu sur la Bigotière, qui cumule pas mal de ses exigences. « Nous voulions sortir de l’agglomération rennaise, aller vers le nord pour nous rapprocher de la mer, trouver un bâti ancien pour ne pas empiéter sur des terres agricoles et avoir suffisamment de bâtiments pour monter nos projets », précise Jean-Luc. La grande proximité des bâtiments offre en plus la possibilité d’avoir des équipements partagés : les six logements sont raccordés aux cuves de récupération de l’eau de pluie, une phytoépuration collective a été mise en place et une chaudière à granulés alimente trois des logements.


Construire : Construction accompagnée

Construction accompagnée

Épauler les artisans pour écraser les prix

Alors qu’ils n’y connaissent rien, Cécile et Ludovic ont participé à la construction de leur maison. Budget serré mais grand projet, le couple a réalisé l’habitat de ses rêves en mettant la main à la pâte.

J’avais très envie de participer à la construction de notre maison et je n’ai pas été déçu ! », s’enthousiasme Ludovic Charriau, éducateur sportif. Sur un terrain de 1 350 m2 à Touvois, petite commune de Loire-Atlantique à la frontière avec la Vendée, Ludovic et sa compagne, Cécile, ont fait construire leur habitation écologique. En dix mois, le couple, aidé par sa famille et ses amis, a mis la main à la pâte et participé à la construction de sa maison. « Cela demande beaucoup de temps et d’investissement, prévient Ludovic. Je m’étais organisé pour avoir des horaires modulables au travail et être disponible la journée pour les travaux. » C’est le maître d’oeuvre, Christophe Benoît, qui leur a proposé cette solution pour que leur projet respecte leur budget maximum de 130 000 €. Il est secrétaire d’Échobat, association oeuvrant pour l’écoconstruction solidaire (lire p. 17). « L’artisan peut venir seul avec sa compétence et son matériel. Les bras qui manquent, ce sont les clients qui les apportent. Aujourd’hui, c’est un modèle », explique Christophe Benoît. Ce dernier, tel un chef d’orchestre, a guidé les artisans comme les propriétaires du début à la fin du chantier.