Territoire : Autoconstruire ses outils de production d’énergie



Niché dans une ferme de la Loire qui accueille des activités agricoles et culturelles, l’Atelier du Zéphyr propose des stages pour autoconstruire ses outils de production d’énergie renouvelable.

Accros aux stages d’autoconstruction, Aurélie et Clément ont créé l’Atelier du Zéphyr, en 2018, pour partager leur savoir-faire et le transmettre. Cuiseur solaire parabolique, cuiseur rocket aux allures de petit chaudron, éolienne Piggott à adapter en fonction de ses besoins en électricité ; l’association propose des formations, encadrées par quatre salariés, afin de construire des outils pour se chauffer, cuisiner ou produire son électricité. « On fait la promotion de l’autoconstruction et des énergies renouvelables. On ne vend pas un produit. L’idée est de pouvoir faire un cuiseur solaire ou une éolienne et d’être ensuite assez autonome pour la réparer soi-même, souligne Aurélie. Pendant les stages, on en profite pour donner envie aux gens d’utiliser une autre énergie pour se nourrir. Cette semaine, par exemple, le stage porte sur le Poelito [un petit poêle semi-démontable pour chauffer et/ou cuisiner, ndlr] et comme il fait beau, le cuiseur solaire parabolique et le cuiseur à bois servent pour préparer à manger. » En 2021, 90 stagiaires sont passés par l’Atelier et certains reviennent même construire un cuiseur ou un poêle utilisés pendant leur séjour à la ferme.

Transmission et accessibilité

Outre la sensibilisation par l’usage, l’Atelier du Zéphyr partage en open source tous les manuels de fabrication dont il dispose, notamment via son site Internet. « Nous n’avons quasiment rien inventé, il y a déjà de très chouettes outils qui existent. Il arrive souvent qu’on reprenne des idées déjà réalisées par certains qui n’ont pas eu le temps de faire de la documentation. Alors, nous faisons les plans pour les partager », explique Aurélie. Inspiration, coups de mains, regroupement des forces, l’Atelier du Zéphyr fait partie d’un riche réseau d’acteurs de la low tech et de l’autoconstruction : Tripalium pour les éoliennes, Feufollet pour les cuiseurs à bois, le Low-Tech Lab, Oxalis, Alter’Eco 30, etc.

Si la maîtrise de l’énergie peut paraître technique, l’association a plus d’un tour dans son sac pour la rendre accessible. « Sur notre site, on fait des articles pour vulgariser. Par exemple, on en a fait un sur le feu de bois pour expliquer ce qu’est une combustion propre avec des mots simples. » Et pour les novices en bricolage, des initiations mensuelles de 2 à 3 h reprennent les bases de la soudure à l’arc, de la brasure ou encore de l’électricité. Elles ont lieu à Lyon, dans un atelier de la friche Lamartine* et s’adressent à un large public, au-delà des autoconstructeurs stagiaires.


Alternatives : Boulange solaire pour pain local

Boulange solaire pour pain local

Près de Rouen, en Seine-Maritime, un ingénieur de formation fabrique du pain au levain biologique et torréfie des graines locales à l’aide d’un four alimenté exclusivement par l’énergie du soleil normand.

Dans la campagne normande, une cour dévoile un corps de ferme rénové à proximité de la forêt et une étrange machine, alliance de métal et de miroirs orientés vers l’astre solaire. Ce jour-là, le soleil est dissimulé derrière un épais voile nuageux. « Ça doit se lever à midi », lance Arnaud Crétot, propriétaire des lieux et du matériel, en consultant la météo agricole sur son téléphone portable.

Aujourd’hui jeudi, c’est jour de pain, et l’ensoleillement joue un rôle fondamental dans le métier d’Arnaud Crétot. Au total, il va cuire entre 110 et 130 pains par fournée de 45 minutes. Il y a environ quatre ans, cet ingénieur de formation s’est lancé dans l’activité d’artisan boulanger bio. Avec une spécificité unique en Europe à l’époque : celle de faire cuire son pain au levain à l’aide d’un four fonctionnant exclusivement à l’énergie solaire. L’étrange machine répond au doux nom de Lytefire Deluxe, elle a été développée par Solar Fire, une entreprise finlandaise pour laquelle Arnaud Crétot officie en tant que directeur technique. Montée sur un châssis, la machine peut être tractée, ou non. Les jours de cuisson, elle est conçue pour pivoter et ainsi rester dans l’alignement des rayons du soleil.

11 m2 de miroirs capteurs

Ce four solaire comprend 11 m2 de miroirs rectangulaires directement orientés vers le soleil. Lorsque les rayons frappent, ils sont réfléchis vers la vitre du four en inox et permettent de faire grimper la température pour y cuire du pain, mais aussi des graines. « Sur le point focal [là où frappent les rayons du soleil réfléchis, ndlr], on atteint 900°C. À l’intérieur du four, je monte la température jusqu’à 300°C », détaille l’artisan boulanger de 34 ans qui a élargi son activité à la torréfaction de multiples graines bio acquises auprès d’agriculteurs ou de coopératives locales. « Je ne torréfie que des graines de la région », précise Arnaud Crétot, qui dit vouloir « promouvoir les circuits courts et la sobriété énergétique ». 


Low tech : Le tube de l’été

tube solaire et culinaire

Une délicieuse odeur de cuisine envahit le jardin.

Elle provient d’un simple tube en verre. David Szumilo, qui a mis au point ce mode de cuisson alternatif, en explique les principes.

Adepte de la cuisson autonome, David expérimente diverses techniques dans sa cuisine savoyarde. Concepteur d’un poêle de masse facile à construire, puis restaurateur low tech sur des festivals, ce touche-à-tout mitonne ses plats avec les ressources naturelles. « La cuisine au bois convient bien à différentes situations, mais lorsqu’il fait beau, autant profiter du soleil ! », plaide-t-il.

David a d’abord expérimenté les fours solaires classiques. Ces outils requièrent du soleil au bon moment, du temps et de la présence pour réorienter régulièrement l’appareil. Ils nécessitent également plusieurs heures pour monter à des températures suffisantes pour cuire les aliments. Pas facile de cuisiner pour midi ou lorsqu’on travaille toute la journée ! « Le solaire n’est pas encore au point pour la vie de tous les jours. Il faudrait inventer des fours solaires à inertie pour avoir un four chaud à 19 h », estime David, également auteur du site Internet « Du Soleil dans nos assiettes ».


Faites-le vous-même

cuiseurs solaires à fabriquer

Cuiseurs solaires.

Pour récupérer la chaleur du soleil, gratuite et non polluante, la technologie est simple et à la portée de tous », assure Philippe Gros, formateur pour l’APTE à la fabrication de cuiseurs solaires de type « boîte ». Ces modèles ne nécessitent pas une orientation ultra-précise et chauffe à 100 °C maximum, préservant les aliments mais n’autorisant que des plats « mijotés » et une durée de cuisson relativement importante.


Four solaire à construire soi-même

Construire soi-même un four solaire

Vous voulez construire vous-même votre four solaire ? Facile avec le magazine La Maison écologique! « Pour récupérer la chaleur du soleil, gratuite et non polluante, la technologie est simple et à la portée de tous », assure Philippe Gros, formateur pour l’APTE à la fabrication de cuiseurs solaires de type « boîte ». Ces modèles ne nécessitent pas une orientation ultra-précise et chauffent à 100 °C maximum, préservant les aliments mais n’autorisant que des plats « mijotés » et une durée de cuisson relativement importante.

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