Réemploi pour leur maison en autoconstruction

Maison en récup et réemploi

Du sol au plafond, la maison autoconstruite en Charente-Maritime par Sarah et Julien s’habille en seconde main. Charpente, dalle, fenêtres, isolation ; ses entrailles aussi ont déjà vécu d’autres vies.

Un portail qui s’ouvre sur le halètement du chien Bouli, une volée de marches en palettes (en attendant la terrasse en dalles de teck démontées de la cour d’un bureau parisien) et nous voilà attablés dans l’enveloppant intérieur de Sarah et Julien. Ils ont emménagé en avril dernier dans la maison dont ils ont entamé l’autoconstruction en février 2021 près de Rochefort (17). En suivant une recette bien à eux : bois, terre, paille… et une grosse dose de réemploi.

 

Julien dévoile son ingrédient pas si secret : le réseau. Tissé en suivant des formations, Propaille, terre crue dans le Périgord, réemploi des matériaux avec Odéys à Bordeaux. « Ça ouvre les yeux sur plein de choses. Ils te fournissent des pistes, qui t’amènent à un gars, qui te parle d’une boutique… Et de fil en aiguille ta baraque prend forme ! Il faut parler, parler, parler. »

Sous leur toit le réemploi est roi

Parler avec « le menuisier du village d’à côté, consulté pour les fenêtres. On ne l’a pas retenu mais on a sympathisé. Donc quand je lui ai dit que je cherchais un escalier, il m’a proposé celui qui traînait depuis quatre ans dans son garage. Après l’avoir démonté d’une mairie, il n’a pas pu jeter ce magnifique ouvrage en ormeau. C’est un bois qu’on ne trouve plus depuis que cet arbre a été décimé par une maladie ».

Parler encore, avec les architectes du collectif Cancan. Ils ont récupéré des claustras « dans un chai de Bordeaux qui refaisait sa déco alors que tout était neuf. À la mode, ces panneaux coûtent 250 € neufs. Mais ils les bradaient 15 €, donc on a sauté dessus ». Même s’il a fallu les stocker deux ans et demi avant de les poser au plafond de l’entrée.

Ainsi, les écuries de tôle se remplissent vite. Alors le couple installe un grand barnum et stocke aussi sur le chantier. « Heureusement qu’on avait notre meilleur ami : le transpalette ! 100 € bien rentabilisés, on pouvait déplacer facilement sur la dalle les bottes de paille ou les fenêtres sans les abîmer et sans nous abîmer », sourit Sarah.

Suite de ce reportage en textes et images dans le hors-série n°19 “Récup et réemploi” du magazine La Maison écologique.


Cahier pratique travaux : En demi-bottes, une isolation en paille bien ficelée

TRAVAUX 137

En Haute-Savoie, Marc Sage Segard a expérimenté une technique d’isolation par l’extérieur en demi-bottes de paille fixées au mur à l’aide de ficelle et de petites cales en bois.

Exit le remplissage de caissons ou d’ossature bois rapportée, place à une isolation extérieure en bottes de paille qui économise du bois, du temps et de l’argent ! En 2018, Marc Sage Segard, enduiseur spécialiste de la chaux et de la terre (lire aussi le reportage Rénover dans LME n°133) a testé sur sa maison en Haute-Savoie un système plutôt inédit : il a superposé contre les parois des bottes de paille coupées en deux dans la longueur, arrimées à l’aide de ficelles vissées dans le mur et bloquées avec un petit bois. L’ensemble, pris entre une lisse haute et une lisse basse, puis enduit avec un mélange chaux-sable, tient parfaitement.

« Dans le massif des Bauges, les débords de toit sont très larges, donc les demi-bottes sont protégées sans besoin de réaliser une extension de toiture », précise-t-il. Leur résistance thermique reste intéressante, évaluée par Coralie Garcia, du Réseau français de la construction paille (RFCP) entre 4 et 4,5 m2.K/W.

L’artisan avertit toutefois : il a pu réaliser cette technique « car la maison est une bâtisse ancienne en pierre, avec une partie en parpaing de ciment et un enduit chaux et ciment qui ont permis une bonne tenue des vis dans le mur ». Elle est reproductible d’après lui sur un mur en bois ou en parpaing, mais pas sur une façade de maison en pierres enduites à la chaux, trop friable. Pour Coralie Garcia, l’enjeu est aussi de bien comprimer les bottes entre la lisse haute et la lisse basse pour anticiper leur affaissement et éviter la fissuration de l’enduit.


Travaux : Isolation en bottes de paille sans structure bois

TRAVAUX ISOLATION BOTTES DE PAILLE

Peu de bois mais du fil de fer, voilà l’astuce qui fait de cette technique innovante d’isolation par l’extérieur en paille une solution efficace et économique.

Plusieurs raisons ont conduit l’Association pour la promotion des techniques écologiques (Apte) à revisiter l’isolation thermique par l’extérieur (ITE) avec des bottes de paille, jusqu’alors peu expérimentée. « Nous avons cherché une méthode utilisant moins de bois qu’une ITE classique avec montants d’ossature et ce, pour deux raisons : réduire le coût global, étant donné l’augmentation du prix du bois, et trouver une technique destinée aux vieux murs peu droits, avec lesquels l’ITE avec des montants en bois compose mal », explique Sébastien Duthérage, de l’association basée dans le Vaucluse.

La méthode conçue par l’Apte réduit l’usage du bois aux encadrements d’ouverture, dans les parties hautes et basses du mur et, si besoin, aux coins. Ici, ce sont des fils de fer tendus verticalement entre les lisses haute et basse et accrochés à des fils horizontaux fixés au mur et émergeant entre chaque ligne de bottes qui vont assurer le maintien de la paille. Mise en œuvre de manière expérimentale sur des chantiers de rénovation et des ateliers pratiques, la technique a fait ses preuves et mérite désormais d’être partagée au plus grand nombre.

La méthode reprend plusieurs consignes des Règles pro-paille, que l’Apte conseille de découvrir à l’occasion d’une formation pour les non-initiés. Si ce cadre normatif ne mentionne que la paille de blé (densité d’au moins 80 kg/m3, moins de 20 % d’humidité), l’Apte a testé avec succès des bottes de paille d’orge et de riz.


Rénover : Et la vieille longère devint reine de la performance

RENOVER VIEILLE LONGERE

Dans les Deux-Sèvres, Eddy et Gwendoline ont rénové une longère en pierre avec le moins de technologie possible et une isolation en paille ajustée finement à la configuration du logement. Une performance au Top.

Soleil et bois s’allient pour offrir un confort intérieur optimal.

Après avoir fondé l’entreprise de charpente Bois & Paille spécialisée en écoconstruction en 2007, Eddy Fruchard a toujours aimé voler de ses propres ailes. Au sens propre comme au sens figuré. La découverte d’un terrain de 4 ha au milieu de la Gâtine (79) donne corps à de nouveaux projets à la fois professionnels et personnels. Au cœur du projet de vie familial, une vieille ferme rénovée dans les années 1970 enduite de ciment, qu’il achète en 2016. « La maison d’environ 140 m2 exposée sud à laquelle était accolée une ancienne étable était considérée comme habitable, mais avec chauffage au fioul, laine minérale, briques plâtrières sans isolant et dalle béton non isolée. J’ai pris le parti de mettre à nu la structure de l’habitation, d’enlever toutes les couches. S’en est suivie une réflexion globale low-tech sur la base d’un maximum de matériaux biosourcés », résume Eddy. Un chantier d’ampleur étalé sur quatre ans.

Bois de douglas local, paille, chènevotte de chanvre, ouate de cellulose, terre et chaux pour les enduits… Du gros œuvre aux finitions, Eddy décline une large palette de matériaux naturels à toutes les étapes de la rénovation. La paille y joue un rôle majeur : « On a isolé la toiture et certains murs en bottes de paille », confie Eddy. L’expérience de deux rénovations antérieures et les personnes, professionnels et amis, dont il a su s’entourer contribuent à la réussite de cette rénovation performante.

Isolation à tous les étages

Son savoir-faire de charpentier en écoconstruction lui permet de reprendre la charpente de A à Z, de tailler la structure, épaulé par l’équipe de l’entreprise Bois & Paille pour le levage des éléments. « Le plancher de l’étage a été déposé et la charpente, attaquée par les capricornes, a du être entièrement refaite. L’isolation de la toiture de la pièce à vivre s’est faite en sarking avec 35 cm de bottes de paille par-dessus la charpente, puis 8 cm de fibre de bois entre chevrons, recouverts d’un panneau pare-pluie isolant de 35 mm. Avec une résistance thermique (R) proche de 10 m2.K/W, cette technique d’isolation de la toiture par l’extérieur est particulièrement efficace : elle supprime l’ensemble des ponts thermiques et, de plus, l’espace sous toiture a permis de conserver un beau volume avec les fermes de charpente en douglas apparentes », se réjouit Eddy.

Pour les murs, Eddy s’adapte en fonction des contextes. À l’extérieur, il décide de conserver l’esthétique des façades d’origine. Si la façade sud est modifiée par l’agrandissement des ouvertures, elle est simplement recouverte d’un enduit chaux-sable pour protéger la pierre. Au nord, en clin d’œil à l’histoire du lieu, il ne change rien, pas même les volets et les ouvertures d’origine de l’ancienne étable devenue cuisine.

Côté intérieur, l’isolation des murs est réfléchie sur la base d’une correction thermique. « On a d’abord piqueté tous les murs afin de retrouver la pierre d’origine (épaisseur de 50 cm), puis on a appliqué un gobetis à la chaux pour unifier la surface, combler d’éventuels trous et créer une accroche pour la finition à venir, principalement des enduits terre », décrit Eddy.

Issus de la terre argileuse des environs, ces enduits sont réalisés en chantier participatif. Perméables à la vapeur d’eau, ils régulent l’hygrométrie, possèdent une certaine inertie et une bonne effusivité (capacité à capter rapidement la chaleur en surface) qui permet de garantir une bonne température dans les pièces ; cela engendre un gain important sur le confort d’hiver et, indirectement, sur les besoins de chauffage. « Mis en œuvre par trois amies, enduiseuses de métier, ces enduits terre se composent d’un enduit de corps, mélange grossier de terre et de paille hachée (2 et 10 cm de longueur), appliqué à la taloche, suivi d’un enduit de finition terre blanc (Argilus) et terre de Charente issue d’une tuilerie, réalisé à la lisseuse », résume Eddy.


Rénover : Sous une toiture de paille et de solaire, le pavillon devient économe

isoler les soubassements

Devant leur baie inondée de lumière, Anne Martin et Gilles Guellier observent un geai des chênes qui vient de se poser sur une branche.

La rivière le Beuvron coule au fond du jardin, la vie fourmille. Ils sont sereins, ravis de leur pavillon. Et pourtant, ce couple d’anciens agriculteurs, pionniers de l’agriculture biologique dans le Loir-et-Cher, ne s’attendait pas, pour leur retraite, à quitter la belle longère en pierre de la ferme pour rénover une maison des années 1970. « Nous voulions construire une maison écolo, en habitat collectif avec cinq copains », lance Anne. La difficulté à trouver un terrain, des vacances entre amis et la petite phrase d’un des jeunes paysans qui a repris leur ferme – « Vous n’allez pas artificialiser des terres quand même ? » – contribuent au changement de projet.

« À Monthou-sur-Bièvre, la ferme était éloignée du village. Nous cherchions à nous rapprocher d’un bourg pour tout faire en vélo. Ce pavillon à Cellettes, au sud de Blois, convenait tout à fait », ajoute Gilles. Les paysans sont séduits par le jardin de 3 000 m2, très arboré et réalisé par un ancien paysagiste. Ils y ajoutent leurs ruches et quelques poules. Côté finances, le couple achète la maison de 105 m2 à 190 000 € et prévoit 100 000 € de budget travaux : « Nous avons eu de l’argent grâce à la vente de la ferme, mais nos retraites sont en-dessous de 1 000 €. Il nous fallait donc une maison qui ne coûte pas cher à l’usage. »

« Passionnés de construction écologique », « fidèles lecteurs de La Maison écologique », Anne et Gilles ont fondé, il y a une quinzaine d’années, l’association Fourum solaire pour travailler sur l’autonomie. Toilettes sèches, énergie solaire, bois construction… Le couple connaît bien ces sujets et les artisans du secteur qui les mettent en œuvre. Pour cette maison, typique des années 1970, construite sur un sous-sol et chauffée au fioul, ils décident de cibler l’agencement, l’isolation et le chauffage. 

Ils optimisent la disposition des ouvertures en fermant une fenêtre au nord, en en ouvrant deux à l’ouest, et un ami architecte leur conseille d’ouvrir un pan de mur au sud avec une longue baie vitrée double vitrage de 4,9 m de large, composée de quatre vantaux. Pour ne pas compromettre la structure de la maison, « nous avons passé un IPN (poutre métallique porteuse) et l’ouverture est restée quelque temps avec de nombreux étais ! », se souvient Gilles. Les menuiseries proviennent de l’entreprise Reveau, dans les Deux-Sèvres, et sont fabriquées en chêne. Au nord, le couple opte pour du triple vitrage.


Écoconstruire : Leur maison paille se passe de chauffage

ECOCONSTRUIRE

À l’ombre de grands cèdres, dans la Vienne, la maison bois-paille de Sophie et Arnaud a été conçue pour répondre à leur envie de sobriété : chez eux, pas de système de chauffage en hiver, ni de climatisation en été.

Dès ma plus tendre enfance, je rêvais d’une maison en bois au milieu de la forêt », raconte Sophie. Originaire du Limousin, son père charpentier l’a élevée dans l’univers du bois, un « matériau inscrit dans [s]on ADN ». Après avoir vécu de nombreuses années en location avec leurs deux garçons Isao, 18 ans, et Julen, 8 ans, Arnaud, professeur d’éducation socioculturelle, et Sophie, assistante maternelle, ont eu envie d’un refuge familial à leur image, en accord avec leurs convictions et leur façon de vivre. « On a d’abord cherché une longère et une grange à retaper », retrace Sophie. La découverte d’une parcelle de 1 800 m2 idéalement située en sortie du bourg de La Chapelle-Moulière (86), à deux pas de la forêt de Moulière, provoque un déclic. Le terrain « entièrement clos et arboré, se prêtait à merveille au projet d’une maison bois bioclimatique parfaitement intégrée au paysage », confie Arnaud. Pour rester dans l’écologie tout en se décidant à entamer un projet de construction, ils optent finalement pour « une maison ossature bois isolée en paille ». 

Apports solaires et confort d’été

Sophie et son fils Isao dessinent les plans de la maison en 3D et le bureau d’études Imagerie 3D, à Vouillé (86), établit les plans de construction. Ophélie Largeau, thermicienne, réalise quant à elle une étude thermique pour conseiller les propriétaires qui veulent s’approcher du passif. « Cet objectif ne pouvait être atteint qu’en trouvant un juste équilibre entre l’épaisseur de l’isolation, la surface de baies vitrées, la qualité de l’étanchéité à l’air, la performance de la VMC double flux et les matériaux intérieurs, avec l’objectif de se passer de chauffage et de climatisation »,
explique Ophélie.

L’orientation bioclimatique de la maison est mûrement réfléchie. En hiver, les grandes surfaces vitrées (28 m2 de vitrages) au sud et à l’est permettent de profiter de la chaleur du soleil. Un apport passif de chauffage, renforcé par le choix d’un triple vitrage doté d’un filtre Solar XPlus (Internorm) dont le traitement de couche est destiné à optimiser l’apport solaire. Pour le confort d’été, les protections solaires ont aussi été passées à la loupe : « Au sud, un débord de toit de 90 cm évite le rayonnement solaire à l’étage pour prévenir la surchauffe tout en laissant passer les rayons en hiver, car le soleil est alors plus bas », poursuit Ophélie. À l’est et à l’ouest, des stores en bambou amovibles et posés à l’extérieur protègent de la chaleur.


Cahier pratique travaux : Enduit terre sur support paille en extérieur

-N°129, La Maison écologique, Enduit terre sur support paille en extérieur

Plus fragile que l’enduit à la chaux, la finition extérieure en terre crue est généralement déconseillée, d’autant plus si le mur est soumis aux intempéries. Lorsque l’on souhaite favoriser les matériaux à faible empreinte carbone, la réalisation d’un enduit extérieur sur support paille met souvent en œuvre de la terre locale pour le gobetis (la couche d’accroche) et, en partie, pour le corps d’enduit. La finition s’opérant, elle, à la chaux pour une plus grande résistance aux chocs et aux intempéries. Pour ce chantier, le maître d’ouvrage s’est inspiré du patrimoine bâti local en bauge, en mettant en œuvre la paille pour l’isolation et un enduit terre fibré pour la finition.

Pour appliquer cette finition terre, quelques prérequis s’imposent. Le bâtiment doit être doté d’un débord de toit supérieur à 50 % de la hauteur du mur, afin de limiter l’impact des pluies verticales sans nuire aux apports thermiques solaires en hiver. Toutefois, sur le long terme, l’agression du mur par les rebonds de pluie depuis le sol et les pluies horizontales en cas de fort vent peuvent altérer l’enduit terre. Il faut donc admettre une possible altération dans le temps. Mais, à la différence de la chaux, la terre peut être aisément recyclée pour refaire la finition ! Pour accéder sur ce chantier de professionnel à une garantie décennale sur le clos couvert, le gobetis et le corps d’enduit ont été réalisés à la chaux.

Si la surface à enduire est importante, la location d’un matériel de projection et l’accompagnement par un artisan compétent sont fortement conseillés pour gagner du temps et travailler en toute sécurité. Ici, cinq personnes ont travaillé pendant deux semaines pour réaliser les enduits sur les 170 m2, dont la préparation du support, de la terre locale et des enduits. Compter environ trois semaines de séchage entre le corps d’enduit et la réalisation de la finition.


Enquête matériaux : Insuffler les isolants végétaux

ENQUETE MATERIAUX-N°129, La Maison écologique, Isolants végétaux

Souffler ou insuffler des isolants en vrac, une pratique qui se démocratise, sous l’influence notamment d’un des isolants les moins chers du marché et non moins vertueux : la ouate de cellulose (issue du recyclage des journaux). Désormais, des isolants végétaux sont capables d’être mis en œuvre par insufflation ou soufflage, avec un rapport performance/prix très intéressant.

Précision sémantique, le terme soufflage désigne ici le fait d’isoler un plancher de combles perdus par l’intermédiaire d’une machine capable de décompresser le matériau en vrac et de l’envoyer jusqu’à la zone à isoler. Quant à l’insufflation, elle concerne dans cet article le cas d’isolants en vrac envoyés sous pression dans des caissons fermés, généralement en parois verticales ou inclinées (mur et rampant).

Nouveau souffle pour les végétaux

Qui dit isolant en vrac dit peu de transformation de la matière première, donc moins d’énergie dépensée pour sa fabrication et moins, voire pas du tout d’adjuvants tels que les fibres synthétiques polyester ou polyoléfine qui participent au maintien des panneaux en fibres de bois ou de chanvre, par exemple. Corollaire intéressant, les isolants en vrac sont généralement moins chers que leurs homologues en panneaux ou rouleaux.

Pour Gabriel Martinez, coordinateur du Réseau français de la construction en paille (RFCP), « la paille hachée permet de s’affranchir du format de la botte de paille. Ce n’est plus la structure bois qui s’adapte aux bottes, mais l’insufflation qui s’adapte à l’ossature. Et, pour les fournisseurs, commercialiser la paille hachée permet de valoriser de la menue paille ». Chez le fabricant de fibre de bois Gutex, les principaux arguments de vente pour sa Thermofibre en vrac sont la rapidité de pose, l’absence de découpes et de pertes de matière et le volume de stockage réduit.

Les isolants végétaux à insuffler ou souffler se retrouvent principalement dans les parois horizontales non soumises à des conditions d’humidité importante : plancher, plancher de combles perdus. Une fois les questions d’humidité et de tassement maîtrisées par une mise en œuvre appropriée à chacun des matériaux (densité, épaisseur), ils sont aussi utilisables en parois inclinées ou verticales, en intérieur comme en extérieur. « Les professionnels les réservent aussi pour les applications où l’espace de travail est réduit et difficile d’accès ou en isolation de contre-cloison, par exemple », explique N


Vue d’ailleurs : En Belgique, un bâtiment 100% local

bâtiment 100% local VUE D AILLEURS La Maison écologique 128

À Namur, au sud de Bruxelles (Belgique), des entrepreneurs de l’écoconstruction ont érigé un bâtiment 100% local mi-expérimental, mi-totem. Pour encourager le recours à l’ossature bois, l’isolation paille ou aux Techno-pieux, ses concepteurs ont testé des techniques, en se reposant sur des ressources locales.

Un bâtiment 100% local

Son nom : Up Straw. Une référence au projet européen dans lequel s’insère la construction*. Mais surtout, un nom qui sonne comme un appel à faire monter la paille (« straw » en anglais), à l’élever au rang des matériaux incontournables pour les constructions sobres et performantes. « Avec Up Straw, nous voulons faire avancer l’écoconstruction en Wallonie. La faire valoir mais aussi valoriser le travail des entreprises qui existent déjà », explique Caroline Broux, architecte au sein de l’agence Hélium, partie prenante du chantier et cofondatrice du Cluster écoconstruction wallon qui réunit près de 260 professionnels pour sensibiliser et promouvoir la construction écologique. Le nouveau bâtiment, fraîchement achevé en août 2021, accueille l’administration du Cluster ainsi qu’un espace de coworking, et fait office d’avant-garde. Là-bas, les constructions bois avoisinent 12 à 15 % des chantiers neufs. « Si l’on ajoute le critère isolants biosourcés tels que la paille ou l’herbe, alors ce taux doit tomber à 6 ou 7 % maximum », estime Hervé-Jacques Poskin, délégué général du Cluster né en 2003. D’après lui, les clichés ont la peau dure : « En Belgique, on peut dire que les trois petits cochons ont fait du tort à la paille. Le pays a encore la brique dans le ventre. » 

Mais la suite de l’histoire n’est pas encore écrite. Dans le secteur, plusieurs entreprises, comme Paille tech dans la construction paille ou Mobic dans la construction bois, se sont lancées dans l’aventure depuis au moins 15 ans. Des écoles, des supérettes ou encore des maisons individuelles témoignent de l’attrait que l’isolant des champs suscite. Avec Up Straw, l’idée était d’aller encore plus loin en expérimentant des techniques de préfabrication. « Nous avons travaillé avec des bureaux d’études et des entreprises qui travaillent sur des maisons individuelles. Nous avons utilisé et adapté leur savoir-faire pour faire un bâtiment de bureaux, en éprouvant des techniques sur le remplissage paille et l’usage de grumes de bois peu transformées », illustre Caroline Broux.

Pour ce bâtiment, le principe constructif n’est pas totalement nouveau. Mais pour chaque étape, le collectif s’est donné à cœur joie pour tester de nouvelles manières de faire. Première intention : réaliser des caissons 3D, en atelier, et expérimenter une alternative à la paille en bottes pour l’isolation. « À partir de ballots, nous avons utilisé de la paille en vrac…


magazine Collector – La Paille, un écomatériau pas comme les autres

Contenu Collector Paille La Maison écologique

La botte de paille fait ses preuves en construction depuis 130 ans. Et si les trois petits cochons l’avaient mise en œuvre, le loup n’aurait… rien pu faire ! La compression en bottes apporte résistance mécanique et tenue au feu.
« Sous-produit » abondant et renouvelable de cultures céréalières, sain, recyclable et accessible financièrement, la paille est en plus un piège naturel à CO2.

 

Construction paille en France

 

Depuis les débuts de notre magazine La Maison écologique, il y a plus de 20 ans, plus d’une centaine d’articles ont été publiés sur le sujet de la paille. Dossiers, enquêtes, cahiers pratiques, reportages, en construction neuve et en rénovation, autant de belles et sérieuses matières pour vous proposer aujourd’hui cet ouvrage Collector.

 

Botte de paille versus Collector Paille

 

Vous nous avez aidé à lancer ce Collector inédit !

Le contexte économique de la presse papier est aussi tendu que les liens qui compressent les bottes de paille ! Fermeture de nombreux points de vente, désertification des kiosques, hausse considérable des coûts du papier (même 100% recyclé)… Pour un magazine 100% indépendant comme La Maison écologique, seul compte le soutien de ses lectrices et de ses lecteurs. Ainsi, ce projet de Collector a pu voir le jour grâce à vos nombreux soutiens via les pré-commandes. Un énorme MERCIIIIIII au 1291 contributeurs sur la plateforme de financement participatif de la Nef, Zeste !

 

Pour commander notre premier Collector, dédié à la Paille dans la construction et la rénovation, c’est par ici ==>> Collector Paille

 

Ce que vous trouverez dans ce Collector

Curieux, porteurs de projet en autoconstruction ou avec des artisans, professionnels du bâtiment, vous puiserez dans ce Collector des informations pratiques et concrètes pour inspirer et réaliser vos projets :
  • témoignages d’habitants et de professionnels
  • reportages sur des réalisations à des tarifs allant de 330 €/m2 jusqu’à 2200 €/m2
  • avis d’expert.es
  • enquêtes techniques et dossiers
  • cahiers pratiques étape par étape pour faire par soi-même

Parution juste avant la moisson – 192 pages – 500 g d’inspiration – 20 ans d’archives