Alternatives : Portfolio

Alternatives

La Kerterre

Nikita Gouëzel a réalisé un courtmétrage sur les Kerterres sorti en janvier 2019. “Pour moi et plus que moi a rencontré tellement de succès qu’on l’a prolongé par un long métrage, Kerterre, sorti le 31 janvier 2020“, se réjouit le cinéaste, qui a découvert les Kerterres il y a cinq ans lors d’un stage de construction d’un modèle pour un adolescent qui avait peu de moyens. […]

Le car scolaire aménagé

Pour 18 000 €, dont 5 000 € d’achat du véhicule réformé, Stéphanie, Arnaud et leurs quatre enfants vivent dans un ancien car, passé du transport en commun à l’habitat hors du commun. Matériaux naturels ou de récupération (palettes à l’honneur) l’ont mué en logement itinérant de 30 m2. Reportage et vidéo dans La Maison écologique n° 106. […]

La « valise à vivre » en bois brûlé

L’artisan Nicolas Laveau habite ce module en ossature bois de 21 m2 avec, ponctuellement, ses garçons de 8 et 11 ans. « Après une séparation, on se paupérise, le coût d’un logement devient lourd pour un salaire. Cela m’a rendu moins matérialiste, plus nomade, moins attaché aux choses, confie-t-il. […]

Hébergement solidaire

L’été dernier, la deuxième maisonnette du projet In My Backyard (Imby) a été installée sur un terrain de Montreuil. Elle héberge dans 18 m² Emir, réfugié politique turc qui suit un cursus de français à Sciences Po Paris pour reprendre ses études afin de travailler pour une organisation qui défend les droits de l’homme. […]

La Figue

Caroline a autoconstruit sa maison « Figue » à Poitiers en quatre semaines en chantier participatif, accompagné par l’association Habitats libres en Poitou. Elle chauffe sa maison et prépare ses repas avec une cuisinière à bois, de récupération comme tout ce qu’utilise cette ancienne infirmière reconvertie à la métallerie. […]

Le Paligloo

Ancien professionnel du BTP converti à l’écoconstruction, Denis Lefranc a inventé le Paligloo pour proposer un logement à bas coût et facile à construire par tout bricoleur, sans atelier professionnel. L’ossature sphérique est réalisée à partir d’hexagones formés avec du bois de palettes récupérées. […]

La Goutte d’Ô

L’entreprise Selvao a construit à Piegros-la- Clastre cette « Goutte d’Ô » de 6 m². En douglas et pin des Landes, elle est installée dans le Vercors (Drôme). […]

La yourte

Isadora, Aurélien et leurs enfants Lior et Ina, 2 et 4 ans, habitent depuis l’automne 2015 cette yourte de 8 m de diamètre avec mezzanine sur près de la moitié de la surface. Elle a pris forme pour 21 000 € à l’Atelier de la Frênaie, « en grande partie en autoconstruction accompagnée par l’équipe » de cette coopérative de Charente-Maritime, précise Isadora.  […]

Le conteneur maritime

L’entreprise audoise Contain Life construit des bâtiments à partir de conteneurs maritimes usagés, comme ce T2 de 28 m². + d’info sur ce mode constructif et ses risques pour la santé dans La Maison écologique n° 113. […]


Reportage : Voûte que coûte. Plongée dans un bateau renversé

Bateau renversé

Atypique, la charpente de cette petite maison du Puy-de-Dôme lui prodigue une forme de coque de bateau renversée. Ajoutons-y un espace réduit et le naufrage guette ses trois habitants. Ce serait sans compter sur l’ingéniosité des autoconstructeurs à la barre de ce beau chantier.

Guidés par leur sensibilité écologique, Isabelle et Emmanuel mettaient le cap sur un projet de construction bien précis. « Dans la lignée de Pierre Rabhi, on voulait un habitat simple emprunt de sobriété, avec le minimum d’emprise sur le terrain et pour un coût modéré. » Le projet initial comprenait une grange (l’actuelle maison) communiquant avec une maison en ossature bois et paille.

La question s’est vite posée de savoir comment arriver à vivre sur le chantier au plus vite et dans le confort, car le délai des travaux s’envisageait assez long. « On s’est rendu compte que la grange pouvait être aménagée comme une vraie maison et que, finalement, ça ne valait pas le coup de continuer sur un chantier plus gros », retrace Emmanuel. Sa formation de charpentier de marine et son expérience d’architecte d’intérieur lui ont permis de jeter l’ancre sur un système constructif atypique, qui se rapproche de l’architecture organique et de ses formes arrondies.

À l’abordage d’un système constructif innovant

« J’avais déjà vu cette forme de coque de bateau renversée pour des abris sommaires et dans des pays d’Europe du nord. Je l’ai perfectionnée en m’inspirant des systèmes constructifs en bois lamellé-collé, qui libèrent l’espace tout en offrant une excellente résistance », confie Emmanuel. L’idée étant aussi de pouvoir monter la structure avec des moyens modestes, il a suffi de quelques jours à deux personnes pour son édification sans engin de levage, seulement quelques échafaudages. Cette forme offrant une bonne résistance au vent était particulièrement adaptée à l’emplacement géographique de la maison, sur un plateau exposé de Domaize, à 500 m d’altitude dans le Puy-de- Dôme.

Par soucis de cohérence, le choix du bois s’est porté sur une essence locale et non traitée, le douglas, complété par du mélèze, de la région également. La fondation, relativement simple elle aussi, est constituée de huit pieux en béton sur lesquels un maillage de longrines est posé. Une lisse basse en bois est fixée sur chacun des plus longs côtés. Elle sert de support pour la fixation des arcs, boulonnés et espacés d’environ 70 cm. Lors du montage du faîtage, les arcs de chaque flanc du bâtiment positionnés symétriquement face à face sont assemblés au sol avec une pièce de bois triangulaire à la jonction de leurs extrémités destinées à constituer le sommet de la maison. […]


Reportage autonomie : L’autonomie en ligne de mire

autonomie en ligne de mire

Fervente adepte de l’habitat autonome, la famille Glaziou habite cette maisonnette du Tarn depuis dix ans. Travaux, chauffage, alimentation en eau et en électricité, cuisine, l’objectif de “faire soi-même” les suit partout.

Dix années après sa construction, la maison de Sophie, Christophe et Zack n’a pas pris une ride. Au fil des printemps, elle a poursuivi sa croissance. Déjà habité, le premier module de 20 m2 a vu pousser sur son flanc une excroissance qui accueille la cuisine et salle à manger. Puis une autre pour les deux chambres. En pleine fleur de l’âge, le bâtiment a récemment fait peau neuve ; une carapace en bardeaux de bois habille les façades de la cuisine. Tout cela, né des mains de Christophe Glaziou. « Métalleux » de profession, il n’a jamais suivi de formation dans le bâtiment. Pourtant, l’objectif était clair : construction, chauffage, électricité, cuisine, eau, il voulait pouvoir tout gérer lui-même.

Fière comme une coque en paille

L’autonomie dans le viseur, il se retrousse les manches et opte pour un système constructif « simple et accessible à tout le monde : ossature bois, remplissage de paille en vrac tassée ». En sol, murs et toiture, les « caissons » sont garnis de 15 cm de cet isolant biosourcé cultivé et récolté par un voisin. Une épaisseur modeste en termes de performances thermiques, mais « je me suis appliqué à la mise en oeuvre pour que le matériau soit le plus continu possible, évitant les ponts thermiques, donc l’isolation forme une véritable coque en paille ».

Un espace facile à chauffer avec la cuisinière à bois qui a poussé au milieu de la maison il y a deux ans. Avant, la famille utilisait un classique poêle turbo en acier, « avec tous ses inconvénients : beaucoup de chaleur d’un seul coup, de stratification – très chaud au plafond et froid par terre –, de brassage d’air donc de poussière, grosse consommation de bois, combustion peu performante donc qui pollue, qui fume… Et il fallait l’alimenter quasi en continu ». Cette cuisinière poêle de masse moderne « a changé notre vie : une flambée de 1 ou 1,5 h par jour fait rayonner le poêle pendant 10 à 12 h. On compte 1 h d’inertie thermique pour 100 kg de briques ».

Chaleur : le bois fait sa loi

Fini la stratification : « dernièrement, j’ai mesuré 21,7°C au sol et 21,7°C au plafond. Le chauffage ne se fait plus par convection mais par rayonnement, c’est-à-dire qu’il ne chauffe pas l’air mais les masses. Les ondes infrarouges réchauffent les corps, meubles, murs, qui ensuite te renvoient la chaleur. Ce confort est incomparable, la chaleur est homogène, douce ». Une flambée est allumée en fin d’après-midi. Une fois le feu éteint, des clapets d’obstruction du conduit permettent de garder la chaleur plus longtemps dans le poêle. « Il fait encore bon quand on se lève le matin. » […]


Sur pilotis : Espace réduit, impact aussi

maison perchee sur pilotis

Perchée sur des pilotis, la maison érigée en Dordogne par Samantha et Nicholas n’induit pas d’impact lourd sur le terrain naturel, ni sur leur budget limité. Ses moins de 50m2 échappent aux contraintes de la réglementation thermique, allégeant encore un peu plus le projet.

 

Non, cette maison ne mesure pas 50, mais 49,72 m2. Une nuance de taille, puisqu’elle lui permet de ne pas être soumise à la Réglementation thermique 2012. « Cela nous a fait économiser au moins 10 000 €, calculent Samantha Fournier et Nicholas Claude. L’étude thermique n’aurait pas été le plus cher, il aurait surtout fallu un ou deux coûteux tests d’étanchéité à l’air, le poêle aurait dû être un modèle à régulation ou à granulés, soit 4 000 à 5 000 € au lieu de 1 500 €, nous aurions été obligés d’installer une source d’énergie renouvelable, une VMC… » L’ampleur du projet ne serait plus rentrée dans le « budget très serré ». Le couple a préféré « prioriser la qualité des matériaux et non les métrés carrés ». Pour compenser l’espace réduit, « nous nous sommes amusés à travailler les volumes et l’agencement. On peut dormir à sept ! ».

Ode à la production collective d’énergie

Échapper à l’énergie renouvelable obligatoire n’empêche pas d’être vertueux en la matière. « Un chauffe-eau thermodynamique (CET) coûte plus cher à l’achat et en consommation d’électricité. Sans compter l’usure prématurée avec notre eau chargée en calcaire. Et il est volumineux pour une petite maison. On a préféré s’abonner chez Enercoop, donc l’énergie qu’on consomme est 100 % renouvelable. On en a juste délégué la production, souligne Nicholas. Les entreprises ont le droit de sous-traiter, pourquoi serions-nous obligés de produire nous-mêmes notre énergie chez nous, payer l’installation, l’entretenir, etc. ? La produire collectivement est plus efficace. »

Quant à la VMC imposée par la RT, « on a préféré bâtir des parois perspirantes, donc étanches à l’air mais perméables à la vapeur d’eau », indique Samantha. Une ventilation temporisée est juste installée dans la salle d’eau, qui s’enclenche à l’allumage de la lumière et continue de tourner 7-8 mn après l’extinction. Pour le reste, « on entrouvre notre fenêtre pour dormir et nous gérons nous-mêmes le volume d’air renouvelé en ouvrant les fenêtres. Quand on n’est pas là, il n’y a pas des mètres cubes d’air chaud qui s’échappent ».

Chauffage éclair

L’hiver dernier, clément, 40 € de bûches ont suffi à chauffer la maison, s’enthousiasme Samantha, conseillère technique pour un organisme d’amélioration de l’habitat. Après avoir travaillé dans la photographie, les brocantes, la restauration de vaisselle ancienne et meubles, un salon de thé snack bio, trois années dans une association d’aide à la personne l’ont sensibilisée à la précarité énergétique.  Lire la suite


Charpentes en folie

Charpentes

Le coeur des zomes

Comme un diamant pointé vers le ciel, les zomes ont un petit quelque chose de mystique. Pour les faire sortir de terre, préparez des plans au millimètre et arrosez un gros tas de planches avec une pluie de géométrie sacrée. Quelques jours de chantier et le tour est joué.

La Philibert Delorme, charpente renaissante.

En dédiant à Charles IX son traité complet de l’art de bâtir, Philibert Delorme se doutait-il que 500 ans plus tard de jeunes artisants se réapproprieraient son travail pour fabriquer des charpentes économiques, écologiques, faciles à poser et fort esthétiques?

AficionaDôme

Rêve futuriste des années 1940, le dôme géodésique a trouvé ses plus fervents adeptes à la fin du mouvement hippie. Rationalité, solidarité, légèreté sont les maîtres mots de cette structure triangulée et excentrique qui se révèle plus facile à monter qu’il n’y paraît.

Charpente réciproque’n’roll

Avec son air de mikado géant, la charpente réciproque semble en équilibre instable. Et pour cause, il faut qu’elle s’écroule pour qu’elle tienne en l’air! D’intrépides constructeurs expliquent leur méthode pour monter cette structure très solide mais un peu magique.


Construire : Construction accompagnée

Construction accompagnée

Épauler les artisans pour écraser les prix

Alors qu’ils n’y connaissent rien, Cécile et Ludovic ont participé à la construction de leur maison. Budget serré mais grand projet, le couple a réalisé l’habitat de ses rêves en mettant la main à la pâte.

J’avais très envie de participer à la construction de notre maison et je n’ai pas été déçu ! », s’enthousiasme Ludovic Charriau, éducateur sportif. Sur un terrain de 1 350 m2 à Touvois, petite commune de Loire-Atlantique à la frontière avec la Vendée, Ludovic et sa compagne, Cécile, ont fait construire leur habitation écologique. En dix mois, le couple, aidé par sa famille et ses amis, a mis la main à la pâte et participé à la construction de sa maison. « Cela demande beaucoup de temps et d’investissement, prévient Ludovic. Je m’étais organisé pour avoir des horaires modulables au travail et être disponible la journée pour les travaux. » C’est le maître d’oeuvre, Christophe Benoît, qui leur a proposé cette solution pour que leur projet respecte leur budget maximum de 130 000 €. Il est secrétaire d’Échobat, association oeuvrant pour l’écoconstruction solidaire (lire p. 17). « L’artisan peut venir seul avec sa compétence et son matériel. Les bras qui manquent, ce sont les clients qui les apportent. Aujourd’hui, c’est un modèle », explique Christophe Benoît. Ce dernier, tel un chef d’orchestre, a guidé les artisans comme les propriétaires du début à la fin du chantier.


Travaux : Ériger une petite mezzanine

créer une mezzanine

Quand les enfants grandissent et deviennent adolescents, le besoin d’espace se fait sentir. Créer une mezzanine permet de gagner de la surface à moindre coût.

Lors de la construction de ma maison, subtil mélange de construction neuve sur une grange ancienne, les dimensions des pièces étaient contraintes et les trois chambres des enfants ne pouvaient être que « petites ». En comptant les placards coulissants et le petit sas d’entrée, elles arrivent péniblement à 10 m² au sol. Ce manque de surface avait été anticipé par la création d’un grand volume et d’une belle hauteur sous plafond (3,8 m) grâce à l’isolation de toiture en rampant. De plus, le positionnement de la bouche de soufflage de la VMC double flux, ainsi que la création d’une petite menuiserie donnant sur un volume intérieur lumineux, avaient été réfléchis pour permettre la mise en place d’une mezzanine. L’adolescence est arrivée… et la création de la mezzanine, décidée.

5 m2 de gagnés

Il s’agit de mettre en place une structure bois, fixée sur les parois, donc sans poteaux de reprise, et un « plancher » en panneaux trois plis de bois massif par-dessus. La mezzanine fait 2,01 x 2,61 m, soit presque les deux tiers de la pièce, augmentant la surface de plus de 5 m² avec une hauteur au plus bas de 1,2 m (un peu moins sous la panne) et plus de 1,8 m au plus haut. Elle est donc très confortable à l’usage et permet d’installer un lit double et une commode. Un meuble escalier permet d’y accéder. À cette étape du chantier, le choix du mode d’installation du garde corps n’est pas encore tranché. Les chambres appartiennent à de grands enfants. Mais il est plus que très vivement conseillé d’en placer un, surtout si des enfants en bas âge sont amenés à se déplacer dans la maison.

 


Construire : Sur les pas de ceux qui ont réduit leur carbone

maison passive

Maison passive bas carbone

À Pornic (Loire-Atlantique), à 300 m de l’océan, cette maison passive conçue dans une optique bas carbone fait rimer confort et économie d’énergie. Un véritable cocon dont la compacité améliore la performance énergétique.

La vie en appartement dans le centre de Pornic, en Loire-Atlantique, était résolument trop étriquée pour Anne-Solène et Sylvain, son époux. Le désir de vivre proche de la nature avec le projet
de fonder une famille les mène à s’installer au Portmain, hameau de bord de mer proche de la plage éponyme, dans une zone classée en réserve conservatoire du littoral depuis 2011.

Mais la vie en décide autrement. Au rôle de mère de famille, Anne-Solène substitue d’autres engagements. Présidente de l’Association pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap Pornic), engagée dans le collectif Nous Voulons des Coquelicots – appel pour l’interdiction de tous les pesticides de synthèse –, elle fait le choix d’une vie simple au rythme des saisons. La clé de voûte de cet équilibre durable ? La maison du couple, inscrite sur une parcelle d’environ 1 000 m2 où le « fait maison » prend tout son sens : produits ménagers au vinaigre blanc et savon noir, réduction des déchets, compostage et jardinage à quatre mains en mode permaculture, etc.

Conception précise et passive

Le choix constructif s’est porté sur une maison à ossature bois réalisée par l’architecte Philippe Brulé, le père d’Anne-Solène, spécialisé en bâtiment passif et bas carbone. « La réduction de notre impact environnemental, de manière globale (énergie, émission carbone), est une priorité absolue, d’autant que nous avons les connaissances pour y parvenir dans le respect des exigences budgétaires ! Ce qui m’a conduit tout naturellement à privilégier le bois en structure, confie l’architecte. C’est un matériau sain, naturel et renouvelable qui stocke le CO2 et qui nécessite peu d’énergie pour sa transformation. En témoigne la construction d’Anne-Solène et Sylvain, qui assure un stockage de carbone à hauteur de 10 t de CO2 via l’ossature et les différents isolants utilisés. Ce qui permet de compenser en grande partie le bilan carbone des fondations en béton, qui s’élève à 12 t d’équivalent CO2. »

Conçue selon les règles du Passivhaus Institut (PHI), cette maison réalisée en 2010 s’inscrit dans une démarche de sobriété. Elle vise en premier lieu à réduire au strict minimum les besoins énergétiques en chauffage et rafraîchissement. « La réussite d’une maison passive repose sur un juste équilibre entre l’épaisseur de l’isolation, la surface des baies vitrées, la qualité de l’étanchéité à l’air, la performance de la ventilation double flux et, enfin, les matériaux intérieurs, toujours avec l’objectif de se passer de chauffage et de climatisation. » […]


Escapade : Rondins des bois à la montagne

Rondins de bois

Au cœur du parc naturel des Pyrénées catalanes à deux pas du vieux village de Bolquère, le chalet Les Artigues aux allures de refuge de montagne invite à célébrer la nature. « L’idée de construire un chalet de vacances sur notre terrain à Bolquère est née alors que nous étions en vacances dans un gîte rural à La Réunion, en 2005. Accueillir à notre tour des vacanciers dans ce pays qu’on aime tant, la Cerdagne, nous a semblé une évidence, d’autant qu’Olivier avait entamé une formation de fustier depuis plusieurs années », explique Florence.

Ce chalet 100 % autoconstruction (à l’exception de la pose des panneaux solaires en toiture) dont le chantier va durer deux ans sera son oeuvre de fin de formation. « Nous le voulions en harmonie avec la nature environnante : gros rondins de bois de pays non traités, énergies renouvelables (bois et soleil ne manquent pas), matériaux sains et recyclés, fortement isolé pour faire face au froid de l’hiver et consommer peu d’énergie, d’où la toiture végétale, harmonieux par ses volumes et sa décoration, très confortable et facile à vivre », précise Olivier.

Après avoir dessiné les plans, il installe son chantier de construction à 20 km de Bolquère. Transformer des arbres bruts façonnés par la nature en maison n’est pas le choix le plus facile. Pratiquement aucun arbre n’est droit. « Tous les arbres sont d’abord écorcés à la main, lavés à haute pression, puis ajustés à la tronçonneuse pour assurer leur empilement au millimètre près », reconnaît-il. Il faudra un an d’efforts et de patience pour bâtir tronc après tronc cette fuste de bois brut. Et une année de plus pour réaliser la toiture, l’aménagement intérieur et les extérieurs.

La tendresse du bois brut

Pour favoriser le bien-être des hôtes et limiter l’impact sur l’environnement, le choix d’utiliser des matériaux naturels s’est imposé. « La nature isolante des murs en pin douglas non traité de 35 cm de diamètre en moyenne est renforcée par la laine de mouton glissée entre rondins. Sur la toiture, 35 cm de ouate de cellulose associés à 25 cm de terre végétalisée (qui en hiver retient le manteau neigeux) assurent l’isolation », détaille Olivier. Grâce à son orientation plein sud, ce chalet à la location toute l’année bénéficie d’un bel ensoleillement. En hiver, le poêle à bois norvégien (JØtul) suffit à chauffer les volumes (3 à 4 stères par an).

Pour limiter son empreinte carbone, Olivier récupère le bois de chauffage en traction animale avec son cheval ! La maison utilise aussi l’énergie solaire via 12 m2 de panneaux solaires thermiques installés en toiture. Ils alimentent l’eau chaude sanitaire, le plancher chauffant, la cloison chauffante à ossature bois à l’étage,et l’eau du bain nordique en été. Enfin, des panneaux solaires photovoltaïques 3 kWc (environ 16 m2) couvrent 50 % de la consommation électrique du chalet.

[…]


Autoconstruire : Changer de vie, viser l’autonomie

changer de vie

Pour Philippe et Amélie, leur maison en paille et terre est plus qu’une première expérience réussie et une belle aventure de chantier participatif. C’est aussi la concrétisation d’un changement de vie vers plus d’autonomie.

Dans un petit village du Réolais, à 75 km de Bordeaux, la maison de Philippe et Amélie passe presque inaperçue depuis la petite route qui sinue entre les vignes et les champs. Un terrain en pente, « pas le plus séduisant mais irrigué par trois sources », foisonnant de ronces et d’arbustes variés, orienté sud. Ici, tout a été pensé selon les principes de la permaculture. Pour Philippe, « conscient que tout allait mal sur la planète sans savoir comment y remédier », le déclic a lieu en 2010, lors d’une courte formation à cette philosophie découverte via le mouvement Colibris de Pierre Rabhi. « En fin de stage, raconte-t-il, c’était une évidence : quitter mon travail  de salarié dans l’informatique depuis 20 ans, m’installer avec ma famille dans un lieu aménagé en permaculture, construire une maison en terre et paille et vivre le plus en autonomie possible. » Pour passer le cap financièrement, le couple vend sa voiture et sa maison à ossature bois, tout juste livrée par un constructeur ! Alors qu’Amélie conserve son travail de chargée de mission dans une association d’aide aux créateurs et repreneurs d’entreprises, Philippe se forme en enchaînant les chantiers participatifs. Un périple de deux ans et demi, riche en rencontres et inspiration. Il peaufine ainsi petit à petit leur propre projet de construction en paille et terre. La technique de la cellule sous tension (CST), accessible techniquement aux autoconstructeurs, est retenue. Autres souhaits du couple, l’ancrage de la maison grâce à des fondations cyclopéennes, faites de pierres et de chaux, et la création d’un hérisson ventilé au lieu d’un vide sanitaire.

Chantier participatif XXL

Pour trouver le terrain qui réponde à la longue liste de critères établie – parmi lesquels la présence d’argile (pour la construction) et la desserte d’une gare pour se rendre à Bordeaux en moins de 45 min –, il faut au couple pas moins de 18 mois. S’ensuivent cinq refus des banques avant d’obtenir le prêt de 35 000 € pour acheter la parcelle convoitée de 1,4 ha. « Le problème n’était pas notre solvabilité, mais la prise de risque puisqu’il n’y a pas d’hypothèque possible en autoconstruction, explique Philippe. Certaines banques exigeaient l’intervention de cinq corps d’état dans la construction ! » L’acte de vente enfin signé en juin 2014, le couple donne le coup d’envoi d’un vaste chantier participatif, qui durera près de deux ans et demi (avec une pause de cinq mois lors de l’emménagement). « C’était
logique pour moi de transmettre ce que j’avais reçu. On a accueilli au total 250 bénévoles, de tous âges et de tous horizons », se souvient l’autoconstructeur. Logées sur place dans des caravanes, un kerterre ou encore une yourte, jusqu’à 15 personnes simultanément prêtent main-forte à Philippe, qui, par sécurité, fait appel à des professionnels pour trois postes : les plans de la charpente et l’escalier, la plomberie et l’électricité.

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