Filière : Sur le marché de la construction, longue vie au bois !

filière construction bois

Malgré des parts de marché encore à la marge pour l’habitat en bois, la filière française se structure et prend de la hauteur. La construction bois a de sérieux atout à faire valoir.

En France, 25 655 maisons individuelles et logements collectifs ont été construits en bois en 2018, une hausse de 20 % par rapport à 2016. Malgré ce chiffre encourageant, le bois ne représente toujours que 6,3 % du marché de la construction, le nombre de réalisations évoluant à un rythme similaire au
reste du secteur. Pour la maison individuelle, ce chiffre plafonne autour de 10 %. La part de marché des extensions-surélévations en bois est également
stable, autour de 27 %(1). Et pourtant, que d’avantages au bois !

En ces temps de bouleversement climatique, rappelons que les arbres absorbent du CO2 durant leur croissance grâce à la photosynthèse : 1 m3 de bois emprisonne en moyenne 1 t de CO2.

En France métropolitaine, la forêt couvre 16.9 millions d’héctares soit 31 % du territoire.

Le bois est une ressource renouvelable, avec un cycle de vie peu énergivore, d’autant plus s’il est consommé localement. Il  génère peu de déchets.

« Nous estimons que 15 à 20 % du bois en fin de vie vont en décharge, 30 % sont valorisés énergétiquement, 30 % sont broyés pour faire des panneaux ou meubles et le reste est probablement récupéré par des associations, des particuliers ou des artisans et par l’économie sociale et solidaire, indique Romain Canler, délégué général de l’Union des industriels et constructeurs bois (UICB).

 

 


Enquête ressources : Débusquer les bons conseils

acteurs ressources

Pour bien se renseigner avant de se lancer dans un projet de construction en bois, petits tours des acteurs ressources.

C’est décidé, je veux une maison en bois. Encore faut-il choisir le type de structure, les essences et tout ce qu’on mettra autour… La filière bois propose trois outils en ligne : Panorama bois présente plus de 3 000 réalisations, avec fiches détaillées et coordonnées des acteurs ; Ambition bois apporte de nombreuses informations techniques et réglementaires, de la définition d’un projet à sa réalisation ; la Médiathèque bois fournit gratuitement plus de 6 000 photos et documents numériques.

En outre, pour une entrée plus locale, les interprofessions en région (parfois déclinées en version départementale), fédérées par France Bois région, et leurs 27 prescripteurs bois sont les principaux interlocuteurs. S’ils travaillent beaucoup avec les professionnels, ils sont aussi à l’écoute des particuliers et peuvent les renseigner sur les essences à choisir selon les usages et leur disponibilité régionale, les filières locales d’approvisionnement, les produits bois et leur mise en oeuvre…

La documentation sur leurs sites Internet est riche. Ainsi, Fibois Paca a publié un guide des essences locales utilisables en construction ; Boislocal.bzh, créé par Abibois, a la même ambition en Bretagne ; dans le Limousin, un guide Osez le bois local est à disposition.


Construire : Leur maison voit la vie en roseau

maison roseau

Surplombant les roselières de la Brière du Brossais (44), la maison de Clémence et Cédric est habillée de roseau. Isolant murs et toiture, ce végétal revêt aussi les façades. Une technique contemporaine qui plie la tradition mais ne la rompt pas.

La large baie vitrée de Clémence et Cédric domine les marais de la Brière du Brossais, parsemés de roseaux. « Quand j’ai découvert la paroi en bois et roseau de la société RizHome, ça a tout de suite fait sens », se souvient Clémence Cazenave, architecte et propriétaire de cette maison de Savenay (44) avec Cédric Bassaget, informaticien. « La pose de bottes de roseau en vêture extérieure est pratiquée depuis des années aux Pays-Bas, Suède et Norvège, décrit Mireille Avril, de RizHome. Ils ont une assurabilité et annoncent 80 ans de durée de vie. » Clémence apprécie ce « bardage naturel qui sert d’isolant, protège de la pluie, offre une finition esthétique et des bienfaits acoustiques ».

L’experte promeut l’utilisation du roseau en construction dans une « démarche d’économie circulaire à impacts positifs. En plus de l’intérêt pour le bâti, c’est une boucle vertueuse qui valorise cette biomasse tout en entretenant les roselières qui jouent un rôle important pour l’épuration des eaux rendues à la mer. Ce débouché offre aussi une évolution au savoir-faire local des chaumiers ». Coupé sec sur pied, le roseau ne nécessite aucune transformation avant utilisation.

Une filière pour les roselières

Sans intrants ni irrigation, ce végétal pousse naturellement sur terrain humide, pouvant même devenir envahissant. Il ne fait pas l’objet d’une exploitation, mais d’un simple entretien des parcelles. « Si la roselière n’est pas entretenue, la matière sèche tombe au sol, donc en modifie la structure. Le roseau peut finir par ne plus être à l’aise et d’autres espèces prennent le dessus, dont des invasives comme le baccharis. » Des marchés publics d’entretien visent à ce que le roseau soit coupé et évacué.

Non entretenus, les roseaux poussent en tous sens. Ils peuvent alors être broyés pour isoler des caissons comme ceux des murs et du toit de Cédric et Clémence. Mais de tels roseaux en vêture extérieure auraient une esthétique aléatoire et une mise en oeuvre plus complexe, donc plus coûteuse. « Pour obtenir une tige fine, droite et homogène, il faut six à huit ans d’entretien de la roselière. » En Bretagne, la coupe d’entretien est très peu valorisée. Structurer une filière y est donc compliqué, mais RizHome se démène pour y parvenir. En attendant, les 1 400 bottes de ce chantier ont été acheminées de Camargue, contrairement au roseau broyé des caissons, qui vient de Bretagne.


Autoconstruire : 2 bâtiments-tests avant la maison finale

bâtiments-tests

En construisant dans le Gers une maisonnette où habiter pendant leurs futurs chantiers, puis un hangar, Jérôme et Valérie ont pu tester divers matériaux et techniques d’écoconstruction. Et ainsi choisir en toute conscience ce que serait leur maison finale.

Thèse, antithèse, synthèse. En partie basse du terrain pentu de Valérie et Jérôme Boisneau, dans le Gers, flotte une maisonnette de 16 m2 en bois et ouate de cellulose sur pilotis. Thèse. Jouxtant ce premier bâtiment érigé et habité par le couple et ses enfants pendant plus de trois ans, un grand hangar partiellement isolé en bottes de paille. Antithèse. La synthèse de ces deux premières expériences se dresse dans leur prolongement. « L’objectif du petit chalet était de vite habiter sur place, mais aussi de nous tester en tant qu’autoconstructeurs et tester des techniques et des matériaux », retrace Valérie.

La démonstration s’achève en 2014 avec l’emménagement dans leur maison bioclimatique qui a su tirer parti des expériences menées sur les deux premiers bâtiments. « C’est plus rassurant de commencer par tout petit, ça va plus vite et les erreurs coûtent moins cher », prône Jérôme. De la ouate de cellulose a été insufflée dans l’ossature bois de la maisonnette; le toit, isolé en rampant avec de la chènevotte de chanvre en vrac. Test validé pour cette dernière, qui isole la maison finale mais simplement déversée au sol des combles perdus. La ouate insufflée a été recalée, « elle nécessite un savoir-faire et sa mise en oeuvre est laborieuse. Il faut découper de nombreux trous dans le mur pour insuffler, les reboucher… Ces ronds se devinent toujours à travers l’enduit, qu’on voulait appliquer directement sur le Pavaplan(1) sans le doubler ».

Porter haut les basses technologies

Autre enseignement : « Pour le chalet, on a misé sur l’isolation seulement. Sans inertie thermique, on avait des surchauffes en été, se souvient Jérôme. Au lieu d’un sol isolé sur pilotis, nous avons préféré coller la nouvelle maison au terrain, uniquement séparés par des matériaux massifs. »

Une partie du sol est revêtu de terre cuite. « En été, ces tomettes absorbent la chaleur et le sol reste agréablement frais. En hiver, elles accumulent le rayonnement devant les vitrages plein sud. » Deux cloisons en briques de terre crue comprimée (BTC) participent aussi à l’inertie du bâtiment, ainsi qu’à la régulation de l’hygrométrie. « Bien que la salle d’eau soit toute petite, on peut enchaîner quatre douches sans aucune buée sur les miroirs », apprécie Valérie.

Adepte des low-tech, le couple ne voulait pas de VMC. […]

 


Leur maison écologique voit la vie en roseau !

Construire une maison saine et naturelle grâce au roseau. © Gwendal Le Ménahèze

Surplombant les roselières de la Brière du Brossais (Loire-Atlantique), la maison de Clémence et Cédric est habillée de roseau. Isolant murs et toiture, ce végétal revêt aussi les façades. Une technique contemporaine qui plie la tradition mais ne la rompt pas.

La large baie vitrée de Clémence et Cédric domine les marais de la Brière du Brossais, parsemés de roseaux. « Quand j’ai découvert la paroi en bois et roseau de la société RizHome, ça a tout de suite fait sens », se souvient Clémence Cazenave, architecte et propriétaire de cette maison de Savenay (Loire-Atlantique) avec Cédric Bassaget, informaticien. « La pose de bottes de roseau en vêture extérieure est pratiquée depuis des années aux Pays-Bas, Suède et Norvège, décrit Mireille Avril, de RizHome. Ils ont une assurabilité et annoncent 80 ans de durée de vie. » Lire la suite


Alternatives : Portfolio

Alternatives

La Kerterre

Nikita Gouëzel a réalisé un courtmétrage sur les Kerterres sorti en janvier 2019. “Pour moi et plus que moi a rencontré tellement de succès qu’on l’a prolongé par un long métrage, Kerterre, sorti le 31 janvier 2020“, se réjouit le cinéaste, qui a découvert les Kerterres il y a cinq ans lors d’un stage de construction d’un modèle pour un adolescent qui avait peu de moyens. […]

Le car scolaire aménagé

Pour 18 000 €, dont 5 000 € d’achat du véhicule réformé, Stéphanie, Arnaud et leurs quatre enfants vivent dans un ancien car, passé du transport en commun à l’habitat hors du commun. Matériaux naturels ou de récupération (palettes à l’honneur) l’ont mué en logement itinérant de 30 m2. Reportage et vidéo dans La Maison écologique n° 106. […]

La « valise à vivre » en bois brûlé

L’artisan Nicolas Laveau habite ce module en ossature bois de 21 m2 avec, ponctuellement, ses garçons de 8 et 11 ans. « Après une séparation, on se paupérise, le coût d’un logement devient lourd pour un salaire. Cela m’a rendu moins matérialiste, plus nomade, moins attaché aux choses, confie-t-il. […]

Hébergement solidaire

L’été dernier, la deuxième maisonnette du projet In My Backyard (Imby) a été installée sur un terrain de Montreuil. Elle héberge dans 18 m² Emir, réfugié politique turc qui suit un cursus de français à Sciences Po Paris pour reprendre ses études afin de travailler pour une organisation qui défend les droits de l’homme. […]

La Figue

Caroline a autoconstruit sa maison « Figue » à Poitiers en quatre semaines en chantier participatif, accompagné par l’association Habitats libres en Poitou. Elle chauffe sa maison et prépare ses repas avec une cuisinière à bois, de récupération comme tout ce qu’utilise cette ancienne infirmière reconvertie à la métallerie. […]

Le Paligloo

Ancien professionnel du BTP converti à l’écoconstruction, Denis Lefranc a inventé le Paligloo pour proposer un logement à bas coût et facile à construire par tout bricoleur, sans atelier professionnel. L’ossature sphérique est réalisée à partir d’hexagones formés avec du bois de palettes récupérées. […]

La Goutte d’Ô

L’entreprise Selvao a construit à Piegros-la- Clastre cette « Goutte d’Ô » de 6 m². En douglas et pin des Landes, elle est installée dans le Vercors (Drôme). […]

La yourte

Isadora, Aurélien et leurs enfants Lior et Ina, 2 et 4 ans, habitent depuis l’automne 2015 cette yourte de 8 m de diamètre avec mezzanine sur près de la moitié de la surface. Elle a pris forme pour 21 000 € à l’Atelier de la Frênaie, « en grande partie en autoconstruction accompagnée par l’équipe » de cette coopérative de Charente-Maritime, précise Isadora.  […]

Le conteneur maritime

L’entreprise audoise Contain Life construit des bâtiments à partir de conteneurs maritimes usagés, comme ce T2 de 28 m². + d’info sur ce mode constructif et ses risques pour la santé dans La Maison écologique n° 113. […]


Reportage : Voûte que coûte. Plongée dans un bateau renversé

Bateau renversé

Atypique, la charpente de cette petite maison du Puy-de-Dôme lui prodigue une forme de coque de bateau renversée. Ajoutons-y un espace réduit et le naufrage guette ses trois habitants. Ce serait sans compter sur l’ingéniosité des autoconstructeurs à la barre de ce beau chantier.

Guidés par leur sensibilité écologique, Isabelle et Emmanuel mettaient le cap sur un projet de construction bien précis. « Dans la lignée de Pierre Rabhi, on voulait un habitat simple emprunt de sobriété, avec le minimum d’emprise sur le terrain et pour un coût modéré. » Le projet initial comprenait une grange (l’actuelle maison) communiquant avec une maison en ossature bois et paille.

La question s’est vite posée de savoir comment arriver à vivre sur le chantier au plus vite et dans le confort, car le délai des travaux s’envisageait assez long. « On s’est rendu compte que la grange pouvait être aménagée comme une vraie maison et que, finalement, ça ne valait pas le coup de continuer sur un chantier plus gros », retrace Emmanuel. Sa formation de charpentier de marine et son expérience d’architecte d’intérieur lui ont permis de jeter l’ancre sur un système constructif atypique, qui se rapproche de l’architecture organique et de ses formes arrondies.

À l’abordage d’un système constructif innovant

« J’avais déjà vu cette forme de coque de bateau renversée pour des abris sommaires et dans des pays d’Europe du nord. Je l’ai perfectionnée en m’inspirant des systèmes constructifs en bois lamellé-collé, qui libèrent l’espace tout en offrant une excellente résistance », confie Emmanuel. L’idée étant aussi de pouvoir monter la structure avec des moyens modestes, il a suffi de quelques jours à deux personnes pour son édification sans engin de levage, seulement quelques échafaudages. Cette forme offrant une bonne résistance au vent était particulièrement adaptée à l’emplacement géographique de la maison, sur un plateau exposé de Domaize, à 500 m d’altitude dans le Puy-de- Dôme.

Par soucis de cohérence, le choix du bois s’est porté sur une essence locale et non traitée, le douglas, complété par du mélèze, de la région également. La fondation, relativement simple elle aussi, est constituée de huit pieux en béton sur lesquels un maillage de longrines est posé. Une lisse basse en bois est fixée sur chacun des plus longs côtés. Elle sert de support pour la fixation des arcs, boulonnés et espacés d’environ 70 cm. Lors du montage du faîtage, les arcs de chaque flanc du bâtiment positionnés symétriquement face à face sont assemblés au sol avec une pièce de bois triangulaire à la jonction de leurs extrémités destinées à constituer le sommet de la maison. […]


Reportage autonomie : L’autonomie en ligne de mire

autonomie en ligne de mire

Fervente adepte de l’habitat autonome, la famille Glaziou habite cette maisonnette du Tarn depuis dix ans. Travaux, chauffage, alimentation en eau et en électricité, cuisine, l’objectif de “faire soi-même” les suit partout.

Dix années après sa construction, la maison de Sophie, Christophe et Zack n’a pas pris une ride. Au fil des printemps, elle a poursuivi sa croissance. Déjà habité, le premier module de 20 m2 a vu pousser sur son flanc une excroissance qui accueille la cuisine et salle à manger. Puis une autre pour les deux chambres. En pleine fleur de l’âge, le bâtiment a récemment fait peau neuve ; une carapace en bardeaux de bois habille les façades de la cuisine. Tout cela, né des mains de Christophe Glaziou. « Métalleux » de profession, il n’a jamais suivi de formation dans le bâtiment. Pourtant, l’objectif était clair : construction, chauffage, électricité, cuisine, eau, il voulait pouvoir tout gérer lui-même.

Fière comme une coque en paille

L’autonomie dans le viseur, il se retrousse les manches et opte pour un système constructif « simple et accessible à tout le monde : ossature bois, remplissage de paille en vrac tassée ». En sol, murs et toiture, les « caissons » sont garnis de 15 cm de cet isolant biosourcé cultivé et récolté par un voisin. Une épaisseur modeste en termes de performances thermiques, mais « je me suis appliqué à la mise en oeuvre pour que le matériau soit le plus continu possible, évitant les ponts thermiques, donc l’isolation forme une véritable coque en paille ».

Un espace facile à chauffer avec la cuisinière à bois qui a poussé au milieu de la maison il y a deux ans. Avant, la famille utilisait un classique poêle turbo en acier, « avec tous ses inconvénients : beaucoup de chaleur d’un seul coup, de stratification – très chaud au plafond et froid par terre –, de brassage d’air donc de poussière, grosse consommation de bois, combustion peu performante donc qui pollue, qui fume… Et il fallait l’alimenter quasi en continu ». Cette cuisinière poêle de masse moderne « a changé notre vie : une flambée de 1 ou 1,5 h par jour fait rayonner le poêle pendant 10 à 12 h. On compte 1 h d’inertie thermique pour 100 kg de briques ».

Chaleur : le bois fait sa loi

Fini la stratification : « dernièrement, j’ai mesuré 21,7°C au sol et 21,7°C au plafond. Le chauffage ne se fait plus par convection mais par rayonnement, c’est-à-dire qu’il ne chauffe pas l’air mais les masses. Les ondes infrarouges réchauffent les corps, meubles, murs, qui ensuite te renvoient la chaleur. Ce confort est incomparable, la chaleur est homogène, douce ». Une flambée est allumée en fin d’après-midi. Une fois le feu éteint, des clapets d’obstruction du conduit permettent de garder la chaleur plus longtemps dans le poêle. « Il fait encore bon quand on se lève le matin. » […]


Sur pilotis : Espace réduit, impact aussi

maison perchee sur pilotis

Perchée sur des pilotis, la maison érigée en Dordogne par Samantha et Nicholas n’induit pas d’impact lourd sur le terrain naturel, ni sur leur budget limité. Ses moins de 50m2 échappent aux contraintes de la réglementation thermique, allégeant encore un peu plus le projet.

 

Non, cette maison ne mesure pas 50, mais 49,72 m2. Une nuance de taille, puisqu’elle lui permet de ne pas être soumise à la Réglementation thermique 2012. « Cela nous a fait économiser au moins 10 000 €, calculent Samantha Fournier et Nicholas Claude. L’étude thermique n’aurait pas été le plus cher, il aurait surtout fallu un ou deux coûteux tests d’étanchéité à l’air, le poêle aurait dû être un modèle à régulation ou à granulés, soit 4 000 à 5 000 € au lieu de 1 500 €, nous aurions été obligés d’installer une source d’énergie renouvelable, une VMC… » L’ampleur du projet ne serait plus rentrée dans le « budget très serré ». Le couple a préféré « prioriser la qualité des matériaux et non les métrés carrés ». Pour compenser l’espace réduit, « nous nous sommes amusés à travailler les volumes et l’agencement. On peut dormir à sept ! ».

Ode à la production collective d’énergie

Échapper à l’énergie renouvelable obligatoire n’empêche pas d’être vertueux en la matière. « Un chauffe-eau thermodynamique (CET) coûte plus cher à l’achat et en consommation d’électricité. Sans compter l’usure prématurée avec notre eau chargée en calcaire. Et il est volumineux pour une petite maison. On a préféré s’abonner chez Enercoop, donc l’énergie qu’on consomme est 100 % renouvelable. On en a juste délégué la production, souligne Nicholas. Les entreprises ont le droit de sous-traiter, pourquoi serions-nous obligés de produire nous-mêmes notre énergie chez nous, payer l’installation, l’entretenir, etc. ? La produire collectivement est plus efficace. »

Quant à la VMC imposée par la RT, « on a préféré bâtir des parois perspirantes, donc étanches à l’air mais perméables à la vapeur d’eau », indique Samantha. Une ventilation temporisée est juste installée dans la salle d’eau, qui s’enclenche à l’allumage de la lumière et continue de tourner 7-8 mn après l’extinction. Pour le reste, « on entrouvre notre fenêtre pour dormir et nous gérons nous-mêmes le volume d’air renouvelé en ouvrant les fenêtres. Quand on n’est pas là, il n’y a pas des mètres cubes d’air chaud qui s’échappent ».

Chauffage éclair

L’hiver dernier, clément, 40 € de bûches ont suffi à chauffer la maison, s’enthousiasme Samantha, conseillère technique pour un organisme d’amélioration de l’habitat. Après avoir travaillé dans la photographie, les brocantes, la restauration de vaisselle ancienne et meubles, un salon de thé snack bio, trois années dans une association d’aide à la personne l’ont sensibilisée à la précarité énergétique.  Lire la suite


Charpentes en folie

Charpentes

Le coeur des zomes

Comme un diamant pointé vers le ciel, les zomes ont un petit quelque chose de mystique. Pour les faire sortir de terre, préparez des plans au millimètre et arrosez un gros tas de planches avec une pluie de géométrie sacrée. Quelques jours de chantier et le tour est joué.

La Philibert Delorme, charpente renaissante.

En dédiant à Charles IX son traité complet de l’art de bâtir, Philibert Delorme se doutait-il que 500 ans plus tard de jeunes artisants se réapproprieraient son travail pour fabriquer des charpentes économiques, écologiques, faciles à poser et fort esthétiques?

AficionaDôme

Rêve futuriste des années 1940, le dôme géodésique a trouvé ses plus fervents adeptes à la fin du mouvement hippie. Rationalité, solidarité, légèreté sont les maîtres mots de cette structure triangulée et excentrique qui se révèle plus facile à monter qu’il n’y paraît.

Charpente réciproque’n’roll

Avec son air de mikado géant, la charpente réciproque semble en équilibre instable. Et pour cause, il faut qu’elle s’écroule pour qu’elle tienne en l’air! D’intrépides constructeurs expliquent leur méthode pour monter cette structure très solide mais un peu magique.