Enquête : Clôturer sans enfermer



La clôture définit les limites d’une propriété

Mais aussi des espaces au sein d’un même jardin, empêche des animaux de partir en vadrouille, etc. certaines sont dramatiques pour l’environnement et le lien social. des solutions existent pour limiter les dégâts, voire recréer de la vie.

D’’un côté de la rue, il y a ce mur bahut surmonté de grilles en fer forgé. De l’autre, ce mur maçonné de 2 m tout gris. Les clôtures façonnent notre paysage. Elles sont des limites culturelles, instaurées pour séparer un grand dehors, lieu du tout-le-monde, d’un dedans qui nous caractérise », définit Chris Younès, philosophe de l’architecture. Elle invite à penser les clôtures comme un « espace critique ». Leur aspect, leur opacité, leur hauteur « ques- tionnent notre façon d’habiter le monde. À quel point on lui fait confiance ou non, à quel point on veut cohabiter avec lui… ». Ce « lui » vaut pour l’humain et le non-humain. « Les clôtures participent à la fragmentation paysa-gère. Quand elles sont pleines au moins sur la partie inférieure ou à mailles fines, elles empêchent la faune de se déplacer pour s’abriter, se nourrir ou se reproduire », pointe Elsa Caudron, responsable du programme Nature en ville de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO). Sont victimes, entre autres, le hérisson qui se rapproche des villes pour s’alimenter dans les jardins, la pédofaune évo-luant dans les premiers 10 cm du sol, le renard… Il est temps que la clôture incarne « une nouvelle façon de vivre avec l’autre et avec la terre », sou-haite Chris Younès. Qu’elle ne représente plus « une barrière infranchissable » mais « un espace de mise en relation ». Un concept clé : la perméabilité.


Extérieur : Clôtures vivantes

Clôtures vivantes

L’osier s’invite au jardin pour composer des clôtures vivantes tressées du plus bel effet.

Remis au goût du jour par le festival des jardins de Chaumont-sur-Loire (41) il y a une vingtaine d’années, l’osier vivant se plie à toutes les envies pour donner naissance à de nombreuses créations paysagères – cabanes, tonnelles, tunnels, mais aussi clôtures tressées. Ces parois végétales permettent de s’affranchir des éternels grillages, claustras en bois autoclavé ou panneaux rigides en PVC.

Charmante et peu onéreuse, cette clôture vivante apporte mouvement et originalité. Sa fonction brise-vue à la belle saison permet de créer une zone d’intimité, de délimiter une parcelle en jouant sur différentes hauteurs (1 à 1,80 m). « Dès les beaux jours, elle se garnit de feuilles. En hiver, elle laisse passer la lumière, car le saule perd son feuillage. Néanmoins, elle reste décorative par la couleur de son écorce et le dessin du tressage », précise Caroline Chomy, créatrice vannière en Bretagne.
En effet, ces fines haies de 30 cm d’épaisseur offrent l’esthétique du dessin en losange. « L’art de tresser l’osier vivant s’inscrit dans la tradition du jardin d’ornement médiéval : palissades et plessis entourant les carrés des simples se retrouvent sur des gravures datant du Moyen Âge », poursuit Caroline. Aujourd’hui, le tressage à doubles brinss’impose pour son esthétique et sa bonne résistance dans le temps.


Aménagements extérieurs



Haies, terrasse, potager, jardin d’ornement, allées… Quand on a la chance d’avoir un terrain à aménager autour de son habitation, autant en profiter ! Et le faire selon une démarche respectueuse de l’environnement et avec un coût maîtrisé. Des professionnels comme les paysagistes peuvent vous apporter un conseil précieux. Il est très pertinent de penser aux aménagements extérieurs dès la phase de conception.

Si vous souhaitez avoir votre propre potager, optez pour la permaculture ! Ce type de culture est une réponse à l’agriculture intensive : prendre soin de la terre, prendre soin de l’homme et partager ses ressources. Autrement dit, jardiner sans produits chimiques, en suivant le rythme des saisons et en favorisant la biodiversité.

 

La haie

Pensez également à planter une haie en limite de parcelle. Non pas forcément pour vous cacher, mais pour vous protéger des vents dominants. Elle aura en outre un grand intérêt pour l’écosystème. En effet, une haie composée de divers plantes et arbustes locaux sera colonisée par la faune pour se réfugier, se nourrir et se reproduire. Vérifiez dans le code de l’urbanisme de votre commune à quelle distance de vos voisins vous avez le droit de planter cette haie.

 

La pelouse

Il en existe différents types selon l’utilisation que vous en ferez (terrain de jeu, détente, agrément…), votre type de sol et le climat auquel elle sera soumise. Préférez un gazon qui n’a pas besoin d’être arrosé l’été et qui pousse lentement pour éviter d’avoir à tondre trop souvent. De plus, n’hésitez pas à utiliser l’herbe tondue dans votre jardin, en compost ou en désherbant naturel.

 

Envie d’une piscine ?

Il existe aujourd’hui des bassins de baignade naturels, où l’eau est épurée uniquement grâce à des plantes et les bactéries qui y sont associées ! En la réalisant vous-même, le coût peut-être très raisonnable (moins de 5000 euros) et le rendu épatant. Sachez qu’une déclaration préalable est nécessaire pour les bassins jusqu’à 100 m2 et un permis de construire pour ceux de plus de 100 m2.

 

Terrasse et clôture

Si vous souhaitez faire une terrasse ou une clôture en bois, il faut adapter le choix du matériau au climat local. Les classes de bois adaptées à l’extérieur sont :

  • classe 4 : Aucune dégradation due à l’humidité (eau douce) ou du sol
  • classe 5 : peut être en contact permanent avec l’eau, même salée.

 

L’allée

Il y a des précautions à prendre. En effet, évitez d’utiliser du bitume ou autre revêtement imperméable : l’eau de pluie ne pourra pas s’infiltrer dans votre sol. Une solution écologique et décorative serait par exemple de faire une calade, qui est une allée de pierres liées avec de la terre et/ou du sable. Quelques règles à respecter pour effectuer vos aménagements extérieurs en toute légalité :

  • Aucune autorisation requise pour les ouvrages dont la surface au sol est inférieure à 2 m2 et dont la hauteur est inférieure à 1,5 m.
  • Une déclaration de travaux est nécessaire pour les locaux (abris de jardin, véranda…) et les terrasses de moins de 20 m2, ainsi que pour les piscines traditionnelles non couvertes.
  • Un permis de construire est obligatoire pour une piscine couverte et pour toute construction ou installation de plus de 20 m2 au sol.

 

Points de vigilance

Faites vos choix d’aménagement en fonction de votre localisation géographique : conditions météorologiques, traditions locales, matériaux existants sur place…

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Extérieurs

clôtures végétales

Les clôtures naturelles et accueillantes : les protections qui facilitent l’échange.

Halte aux haies uniformes, aux clôtures étanches aux regards, qui isolent les propriétaires de jardins du reste du monde. Pourquoi ne pas opter pour une jolie barrière naturelle, un plessis fleuri, une palissade débordante de plantes grimpantes, une clôture en osier ou en brande ?