Travaux : Dalle légère en chaux et liège

TRAVAUX DALLE CHAUX LIEGE

Réhabiliter un bâti ancien tout en le respectant ?

Rien d’impossible. la preuve avec un sol sur «hérisson» en gravier et dalle chaux-liège qui allie aération, légèreté et confort thermique.

Marine et Jean-Paul Bottier ont eu un coup de cœur pour ce château de 750 m2 habitables à Charnizay (37). Quittant le stress de la vie parisienne, ils ont parié sur ce lieu à l’environnement calme pour créer des chambres d’hôtes et un gîte. Afin de garder l’authenticité du bâti tout en lui apportant un vrai confort thermique, le couple a choisi de réhabiliter le château avec des matériaux écologiques. Pour les sols, Marine et Jean-Paul ont misé sur un hérisson en gravier surmonté d’une dalle chaux-liège. Parfait pour y fixer un plancher chauffant. « L’avantage du béton de chaux-liège est que le complexe chauffant peut s’y fixer mécaniquement », explique Sylvain Amiard, maître d’œuvre chez BV2i. La mise en place d’un hérisson permet d’aérer la dalle et de couper son contact direct avec la terre.


Dossier : Soyons chaux

Dossier chaux chanvre projete

Pierre angulaire de la reconstruction d’après ­guerre, le ciment s’est imposé, reléguant la chaux au second rang.

Comme la chaux, le ciment est issu de la cuisson à haute température de roches calcaires. Mais pour fabriquer du ciment, on utilise du calcaire contenant- naturellement pour le ciment prompt Vicat, ou par mélange pour le ciment Portland – au moins 15 % d’argile. Le Français Louis Vicat formule ce ciment en 1818. Dix ans plus tard, il construit avec un pont suspendu à Argentat (19). Si le béton, mélange d’un liant (historique­ment la chaux), de granulats et d’eau était connu depuis longtemps, le béton de ciment naît au XIXe siècle. Dans le même temps, !’Écossais Joseph Aspdin affine un mélange d’argile et de calcaire, qu’il chauffe plus fortement, abou­tissant à un produit plus résistant; le ciment Portland, aujourd’hui le plus courant.

Le ciment ne sera massivement utilisé qu’à partir de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Sa forte résistance à la compression et à la flexion lorsqu’il est armé, sa prise rapide, son étanchéité, son adhérence et son coût abordable le rendent incontournable pour le génie civil et, sur-tout, pour une reconstruction rapide. Il place ainsi dans l’ombre les matériaux traditionnellement utilisés ; bois, terre, chaux. Le ciment s’impose même pour des usages où il n’est pas le plus pertinent, comme les enduits; «On est passé de chantiers de trois semaines avec la chaux à trois jours avec du ciment »; constatent Emmanuel Richard et Matthias Callari, de Néolithe maçonnerie (81), entreprise artisanale spécialisée pierre et chaux.


Finitions : Rejointoyer un mur en pierre

Rejointoyer un mur en pierre

Redonner caractère et solidité à un vieux mur

Les murs soutiennent la maison, ils ont besoin d’être solides. Mieux vaut aussi qu’ils soient perméables à la vapeur d’eau. Or, quand les joints de chaux commencent à tomber en poussière, les pierres finissent par se décrocher, réduisant la solidité d’ensemble. Et lorsqu’ils ont été refaits au ciment, ils deviennent trop étanches, l’humidité s’accumule. Il y a risque d’insalubrité. Pareilles situations nécessitent une opération de rejointoiement dans les règles de l’art.


Matériaux : Alternatives à la dalle béton

Alternatives à la dalle beton

Un sol en béton, que dalle !

Le tout-puissant béton armé de ciment a fait de la dalle de sol son pré carré. Heureusement, des alternatives existent, qui sont bien plus pertinentes pour la qualité de vie intérieure. Certaines sont assez simples à mettre en oeuvre.

Une dalle de sol sur terre-plein sans ciment ? Impossible, nous répondent les constructeurs conventionnels, pour qui béton de ciment rime avec  résistance, rigidité et… garantie décennale. Pourtant, le coût environnemental prohibitif du ciment (4 % des émissions mondiales de CO2)
et les conséquences de l’extraction massive de sable marin et de gravier pour la construction (autour de 25 milliards de tonnes par an) remettent largement en cause cette technique pourtant solidement implantée dans les esprits.


Cahier pratique : Peinture au caséate de chaux

Peinture au caséate de chaux

Faites votre peinture au caséate de chaux

Traditionnellement utilisé comme colle dans la restauration des fresques qui se décrochent de leur support, le caséate de chaux (ou caséinate de calcium) réunit les avantages du badigeon de chaux et de la peinture à la caséine. Riche en colle, il adhère sur tous les supports minéraux, même à base de plâtre. Il est perméable à la vapeur d’eau et laisse ainsi « perspirer » le support (transfert de vapeur d’eau, gestion de l’hygrométrie).


Extension en chaux-chanvre

extension en chaux-chanvre

Quand le chanvre s’envoie en l’air, c’est chaux !

Pour Surélever leur maison, Jesse et Hiroko ont craqué pour un couple aux multiples visages : la chaux et le chanvre. Décliné sous forme de blocs préfabriqués, de béton banché, d’un mélange projeté à la machine ou d’enduits, le chaux-chanvre a ouvert les portes d’un chantier sain, léger et créatif.

Rien ne prédestinait ce chantier à terminer dans les pages de ce magazine : tout a commencé avec du polystyrène. Ni sain, ni naturel, c’est pourtant ce matériau que Jesse O’Scanlan et Hiroko Ichinose ont utilisé pour isoler par l’extérieur la maison qu’ils avaient investie en 2007 à Chatou, en Île-de-France. Mais lorsqu’ils entreprennent cinq ans plus tard la surélévation de cette maison des années 1960 en parpaings creux, l’histoire n’est pas la même. Ils commencent à « se poser des questions ». Japonaise, Hiroko veut appliquer les principes du feng shui*, « ce qui nous a aussi rapprochés des matériaux naturels, que je commençais à côtoyer sur mes chantiers de restauration de patrimoine », se souvient Jesse, désormais charpentier au sein de la coopérative Alterbâtir.

 

 

 


Bardage en bois brûlé et matériaux bruts pour cette rénovation écologique en ville

Rénovation écologique en ville à base de bardage en bois brûlé et matériaux bruts, à Vannes. Crédit: Gwendal Le Ménahèze

[VIDEO] Le bardage en bois brûlé de cette rénovation en fait craquer plus d’un. Katia et Jean voulaient rendre ce pavillon citadin des années 1950 économe et confortable. Pour lui donner une splendeur moderne sans grever l’environnement, ces adeptes du low-tech ont laissé apparents les matériaux bruts.

Après cinq ans à la Réunion, Katia, Jean et leurs quatre fils voulaient lumière et chaleur. « On ne visitait pas les maisons si elles n’étaient pas bien exposées », se souvient Katia. En outre, Jean rêvait d’une maison sans chauffage. Mais « je suis très frileuse, il fallait qu’il me confirme que j’aurais 22 °C ». Finalement, un poêle de masse suffit à chauffer les trois niveaux de la maison. « On peut aller partout dans la maison sans ressentir de changement de température. C’est extrêmement agréable », apprécie-t-elle. Les six mois de travaux ont été assurés en autoconstruction et par des entreprises (SARL Guyot, etc.). Originalité qui intrigue les voisins: une façade est bardée de bois brûlé.

Une nouvelle jeunesse pour cette maison du centre-ville de Vannes (Morbihan). Quand elle l’achète en 2013, la famille Guêné-Bruneau ne tombe pas sous le charme des vieilles moquettes. Ni du carrelage démodé et des façades « moches ». Ni du chauffage au gaz et de l’organisation antibioclimatique. D’abord, cuisine et salle de bains au sud avec de toutes petites fenêtres. Ensuite, pièces de vie ouvertes sur le nord… Pas question pour autant de faire table rase du passé. « On voulait laisser la maison le plus possible en l’état, donc garder les matériaux bruts », insiste Jean.

Pour en savoir plus, retrouvez notre reportage complet sur cette maison rénovée dans le magazine La Maison écologique n°103. En kiosques jusqu’à fin mars 2018 ou sur commande ici.

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Écorénovation : la maison des mille et une vies

rénovation écologique en paille et récup'

[VIDÉO] Pour leur écorénovation en pays gascon, Élisabeth et Loïc n’ont utilisé presque que des matériaux naturels. Le plus souvent on ne peut plus locaux et parfois chargés d’histoire(s). Bienvenue dans la maison aux multiples passés.

Il paraît que les chats ont sept vies. Mais difficile de savoir combien en a eu la maison qu’Élisabeth et Loïc ont restaurée dans le Gers. Ni combien elle en aura encore, puisqu’elle est presque entièrement biodégradable. La partie centrale du bâtiment date de 1797. Un bois de colombage gravé à l’extérieur révèle qu’une extension a été réalisée en 1813. « Cette maison aurait été construite avec les restes d’une métairie d’une ferme voisine qui avait brûlé, explique Loïc. Ici, c’est ce qu’on appelle une borde, la maison des ouvriers. Elle mesurait à peine 100 m2 au sol, dont une étable pour mettre un ou deux animaux. Les frais étaient minimisés, ils ont fait avec du bois de récup’. » Voilà pour les trois premières vies – au moins.

 

Techniques d’écorénovation bouillonnantes

Le chantier de Loïc et Elisabeth s’est étalé sur 5 ans. Durant cette période, ils ont travaillé à 50% sur leur maison et à 50% en dehors. Et avec un petit budget de 53000 €, ils ont remis en état la maison, isolé les murs avec un mélange de terre-paille allégé (25 cm) ou, selon les parois, de la laine de bois. Le couple s’est également essayé aux fondations en chaux et bambou, au béton de paille et chaux, aux adobes (brique de terre crue) en haut de mur et même à l’isolation en laine de mouton brute, lavée, cardée, séchée et traitée sur place ! Enfin, grâce à un chantier-école de l’association Pierre et Terre, ils ont autoconstruit leur chauffage : un poêle de masse avec banquette…

« Faire soi-même permet d’expérimenter ce qu’on veut, apprécie le couple. Et de savoir ce qu’on ne refera pas, comme le travail sur la laine de mouton brute ! »

Vous voulez en savoir plus ? Retrouvez notre reportage complet sur cette rénovation dans le magazine La Maison écologique n°102. En kiosques jusque fin janvier 2018 ou sur commande ici.

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Pourquoi mon enduit à la chaux a fissuré ?

Enduit à la chaux ©Monique Cerro

Si vous avez choisi l’option Web+ pour votre abonnement à La Maison écologique, il vous est possible de consulter notre FAQ (Foire aux questions) technique. De nombreuses réponses d’experts vous y attendent, triées par thématique. Un excellent complément aux informations distillées au sein des articles et dossier du magazine.

Petit exemple de ce que l’on peut trouver dans cette FAQ technique.

Pourquoi mon enduit à la chaux a fissuré ?

” En extérieur, sur un vieux pignon en argile très dégradé, après avoir tendu un grillage, j’ai procédé à un dégrossi à la chaux et à l’argile. Un mois après, par très beau temps, j’ai appliqué l’enduit suivant : 1 sac de 35 kg de cao HL 5 + 16 pelles de sable + 14 pelles d’argile. Dès le lendemain apparaissaient des fissures, que j’ai rebouchées à la taloche-éponge… En vain. Les jours suivants, le phénomène a continué. Quelles en sont les causes ? Merci. Roland T. ”

Réponse de Monique Cerro, artisane, formatrice et auteure Lire la suite