Enquête : Comment se préparer avant le chantier



La préparation n’est pas une option.

Les moyens de s’armer avant d’entamer vos travaux ne manquent pas : lectures, rencontres, visites, chantiers-tests… Faites votre choix !

Avant le premier coup de pelle sur votre terrain, ne négligez pas la phase préparatoire, d’un mois à temps plein jusqu’à plus de deux ans suivant l’assiduité, les compétences initiales, etc. « Les chantiers les plus performants en termes de matériaux écologiques et de consommations énergétiques sont ceux des personnes qui se sont beaucoup renseignées en amont, ont visité d’autres maisons, rencontré des associations, fait des chantiers participatifs, lu des blogs, magazines, livres, etc., constate Tassadit Bonnardot, qui étudie depuis 2019 les pratiques d’autorénovation dans le cadre d’un doctorat. Se faire accompagner dès le départ est la deuxième clé » (lire p. 26-29).

Se renseigner

À La Vicomté-sur-Rance (22), Adeline et Nicolas ont commencé par « beaucoup de lectures (voir p. 22-24), notamment de livres professionnels. Une bibliothèque proche dispose d’un rayon fourni sur l’écoconstruction. Et on s’est abonnés à La Maison écologique ». De même que Florent et Chloé, qui ont autorénové à Fontaine-lès-Dijon (21), pour « avoir des notions sur les matériaux, la technique. Si on ne sait pas à peu près de quoi on parle, on obtient peu de conseils adéquats en discutant avec des artisans. D’autant plus qu’on trouvait peu de pros qui maîtrisent les écomatériaux, donc sans s’y connaître, on se fait orienter dans d’autres directions ».

Nicolas et Adeline ont aussi suivi des blogs d’autoconstructeurs « qui y partagent ce qu’ils vivent, comment ils font, quelles problématiques ils rencontrent… ». Les sites Internet fourmillent, mais il est souvent difficile, pour un néophyte, de distinguer les infos pertinentes des conseils malavisés. « Je regardais des vidéos tutos, mais je me suis rendu compte après coup qu’elles ne sont pas toujours pertinentes », se souvient Florent. Julien, à Maisdon-sur-Sèvre (44), a passé « un paquet d’heures incalculable sur Internet. Je me suis vite concentré sur les forums, car tu peux y échanger avec des gens. Celui d’Approche-Paille était dynamique. Même les anciens posts sont utiles ». Twiza vient de lancer le « premier forum d’entraide dédié à l’habitat écologique, participatif et convivial ».

La liste de discussion Bâtir sain et le forum des Compaillons sont aussi précieux. D’autres sites, moins ciblés écoconstruction, restent intéressants : Forum construire, Onpeutlefaire… De plus en plus de webinaires éclosent et, pour des échanges moins virtuels, assistez à des conférences, débats ou ateliers.


Sécurité : Les clés d’un chantier sans dangers



Sur un chantier, les risques sont nombreux. Et l’autoconstruction ne déroge pas à la règle.

Prévention, bons équipements, consignes de sécurité, bonnes postures et organisation sont les clés pour assurer la sécurité de tous·tes.

C’est une expérience dont Olivier Carpentier se souviendra longtemps. Lui qui pensait avoir tout prévu en termes de sécurité sur le chantier d’autoconstruction de sa maison, en Ille-et-Vilaine, a vu son doigt arraché par la bétonnière de seconde main qu’il s’était procurée. ;« Il manquait le clapet de protection sur l’engrenage. Je faisais très attention quand elle était en marche. Mais, en la nettoyant alors qu’elle était éteinte, je l’ai fait tourner manuellement, mes gants ont glissé et ma main a été prise au piège. Sans gants, j’aurais sûrement perdu ma main », raconte-t-il.; « Ces choses arrivent malheureusement, surtout avec du matériel d’occasion », prévient Roselyne Laurent, l’architecte qui a dessiné les plans de la maison d’Olivier.

Préparer l’accessibilité

Sur un chantier, le risque zéro n’existe pas. Il est d’autant plus important chez les autoconstructeurs, dont ce n’est pas le métier. Du fait de leur légèreté, tronçonneuses et disqueuses, notamment les petites, sont souvent tenues à une main et sans bons appuis, augmentant le risque de se couper. Les scies circulaires et leur possible retour de lame sont aussi particulièrement dangereuses. 

Christelle Dupont, encadrante de chantiers participatifs terre-paille en Bretagne et en Pays-de-la-Loire et cofondatrice de l’association Botmobil, mise sur la prévention. Avant le chantier, l’artisane fournit aux porteurs de projet une liste détaillée du matériel (dont l’essentiel extincteur) et des outils nécessaires, ainsi qu’une pharmacie à prévoir pour les premiers soins (voir encadré p. 66). « Nous envoyons aussi un document résumant les consignes de sécurité sur un chantier; les usages appropriés d’éléments tels qu’escabeaux, échelles, outils électroportatifs. Avec les autoconstructeurs, nous préparons l’accessibilité du chantier avant l’arrivée des bénévoles pour qu’il se déroule dans de bonnes conditions. Si le terrain est cabossé, on l’aplanit. Si la maison est construite sur pieux, ou pas au même niveau que le sol extérieur, on fabrique une rampe en bois solide et stable. Cela évite d’avoir à enjamber une structure ou de marcher sur deux parpaings empilés », indique-t-elle.


Équipements de protection individuelle (EPI)



Les EPI – équipements de protection individuelle – sont les équipements qui protègent physiquement les participants au chantier, que ce soit vous, les bénévoles qui vous aident ou les ouvriers. Si les professionnels doivent s’équiper pour être en sécurité, vous qui avez moins d’expérience le devez encore plus !

Selon les lots, les professionnels n’auront pas toujours les mêmes EPI. Renseignez-vous pour vous rapprocher au mieux de leurs protections et n’hésitez pas à en ajouter si cela vous semble nécessaire.
La majorité du temps, il vous faudra :

  • Une côte de travail épaisse pour protéger le corps des griffures, coupures, brûlures…
  • Un casque si vous chutez ou que quelque chose vous tombe dessus.
  • Des lunettes de protection, notamment pour la poussière de bois et celle de l’isolation.
  • Une protection auditive. Un chantier est plein d’outils bruyants qui détériorent l’ouïe.
  • Des gants fins mais résistants afin d’éviter les griffures, coupures, brûlures…
  • Des chaussures de sécurité.
  • Un masque pour la poussière de bois et celle de l’isolation.

 

Questions à se poser

– Puis-je réaliser chacune des étapes de mon chantier sans risques ? Sinon, mieux vaut faire appel à des professionnels pour les lots les plus dangereux.

Points de vigilance

– Ayez toujours une trousse de premier secours et un téléphone à portée de main.

– Si vous devez travailler en hauteur, achetez ou louez un harnais et un échafaudage.

– Choisissez des outils de qualité pour limiter les risques.

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Livre : Ils ont construit leur maison

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