Rénover : un cabanon de jardin devenu chalet familial

Rénover un cabanon de jardin

Dans les méandres des venelles orléanaises, un îlot de verdure jaillit. Au bout d’un chemin, à peine plus large qu’un vélo, un jardin de 800 m2 abrite un cabanon. C’est la vision qu’a eue Quentin Monroty lorsqu’il a visité sa future maison dans le Loiret. « Sur l’acte notarié, il était écrit “chalet de jardin”. Le terrain n’était pas constructible, donc impossible de le démolir ou de l’agrandir. Cela n’intéressait que les jardiniers. Le prix de vente était donc assez bas », indique Quentin, heureux propriétaire de cet ancien cabanon de 44 m2. Quand, en 2018, Élise Hug, sa compagne, a déniché cette vieille maison de 1936, il a un coup de cœur. Architecte indépendant, spécialisé dans les réaménagements, il en perçoit également le potentiel. « Je me suis dit que si le sous-sol était aménagé, cela donnait 87 m2 au total, et je pouvais en faire quelque chose pour notre famille. Il faut lire les lieux. En tant qu’architecte, je me suis spécialisé dans le réaménagement et la rénovation et je fais assez peu de logement neuf notamment pour éviter le grignotage des terres », ajoute Quentin, qui souhaitait habiter en centre-ville pour continuer de faire tous ses déplacements à vélo. L’enjeu de la rénovation devient alors de gagner de l’espace tout en conservant le chalet en bois.

Véritable passoire thermique, la bicoque a déjà fait l’objet de plusieurs rénovations en 1960 et 1980, mais elle présente toujours beaucoup de dégradations : tuiles non remplacées, fuites de plomberie, lit de fondation en bloc béton mâchefer (à la fois fragile et issu de combustion polluante), sol plastique sur plancher bois qui empêche toute respiration du matériau, le tout dans un mélange de graisse et de nicotine. 

Comment rénover un cabanon de jardin

La première étape consiste à désamianter la façade extérieure avant d’accueillir un chantier participatif réunissant des amis et la famille pour enlever tous les revêtements intérieurs. « C’était très long. Nous avions beaucoup de protections, comme des gants, des masques, et il fallait tout rouler à la brouette, dans les venelles, avant d’emporter les débris à la déchetterie. Une seule accepte ce type de déchets dans l’agglomération », se souvient Quentin qui, au fil des travaux, réussit à négocier un passage chez son voisin, lui permettant d’approcher un véhicule près de la maison. Une fois la tonne d’amiante évacuée, les trois couches de lino et les dalles de polystyrène enlevées, le bâtiment d’origine est à peu près sain et conservé.

Creuser sous les fondations

Quentin s’attaque alors à la partie basse la maison, en cherchant une solution pour creuser sous les fondations.


Escapade : Rondins des bois à la montagne

Rondins de bois

Au cœur du parc naturel des Pyrénées catalanes à deux pas du vieux village de Bolquère, le chalet Les Artigues aux allures de refuge de montagne invite à célébrer la nature. « L’idée de construire un chalet de vacances sur notre terrain à Bolquère est née alors que nous étions en vacances dans un gîte rural à La Réunion, en 2005. Accueillir à notre tour des vacanciers dans ce pays qu’on aime tant, la Cerdagne, nous a semblé une évidence, d’autant qu’Olivier avait entamé une formation de fustier depuis plusieurs années », explique Florence.

Ce chalet 100 % autoconstruction (à l’exception de la pose des panneaux solaires en toiture) dont le chantier va durer deux ans sera son oeuvre de fin de formation. « Nous le voulions en harmonie avec la nature environnante : gros rondins de bois de pays non traités, énergies renouvelables (bois et soleil ne manquent pas), matériaux sains et recyclés, fortement isolé pour faire face au froid de l’hiver et consommer peu d’énergie, d’où la toiture végétale, harmonieux par ses volumes et sa décoration, très confortable et facile à vivre », précise Olivier.

Après avoir dessiné les plans, il installe son chantier de construction à 20 km de Bolquère. Transformer des arbres bruts façonnés par la nature en maison n’est pas le choix le plus facile. Pratiquement aucun arbre n’est droit. « Tous les arbres sont d’abord écorcés à la main, lavés à haute pression, puis ajustés à la tronçonneuse pour assurer leur empilement au millimètre près », reconnaît-il. Il faudra un an d’efforts et de patience pour bâtir tronc après tronc cette fuste de bois brut. Et une année de plus pour réaliser la toiture, l’aménagement intérieur et les extérieurs.

La tendresse du bois brut

Pour favoriser le bien-être des hôtes et limiter l’impact sur l’environnement, le choix d’utiliser des matériaux naturels s’est imposé. « La nature isolante des murs en pin douglas non traité de 35 cm de diamètre en moyenne est renforcée par la laine de mouton glissée entre rondins. Sur la toiture, 35 cm de ouate de cellulose associés à 25 cm de terre végétalisée (qui en hiver retient le manteau neigeux) assurent l’isolation », détaille Olivier. Grâce à son orientation plein sud, ce chalet à la location toute l’année bénéficie d’un bel ensoleillement. En hiver, le poêle à bois norvégien (JØtul) suffit à chauffer les volumes (3 à 4 stères par an).

Pour limiter son empreinte carbone, Olivier récupère le bois de chauffage en traction animale avec son cheval ! La maison utilise aussi l’énergie solaire via 12 m2 de panneaux solaires thermiques installés en toiture. Ils alimentent l’eau chaude sanitaire, le plancher chauffant, la cloison chauffante à ossature bois à l’étage,et l’eau du bain nordique en été. Enfin, des panneaux solaires photovoltaïques 3 kWc (environ 16 m2) couvrent 50 % de la consommation électrique du chalet.

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Extension

Chalet sur pilotis grâce à l'extention

Un chalet sur pilotis s’agrandit sens dessus dessous. 

Lors de tout projet d’extension d’une maison, émerge la question de savoir dans quelle direction s’agrandir, en hauteur ou de plain-pied… Lorsque l’architecture du bâtiment le permet comme ici, construire de nouvelles pièces en contrebas et une solution à la fois rare et originale.