Avis d’expert.es : Savoir-faire : industriel ou artisanal, irréductibles frères ennemis

Industriel ou artisanal

En l’espace de 15 à 20 ans, le plâtre a quasiment disparu. Avoir une palette de plâtre dans un négoce aujourd’hui, c’est la croix et la bannière », se désole Jean-Yves Labat, maître artisan plâtrier dans les Landes. Fils et petit-fils de plâtrier, l’homme constate aujourd’hui la quasi extinction du métier tel qu’il le pratique encore, de la confection à la pause. En cause, la concurrence de la plaque de plâtre, implantée en France depuis les années 1950, dont la simplicité et la rapidité de mise en œuvre ont conquis le monde du bâtiment. Une situation qui n’est pas une exception. De la pose de carrelage à la fabrication de fenêtres, en passant par les charpentes ou la maçonnerie, la construction repose désormais majoritairement sur des produits et des systèmes industrialisés.

L’industrialisation, révolution du bâtiment

De tout temps, les artisans ont trouvé des procédés pour fabriquer plus rapidement les éléments de construction. Au XIXe siècle, l’automatisation des procédés et la fabrication en série ont accéléré la donne. « L’industrialisation ne nuit pas forcément à la créativité et à la qualité architecturale. Au-delà de la production en série de masse, elle a permis aussi à l’architecte de fabriquer à moindre coût l’élément qu’il imagine en grande quantité. Une solution particulièrement adaptée à une tour, par exemple. L’industrie est également équipée pour sortir des pièces parfois exceptionnelles, comme une charpente en lamellé-collé de 100 m de long », explique l’architecte Sylvia Frey, dont les projets mêlent matériaux locaux et structures industrielles.

La chimie et les machines revisitent l’ensemble des techniques. C’est le cas pour la maçonnerie. Mortiers prêts à l’emploi, à prise rapide, enduits monocouches, mousse isolante projetée réduisent les aléas – erreurs de dosage, pénibilité, temps de mise en œuvre, nuisances de chantier. « La préfabrication des mélanges en centrale à béton a considérablement amélioré le confort des maçons au quotidien. L’arrivée de produits prêts à l’emploi et qui fonctionnent bien, y compris dans des domaines plus écologiques comme la maçonnerie en chaux-chanvre, limite les soucis auparavant rencontrés, notamment au niveau du séchage », explique David Ducrot, compagnon maçon et tailleur de pierre. Une aubaine également pour les autoconstructeurs et les bricoleurs, qui peuvent plus facilement se lancer dans un projet sans savoir-faire particulier avec des plaques Fermacell, des mélanges chaux-chanvre prêts à l’emploi ou des panneaux isolants prêts à poser.

Performances et temps de pose quantifiables

Autre commodité des produits industriels, la disponibilité plus large de leurs données. Alors que les réglementations, notamment environnementales, requièrent  de calculer les performances d’un bâtiment, les produits industriels affichent des caractéristiques précises…


Avis d’expert.es : Ville ou campagne, quel terreau pour une vie écolo ?

terreau

Alors, ville ou campagne ?

Pour consommer moins, renouer avec le vivant et faire communauté pour plus de résilience, choisir son lieu de vie n’a rien d’anodin. 

Disons-le d’office : la question demeure sans réponse absolue. D’abord, parce que la frontière entre la campagne et la ville est ténue depuis l’avènement de la mobilité. Ensuite, parce que vivre de manière pleinement écologique est toujours relatif. Est-il plus écolo d’habiter en ville ou à la campagne ? Il s’agit plutôt de choisir son niveau d’agissement.

De prime abord, les villes ne paraissent pas être le lieu d’expression de convictions écologiques. L’artificialité et la pollution y sont nocives, le végétal y est d’ordinaire minoritaire ou aseptisé, ordonnancé(1). Elles concentrent des activités de production, de consommation, donc des humains. Elles se sont opposées aux campagnes en mettant un terme à la détermination sociale. Elles étaient l’œuvre du progrès, de la modernité. Et n’ont cessé de croître, de s’étaler. L’artificialisation des sols français concerne 20 000 à 30 000 ha par an, majoritairement pour l’habitat ; une augmentation quatre fois plus rapide que celle de la population(2). Elles se nomment désormais « aires d’attraction des villes », voire « métropoles » pour 22 d’entre elles. Leur cœur concentre souvent l’activité, leurs périphéries les résidences. Un Français sur cinq vit en commune périurbaine, proportion qui augmente de 1 % par an(3).


Avis d’experts : S’ouvrir d’autres horizons que le gazon



Des couverts autonomes qui demandent peu d’entretien et permettent de faire des économies.

Diversifier les étendues végétales au profit d’espèces adaptées au contexte local et aux usages des diverses zones du jardin réduit les charges d’entretien et favorise la biodiversité. Sans compter les attraits esthétiques d’un extérieur foisonnant de vie, de couleurs et de volumes.

D’un vert profond et doux, le gazon s’est imposé dans l’imaginaire collectif comme l’élément clé du plaisir au jardin. Mais ce plaisir coûte cher. Si les emblématiques gazons britanniques sont naturellement nourris de pluies abondantes, en France « l’arro­sage d’un gazon nécessite près de 1 000 /lm’ par an à Montpellier», prévient Olivier Filippi, pépiniériste spécialiste des plantes pour jardin sec. L’auteur d’Alternatives au gazorl11 précise que les graminées qui constituent les gazons traditionnels, ray-grass anglais en tête, « sont des espèces particulièrement gourmandes en azote». Autrement dit, en engrais. Par ailleurs, l’obtention d’un couvert dense et ras (bien pauvre en biodiversité) tout au long de l’an­née implique des tontes régulières,« cinq à dix par an minimum», prévient Lucie Heitz, de l’entreprise Nungesser semences spécialisée dans la création de sites paysagers. De quoi donner envie d’être plus créatif et de changer de regard pour adopter une approche plus écologique.


Avis d’expert·es : Étage ou plain-pied, que choisir pour ma maison ?

Étage ou plain-pied, que choisir

Surface et jardin ou gain d’argent et facilité de vie ?

D’un côté, la maison à étage permet de gagner surface et jardin. De l’autre, le plain-pied serait moins cher à construire et plus facile à vivre. Au-delà des arguments commerciaux, qu’en pensent les experts du bâtiment ?

Une fois le permis de construire déposé, on ne revient pas dessus », prévient Daniel Katola, autoconstructeur dans les Bouches-du-Rhône. Construite de plain-pied, sa première maison engloutit toute la surface constructible du terrain. Une mauvaise anticipation qui l’empêche d’agrandir son logement.

Il se lance aujourd’hui dans un nouveau projet, à étage cette fois. Ce qui l’a emporté : un terrain en pente bénéficiant d’une vue à 180° sur les montagnes environnantes. « Bien souvent, les gens ne s’adaptent pas à leur terrain, regrette le maître d’oeuvre Michel Tonneau. Souvent moins cher qu’un terrain plat, une parcelle en pente offre l’opportunité de différencier sa maison. Ajouter des étages pour l’intégrer dans le ainsi qu’aux familles qui perçoivent les escaliers comme un potentiel danger pour les jeunes enfants. Dans les faits, cependant, les constructions à étages restent prépondérantes. En cause, le foncier, rare et cher, des terrains toujours plus petits et des règles d’urbanisme souvent contraignantes. Dans ce contexte, la maison à étage qui occupe, à superficie égale, moins de surface au sol permet, même sur un terrain étroit, de s’octroyer des mètres carrés supplémentaires de verdure.