Autoconstruire : Résiliente et autonome, c’est tout naturel



Dans les Vosges, Louise et Mathieu ont autoconstruit une surprenante maison ronde. Ils concrétisent dans cet écrin naturel fait de terre, de bois et de paille leur désir d’autonomie en eau, chauffage et électricité.

La maison autoconstruite par Louise McKeever et Mathieu Munsch dévoile ses contours arrondis au détour d’un virage, une fois passé le centre du hameau de La Grande-Fosse (88), au cœur du parc naturel des Ballons des Vosges. Dans ce village, situé à 70 km de Strasbourg, ces trentenaires ont concrétisé un ambitieux projet. Leur habitat de terre, de bois et de paille perché à 630 m d’altitude n’est pas raccordé au réseau EDF, pas plus qu’aux réseaux d’eau potable et d’assainissement.

Cette autonomie, les deux ex-militants pour le climat n’envisageaient pas de la conjuguer avec « isolement ». Ici, ils sont bien tombés, comme le laissent deviner les panneaux solaires sur la toiture de l’église. Leur écohabitat a poussé sur 4 000 m2 de terrain dans un bourg résolument engagé dans la transition écologique.

Louise, 29 ans, est Irlandaise. Mathieu, 33 ans, est d’origine alsacienne. Leur parti pris de construire une maison ronde résulte de critères fonctionnels et esthétiques. « Les formes rondes diminuent la prise au vent, ce qui limite les déperditions thermiques. De plus, dans une petite maison, les arrondis augmentent l’impression d’espace », argumente Louise. Le désir d’avoir une maison naturelle en puisant les ressources alentours pour la construire a fait le reste.

Charpente en bois ronds

Le couple a puisé dans un rayon de 50 km la majorité des matériaux nécessaires à son projet conçu dans l’esprit d’une tiny house. Il a donc été décidé d’adapter l’habitation au climat et aux ressources disponibles, notamment forestières. De rares concessions ont été faites, à l’instar de déchets recyclés employés dans les fondations : agrégats de démolition et verre expansé issu du recyclage de pare-brises (Misapor).

Le pin douglas utilisé a poussé dans une forêt voisine de 30 km, à Urmatt (67). Cette essence a été mise en œuvre directement sur le chantier sous forme de bois ronds pour la structure et la charpente, sans passer par la case scierie. Mathieu et Louise ont retiré l’écorce et l’aubier des grumes livrées sur leur terrain et appliqué, comme unique traitement, de la cire d’abeille pour protéger les sections de bois coupé laissées à l’air libre. « Les bois ronds résistent mieux aux contraintes de flexion, car leurs fibres sont préservées par l’absence de sciage. En revanche, nous n’avions aucune garantie technique », explique le jeune Vosgien. 

Support d’une magnifique toiture-prairie (lire p. 19), huit poteaux – quatre à l’avant de la maison, quatre à l’arrière – accueillent deux poutres horizontales sur lesquelles reposent 17 sections rondes. Cette structure porteuse a été assemblée lors du premier été de travaux, en 2019, ménageant un abri bienvenu pour la paille. Les bottes en provenance d’Obernai (67), à moins de 50 km, ont été posées à chant l’été suivant (ép. 45 cm). Heureusement, Louise et Mathieu n’étaient pas seuls. Au total, 72 volontaires se sont succédés lors des deux ans de travaux dans le cadre de chantiers participatifs.


Vue d’ailleurs : Luc Schuiten, l’archi végétal

Archi vegetal

L’archi végétal

L’un des précurseurs de la création des maisons autonomes en Belgique dans les années 1970, Luc Schuiten développe aujourd’hui, en tant qu’architecte utopiste, ses projections futuristes d’une ville où la nature serait beaucoup plus présente. Rencontre.

En 1977, Luc Schuiten a construit l’une des premières maisons autonomes en énergie près de Bruxelles. Il voit à l’époque les architectes retirer la végétation autour des bâtisses qu’ils érigent, pour les mettre en évidence comme des objets posés dans l’environnement. « Moi, je voulais au contraire que ma maison vive par l’environnement, raconte Luc Schuiten, que son environnement devienne sa ressource, son énergie, qu’elle trouve dans cet endroit quelque chose qui la fasse réellement vivre. » À cette époque, les premiers panneaux solaires thermiques viennent de sortir en Belgique. « J’estimais que le fait d’incorporer quelque chose d’aussi important nécessitait de revoir entièrement la façon de construire une maison », se souvient-il.

Il conçoit alors des plans intégrant 80 m2 de capteurs solaires, dont le fluide caloporteur alimente une cuve de 100 000 l au sous-sol. Le but : stocker l’énergie pour chauffer l’hiver. « L’installation de départ était coûteuse. C’est un système que je ne referais plus aujourd’hui. C’était une expérience un peu pionnière, on essayait des tas de choses. » Pour ne pas dépendre d’un système expérimental, Luc Schuiten installe aussi un poêle à bois. L’électricité, quant à elle, provenait d’une éolienne de 25 m de haut. « J’avais été voir le constructeur qui l’avait érigée à côté de son usine. Je lui avais dit : “Si vous mettez votre éolienne à côté d’une maison, on verra qu’elle fournit entièrement son électricité, ce sera bien plus démonstratif.” Il a été tout de suite d’accord. Donc je l’ai reçue et montée chez moi. » 

L’éolienne avait une capacité de 2 kW. « Ce n’était pas énorme, donc on a réduit nos besoins. On fonctionnait au courant continu sur du 12 V. On a changé nos ampoules pour être sur du 12 V. Il y avait six grosses batteries de camion dans la cave. C’était suffisant pour stocker l’énergie, qu’on consommait au fur et à mesure. »

La maison, prolongation de soi-même

Pour Luc Schuiten, notre habitat est quelque chose de totalement personnel, comme un vêtement. « L’habit que nous portons se fait à notre manière de bouger et d’être. Je voulais que les gens qui viennent chez nous sans que nous soyons là aient une idée de qui nous sommes, par la personnalité de chaque chose. Les objets n’étaient donc pas achetés, ils étaient fabriqués. On vivait dans un environnement qui nous était propre et identitaire, une prolongation de nous-mêmes. » 


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Rénover : Vers l’autonomie et au-delà

rénover autonomie

Même sans électricité, on peut toujours se chauffer et manger chaud!

Après une période idyllique en roulotte, Hans a choisi de rénover une longère dans la Vienne pour en faire sa résidence principale. Aujourd’hui, avec Maria, ils adaptent leur quotidien pour limiter leur impact écologique et atteindre l’autonomie.

À quelques kilomètres de Saint-Romain, dans la Vienne, une longère en pierre à l’abandon. D’autres auraient fui, mais Hans Hinrichs, artisan, et sa compagne Maria Evelein, artiste-peintre, n’ont vu que le potentiel : les volumes et la grange accolée à la maison pour aménager leurs ateliers respectifs. Objectifs : confort en été comme en hiver et recherche d’autonomie en eau, électricité et chauffage. La parcelle arborée de 2,5 ha, plantée de trois vieux chênes, offrait la promesse de l’autonomie alimentaire. Grâce à la création de deux potagers et d’un verger, le couple est autosuffisant en fruits et légumes tout au long de l’année.

Ainsi à quatre mains ou presque, Hans et Maria ont fait de « la Barlière » un lieu de vie et d’activités original : stage création de poêle de masse, cours de peinture artistique et de cuisine, wwoofing… « Ici, des bénévoles s’initient aux savoir-faire et aux modes de vie biologiques en prêtant main forte en échange du gîte et du couvert », explique Maria. « Selon nos goûts et nos compétences, nous avons réalisé un maximum de travaux en autorénovation, avec l’aide d’amis et de quelques intérimaires, se souvient Hans.


Enquête : Autonomie en cuisine, allumez le feu… de bois

Cuisine au bois

La cuisine au bois revient au goût du jour

Comme moyen de cuisson autonome ou grâce à une ressource locale et renouvelable. Cuisinière, poêle ou rocket stove, tous les appareils sont permis pour cuisiner comme un chef !
La cuisine au bois a quelque chose de magique. Une allumette, du bois
sec et voilà un bon plat qui mijote au four, tout en réchauffant la pièce. Elle s’invite également dehors avec le rocket stove, un concentré de récup’ et d’autonomie pour de multiples usages. «Depuis le premier confinement, je croule sous les demandes de rocket stove !», lance Christophe Glaziou, co-concepteur d’un cuiseur (batchblock avec Uzume) et rédacteur du site outils-autonomie.fr. Alors, quels équipements choisir pour une cuisine quotidienne autonome et économe en énergie ?

Dans le commerce, de nombreux modèles de poêles permettent d’inclure un four. Il est alors bienvenu pour les cuissons lentes (max 150°C).
L’entreprise Aezeo, qui propose des formations à l’autoconstruction de poêles, a conçu un modèle bouilleur «troisenun» pour chauffer la maison, l’eau et cuisiner. La moitié de la puissance du Nautilus
sert au chauffage de la pièce d’implantation, l’autre moitié chauffe l’eau sanitaire. Une plaque de cuisson est ajoutée au-dessus de l’échangeur thermique. «Plus l’échangeur sera petit et plus la chaleur de la plaque sera importante. Mais elle ne dépasse guère 120°C», explique Sylvain Faruau, d’Aezeo. Le Nautilus peut aussi intégrer un four. L’entreprise est en train d’en concevoir un nouveau pour limiter les contraintes. «L’ancien ne dépassait pas 150°C, trop juste pour cuire gâteaux et gratins. Et l’été, pas de flambée. Il fallait un autre appareil. Dans le prochain four, nous avons ajouté des résistances électriques.


Construisez votre autonomie avec Nerzh Nevez

stages autonomie énergie avec Nerzh Nevez

Avec Nerzh Nevez, libérez les énergies pour devenir autonome

de Marie-Emmanuelle Grignon en partenariat avec le magazine Eco-Bretons (web média des transitions écologiques en Bretagne)

Adeptes du DIY et de l’autonomie, participez aux stages organisés par Nerzh Nevez. Au programme, fabrication de butaphone avec une bouteille de gaz, de Rocket Stove (réchaud à bois) ou encore d’éolienne domestique de type Pigott en chantier collectif.

Apprendre à fabriquer une éolienne domestique de type Pigott ? Un « Rocket Stove » (foyer à bois efficient) ? Un « butaphone » (instrument de musique à partir de bouteilles de gaz recyclées) ? C’est possible grâce à Nerzh Nevez. Cette auto-entreprise bretonne propose toute l’année des stages, dont l’objectif est « d’apprendre en faisant », explique Laurent Aubertin, le fondateur de la structure. Ce passionné d’autonomie énergétique organise ainsi de nombreuses formations dans des lieux de transitions écologiques, comme par exemple à l’Ecocentre du Tregor (22), ou encore au Bois du Barde à Mellionnec (22). Il intervient également en tant que formateur pour certaines entreprises, ou encore à la demande chez des particuliers, pour des chantiers participatifs par exemple.

 

Butaphone, éolienne Pigott et fabrication de Rocket Stove © Nerzh Nevez
Fabrication de Rocket Stove, éolienne Pigott et Butaphone  © Nerzh Nevez

 

Apprendre à devenir autonomie

En suivant un des stages proposé, chacun peut repartir avec un objet qu’il a fabriqué. Mais également apprendre, découvrir ou perfectionner des techniques qui pourront être utiles pour devenir plus autonome. C’est le cas notamment lors des sessions de maintenance d’éolienne Pigott, qui ont lieu chez des particuliers qui en possèdent une. « Cela permet aux personnes intéressées de venir sur place voir comment ça se passe, et trouver réponses à des questions sur le bruit, les relations de voisinage, l’entretien de l’éolienne… », précise Laurent Aubertin. Les sessions sont accessibles à tous, moyennant finances. Comptez par exemple 140 € pour un stage de deux jours autour du butaphone (que vous emporterez à la fin), ou encore 350 € pour quatre jours de fabrication de Rocket Stove.

« Le public qui participe est très varié. On a par exemples des parents qui font l’école à la maison et qui viennent avec leurs jeunes enfants, des artisans qui veulent se former aux énergies renouvelables, des bricoleurs qui veulent souder, des personnes intéressées par l’objet en lui-même… Et les femmes sont largement représentées ! », note Laurent.


Reportage autonomie : L’autonomie en ligne de mire

autonomie en ligne de mire

Fervente adepte de l’habitat autonome, la famille Glaziou habite cette maisonnette du Tarn depuis dix ans. Travaux, chauffage, alimentation en eau et en électricité, cuisine, l’objectif de “faire soi-même” les suit partout.

Dix années après sa construction, la maison de Sophie, Christophe et Zack n’a pas pris une ride. Au fil des printemps, elle a poursuivi sa croissance. Déjà habité, le premier module de 20 m2 a vu pousser sur son flanc une excroissance qui accueille la cuisine et salle à manger. Puis une autre pour les deux chambres. En pleine fleur de l’âge, le bâtiment a récemment fait peau neuve ; une carapace en bardeaux de bois habille les façades de la cuisine. Tout cela, né des mains de Christophe Glaziou. « Métalleux » de profession, il n’a jamais suivi de formation dans le bâtiment. Pourtant, l’objectif était clair : construction, chauffage, électricité, cuisine, eau, il voulait pouvoir tout gérer lui-même.

Fière comme une coque en paille

L’autonomie dans le viseur, il se retrousse les manches et opte pour un système constructif « simple et accessible à tout le monde : ossature bois, remplissage de paille en vrac tassée ». En sol, murs et toiture, les « caissons » sont garnis de 15 cm de cet isolant biosourcé cultivé et récolté par un voisin. Une épaisseur modeste en termes de performances thermiques, mais « je me suis appliqué à la mise en oeuvre pour que le matériau soit le plus continu possible, évitant les ponts thermiques, donc l’isolation forme une véritable coque en paille ».

Un espace facile à chauffer avec la cuisinière à bois qui a poussé au milieu de la maison il y a deux ans. Avant, la famille utilisait un classique poêle turbo en acier, « avec tous ses inconvénients : beaucoup de chaleur d’un seul coup, de stratification – très chaud au plafond et froid par terre –, de brassage d’air donc de poussière, grosse consommation de bois, combustion peu performante donc qui pollue, qui fume… Et il fallait l’alimenter quasi en continu ». Cette cuisinière poêle de masse moderne « a changé notre vie : une flambée de 1 ou 1,5 h par jour fait rayonner le poêle pendant 10 à 12 h. On compte 1 h d’inertie thermique pour 100 kg de briques ».

Chaleur : le bois fait sa loi

Fini la stratification : « dernièrement, j’ai mesuré 21,7°C au sol et 21,7°C au plafond. Le chauffage ne se fait plus par convection mais par rayonnement, c’est-à-dire qu’il ne chauffe pas l’air mais les masses. Les ondes infrarouges réchauffent les corps, meubles, murs, qui ensuite te renvoient la chaleur. Ce confort est incomparable, la chaleur est homogène, douce ». Une flambée est allumée en fin d’après-midi. Une fois le feu éteint, des clapets d’obstruction du conduit permettent de garder la chaleur plus longtemps dans le poêle. « Il fait encore bon quand on se lève le matin. » […]


Rénover : Pour vivre presque sans pétrole

vivre presque sans pétrole

Claire et Gildas ont rénové une maison des années 1970 pour la transformer en habitat résilient face aux “effondrements“. Au programme : Isolation, énergies renouvelables, récupération d’eau et, surtout, changement complet des habitudes de la famille.

Vivre avec peu de pétrole et consommer le moins de ressources possible. Voici le leitmotiv de Claire et Gildas Véret. Diplômée de Sciences-Po Paris et de permaculture, Claire prend conscience de la nécessité de changer de mode de vie il y a douze ans, en rentrant d’un grand voyage dans des lieux « permaculturels ». Gildas, lui, entrevoit l’« effondrement » en pratiquant son premier métier, ingénieur en bureau d’études énergie, puis se passionne pour la biologie des écosystèmes. Ensemble, ils décident d’appliquer la permaculture au quotidien, comme philosophie de vie. Activistes à Résistance climatique, qu’ils ont fondé avec des amis et enseignants-chercheurs en permaculture (Horizon permaculture), ils transforment alors leur logement dans le Val-de-Loire.

Leur projet n’est pas seulement d’aboutir à un lieu autonome. C’est aussi de devenir « un bastion de résilience » capable d’accueillir des réfugiés climatiques. « Nous essayons de bannir toutes les pratiques dont le fonctionnement nécessite des énergies fossiles ou l’achat de produits qui ne seront pas disponibles en cas d’effondrement », précise Claire. Pour limiter la consommation de foncier et de matières premières, le couple s’oriente vers la rénovation.

Ils recherchent un logement avec un grand terrain et une forêt pour produire nourriture et bois de chauffage. Près d’Amboise (37), ils achètent une maison des années 1970, en parpaing. En 2013, les travaux de rénovation sont lancés. Claire et Gildas commencent par modifier les plans de la maison. Ils gardent un maximum d’éléments, mais abattent un mur pour chercher un maximum de luminosité et de chaleur solaire en hiver. « Nous avons transformé les gravats de ce mur en ressource pour en faire une terrasse», justifie Claire.

La surface vitrée est multipliée par trois au sud et diminuée de 30 % au nord, plus exposé au froid. Une belle pièce apparaît dans la maison, avec « le jardin comme télévision », note Gildas, auteur de livres sur la permaculture. La parcelle de 1 ha évolue également : mise en place de potagers, d’un verger pâturé, de clôtures plessées avec, au fond, une petite forêt de 5 000 m2. Le jardin, entre la route et la maison, est destiné aux formations. « Nous ne pouvons pas produire de céréales, c’est trop ombragé. Mais nous avons quelques moutons. Ils broutent l’herbe et les feuilles des arbres que l’on abat pour le chauffage », indique Gildas. Quelques oies servent également de tondeuse. Les animaux du terrain sont l’unique viande que mange la famille, à raison de deux portions par mois.

La paille pare le pavillon

Premier et important chantier de cette rénovation : l’isolation. Claire et Gildas optent pour le matériau botte de paille, placé dans une ossature bois, côté extérieur des murs en parpaing. Pour supporter cet ajout de poids et éviter les ponts thermiques, la fondation existante est élargie.


Alternatives : Jamais à court d’électricité, même en cas de coupure réseau

autonome en cas de coupure réseau

Comment rester autonome en cas de coupure réseau ?

Comment transformer mon installation photovoltaïque pour produire et consommer ma propre électricité même en cas de coupure du réseau.

La recherche d’autonomie et l’augmentation du tarif réglementé du kWh poussent à produire soi même son électricité. Mais comment transformer ou installer une centrale photovoltaïque permettant d’autoconsommer, même en cas de coupure du réseau ? Débrancher le câble qui relie l’installation au compteur Enedis et le connecter au tableau électrique de ma maison ? Pas si simple… Que ce soit pour des installations dites « en vente totale », « en autoconsommation » simple ou avec batteries, quand survient une coupure de courant sur le réseau, il n’y a plus de jus ! « L’onduleur fonctionnant avec le signal du réseau, l’installation est automatiquement coupée pour des raisons de sécurité. C’est la norme électrique VDE-0126, souligne Élodie Dubecq, électricienne et co-gérante de Dubecq & fils, à Saint-Sever, dans les Landes. En France, il est compliqué d’être autonome…

Lorsqu’on possède une production photovoltaïque raccordée au réseau, que ce dernier tombe en panne, comment garder son congélateur en marche, assurer l’éclairage et la recharge d’un téléphone ou d’un ordinateur ? Les contrats en vente totale (toute la production solaire est vendue à EDF OA) sont juridiquement résiliables. Mais d’importantes pénalités sont prévues(1). En outre, le terme « vente en totalité » stipule que le stockage n’est pas possible. Thibaud Grimaldi, conseiller à la célèbre association spécialisée dans le photovoltaïque Hespul, rappelle que « physiquement, être raccordé au réseau ou autoconsommer revient au même. Vos électrons iront directement alimenter le plus proche consommateur : vous. La différence est économique. En autoconsommant, vous faites des économies sur votre facture ; en vendant l’électricité, vous percevez un revenu ». Plutôt que de résilier un contrat de vente de vos électrons solaires, mieux vaut monter une autre installation de petite taille(2), sur batteries.

Alterner avec le réseau

Une option consiste à concevoir son projet comme s’il se trouvait en site isolé (hors réseau). Mais, au lieu de recourir à un groupe électrogène de secours pour recharger les batteries, c’est le réseau qui est sollicité. C’est le choix que Carole et William Gahery ont fait, il y a deux ans. Installé près de Gignac, dans l’arrière-pays montpelliérain, le couple possède deux gîtes. Il s’est équipé de 15 panneaux photovoltaïques (3,84 kWc au total) et 24 batteries (capacité totale 900 Ah, vitesse de décharge 10 h). Leur onduleur (Studer Innotec) analyse la source d’énergie la plus pertinente (batteries ou réseau pour ce modèle). Alterner avec le réseau permet de préserver les batteries et d’allonger leur durée de vie.