Low tech : Le tube de l’été

tube solaire et culinaire

Une délicieuse odeur de cuisine envahit le jardin.

Elle provient d’un simple tube en verre. David Szumilo, qui a mis au point ce mode de cuisson alternatif, en explique les principes.

Adepte de la cuisson autonome, David expérimente diverses techniques dans sa cuisine savoyarde. Concepteur d’un poêle de masse facile à construire, puis restaurateur low tech sur des festivals, ce touche-à-tout mitonne ses plats avec les ressources naturelles. « La cuisine au bois convient bien à différentes situations, mais lorsqu’il fait beau, autant profiter du soleil ! », plaide-t-il.

David a d’abord expérimenté les fours solaires classiques. Ces outils requièrent du soleil au bon moment, du temps et de la présence pour réorienter régulièrement l’appareil. Ils nécessitent également plusieurs heures pour monter à des températures suffisantes pour cuire les aliments. Pas facile de cuisiner pour midi ou lorsqu’on travaille toute la journée ! « Le solaire n’est pas encore au point pour la vie de tous les jours. Il faudrait inventer des fours solaires à inertie pour avoir un four chaud à 19 h », estime David, également auteur du site Internet « Du Soleil dans nos assiettes ».


Alternatives : Se lancer dans un projet collectif d’énergies renouvelables

energies-renouvelables

L’aventure nécessite beaucoup de travail, mais elle est grisante !

Installer une production photovoltaïque près de chez soi avec d’autres citoyens, c’est apporter sa pierre à la transition énergétique.

Conseils de protagonistes…

Un groupe mimant le V de la victoire devant une centrale photovoltaïque baignée de lumière. L’image est belle et inspirante ! Mais pour en arriver là, il faudra allier patience et motivation. Si développer des installations solaires à financement et gouvernance citoyens « n’a rien de compliqué », affirme Pierre Stoeber d’Électrons solaires, qui œuvre en Seine-Saint-Denis, cela peut prendre quelques années. Contacter des développeurs locaux ou faire appel à l’association Énergie partagée fera gagner du temps. Elle conseille, forme et organise un système de parrainage entre porteurs de projets. « Il est bien que le collectif de départ comprenne au moins cinq personnes moteurs, qui devront s’organiser en groupes de travail, se mettre d’accord sur leurs valeurs communes et définir précisément les objectifs du projet », recommande Alexandra Lafont, coresponsable du pôle animation chez Énergie partagée.


Avis d’experts : S’ouvrir d’autres horizons que le gazon



Des couverts autonomes qui demandent peu d’entretien et permettent de faire des économies.

Diversifier les étendues végétales au profit d’espèces adaptées au contexte local et aux usages des diverses zones du jardin réduit les charges d’entretien et favorise la biodiversité. Sans compter les attraits esthétiques d’un extérieur foisonnant de vie, de couleurs et de volumes.

D’un vert profond et doux, le gazon s’est imposé dans l’imaginaire collectif comme l’élément clé du plaisir au jardin. Mais ce plaisir coûte cher. Si les emblématiques gazons britanniques sont naturellement nourris de pluies abondantes, en France « l’arro­sage d’un gazon nécessite près de 1 000 /lm’ par an à Montpellier», prévient Olivier Filippi, pépiniériste spécialiste des plantes pour jardin sec. L’auteur d’Alternatives au gazorl11 précise que les graminées qui constituent les gazons traditionnels, ray-grass anglais en tête, « sont des espèces particulièrement gourmandes en azote». Autrement dit, en engrais. Par ailleurs, l’obtention d’un couvert dense et ras (bien pauvre en biodiversité) tout au long de l’an­née implique des tontes régulières,« cinq à dix par an minimum», prévient Lucie Heitz, de l’entreprise Nungesser semences spécialisée dans la création de sites paysagers. De quoi donner envie d’être plus créatif et de changer de regard pour adopter une approche plus écologique.


Alternatives : Autoconstruire sa tiny house dans un atelier partagé

Alternatives tiny house atelier partage

Tinyland, « l’association des mini-maisons mobiles»,

Au cœur de la Drôme, l’association propose un grand hangar-atelier aux autoconstructeurs de tiny house. Un nid à débrouil­lards solidaires et créatifs. La tôle du hangar renvoie le chant mécanique de la scie sauteuse de Fabien. Emmitouflé dans son anorak, il ajuste les lames de douglas non délignées qu’il a choisies pour le bardage de sa tiny house en forme d’ancienne locomotive. À côté, celle d’Agathe et Anton, plus linéaire, s’est récem­ment parée de menuiseries. Mais la porte d’entrée coince encore. «Je peux emprunter ton tournevis Fabien?», demande Agathe tandis qu’elle se dirige vers l’établi. Plus loin dans le hangar, trois autres tiny hou ses sont en cours de réalisation, celles de Bérangère, d’Arthur et de Stéphanie. Entre Valence et Crest, dans la Drôme, ce grand local est mis à disposition par l’association Tinyland ; afin d’offrir un havre d’entraide et de créativité aux autoconstructeurs de tiny houses.

« Pour poser la fenêtre du haut on s’y est mis à cinq. Heureu­sement que les autres étaient là, raconte Anton. Le fait de ne pas être seuls donne envie de venir bosser ».  D’autant plus en ces jours d’hiver, dans cette plaine encerclée à l’est par le Vercors et au sud par le Mont Miéry.  «On se demande souvent conseil on s’influence », apprécie Fabien. Des mots qui émeuvent Nathalie, à l’origine de cet atelier partagé.


Alternatives : Portfolio

Alternatives

La Kerterre

Nikita Gouëzel a réalisé un courtmétrage sur les Kerterres sorti en janvier 2019. “Pour moi et plus que moi a rencontré tellement de succès qu’on l’a prolongé par un long métrage, Kerterre, sorti le 31 janvier 2020“, se réjouit le cinéaste, qui a découvert les Kerterres il y a cinq ans lors d’un stage de construction d’un modèle pour un adolescent qui avait peu de moyens. […]

Le car scolaire aménagé

Pour 18 000 €, dont 5 000 € d’achat du véhicule réformé, Stéphanie, Arnaud et leurs quatre enfants vivent dans un ancien car, passé du transport en commun à l’habitat hors du commun. Matériaux naturels ou de récupération (palettes à l’honneur) l’ont mué en logement itinérant de 30 m2. Reportage et vidéo dans La Maison écologique n° 106. […]

La « valise à vivre » en bois brûlé

L’artisan Nicolas Laveau habite ce module en ossature bois de 21 m2 avec, ponctuellement, ses garçons de 8 et 11 ans. « Après une séparation, on se paupérise, le coût d’un logement devient lourd pour un salaire. Cela m’a rendu moins matérialiste, plus nomade, moins attaché aux choses, confie-t-il. […]

Hébergement solidaire

L’été dernier, la deuxième maisonnette du projet In My Backyard (Imby) a été installée sur un terrain de Montreuil. Elle héberge dans 18 m² Emir, réfugié politique turc qui suit un cursus de français à Sciences Po Paris pour reprendre ses études afin de travailler pour une organisation qui défend les droits de l’homme. […]

La Figue

Caroline a autoconstruit sa maison « Figue » à Poitiers en quatre semaines en chantier participatif, accompagné par l’association Habitats libres en Poitou. Elle chauffe sa maison et prépare ses repas avec une cuisinière à bois, de récupération comme tout ce qu’utilise cette ancienne infirmière reconvertie à la métallerie. […]

Le Paligloo

Ancien professionnel du BTP converti à l’écoconstruction, Denis Lefranc a inventé le Paligloo pour proposer un logement à bas coût et facile à construire par tout bricoleur, sans atelier professionnel. L’ossature sphérique est réalisée à partir d’hexagones formés avec du bois de palettes récupérées. […]

La Goutte d’Ô

L’entreprise Selvao a construit à Piegros-la- Clastre cette « Goutte d’Ô » de 6 m². En douglas et pin des Landes, elle est installée dans le Vercors (Drôme). […]

La yourte

Isadora, Aurélien et leurs enfants Lior et Ina, 2 et 4 ans, habitent depuis l’automne 2015 cette yourte de 8 m de diamètre avec mezzanine sur près de la moitié de la surface. Elle a pris forme pour 21 000 € à l’Atelier de la Frênaie, « en grande partie en autoconstruction accompagnée par l’équipe » de cette coopérative de Charente-Maritime, précise Isadora.  […]

Le conteneur maritime

L’entreprise audoise Contain Life construit des bâtiments à partir de conteneurs maritimes usagés, comme ce T2 de 28 m². + d’info sur ce mode constructif et ses risques pour la santé dans La Maison écologique n° 113. […]


Alternatives : Jamais à court d’électricité, même en cas de coupure réseau

autonome en cas de coupure réseau

Comment rester autonome en cas de coupure réseau ?

Comment transformer mon installation photovoltaïque pour produire et consommer ma propre électricité même en cas de coupure du réseau.

La recherche d’autonomie et l’augmentation du tarif réglementé du kWh poussent à produire soi même son électricité. Mais comment transformer ou installer une centrale photovoltaïque permettant d’autoconsommer, même en cas de coupure du réseau ? Débrancher le câble qui relie l’installation au compteur Enedis et le connecter au tableau électrique de ma maison ? Pas si simple… Que ce soit pour des installations dites « en vente totale », « en autoconsommation » simple ou avec batteries, quand survient une coupure de courant sur le réseau, il n’y a plus de jus ! « L’onduleur fonctionnant avec le signal du réseau, l’installation est automatiquement coupée pour des raisons de sécurité. C’est la norme électrique VDE-0126, souligne Élodie Dubecq, électricienne et co-gérante de Dubecq & fils, à Saint-Sever, dans les Landes. En France, il est compliqué d’être autonome…

Lorsqu’on possède une production photovoltaïque raccordée au réseau, que ce dernier tombe en panne, comment garder son congélateur en marche, assurer l’éclairage et la recharge d’un téléphone ou d’un ordinateur ? Les contrats en vente totale (toute la production solaire est vendue à EDF OA) sont juridiquement résiliables. Mais d’importantes pénalités sont prévues(1). En outre, le terme « vente en totalité » stipule que le stockage n’est pas possible. Thibaud Grimaldi, conseiller à la célèbre association spécialisée dans le photovoltaïque Hespul, rappelle que « physiquement, être raccordé au réseau ou autoconsommer revient au même. Vos électrons iront directement alimenter le plus proche consommateur : vous. La différence est économique. En autoconsommant, vous faites des économies sur votre facture ; en vendant l’électricité, vous percevez un revenu ». Plutôt que de résilier un contrat de vente de vos électrons solaires, mieux vaut monter une autre installation de petite taille(2), sur batteries.

Alterner avec le réseau

Une option consiste à concevoir son projet comme s’il se trouvait en site isolé (hors réseau). Mais, au lieu de recourir à un groupe électrogène de secours pour recharger les batteries, c’est le réseau qui est sollicité. C’est le choix que Carole et William Gahery ont fait, il y a deux ans. Installé près de Gignac, dans l’arrière-pays montpelliérain, le couple possède deux gîtes. Il s’est équipé de 15 panneaux photovoltaïques (3,84 kWc au total) et 24 batteries (capacité totale 900 Ah, vitesse de décharge 10 h). Leur onduleur (Studer Innotec) analyse la source d’énergie la plus pertinente (batteries ou réseau pour ce modèle). Alterner avec le réseau permet de préserver les batteries et d’allonger leur durée de vie.


Alternatives : Un tiers-lieu accélérateur d’alternatives

Un tiers-lieu accélérateur d’alternatives

Tiers-lieu d’émancipation en milieu naturel

À Lussault-sur-Loire, près de Tours, se niche le Pôle XXI. Dans ce tiers-lieu, les savoir-faire s’entremêlent. Écoconstruction, permaculture et autonomie sont autant de thèmes abordés pour proposer des solutions permettant de vivre autrement.

Fuyant la chaleur estivale, les bénévoles du chantier participatif ont trouvé refuge dans la forêt. Assis sur des troncs d’arbres disposés en cercle, ils écoutent, attentifs, le programme des différents chantiers du jour qui vont mettre sur pied le camp de loisirs de l’été. Ce dernier est autoconstruit par les bénévoles et salariés de l’association d’animation Bul’ de mômes.

Ils se trouvent au Pôle XXI, « tiers-lieu d’émancipation en milieu naturel » cofondé par trois associations : Bul’ de mômes, dédiée à l’animation, Blix lab, consacrée aux arts numériques et visuels, et Horizon permaculture, tournée vers l’agriculture durable, qui se sont organisées en collectif. Depuis juillet 2018, à Lussault-sur-Loire (37), ce terrain de 1,3 ha accueille équipes, bénévoles et public. Il se veut un espace d’échange de savoir-faire et de compétences à travers les différentes activités proposées, notamment les chantiers participatifs. « Ce sont des temps forts et incontournables au Pôle XXI. Chacun amène son savoir-être et son savoir-faire et on apprend tous des autres », indique Jérémie Serin, vice-président de l’association Bul’ de mômes. Les chantiers participatifs sont ouverts à tous, peu importe le niveau, et rentrent parfaitement dans la démarche d’autonomie que veut instaurer le collectif à travers ce lieu.

Une kermesse zéro plastique

Tout est parti, il y a quelques années, du camp de loisirs éphémère porté par Bul’ de mômes et qui, auparavant, se montait sur le terrain de rugby de la commune. « Pour les enfants, on souhaitait un espace sans barrière, en pleine nature. Ici, on peut vraiment les sensibiliser à l’environnement, il y a de la vie », poursuit Jérémie Serin. Les membres des associations co-fondatrices se connaissaient et, après réflexion, ont eu l’idée d’un lieu unique pour se retrouver et créer un espace d’échanges de compétences.

On vient au Pôle XXI pour apprendre à recoudre soi-même ses vêtements, faire son éponge tawashi (fabriquée à partir de vieux vêtements et lavable) lors d’ateliers Do it yourself, prendre un cours de yoga en famille, assister à un stage de permaculture ou de construction d’un observatoire à oiseaux, ou encore participer à des exercices de sophrologie.

« Nous avons organisé la kermesse de l’école du village ici. Elle était zéro plastique. Au début, ça a étonné les parents d’élèves, il y en a même qui ont quitté le navire, arguant que c’était inutile et compliqué. […]


Éditorial : Notre-Dame-des-Landes, utopie en miettes ?

dessin Notre-Dame-des-Landes, LME n°106

Il flottait naguère comme un parfum d’utopie sur Notre-Dame-des-Landes, aujourd’hui chassé par celui, bien moins grisant, des gaz lacrymogènes. Face à des « décideurs » murés dans leurs certitudes étroites et fascinés par les chimères d’un autre temps – argent, pouvoir, croissance, vitesse, etc. –, des hommes et des femmes s’étaient levés, armés le plus souvent de leurs seuls idéaux.

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