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Courrier des lecteurs

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Les toilettes sèches sont elles autorisées dans un restaurant ?

J'ai consulté l'arrêté du 7 septembre 2009 au sujet des toilettes sèches et n'y ai pas trouvé toutes les réponses.  Dans le cadre d'un projet de création d'un restaurant dans une ferme du XVIIIe siècle, est-il autorisé d'installer des toilettes sèches pour les clients ? Il s'agira d'un ERP (établissement recevant du public, ndlr) de 5e catégorie. L'installation de toilettes « classiques » impliquerait de lourds travaux. 


Réponse de Pierre L'écoleau, association ec'eau logis et entreprise GP conseil (Aude)  Oui, il est admis d'installer des toilettes sèches dans un ERP. Il n'y a pas d'exclusion de ce genre dans le texte de référence. Néanmoins, votre question manque d'une précision importante : quel sera le nombre de places prévu dans cet établissement ? Et sera-t-il prévu pour un ou deux services par jour ? En se référant aux ratios définis pour les différents types d'établissement, on considère fréquemment pour un restaurant (uniquement) un ratio de 0,25 EH (équivalent habitant) par place ; mais attention, si votre restaurant fait deux services, on compte deux couverts par place, donc vous devez calculer votre dimensionnement avec un ratio de 0,5 EH par place. Cette notion d'EH (paramètre de dimensionnement d'assainissement) est importante aussi dans le sens où les toilettes sèches sont réglementées notamment par l'arrêté du 7 septembre 2009 fixant les prescriptions techniques applicables aux installations d'assainissement non collectif recevant une charge brute de pollution organique inférieure ou égale à 1,2 kg/j de DBO5, cette dernière étant équivalente à maximum 20 EH. Donc, imaginons par le calcul les deux cas de figure suivants : 1) Votre restaurant ne fera qu'un service par jour, avec une capacité de 50 places, 50 x 0,25 = 12,5 EH ; 2) Votre restaurant fera deux services par jour, avec une capacité de 50 places, 50 x 0,50 = 25 EH. Dans la 1re hypothèse, votre assainissement (et les toilettes sèches qui l'accompagneront) dépendra de l'arrêté cité ci-dessus. Mais, dans la 2nde hypothèse, il passera sous la réglementation de l'assainissement collectif et non collectif de plus de 20 EH, soit l'arrêté du 24 août 2017 modifiant celui du 21 juillet 2015 relatif aux systèmes d’assainissement collectif et aux installations d’assainissement non collectif, à l’exception des installations d’assainissement non collectif recevant une charge brute de pollution organique inférieure ou égale à 1,2 kg/j de DBO5 au JO du 23 septembre 2017. Votre capacité d'accueil en restauration (seule, sans hébergement) est donc déterminante pour la réglementation à considérer. Dans le cas où votre projet serait à considérer dans la 2nde hypothèse, je vous conseille de vous rapprocher de votre mairie ou de votre communauté de communes pour demander un entretien avec le responsable du Spanc local qui précisera comment évaluer la chose. Bonne continuation dans votre projet.

Comment se faire assurer en tant que professionnel travaillant avec des matériaux biosourcés ?

Nous venons de voir le quatrième assureur et nous avons du mal à nous faire assurer pour les isolants naturels. Nous sommes une entreprise de tailleur de pierre qui a évolué du bâti ancien en restauration vers l'écoconstruction, pierre, enduit, isolation, ossature bois. Nous avons suivi le stage Pro paille il y a deux ans, donc dans les règles professionnelles. Vers quelles personnes ou assurances pouvons-nous nous orienter ? Devons-nous continuer à poser des isolants sans assurance ? En vous remerciant pour cette revue pleines de ressources.


Réponse de Gilbert Leguay, professeur honoraire en droit de construction, société Passages (assurance et conseil) L'assurance construction, en matière de risque et de responsabilité de nature décennale (dommages-ouvrage et responsabilité décennale), est soumise à un droit spécifique partiellement dérogatoire au droit commun. La souscription des assurances du maître de l'ouvrage et des différents intervenants à l'acte de construire est soumise, à quelques exceptions près qui ne concernent pas votre cas, à une obligation légale dont le non-respect est sanctionné pénalement dans la grande majorité des cas. Fort heureusement, l'obligation d'assurance à la charge des assujettis comporte une réciprocité à la charge des assureurs : l'obligation d'assurer, qui n'est subordonnée à aucune condition d'ordre technique. Les assureurs étant, le plus souvent, peu enclins à couvrir des risques importants ou nouveaux ou ne disposant pas de règles techniques établies de longue date, le législateur a prévu un organe administratif indépendant : le Bureau central de tarification (BCT) - section construction, dont le rôle est d'obliger les assureurs à respecter leur obligation légale d'assurer. En cas de refus d'assurance, vous pouvez donc saisir le BCT, en respectant scrupuleusement le formalisme de la réglementation le concernant. Ces règles n'existent qu'en matière de risque et de responsabilité de nature décennale. Les assurances construction de type Tous risques chantiers et Responsabilité civile classique, particulièrement utiles, sont soumises aux seules règles du droit commun de l'assurance et sont facultatives : leur souscription ne dépend que de la bonne volonté des parties. Il est vraisemblable que l'assureur obligé d'assurer en décennale à la suite d'une décision du BCT ne fera pas preuve de très bonne volonté pour proposer des garanties facultatives à ce client. Un grand nombre de sociétés d'assurance et en particulier les mutuelles spécialisées en matière d'assurance construction (la SMA, la CAM de Strasbourg, l'Auxiliaire de Lyon...) et celles dévolues à certaines catégories professionnelles, artisans et petites entreprises, et délivrant des garanties à de très nombreux professionnels de la construction comme la MAAF, sont en mesure d'étudier les conditions techniques, juridiques et financières pouvant permettre l'assurance de matériaux, produits et techniques mis en oeuvre aujourd'hui.

Buée et triple vitrage ?

Un menuisier vient de m'affirmer que le problème du triple vitrage était qu'il comportait le risque de se couvrir de buée (alors que ce n'est pas le cas du double vitrage que j'ai fait installer chez moi). Pouvez-vous confirmer ou infirmer ce propos ?


Réponse de Jean-Claude Mengoni, aide en menuiseries auprès des autoconstructeurs (Bas-Rhin) La condensation est une transformation de la vapeur d'eau de l'état gazeux à l'état liquide. Ce phénomène apparaît à l'aube sur la paroi extérieure, froide, de vitrages isolants, si certaines conditions de température et d'humidité sont réunies. Et c'est plutôt rassurant. Cela prouve que les menuiseries isolent bien, que la chaleur intérieure ne s'engouffre pas vers l'extérieur. La buée disparaîtra lorsque le vitrage extérieur aura gagné quelques degrés. Un problème purement esthétique, donc, quelques débuts de matinée par an, qui n'est pas de nature à mettre en doute les nombreuses qualités des vitrages performants, qu'ils soient doubles ou triples. Je remarque que quelques artisans ou fabricants ne disposant pas de la technique permettant de fabriquer des menuiseries à triple vitrage (les épaisseurs importantes des ouvrants requièrent des machines ad-hoc) sont parfois enclins à mettre en avant des points de détail infondés ou d'importance mineure. Deux rumeurs toujours persistantes associent par exemple le triple vitrage avec le bris de vitre ou un prix exorbitant.

Quelle alternative au ciment pour renforts avant décaissement ?

Dans le cadre de la rénovation du rez de-chaussée de notre ferme en pierre, nous allons devoir renforcer deux poteaux en bois autour desquels il nous a été recommandé de poser un socle en béton afin de bien les maintenir en prévision d'un gros décaissement du sol. En effet, ces poteaux sont « porteurs » et nous ne voulons prendre aucun risque. Nous sommes ennuyés, car nous souhaiterions qu'une autre matière que le béton puisse jouer ce rôle de renfort. Savez-vous si nous pourrions poser autre chose avec les mêmes propriétés de solidité et de renfort ?


Réponse de Monique Cerro, artisane, formatrice (Rhône) Il est tout à fait possible de faire la même chose avec un béton de chaux. Les mises en oeuvre sont les mêmes, seuls les matériaux changent. La première consigne dans tous les cas de figure est de ne décaisser autour des poteaux qu'à 45° (sous forme de pyramide). Ensuite, le coffrage peut aussi s'agrémenter de bambou fendu qui sera encastré comme un ferraillage d'ancrage conventionnel. La formulation est de 1 volume de sable à béton pour 1 volume de chaux NHL 5.

Quel traitement pour le sapin en usage extérieur ?

Je suis à la recherche d'un produit permettant le traitement antifongique, insectifuge, hydrofuge pour les bois extérieurs (sapin). J'ai en tête Restol, mais je viens d'apprendre qu'il contient des solvants, ce que je cherche à éviter : ma fille souffre d'une MCS (hypersensibilité chimique multiple, ndlr), donc ne supporte aucun produit chimique... Où puis-je trouver ce type de produit ?


Réponse de Hervé Boivin, animateur bois construction du réseau de professionnels Abibois (Bretagne) Le sapin n’est pas naturellement durable pour un usage en extérieur soumis aux intempéries. Hors aubier (l’aubier n’est jamais durable), le sapin pourrait prétendre à une durabilité fongique en oeuvre de 10 à 50 ans en condition d’emploi 3a (« le bois est à l’extérieur, sans contact avec le sol et soumis à une humidification fréquente sur des périodes courtes de quelques jours. Le séchage des bois est complet avant une nouvelle période d’humidification… ») et sa durabilité est incertaine (< 10 ans) en conditions plus sévères. La difficulté avec le sapin est que l’aubier n’est pas distinct du duramen. En outre, son duramen n’est pas naturellement résistant aux insectes à larves xylophages, ni aux termites. Afin d’assurer une durabilité à l’extérieur, il faut lui faire subir un traitement chimique, voire thermique, afin de lui conférer une durabilité suffisante pour la classe d’emploi 3 (le badigeonnage ne suffit pas, éventuellement un trempage). Donc, pas de solution fiable facilement accessible aux particuliers. La technologie du traitement haute température (THT)(1) s’est développée ces dernières années. Intérêt : durabilité conférée intéressante permettant de valoriser des essences non naturellement durables en extérieur, stabilité dimensionnelle, changement de teinte (et parfum « bois torréfié »), mais le revers est un bois un peu plus cassant. Pour les traitements par bains d’huile chaude, je n’ai pas de vue d’ensemble, mais il me semble qu’ils se pratiquent de moins en moins (problème de poussières adhérentes entraînant une dégradation d’aspect et le développement de champignons en surface dans pas mal de références, posant là aussi un problème d’aspect…). Les produits alternatifs tels que les huiles vont avoir un effet retardateur en limitant l’imprégnation de l’eau dans le bois. Dans tous les cas, il faut réaliser l’application après usinage ou découpe. Autre solution, si vous avez le choix, utilisez une essence naturellement durable en extérieur, si possible locale, idéalement avec aubier différencié : chêne, châtaignier, robinier, douglas, pins…

Comment valoriser des chutes et "sciure" de panneaux de laine de bois ?

Suite à de multiples découpes de panneaux semi-rigides de laine de bois, nous nous retrouvons avec une certaine quantité de « sciure ». Comment valoriser cette « sciure » pour éviter de la transformer en déchet ? Serait-elle utilisable en fraction organique pour un enduit à la chaux ? Et dans quelles proportions ? Auriez-vous des retours d’expériences sur la valorisation de cette « sciure » ? Toutes propositions sur la valorisation de ce « déchet de chantier » seront les bienvenues... 


Réponse de Pierre Foëssel, éco-artisan de la Scop Abitabio Par le passé, nous avions pas mal de déchets de panneaux de fibre de bois. Les déchets de type chute ont été brûlés par des collègues dans leur cheminée ; de mon côté je ne l'ai jamais fait pour éviter d'encrasser mon conduit et du moment qu'il y a des additifs, notamment pour les panneaux de sous-toiture, je trouvais cela assez moyen... Pour les poussières, sur chantier, nous les avons réutilisées pour rajouter une charge dans nos rebouchages de plaque de plâtre. En les mélangeant avec du MAP (mortier adhésif placoplâtre), on utilise moins de MAP, il est possible de reboucher de plus gros trous, cela permet la « valorisation » de déchets. Pour envisager de l'utiliser dans de plus grandes proportions, il faudrait du volume plus conséquent. Enfin, pour moi, ces déchets peuvent être incorporés dans des enduits terre sans problème et, si j'en avais eu sous la main en quantité, je les aurais incorporés dans mes corps d'enduit. Proportion envisageable : 1,5 vol. argile, 1 vol. sable 0-4, 1 vol. fibre de bois, 1 vol. brins de paille de 5 cm. À tester... Concernant la chaux, pourquoi pas dans un corps d'enduit, mais je ne prendrais pas le risque pour une finition, à cause des tanins du bois qui peuvent ressortir au contact de l'eau et tacher l'enduit. Dernier conseil : pour tout ce qui est nouveau, il faut procéder à des essais avant de fabriquer des enduits en quantité.

Le chaux-chanvre dispense-t-il de ventilation ?

Je trouve les questions de ventilation particulièrement sujettes à controverse et il est très difficile de trouver la bonne solution pour son projet. Pour ma part, j'ai une petite grange que je vais rénover et à laquelle j'adjoins une extension en façade sud et est. La grange est en double hauteur avec un espace mezzanine (partie ancienne : salon-salle à manger-cuisine ouverte en double hauteur, local technique, salle de bains sous mezzanine et atelier sur mezzanine ; dans l'extension : un couloir « solaire » très vitré avec distribution de deux chambres et un WC). La majorité des murs anciens et neufs sont ou vont être traités en pierre porteuse avec enduit chaux-chanvre isolant (deux épaisseurs, 8 et 20 cm). Pour la ventilation, étant donné que le chaux-chanvre est un bon régulateur hygroscopique, j'ai cru comprendre qu'il n'est pas nécessaire de confier la gestion de l'humidité à une VMC. Par contre, les polluants type COV (même si on les évite), odeurs des sanitaires, « surhumidité » de salle de bains doivent être pris en charge par un système d'évacuation pour un renouvellement de l'air. Comme le chaux-chanvre régule l'humidité, une VMC hygro ne va-t-elle pas rester « fermée » tout le temps, donc ne pas jouer son rôle de renouvellement de l'air ? Une VMP (ventilation mécanique ponctuelle) suffisamment temporisée et basée sur les activités de présence ne serait-elle pas plus adaptée avec un extracteur dans la salle de bains et un dans les WC, la hotte aspirante pouvant jouer ce rôle également pour la cuisine ? Je n'ai pas dirigé mon projet vers une VMC double flux, car l'étanchéité à l'air de la partie ancienne ne sera pas formidable et aussi pour des questions de coût. 


Réponse de Thierry Rieser et Jeremy Ceslan, pour DORéMI Tout d’abord, pourquoi ventile-t-on ? Vous avez bien noté les deux points essentiels : évacuer l’humidité excédentaire dégagée par nos activités (respiration, cuisson, douches…) et les polluants (COV, formaldéhydes, benzène, etc.). Ces derniers ne sont pas exclusivement liés à nos activités et sont donc dégagés en continu, et ce malgré les efforts que l’on peut porter au choix de revêtements ou de mobilier « écologiques » (le bois, par exemple, dégage beaucoup de COV). Il faut donc ventiler les bâtiments afin d’évacuer ces polluants en permanence et apporter de l’air neuf en conséquence, d’autant plus que l’étanchéité à l’air aura été travaillée (ce qui est par ailleurs nécessaire pour le confort et la performance énergétique). Il est généralement admis qu’une ventilation continue à hauteur de 0,6 vol/h minimum permet d’assurer une bonne qualité de l’air intérieur (QAI) lorsque l’environnement intérieur n’est pas particulièrement pollué. De ce fait, les solutions de ventilation hygro-réglable ou ponctuelle (VMR sur interrupteur, détection de présence ou d’humidité) ne sont pas adaptées à l’enjeu d’évacuer les polluants. En effet, ils permettent de ventiler en fonction de l’humidité, donc de la présence, mais pas en fonction de l’émission permanente de polluants. La régulation par l’humidité est encore plus hasardeuse lorsque les matériaux contribuent à réguler l’humidité, comme c’est effectivement le cas avec le chaux-chanvre, la terre, les biosourcés… Dès lors qu’on souhaite assurer une bonne QAI, il reste deux solutions pour ventiler à hauteur de 0,6 vol/h en continu : en simple-flux (auto-réglable) ou en double-flux. Avec une récupération de chaleur sur l’air extrait d’un rendement réel de 70 %, le gain énergétique d’une double-flux pour une maison BBC est de l’ordre de 20 kWh/m².an en termes de besoins de chauffage, ce qui est loin d’être négligeable, et relativement indépendant du niveau d’étanchéité à l’air. Nos retours d’expérience DORéMI montrent qu’il est toujours possible, même en rénovation, de concevoir une installation double flux en limitant les inconvénients (accessibilité, pose « acoustique »…) et pour un coût moyen de 5 600 € HT, travaux induits inclus. Avec des cas observés à moins de 3 000 € HT. N’hésitez pas à vous tourner vers des artisans qui ont de l’expérience en la matière. En autoconstruction, vous pouvez aussi vous appuyer sur les conseils de professionnels comme ceux de Fiabishop, qui proposent des plans et kits complets.

Comment limiter les champs électromagnétiques dans un plancher ?

Pour faire suite à la question sur les champs électriques du numéro 105 ; en cours de rénovation de notre maison, je réalise que je n'ai sans doute pas fait les meilleurs choix au niveau de l'installation électrique. Le tableau électrique se trouve sous la chambre de ma fille et une quantité importante de câbles et fils électriques dans des gaines non blindées passent dans le plancher sous le futur emplacement du lit (cf photo). Le plancher n'est pas encore posé et je me demande s'il existe encore un moyen de limiter les champs électromagnétiques émis par ces câbles en recouvrant les gaines avec un matériau particulier (autre que le béton cellulaire) avant de poser les lambourdes et le plancher. Est-ce qu'un grillage relié à la terre posé sur les gaines ferait l'affaire ? 


Réponse d'Alain Richard, de la Scop electromagnetique.com Un maillage inox type V4A10, raccordé à la terre, posé sur les gaines, atténuera le champ électrique émis par les gaines. Il me semble que le plancher bois est dans une chambre située à l'étage, il faudra donc aussi mettre un maillage inox sous la gaine pour limiter le champ au niveau situé en-dessous.

Comment conserver la couleur du bardage en douglas ?

Je souhaiterais utiliser du douglas pour barder ma maison. Je voudrais que la jolie couleur rose de cette essence perdure dans le temps ; que faire ? Qu'utiliser pour que le bois ne tourne pas au gris marronasse ?


Réponse de Maxime Baudrand, de l'association Atlanbois Effectivement, tout bois mis en extérieur va se patiner dans le temps et prendre une teinte grise, plus ou moins foncée en fonction de la conception du bâtiment et de l’exposition de la façade. Si votre souhait est de conserver la teinte initiale du bois, il faudra avoir recours à une finition pour empêcher l’apparition de cette patine. Je vous conseille de privilégier un saturateur incolore, celui-ci n’a pas de besoin de décapage avant une éventuelle rénovation, car il n’est pas filmogène. Il ne s’écaille pas mais se « farine », ce qui est plus pratique pour appliquer une nouvelle couche. À titre de comparaison, une lasure incolore forme une pellicule imperméable (filmogène) qui, à terme, s’écaillera, vous obligeant à décaper avant la mise en oeuvre d’une nouvelle couche. Le point faible du saturateur est sa tenue dans le temps (1 à 3 ans en fonction de l’exposition). Attention aux huiles, qui peuvent être filmogènes et qui ont une tenue dans le temps très médiocre. La composition des saturateurs varie en fonction des fabricants, voici ceux qui me donnent une « bonne impression » d’un point de vue écologique : Uula Color, Keim, Adkalis, Sikkens.

Radon : quels sont les risques et les solutions pour s'en protéger ?

Nous habitons à Moustoir-Ac, petite commune située en Morbihan, au sud-ouest de Locminé, dans une petite maison traditionnelle bretonne, semi-enterrée à l’arrière. Afin de vérifier notre exposition au radon, nous avons acheté un appareil de mesure : le AER de chez Algade. Après des mesures à différents endroits tout l’hiver, nous avons relevé des quantités quasiment toujours supérieures à 400 Bq/m3 et des pics très fréquents à 1 200-1 500 Bq/m3. Nous avons donc quelques questions. À votre connaissance, les mesures de ce type d’appareil sont-elles fiables ? Y a-t-il des risques pour notre santé ? Si oui, quelles sont les conséquences éventuelles ? Quels sont les symptômes éventuels ? Y a-t-il des aides pour d’éventuels travaux ? Que doit-on faire ?


Réponse de Patrick Debaize, coordonnateur radon pour l'association Approche Écohabitat La fiabilité des instruments électroniques est correcte. Par contre, l'interprétation des résultats des mesures doit être relative au matériel et à la durée de pose. Lorsque l'on parle de concentration, il faut avoir en tête que cette mesure doit se faire en période hivernale (de chauffe), durant au moins deux mois et dans une pièce habitée (c'est-àdire chauffée et occupée plus d'une heure par jour) en évitant la cuisine, les sanitaires, caves, etc. Le résultat, exprimé en Bq/m3, doit être issu d'une mesure de ce type afin de pouvoir le comparer ensuite, si nécessaire, après que des travaux auront été entrepris. Lorsqu'on réalise des mesures en continu (c'est le cas des appareils électroniques type AER) en dehors des périodes hivernales, nous obtenons des informations qui ne sont pas du même ordre. En effet, ce type d'appareil lisse les données soit sur dix jours, soit sur trois jours en mode glissant. Dans ce cas, on constate des pointes significatives. Pour autant, la moyenne relevée peut rester assez basse. En général, les pointes d'activité volumique sont plutôt présentes en période nocturne, du fait de plusieurs conditions : météo, peu de mouvements dans l'habitation, défauts d'aération... Donc, si l'on souhaite un bon indicateur permanent, acheter un dosimètre passif à placer l'hiver (en le gardant toujours au même endroit). Une présence significative de radon peut avoir des conséquences sur la santé, c'est vrai. Mais il y a souvent plusieurs types de polluants présents simultanément. Si le radon est un facteur de cancer du poumon, celui-ci ne se déclenche qu'après une longue période d'exposition. Pour autant, améliorer la qualité de l'air de son logement est toujours un véritable enjeu pour chacun de nous. S'il y a des travaux à mener, ils seront à prioriser à partir de la qualité du renouvellement hygiénique de l'air en ayant un air renouvelé de façon permanente dans toutes les pièces. Ensuite, il est bon de rechercher les passages des réseaux (eau, chauffage, électricité, évacuations...) ou les défauts d'étanchéité de la dalle béton susceptibles de faire pénétrer facilement le radon dans les pièces. Si le AER peut avoir une utilisation plus pertinente, ce sera celle-ci : lorsque l'étanchéité d'une gaine ou d'un raccord semble douteux, réinitialiser l'appareil et le placer à proximité immédiate du point douteux. Si la valeur devient forte, cela signifie que l'on a repéré une entrée spécifique du radon. Les aides financières spécifiques au radon transitent par les aides à la pierre de l'Agence nationale d'amélioration de l'habitat (Anah). Le radon fait partie des problématiques de l'insalubrité. Il est intégré aussi aux travaux liés à l'amélioration thermique du logement. Pour autant, ces aides sont liées aux conditions de ressources du foyer. Se renseigner en mairie afin de savoir si une Opération programmée d'amélioration de l'habitat (Opah) peut venir compléter ce dispositif.