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Courrier des lecteurs

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Les isolants biosourcés sont-ils compatibles avec un mur en béton ?

Pour différentes raisons (labels E+C-, loi Elan, etc.), l’usage des isolants biosourcés est amené à augmenter. Autant dans une réflexion « paroi perspirante », leur recours est logiquement justifié, mais en doublage intérieur d’une structure étanche (ex. béton banché), aurait-on plus de problèmes qu’avec un isolant en laine minérale hygrophobe ? Entre autres, y aura-t-il plus souvent condensation dans la configuration « paroi étanche doublée à l’intérieur avec des biosourcés » qu’avec des laines minérales ? Si condensation dans les deux cas, quelle est la plus problématique (isolant dégradé, etc.) ? Existe-t-il des études (théoriques mais surtout retours d’expériences) de ces configurations ?


Réponse de Michaëlle Rabiller, responsable Info-énergie et formatrice à l’Asder, intervenante du Mooc Rénovation performante. L’usage des isolants biosourcés est amené à augmenter dans les années à venir et c’est très important à plusieurs niveaux : diminution de l’énergie grise, possibilité de réutiliser des matériaux lors de la déconstruction et développement des filières locales. Dans le cadre d’une isolation par l’intérieur, les problèmes de condensation ne sont pas plus importants avec un isolant biosourcé qu’avec une laine minérale. La pose de la membrane frein vapeur reste déterminante dans la réussite de l’isolation : étanchéité à l’air, protection contre les phénomènes de condensation, évacuation de l’humidité excédentaire le cas échéant avec un frein-vapeur hygrovariable permettant un « séchage » de la paroi en période estivale. En cas d’humidité persistante (sans séchage au cours d’une année complète) due à une pose défectueuse de la membrane, les isolants quels qu’ils soient vont perdre en performance thermique. Si la situation le permet, l’isolation thermique par l’extérieur est à privilégier, car elle protège notamment la structure porteuse des écarts de température, donc des phénomènes de condensation, que ce soit en paroi étanche ou perspirante. Paroi étanche et paroi perspirante peuvent être associées, ce n’est pas antagoniste. Les points incontournables pour assurer une pérennité du bâtiment et l’efficacité des travaux de rénovation thermique restent dans tous les cas une étanchéité à l’air soignée, parfaite, un renouvellement d’air réparti et permanent par la ventilation du bâti, le respect des règles de pose de l’isolant (règles Rage, avis technique, préconisations du fabricant).

Traversée de mur en paille, quelles précautions ?

Je dois positionner un tuyau métallique pour la prise d’air de mon poêle à travers la paille qui constituera ma future isolation par l’extérieur. Il m’a semblé avoir lu dans le magazine qu’il y avait un risque de condensation (métal/paille). Est-il préférable que je gaine ce tuyau et avec quel matériau ? Je pensais à un conduit isolé pour VMC simple flux sans le conduit, ce qui me laisserait l’isolant moulé pour accueillir mon tuyau, le tout protégé par la membrane plastique.


Réponse d’André de Bouter, association La Maison en paille, formateur construction et rénovation en paille, terre et chaux, poêle de masse. Oui, un tube en métal en contact avec l’air froid risque de provoquer de la condensation. Côté isolation, cela pose problème car une accumulation d’humidité crée des circonstances favorables aux micro-organismes. La paille pourrait s’en trouver dégradée. L’eau peut aussi réduire le pouvoir isolant, comme avec les laines minérales. Ce n’est pas tant un problème lié au choix de la paille comme isolant. Il s’agit d’un détail technique à bien soigner. Une solution consiste à éviter d’intégrer un tel pont thermique. Si vous pouvez puiser l’air dans un vide d’air sanitaire bien ventilé, cela aura également l’avantage que l’utilisation du poêle ne sera plus sensible aux directions du vent. Il est aussi possible de passer un tube par le sol, du dehors jusqu’au poêle. C’est plus de travail qu’un trou dans un mur, mais l’avantage serait de ne pas subir le courant d’air froid entre ce trou et le poêle. Si le tube en métal doit traverser la paille, le mot d’ordre est d’éviter que la vapeur d’eau vienne jusque cet endroit. Il faut soigner l’étanchéité à l’air du mur. Notamment aux jonctions entre matériaux. Soyez aussi attentif à la perméance à la vapeur d’eau des matériaux utilisés, pour que la vapeur puisse migrer aisément dans la paroi vers l’extérieur (froid). Voir les Règles professionnelles de construction paille du Réseau français de la construction paille (RFCP). Il faut aussi s’assurer que le mur à isoler par l’extérieur ne présente aucune problématique d’humidité. Pour le détail technique autour du conduit : isoler autour du tube en métal avec un isolant non sensible à l’humidité. Je conseille de créer une barrière totalement étanche à l’air autour de cet isolant. Les différents produits d’étanchéité à l’air et au vent (extérieur) feront l’affaire. La gaine isolée pour VMC ne m’inspire pas beaucoup de confiance. J’opterais pour une boîte ajustée aux bottes de paille, avec une isolation minérale comme la perlite en vrac et réalisée avec des matériaux qui respectent la perméance à la vapeur d’eau.

Prise d'air dans une véranda pour la VMC double flux, fausse bonne idée?

Envisageant une rénovation lourde avec VMC double flux et véranda bioclimatique, j’ai pensé que placer la prise d’air neuf dans la véranda permettrait de disposer d’air préchauffé, ce que j’espérais bénéfique. J’ai remarqué ce montage dans le n°115 de votre revue, ce qui m’a incité à étudier la question de plus près. Le résultat n’est pas celui que j’attendais. L’incidence du réchauffement de l’air en entrée de VMC est assez négligeable sur la température de l’air insufflé et se répercute principalement sur celle de l’air rejeté. Les formules que j’ai utilisées sont extraites d’un document du fondateur des VMC Paul traduit par le bureau d’études Enertech. En résumé, la prise d’air neuf dans la véranda semble occasionner (pour des VMC performantes) un gain thermique négligeable sur l’air insufflé, amoindrir son rôle d’espace tampon et offrir une qualité d’air moindre. Ne serait-ce pas une fausse bonne idée ? Je ne vois pour le moment qu’un avantage, supprimer ou réduire le risque de gel de l’échangeur de la VMC.


Réponse d’Olivier Sidler, fondateur du bureau d’études Enertech engagé depuis plus de 40 ans dans la transition énergétique des bâtiments. Lorsqu’on place l’entrée d’air d’une ventilation double flux à l’intérieur d’une véranda, d’une part le préchauffage de l’air neuf dans l’échangeur perd de son efficacité puisque celle-ci est d’autant plus importante que l’écart de température entre l’air intérieur du logement et celui à l’entrée de l’échangeur de la VMC est élevé. Il y a concurrence entre l’échangeur de chaleur et le préchauffage dans la véranda. La présence de ce préchauffage fait nettement perdre de son intérêt à l’échangeur. La température de l’air soufflé dans le logement augmente peu, contrairement à celle de l’air extrait (à l’inverse de ce qui était attendu). Globalement, le renouvellement d’air est donc plus déperditif. Mais d’autre part, le passage de l’air neuf dans la véranda la refroidit, ce qui diminue ses pertes (proportionnelles à la différence de température entre l’intérieur et l’extérieur). Il s’ensuit qu’elle est mieux valorisée énergétiquement. On a donc plus de pertes par renouvellement d’air et moins de pertes dans la véranda. Qui l’emporte ? Le bilan énergétique est un peu meilleur avec la prise d’air neuf dans les vérandas « froides » et moins bon pour les vérandas « chaudes ». Dans le premier cas, la barrière isolante est placée entre le logement et la véranda ; dans le second, entre la véranda et l’extérieur. Mais une véranda n’est pas qu’un simple capteur solaire, c’est aussi et avant tout un espace à vivre très agréable (raison pour laquelle il faut opter pour sa version « chaude »). Or, comme la température y est plus basse si l’air neuf y transite, elle sera bien moins souvent utilisable. Ce qui serait vraiment dommage et ne plaide pas pour y placer la prise d’air neuf. Le seul avantage incontestable du préchauffage d’air par la véranda est que le givrage de l’échangeur en hiver n’est pratiquement plus possible. En résumé, il n’y a que lorsqu’on fait une véranda « froide » qu’on peut mettre la prise d’air de la VMC double flux dans la véranda. S’abstenir dans les autres cas, sauf si on est en région très froide et qu’on a un risque de givrage de l’échangeur sans autre solution.

Du ciment prompt en liant dans un bloc de chanvre ?

Pour un projet de construction de maison en blocs de béton de chanvre, je suis en contact avec la société Biosys. Son système d’empilement sans mortier semble intéressant, mais je me pose des questions sur l’étanchéité d’un tel système et l’impact de l’utilisation du ciment prompt comme liant, plutôt que la chaux, notamment sur les qualités perspirantes du matériau. Enfin, avez-vous des retours d’expérience sur les blocs chaux-chanvre italiens Biomattone, qui sont distribués près de chez moi. Ils ont une version en 40 cm de large, au lieu de 30 cm chez les autres fabricants. 


Réponse de l’architecte Jean-Marc Naumovic, ancien président et toujours membre de l’association Construire en chanvre. Il n’y a pas de problème d’étanchéité lié à un mur monté en bloc de chanvre sans mortier, car l’étanchéité est gérée par un enduit, sur chaque face. Ce sont les jonctions qu’il faut travailler (fenêtre/mur, mur/plafond...). La perméabilité à la vapeur d’eau et l’étanchéité à l’air sont parfaitement compatibles. Dans le béton de chanvre, ce n’est pas forcément une chaux hydraulique qui est utilisée, mais plutôt des chaux formulées. La perspirance ou perméance est plutôt due à l’apport de chaux aérienne. Mais cette dernière ne peut être utilisée seule sans contraintes importantes de séchage. C’est aussi pour cela qu’on retrouve souvent des charges pouzzolaniques, elles accélèrent le séchage en maintenant la perméabilité à la vapeur d’eau du mélange. Plus une chaux est hydraulique, plus elle risque de perdre de sa perméance, ce qui n’est pas bon pour le béton de chanvre. Par contre, le ciment naturel (prompt Vicat) est aussi reconnu pour sa perméance en mélange avec le béton de chanvre. Il ne ressemble pas aux ciments usuels. Par ailleurs, les REX (retours d’expériences) réalisés par Construire en chanvre ont mis en évidence qu’un béton de chanvre doit perspirer pour bien fonctionner. Sa résistance thermique diminue avec sa teneur en humidité, c’est vrai. Cela peut se produire particulièrement en fin d’hiver avec beaucoup d’humidité et peu d’ensoleillement. Cependant, plus il y a d’humidité dans le mur, plus les changements d’état de la vapeur d’eau sont importants et plus il y a création de calories. La vapeur d’eau est le carburant du béton de chanvre, qui la régule pour le meilleur confort des habitants. J’habite personnellement une maison en béton de chanvre dans un secteur maritime avec 95 % d’humidité relative (HR) en hiver et j’obtiens entre 55 et 60 % d’HR à l’intérieur sans chauffage, ni ventilation l’hiver. 35 cm d’épaisseur pour un bloc de chanvre me semble l’optimum et me permet de concevoir des maisons sans chauffage ni climatisation. 40 cm, c’est certainement formidable. Concernant les Italiens, ils reçoivent bien souvent le chanvre par la vallée du Rhône, sachant que le chanvre français est de meilleure qualité selon de nombreux utilisateurs. La France est, de loin, le premier pays producteur d’Europe. Nos amis italiens ont récupéré une bonne part de nos connaissances, via l’association Construire en chanvre, et ils ont une excellente connaissance de la chaux, mais je ne peux m’exprimer sur ce produit.

Produit de démoussage ?

Bonjour, nous venons d’acheter une maison ossature bois de 1987 couverte en « fausses » ardoises fibrociment. Nous souhaitons prolonger leur durée de vie de quelques années avant d’envisager une rénovation énergétique complète (et notamment un sarking). Elles ont besoin d’être démoussées, la gouttière est reliée à une cuve de récupération de l’eau de pluie (usage jardin), quel produit écologique ou quelle préparation maison recommandez- vous ? Quelle est la meilleure période pour réaliser l’opération de démoussage ?


Réponse de Laurent Colicourt, couvreur pour l’entreprise d’écorénovation Abitabio Scop (49) Cas toujours délicat que les toitures fibrociment. Au vu de la date, il est plus que probable que les « ardoises » soient amiantées. L’entreprise qui ferait les travaux doit être formée à minima SS3 (formation sur les petites interventions autour de l’amiante) et utiliser un protocole assez contraignant. En passant outre ces règles, l’entrepreneur ET le maître d’ouvrage engagent leur responsabilité pénale ! Notre conseil est de ne rien faire s’il n’y a pas de fuites. Démousser des ardoises fibro dans les règles de l’art représente un budget conséquent et un risque réel si vous souhaitiez le faire par vous-même. De plus, votre toiture se mettrait rapidement à blanchir et vous ne seriez pas satisfait du résultat. Mieux vaut ne pas dépenser d’argent sur ce détail esthétique. Et anticiper le budget pour faire déposer votre toiture dans les règles de l’art par une entreprise spécialisée avant de réaliser le sarking et la nouvelle couverture.

Comment uniformiser le grisement d'un bardage ?

Une question en lien avec votre dossier Bardage du LME 113. Concernant mon bardage douglas faux claire-voie naturel (Vibrato de chez Piveteau), je suis à la recherche d’une solution pour accélérer et uniformiser le grisement naturel et qui peut être appliquée sur un bardage au grisement hétérogène posé depuis quelques années (7 ans). Votre article mentionne des bardages pré-grisés au sulfate de cuivre sans préciser s’il s’agit de traitements réalisés sur bardages neufs en usine, ou si des produits de ce type existent pour une application sur bardages déjà posés. 


Réponse de M. Thiberville, gérant de la société MGECO (cité dans le dossier Bardages bois au naturel – LME 113) Les bardages pré-grisés au sulfate de cuivre sont fabriqués en usine. Il existe néanmoins de nombreux produits pour pré-griser un bardage, afin de rendre ce phénomène naturel plus uniforme : lasure, saturateur, huile, etc. J’utilise pour ma part du produit pour accélérer le grisement afin de faire des retouches ou pour changer des tapées de menuiserie sur des maisons qui ont un bardage qui a déjà grisé. J’achète des pots de pré-grisement chez Piveteau. C’est un produit vendu sous forme de gel, afin d’assurer une bonne pénétration dans le bois et une bonne durabilité. Il s’agit d’un produit professionnel, mais je pense qu’il est disponible sur demande pour des particuliers. Par contre, je ne conseille pas de l’utiliser sur de grandes surfaces pour uniformiser une façade entière qui a déjà grisé. À mon avis, le produit aura tendance à faire une sur-impression sur le grisement naturel, ce qui risque d’être inesthétique. Je recommanderais plutôt de réaliser un aérogommage sur l’ensemble de la façade (une aérogommeuse se loue facilement) et, ensuite, d’appliquer le traitement. Le bardage qui a été posé il y a 7 ans s’imprégnera facilement du produit. Ce dernier est en base aqueuse et je pense, même si je ne l’ai pas essayé moi-même car je l’applique toujours au pinceau, qu’il est possible de le pulvériser avec un pulvérisateur airless, ce qui facilite la mise en oeuvre. C’est néanmoins à confirmer auprès du fabricant.

Chauffe-eau solaire ou thermodynamique ?

Abonné fervent depuis de nombreuses années, je ne retrouve pas d'article récent sur ces deux solutions pour l'eau chaude sanitaire. Notre projet est une maison individuelle bioclimatique, pour deux personnes, en Auvergne à 450 m d'altitude. Notre maître d'oeuvre nous propose les deux techniques, je suis déjà renseigné par les fiches de l'Ademe, mais vous, pouvez-vous me conseiller ou m'indiquer une source fiable ? 


Réponse de Fabrice Michel, salarié de La Maison écologique, ancien conseiller info-énergie Choisir un système de production de chaleur, que ce soit pour l’eau chaude sanitaire ou le chauffage, n’est jamais chose aisée tant les avantages et inconvénients des systèmes peuvent perturber notre analyse. Si vous avez consulté les fiches de l’Ademe, vous avez déjà une idée des contraintes d’installation et des coûts moyens des deux propositions. Relativement compact, le chauffe-eau thermodynamique (CET) permet de s’affranchir de certaines contraintes spécifiques aux capteurs solaires (orientation et inclinaison des toitures, masques d’ombre, facilité d’accès) et qui sont nécessairement à intégrer dans le dessin de votre projet bioclimatique. Pour déterminer l’équipement le plus cohérent avec un habitat écologique, on peut consulter les analyses de cycle de vie de la base INIES, ce qui permet de comparer deux familles de produits ayant la même fonction. Par exemple, le chauffe-eau solaire individuel (CESI) a un potentiel plus faible de destruction de la couche d’ozone, mais consomme plus d’eau sur le cycle production-fin de vie. Une démarche écologique doit aussi prendre en considération d’autres éléments. La durée de vie conventionnelle des équipements, utilisée pour déterminer certaines aides financières, est de 17 ans pour le CET et 20 ans pour le CESI (les capteurs seuls durent 25 à 30 ans). La réparabilité est aussi un critère qui peut orienter votre choix. Un CET comporte des cartes électroniques sensibles, majoritairement non réparables, mais surtout non compatibles, ce qui interroge sur la possibilité de dépannage en cas d’arrêt de production de pièces. Le CESI est basé sur une technologie simple, et avec un appoint hydraulique, il permet de faire évoluer son énergie de complément. Enfin, le CESI vous permettra, avec les périodes les plus lumineuses, de produire votre eau chaude en totalité avec le soleil sans recourir à une énergie non renouvelable, satisfaction que vous n’aurez jamais avec un CET.

Quelle est la distance légale à respecter pour une ligne moyenne tension par rapport à une maison ?

La société Enedis effectue actuellement des travaux d'enfouissement d'une ligne moyenne tension de 20 000 V dans mon quartier. La ligne passe sur la voie publique, mais longe un mur de notre maison où se situe la véranda. Au final, la ligne sera distante de 1 m de notre canapé. Malgré notre opposition, Enedis poursuit les travaux alors qu'un dévoiement de cette ligne est possible. Nous aimerions connaître la législation en vigueur sur les distances à respecter par rapport à l'habitat. De plus, nous aimerions faire des relevés d’électromagnétisme (micro Tesla) avant et après la mise sous tension. Quel organisme est habilité pour ce genre de contrôle ?


Réponse de Thierry Gautier, www.conscienceverte.fr, auteur de 100 solutions pour éviter les ondes électromagnétiques Les lignes de 20 000 V sont enfouies lorsqu’elles passent dans une agglomération. L’inconvénient majeur des lignes enterrées est leur rapprochement vis-à-vis des habitations, puisqu’une 20 kV est enterrée à une profondeur de 0,85 m sous la chaussée ou le trottoir. Dans ce dernier cas, elle peut longer une façade située en bordure de rue. Toutes les lignes électriques 50 Hz rayonnent deux champs distincts : le champ électrique et le champ magnétique. Le premier est fonction de la tension ; le second, de l’intensité. L’enfouissement d’une ligne permet de supprimer totalement le champ électrique qui est naturellement mis à la terre. En revanche, le champ magnétique reste présent, mais il sera réduit si les conducteurs sont toronnés (torsadés). Un champ magnétique ne peut être stoppé, car il traverse tous les matériaux. Si celui d’une ligne enterrée parvient jusqu’au rez-de-chaussée – ce n’est pas toujours le cas – d’une habitation, il est conseillé de modifier l’aménagement de la zone exposée pour ne plus y stationner durablement. Celle-ci sera réservée à un usage de rangement ou de passage. Demander un dévoiement de la ligne ou faire effectuer une mesure de champ magnétique par un organisme officiel avant et après l’enfouissement a peu de chances d’aboutir, car le seuil limite officiel est trop élevé pour être atteint par une 20 kV : 1 000 milligauss* au lieu des 2 milligauss recommandés par les professionnels de l’habitat sain. Pour connaître l’étendue du rayonnement, vous pouvez faire venir un professionnel indépendant, mais vous aurez avantage à vous équiper d’un détecteur-mesureur de champ magnétique 50 Hz (à partir de 50 € sur le Net). Vous pourrez ainsi effectuer vous-même des relevés à différents moments de la journée et tout au long de l’année, puisque le champ magnétique varie selon l’intensité, donc selon la consommation de courant. *1 000 mG = 100 000 nanotesla (nT) = 100 microtesla

Dalle chaux-chanvre en intérieur sur hérisson, quelle épaisseur?

Pour une dalle chaux-chanvre en intérieur sur hérisson, quelle épaisseur faut-il envisager pour obtenir une bonne isolation thermique (a minima RT 2012) ? Est-il envisageable et utile d'intercaler des plaques de liège entre le hérisson et la dalle, ou autre chose ? Enfin, que peut-on envisager de poser au sol, une fois la dalle sèche, comme revêtement hormis les carreaux de terre cuite ? Du plancher, quelle type de pose ? Du carrelage, quelle colle ? Une autre idée ? 


Réponse de Luc Van Nieuwenhuyze, formateur, expert et conseil, spécialiste du bâti ancien, des techniques traditionnelles et de la chaux Une dalle chaux-chanvre, que nous préférons appeler « forme », doit être réalisée sur un élément porteur. Ce n’est pas une dalle au sens réglementaire. Si, dans une maison ancienne, occupée depuis une longue durée, le sol est déjà compacté, il n’en va pas de même en construction neuve. Dans le premier cas, le sol tassé et le hérisson ventilé bien compacté constituent l’élément porteur. Pour le cas d’une construction neuve, les plus grandes précautions doivent être prises. Le béton de chanvre possède de grandes qualités et l’appréciation de celles-ci ne relèvent pas uniquement de la résistance thermique : inertie, chaleur latente, comportement au contact du matériau. Quoi qu’il en soit, pour répondre à la RT 2012, seul le R compte. La RT 2012 ne fixe pas de valeur pour chaque élément, c’est la consommation globale par m² construit qui importe, les valeurs couramment conseillées sont un R > 4, pouvant aller jusqu’à 6. Le lambda des bétons de chanvre en sol avoisinant 0,09 W/m.K (variable selon le couple granulat de chanvre/liant que vous avez choisi), une forme de 25 cm d’épaisseur amènera un R de 2,8. Un complément sera nécessaire : des plaques de liège pourront faire le complément, avec l’avantage de bien se comporter en milieu enfermé, pouvant être faiblement humide. Si vous êtes dans du bâti ancien, une épaisseur de 20 cm de béton de chanvre apporte un bon compromis entre isolation, inertie, impact environnemental et confort. Une forme en béton de chanvre peut être recouverte de multiples façons. Elles sont décrites dans les Règles professionnelles. Pour tous les revêtements à coller, une chape en mortier de chaux est nécessaire : on ne colle pas directement sur le béton de chanvre. La pose d’un parquet sur lambourde ou d’un parquet flottant sur sous-couche résiliente est possible.

Peut on faire des fondations autrement qu'avec des parpaings ?

Nous sommes en pleine construction de notre maison à ossature bois et isolation paille. En guise de plancher pour le rez-de-chaussée, nous effectuerons un hérisson sur lequel nous coulerons une dalle chauxchanvre. Petit hic, après avoir fait les fouilles, nous devons monter un mur pour tenir ce hérisson. La seule solution qu'on nous propose est le bloc parpaing en béton. Beurk ! Mis à part faire un mur bâti en pierre (vorace en temps et disponibilités), connaissez-vous une autre technique pour avoir des fondations solides pour notre jolie future maison paille s'il vous plaît ? Est-ce que la chaux pour béton de Saint-Astier peut répondre à la solution « béton tourron» ? 


Réponse de Vincent Corbard, formateur en écoconstruction Tout bâtiment nécessite de bonnes fondations pour reprendre les descentes de charge de l'ossature bois et la charpente. Il y a plusieurs alternatives aux fondations classiques en béton et parpaing, en voici trois exemples. - Les fondations sur pieux métalliques avec dalle en bois. - Les fondations en parpaings à base de sable de ponce, qui leur permet d'être isolants, mais un peu fragiles à la pose. Ils nécessitent quand même un complément d'isolation. - Les fondations sur radier en granulat de verre expansé fait à partir d'un verre recyclé (photo). Ces granulats permettent une isolation parfaite sans complément. Cette technique permet de supprimer la semelle de fondation et les rangées de soubassement, mais doit comporter une dalle radier renforcé. Le granulat de verre fait office de hérisson et d'isolation. Pour éviter les dalles et fondation en béton pour un bâtiment en poteau-poutre et ossature bois, il faut privilégier les dalles bois ou plancher cloué sur poutres avec juste des plots en béton, limitant ainsi l'utilisation du béton.