Podcast 20 ans LME – Vanessa Martin, responsable formation écoconstruction à la Scic Eclis

podcast Vanessa Martin

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La Maison écologique poursuit son petit tour des professionnels et militants de l’habitat écologique. Nous avons aujourd’hui le plaisir d’échanger avec Vanessa Martin, responsable formation écoconstruction à la SCIC Eclis (Dinan – 22)

Pouvez-vous nous présenter votre structure, la SCIC ECLIS ?

Je suis responsable de la SCIC ECLIS, un organisme de formation inscrit dans une coopérative qui se trouve près de Dinan (22) et qui existe depuis 2009. Cette coopérative est née d’une réflexion collective d’une vingtaine de personnes : particuliers, associations, collectivités et professionnels du bâtiment. Ils se sont rassemblés pour promouvoir et développer une filière écohabitat sur le pays de Dinan (22).Pour cela, nous avons été portés par le Conseil de Développement du Pays de Dinan pendant deux ans. Plusieurs axes ont été imaginés notamment celui de la formation, afin de répondre à un besoin des entreprises locales qui ne trouvaient pas de main d’œuvre spécialisée dans l’écoconstruction et enfin. Certaines formations s’adressent aussi aux particuliers.

Nous avons avancé avec les associations Steredenn et Études et Chantiers, en partenariat avec le CAUE 22. Nous avons répondu à un appel d’offres de la région Bretagne, pour lancer notre première formation d’Ouvrier professionnel en restauration du patrimoine. Le CAUE du Gers, est propriétaire du titre de cette formation. Nous avons donc travaillé en étroite collaboration avec lui. Des professionnels du bâtiment, fondateurs d’Eclis, ont encadré nos formations, notamment les chantiers écoles sur des bâtiments publics. C’est l’ADN de nos actions. Il s’agit d’un processus pédagogique très enrichissant pour les stagiaires qui obtiennent une certification de niveau III.

Nous proposons également une formation Ouvrier.ère en écoconstruction, avec pour certificateur la Fédération nationale Ecoconstruire. La certification est également de niveau III. Elle permet de valider différents blocs de compétences de type maçonnerie terre, isolation et performance, isolation et construction paille. Nous sommes référents sur le Grand Ouest du Réseau français de la construction en paille. La SCIC s’est donc développée autour du volet formation qui est sa mission principale.

Nous développons également de l’accompagnement ponctuel pour des particuliers ou des collectivités sur des projets de construction ou de réhabilitation, autour de la prise en compte de l’habitat écologique et l’utilisation de matériaux écologiques. Actuellement, nous développons un concept de micro-maison démontable en matériaux biosourcés, baptisées MIMAS. Le premier prototype a été développé par des stagiaires en formation. Ce projet s’appuie sur une équipe composée de différents sociétaires, professionnels du bâtiment, dont l’architecte Frédéric MERCIER (FRAME Architecture) concepteur des MIMAS et aussi cogérant d’ECLIS.

Aujourd’hui nous sommes 75 sociétaires et 5 salariés. La cogérance est partagée entre 7 sociétaires, et nous sommes toujours animés par l’écoconstruction et l’envie de la démocratiser.

Selon vous, quelles sont les évolutions marquantes dans l’écoconstruction ces 20 dernières années ?

Il y a eu des évolutions sur la reconnaissance de l’habitat écologique, et des soutiens de plus en plus forts en matière de financement sur les offres de formation. Nous sentons un engouement et une nécessité d’être sur une économie de ressources et une conscience à changer nos pratiques. Ce n’était pas simple au début. Mais nous avons tenu bon et, au fur et à mesure des années, nous avons vu les projets portés par les collectivités évoluer. Les changements des réglementations thermiques et les codes des marchés publics, avec l’intégration des matériaux bio ou géosourcés facilitent cette transition nécessaire. Nous sommes toujours en veille, mais les choses avancent en cohérence avec les messages que nous portons.

Comment voyez-vous l’habitat écologique de demain ? Est-ce que vos micro-maisons sont une réponse ?

Cela en fait partie. Mais au-delà d’une typologie d’habitat, nous sommes sur l’idée d’avoir plus d’autonomie dans l’habitat à travers des projets différents. Certains vont avoir envie de projets ancrés sur un territoire, d’autres rêveront de projets plus modulaires avec la possibilité d’être nomades et ne pas être pris au piège du foncier. La réversibilité des projets est importante. Il faut avoir des concepts qui peuvent évoluer et changer de destination pour répondre à d’autres besoins. Les projets s’inscrivent dans des démarches intergénérationnelles, participatives qui sont de plus en plus éthiques et solidaires. Notre projet de micro- maisons répond à des besoins temporaires. Lors de nos formations par exemple pour accueillir des stagiaires, ou pour une collectivité qui a besoin d’une classe supplémentaire dans un centre bourg. Cela libère le foncier et ce module peut être utilisé pour un autre besoin et dans un tout autre endroit.

Pour conclure, dans le cadre des 20 ans du magazine La Maison écologique, avez-vous un petit mot à adresser à l’équipe de la rédaction ?

Merci à la rédaction pour toutes ces années. Merci de montrer qu’il est possible de construire autrement. Bravo ! Nous pouvons nous donner rendez-vous dans 20 ans pour voir où nous en sommes… En tous cas, nous répondrons toujours présents en espérant contribuer au développement de l’habitat écologique.

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