Podcast 20 ans LME – Michel Doudard, fondateur du magasin d’écomatériaux Eco Sain Habitat (35)

Podcast La Maison écologique, Michel Doudard, magasin Eco Sain Habitat

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Bienvenue dans le tout dernier épisode des podcasts réalisés dans le cadre des 20 ans du magazine La Maison écologique. Aujourd’hui nous avons le plaisir de recevoir Michel Doudard, fondateur du magasin de distribution d’écomatériaux, Eco Sain Habitat à côté de Rennes (35).

Michel, pouvez-vous nous présenter les services et les activités de votre magasin ?

J’ai créé Eco Sain Habitat en 2006, il y a 15 ans maintenant. Ce projet est né de la découverte de la maison en paille chez Thierry et Cathy Baffou en Mayenne. C’est également à cette occasion que j’ai fait la connaissance du magazine La Maison écologique. J’étais à l’époque très orienté énergie. Mais j’ai découvert la construction paille, que l’on pouvait faire autre chose que du parpaing. De fil en aiguille j’ai vu qu’un réseau de distribution existait, notamment dans le sud de la France. C’est comme cela que l’idée de créer un magasin est née. Il a fallu une petite année pour y arriver. En juillet 2006, j’ouvrais à Fougères (35) et ensuite très vite nous nous sommes installés à Rennes car l’activité s’est fortement développée. En 2009, j’ai donc créé un second magasin à Rennes. Celui de Fougères a fermé depuis. Nous continuons à nous développer. Aujourd’hui nous sommes 6 dans l’équipe et nous proposons tous les produits autour de la construction : laine de bois, de chanvre, le liège, la cellulose, beaucoup de produits de finition, peintures écologiques, produits de traitement du bois etc…

Au cours de ces 15 années, avez-vous noté des évolutions dans les achats, les profils de clients ?

Il y a plusieurs approches. Au début, nous avions des clients militants et les prix étaient nettement plus chers. La laine de bois était à 17 €/m2 quand elle est aujourd’hui à 8 €. Nous voyons bien les évolutions dans ce sens-là. Nos clients étaient donc très engagés, avec des moyens financiers et plutôt dans des projets de deuxième maison. Certains venaient aussi vers nous parce qu’ils avaient des problèmes de santé et qu’ils recherchaient des matériaux sains. Peu à peu les matériaux notamment thermiques se sont développés. Notre clientèle est aujourd’hui très large. Par exemple une femme enceinte qui a vu dans un magazine que c’était mieux de prendre des peintures naturelles pour le lit de bébé et qui découvre chez nous qu’il y a plein d’autres choses plus saines et naturelles pour son logement. Mais également des personnes qui ont eu des problèmes de surchauffe estivale et qui découvrent que nos isolants offrent un déphasage important. C’est extrêmement large. Nous avons donc dû étoffer petit à petit notre gamme.

L’installation à Rennes m’a également fait découvrir la construction en terre crue. Nous étions plus dans le granit à Fougères. Ce ne sont pas les mêmes modes constructifs. Énormément de gens rénovent des maisons en terre, et c’est tant mieux. Nous avons donc toute une gamme pour rénover correctement ce type de logements traditionnels.

Est-ce qu’il y a eu des temps forts avec les annonces politiques notamment ?

Il y a surtout eu des fausses pistes… En 2007, avec le Grenelle de l’environnement, les gens ont tout confondu. On nous parlait toujours de pompe à chaleur, mais les gens se trompaient. En parallèle, il y a eu les réglementations thermiques qui ont énormément évolué. Quand j’ai démarré, nous étions sous la RT 2005, puis la RT 2012. Nous parlons aujourd’hui de la future RE 2020, même si elle est particulièrement secouée par les lobbys. Il y a aussi une forte évolution dans les épaisseurs d’isolants. Nous rigolions en 2005 quand on mettait 20 cm d’isolation en plafond, mais aujourd’hui nous sommes proches de 40 cm. L’habitat passif est également plus présent.

Vous me disiez que depuis deux ans, c’est la folie douce au magasin. Comment expliquez-vous cela ?

Il y a une prise de conscience côté santé et impact thermique. On nous rappelle souvent que l’énergie coûte de plus en plus cher. Ce qui est la réalité. Les gens ont donc intérêt à isoler correctement leur logement. Nous militons activement en ce sens. Toute l’énergie qui n’est pas gaspillée, dépensée représente une économie pour les personnes qui font cet investissement. C’est aussi le côté intéressant de ces réglementations environnementales.

Donc une tendance autour de l’isolation ?

Oui l’isolation écologique reste notre cœur de métier, même si nous avons beaucoup développé la gamme de peintures. Cela fait un peu cliché de parler des jeunes mamans, mais c’est la réalité. L’aspect santé est une vraie tendance de fond. Toutes les peintures ont évolué, même en grande distribution où l’on peut trouver des produits A+ un peu faussé. Dans notre magasin, nous avons le mérite de donner la composition précise de tous nos produits, y compris quand il reste des composants nocifs.

Pour conclure, avez-vous un message pour l’équipe de la rédaction de La Maison écologique qui fête ses 20 ans cette année ?

Nous espérons qu’ils vont continuer au moins 20 ans ! Je salue Yvan Saint-Jours qui a quitté l’aventure et que nous avons bien connu au départ. Nous sommes très proches des bureaux d’une partie de l’équipe et également Julie Barbeillon qui est toujours par ici. Surtout, nous espérons que leur magazine donne des idées aux architectes qui en auraient bien besoin. Toutes les écoles d’architecture continuent à faire du béton en oubliant les autres matériaux. Ce serait bien qu’ils se servent de ce magazine comme livre de chevet…

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